Perceneige

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Perceneige
La mairie , sise dans le village de Villiers-Bonneux.
La mairie , sise dans le village de Villiers-Bonneux.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Sens
Canton Thorigny-sur-Oreuse
Intercommunalité Communauté de communes Yonne Nord
Maire
Mandat
François Cormerois
2014-2020
Code postal 89260
Code commune 89469
Démographie
Population
municipale
959 hab. (2014)
Densité 16 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 21′ 13″ nord, 3° 24′ 30″ est
Altitude Min. 92 m
Max. 209 m
Superficie 60,99 km2
Localisation

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Perceneige

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Perceneige

Perceneige est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Villenauxe-la-Petite, Baby
(Seine-et-Marne)
Villuis, Fontaine-Fourches
(Seine-et-Marne)
La Louptière-Thénard, Trancault
(Aube)
Rose des vents
Pailly N Saint-Maurice-aux-Riches-Hommes
O    Perceneige    E
S
Thorigny-sur-Oreuse La Postolle

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

La commune est issue en 1972 de la fusion des six communes de Courceaux, Grange-le-Bocage (et son hameau Courroy), Plessis-du-Mée, Sognes, Vertilly et Villiers-Bonneux. La nouvelle commune a pris alors le nom de Perceneige en référence à la naissance de la première fleur au sortir de l'hiver.

Grange(s)-le-Bocage[modifier | modifier le code]

Une paroisse récente ?[modifier | modifier le code]

Il se peut que la paroisse soit apparue tardivement à la fin du XIe siècle. Elle est bordée à l'Est par un chemin commercial important, reliant les villes de foires champenoises de Provins et de Troyes, sous contrôle de la famille féodale de Trainel. La liaison directe par Nogent-sur-Seine n'était pas possible avant 1190. Grange(s) serait née du fractionnement de l'ancienne paroisse de Villechat.

La graphie ancienne "Granches" emploie fréquemment le pluriel, soulignant l'importance du peuplement.

Le domaine des moines de Saint-Jean et la pariage[modifier | modifier le code]

À Sens, l'abbaye de Saint-Jean se développe très fortement grâce à l'accueil que lui réserve la chevalerie. Vers 1165, le chevalier Daimbert lui donne des hommes sur le finage de Granges et de Voisines. Ce chevalier entre "in articulo mortis" à Saint-Jean. Il est alors marié, père d'une fille mariée. Les moines domineront dès lors le territoire paroissial.

Vers 1235, Saint-Jean accepte de confier le domaine de Granges en pariage. Ce contrat est conclu dans le droit fil de l'ordonnance royale de 1155 par laquelle Louis VII s'engageait à défendre avec l'assentiment de ses barons, la paix intérieure. Le partage des profits et des charges se fait par moitié entre le Roi et les moines, l'abbaye fournissant le foncier où s'exercent les droits. En réalité, le véritable profit du Roi est de prendre pied en face de féodaux qu'il veut menacer de sa puissance régalienne : en l'espèce les Trainel, grands vassaux champenois.

Un douaire de veuves[modifier | modifier le code]

Au début du XIVe siècle, Granges est la base d'une prévôté royale, la seule de tout le Nord-Est Sénonais, depuis l'extinction rapide du pariage de Thorigny. Cette prévôté dispose d'un tabellion durant la première phase de la guerre de Cent Ans, signe indubitable de l'importance du lieu.

Les problèmes frontaliers entre principautés étant résolus depuis l'intégration du comté de Champagne à la Couronne, et la noblesse locale ne parvenant pas à enrayer efficacement son déclassement, le pariage devient aux XIVe et XVe siècle une assise rituelle des douaires assignées aux reines de France (Clémence de Hongrie, Isabeau de Bavière).

Bourg fortifié[modifier | modifier le code]

Granges accède au statut de bourg fortifié dès le XVIe siècle. Il est ceint de murailles et de fossés. Granges subit de fréquents assauts de la soldatesque de passage. Contrairement aux bourgs de ce type, Granges n'a que de rares artisans et services à proposer, comme le notaire, le chirurgien, et un unique potier d'étain.

La famille Thenard, arrivée de Thorigny, s'établit à Granges sous le règne de Louis XIII. Elle y tiendra les fonctions de la prévôté et le notariat. C'est son descendant qui deviendra l'illustre chimiste fait baron sous la Restauration. La commune de la Louptière honorera le fils du fermier qui n'avait fait que passer à la tête d'une exploitation locale, alors que ses racines étaient à Granges.

Mais la Couronne néglige son pariage. Elle vend ses droits au seigneur voisin de Thorigny, qui obtient ensuite de l'abbaye de Saint-Jean la vente de sa part. La prévôté royale est éteinte. La seigneurie est incluse dans celle de Thorigny. La famille Bourgine tient conjointement avec la famille Thénard les premières fonctions du lieu.

Le hameau de Courroy[modifier | modifier le code]

Le comte de Champagne Henri Le Libéral a donné aux Templiers son ancien château de La Turrée, la garenne en dépendant, et le hameau de Courroy qui leur fait face[1]. À la dissolution de l'ordre, ce patrimoine est dévolu aux chevaliers de Saint-Jean de l'Hôpital, dont la maison la plus proche qui en assurera la gestion est celle de Launay (Saint-Martin-sur-Oreuse). Localement, les chevaliers sont représentés par un maire, locataire de sa fonction. Le hameau dispose d'une chapelle.

Au cours du XIXe siècle, fruit de la paupérisation d'une fraction de la population rurale, des habitations troglodytiques sont creusées.

Le fief de Champloup[modifier | modifier le code]

Un fief forestier nommé "Champloup" est cité au milieu du XIVe siècle comme étant la propriété de Gilles Lesourt sergent d'armes du Roi, et de sa famille. par la suite, au milieu du XVIe siècle, les descendants de ces premiers possesseurs sont près d'une centaine : des villageois de Granges et des environs, laboureurs, vignerons, manœuvres et marchands. Très peu de temps avant la révolution, un membre de la famille Thenard, de Granges, porte le titre de seigneur de Champloup. Le fief représentait environ 70 hectares de bois.

Le fief de Tirlouse[modifier | modifier le code]

Au XIVe siècle, le chevalier Itier de Loze possède une tour détenue en fief : "la Tour d'Itier de Loze". Loze est un village près de Joigny. Avec le temps, le lieu aura pour nom "Tirlouse". Cette tour était sur la ligne de crête dominant le vallon allant de Thorigny à La Chaume. Le fief de Tirlouse a subsisté jusqu'à la fin du XVIIe siècle.

Sognes[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Dans le seconde moitié du XIe siècle, l'archevêque de Sens Richer donne à l'abbaye de Saint-Pierre-le-Vif de Sens (où les prélats avaient alors coutume d'être inhumés) le domaine de Sognes. Abusivement, on date de ce fait l'église paroissiale de Sognes, et sa célèbre crypte, de cette époque sur la base de ce document très isolé. Au siècle suivant, une liste nominative des censitaires du lieu est connue.

Une gare de chemin de la ligne du Tacot allant de Sens à Nogent-sur-Seine subsiste aux abords de Sognes.

Les Nozées[modifier | modifier le code]

Cette ferme est l'héritière du hameau des Nozées (parfois écrit Nozeaux). Il s'agit de l'unique écart du village.

Villiers-Bonneux[modifier | modifier le code]

Le village est situé sur le grand chemin médiéval reliant Sens à Trainel, et d'une manière générale sur l'axe Sens - Reims.

Un lignage chevaleresque en porte le nom de 1191 à 1315. Il est connu pour ses propriétés à Passy-sur-Seine, Fleurigny, Villuis. Le chevalier Gilles de Villers-Bonneux est seigneur de Plessis-Gastebled en 1246. La famille serait allée s'établir à Soulaines près d'Auxerre sous Philippe le Bel[2].

Courceaux[modifier | modifier le code]

Village situé en limite septentrionale du département de l'Yonne, il fut une paroisse doté d'un lignage de chevaliers. Depuis le XVIe siècle, le village a exclusivement une vocation agricole céréalière. Pour autant l'agent de Philippe le Bel, Itier de Courceaux, n'est pas nécessairement originaire de la paroisse.

L'église paroissiale dispose d'un autel doté d'une délicieuse représentation florale. Il a été peint par un artiste de Sens, Jean-Georges Berdot dit de Montbéliard[3].

Plessis-du-Mée[modifier | modifier le code]

Avec son vieux tilleule de près de 10 000 ans.
Église de Plessis du Mée en plein milieu des champs.

Plessis du Mée était à l'époque divisé en deux villages : Plessis et Du Mée. À la révolution le château de Plessis (simlaire château de Fleurigny) a été détruit en même temps que le village, l'église ayant échappé à la destruction. C'est pour cela que l'église est seule en plein milieu des champs. À la fin de la révolution le village a été renommé : "Plessis Du Mée".

Cette paroisse a précédé une commune. Un lignage de chevaliers portant le prénom "Otran" dominait les lieux au XIIe siècle. Elle se dote du toponyme Plessis-du-Mée au XIIIe siècle. Le prieuré du Mée est isolé de l'habitat principal du village.

Vertilly[modifier | modifier le code]

Cette paroisse a précédé une commune. Un lignage de chevaliers en a porté le nom.

À la fin du XVe siècle, la seigneurie est la propriété de la famille de Viezchastel, membre du patriciat de Sens[4]. Au début des guerres civiles dites de Religion, la seigneurie devient la propriété de gendres. Un fief de la Tuilerie de Vertilly émerge alors. Ce petit fief sera la propriété de la famille Charpentier, dont l'intervention fâcheuse provoquera la perte de la seigneurie de Thorigny par la famille de Raoul-de Tremelet[5].

Le village est fortifié, comme beaucoup d'autres de toute la région, durant le règne de François Ier[6]. Pour autant, les villageois ne parviendront pas à retirer de cette relative sécurité, un accroissement d'influence.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
mars 2008   François Cormerois[7]   ...

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[8]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[9],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 959 habitants, en augmentation de 4,47 % par rapport à 2009 (Yonne : -0,46 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
213 209 226 200 216 242 231 231 237
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
230 274 280 280 278 257 258 266 266
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
257 261 254 218 209 224 205 194 194
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2014
169 178 856 782 731 857 868 945 959
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2006[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église paroissiale Saint-Étienne à Granges
  • Église paroissiale de Sognes. Elle dispose d'une crypte, datée du XIe siècle par les auteurs qui se basent sur la première attestation de l'église dans une charte de l'archevêque de Sens.
  • Église paroissiale de Courceaux. Un retable du XVIIe siècle a été restauré récemment.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Etienne Meunier. Histoire de Courroy. Bulletin de la société des Amis de la chapelle de Villeneuve-aux-Riches-Hommes, no 14, 2000
  2. Etienne Meunier. les chevaliers de la famille de Villers-Bonneux. CSGY, XIX, 2013
  3. Jacqueline Glattauer. Jean-Georges Berdot de Montbéliard.Bulletin de la Société archéologique de Sens, tome I, 1998 et Courceaux : Le grand autel de l'église Notre-Dame, XVIIe siècle
  4. Etienne Meunier. La famille de Viezchastel. CSGY, 16, 2008
  5. Etienne Meunier. La dette et l'expropriation seigneuriale : la seigneurie de Thorigny de 1563 à 1673. Bulletin de la Société archéologique de Sens, 7, 2011
  6. Etienne Meunier. Les églises et les bourgs fortifiés du Sénonais et des pays de l'Yonne. Bulletin de la Société archéologique de Sens, 33, 1990 (1992)
  7. Conseil général de l’Yonne, Ma Commune, consulté le 27 décembre 2013.
  8. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  9. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .