Penn Nouth

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Dans ce nom khmer, le nom de famille, Penn, précède le nom personnel.
Penn Nouth
ប៉ែន នុត
Penn Nouth en 1947
Penn Nouth en 1947
Fonctions
7e Premier ministre du Cambodge

(5 mois et 6 jours)
Monarque Norodom Sihanouk
Prédécesseur Chean Vam
Successeur Yem Sambaur

(9 mois et 29 jours)
Monarque Norodom Sihanouk
Prédécesseur Norodom Sihanouk
Successeur Chan Nak

(9 mois et 8 jours)
Monarque Norodom Sihanouk
Prédécesseur Norodom Sihanouk
Successeur Leng Ngeth

(3 mois et 7 jours)
Monarque Norodom Sihanouk
Prédécesseur Ek Yi Oun
Successeur Sim Var

(9 mois et 20 jours)
Président Norodom Sihanouk
Prédécesseur Pho Proeung
Successeur Norodom Sihanouk

(1 an 6 mois et 14 jours)
Président Norodom Sihanouk
Prédécesseur Son Sann
Successeur Lon Nol

(11 mois et 18 jours)
Président Norodom Sihanouk
Prédécesseur Long Boret
Successeur Khieu Samphân
Biographie
Nom de naissance Samdech Penn Nouth
Date de naissance
Lieu de naissance Phnom Penh,
Drapeau du Cambodge Cambodge
Date de décès (à 79 ans)
Lieu de décès Châtenay-Malabry,
Drapeau de la France France
Parti politique Sangkum Reastr Niyum

Penn Nouth
Premiers ministres du Cambodge

Penn Nouth, né à Phnom Penh le et mort à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), le) était un homme politique cambodgien.

Premier ministre à de multiples reprises depuis le début des années 1950, il était très proche de Norodom Sihanouk qu'il a suivi dans son exil à Pékin et dont il a été la dernière fois le premier ministre lorsque le prince était président du Kampuchéa démocratique (et que la réalité du pouvoir était exercé par les khmers rouges).

Biographie[modifier | modifier le code]

Penn Nouth est né le à Phnom Penh dans une famille de hauts fonctionnaires (gouverneurs de provinces).

Il entra en 1918 à l’école franco-khmère dont il sortit diplômé d’Études primaires supérieures en 1926, ce qui lui valut d’intégrer l’administration française au Protectorat du Cambodge, au titre de secrétaire des résidences.

En 1929, il est nommé commis de 5e classe avant d’intégrer l’École d’administration cambodgienne, dont il sort major de sa promotion en 1935, ce qui lui permet d’accéder au poste de cadre supérieur.

En septembre 1938, il est envoyé en stage à Paris, au ministère des colonies pour parfaire sa formation.

À la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, en septembre 1939, il réintègre l’administration cambodgienne comme gouverneur adjoint de la province de Kandal, le gouverneur étant Ung Hy.

À la fin de 1940, il est nommé chef de cabinet de Ung Hy, devenu Premier ministre et ministre de l’Intérieur et des Cultes.

À l’avènement du roi Norodom Sihanouk, en avril 1941, il reste chef de cabinet de Ung Hy, qui tout en conservant son poste de Premier ministre, devient ministre du Palais Royal des Finances, des Cultes et des Beaux-Arts.

Le , lorsque l’armée japonaise décide de renverser l’administration coloniale française, Ung Hy devient ministre des Finances du nouveau gouvernement royal dirigé par Norodom Sihanouk et Penn Nouth en devient le vice-ministre des Finances.

Le , lorsque Son Ngoc Thanh prend la tête d’un gouvernement qui ne durera que quelques mois, Penn Nouth devient ministre des Finances par intérim.

En octobre 1945, les Français se réinstallent au Cambodge et nomment un nouveau gouvernement sous la présidence du prince Sisowath Monireth ; Son Ngoc Thanh est arrêté.

Le , Penn Nouth est nommé gouverneur de la province de Kampong Cham. Il aura notamment la charge de gérer des émeutes antifrançaises dans les plantations d’hévéas de Chup et Mimot.

Le , il retourne à Phnom Penh, dont il devient gouverneur le .

Il redevient brièvement Premier ministre, du au

Le il devient Président du Conseil et ministre de l’Intérieur et de l’Information. Il doit démissionner le après sa mise en minorité à l’Assemblée nationale.

Le , il est nommé par Norodom Sihanouk membre du Conseil de régence pendant le séjour du roi en France.

À partir de 1950, il est conseiller privé du roi « ayant rang, prérogatives et traitement d’un Ministre d’État du Gouvernement royal ».

Nommé ministre de la Défense nationale le , il participe le à la conférence de Pau, chargée de régler des questions techniques et juridiques en suspens entre le gouvernement français et les États associés de l’Indochine dans le cadre d'un transfert de souveraineté (limitée) à ces derniers.

Le , dans la cadre de sa croisade royale pour l’indépendance, Norodom Sihanouk nomme Penn Nouth Premier ministre et lui donne le commandement de l’armée royale khmère avant de partir en exil en Thaïlande. En mars de la même année, il rejoint le roi à Paris pour entamer des pourparlers avec le gouvernement français et en juillet, il dirige les négociations avec les autorités coloniales depuis Phnom Penh. Le , l’indépendance du Cambodge est enfin reconnue 90 ans après le traité de protectorat du .

À partir de 1955, Penn Nouth devient un personnage central de la vie politique cambodgienne. Il est au côté de Norodom Sihanouk, notamment lors de la création du Sangkum Reastr Niyum et à la Conférence de Bandung. Il est également plusieurs fois Premier ministre du Royaume du Cambodge, du au , puis du au .

En juin 1958, il devient ambassadeur à Paris et ce jusqu’en janvier 1961 où il retourne au Cambodge pour être à nouveau Premier ministre, du au .

Il exerça une sixième fois les fonctions de Premier ministre du au .

Le , lorsque Norodom Sihanouk est déposé par Lon Nol, il rejoint le monarque dans son exil et sera son Premier ministre dans le Gouvernement royal d'union nationale du Kampuchéa, œuvrant depuis Pékin.

Le , lorsque les khmers rouges prennent le pouvoir, il occupe une dernière fois le poste de Premier ministre, jusqu’au , mais sans exercer aucun pouvoir, le Kampuchéa démocratique étant entièrement contrôlé par les partisans de Pol Pot. Il sera par la suite placé en résidence surveillée, tout comme Norodom Sihanouk, jusqu’au , où suite à l’invasion vietnamienne, il retourna en République populaire de Chine.

Il émigra en France, d’abord à Champs-sur-Marne (77) puis à Châtenay-Malabry (92) où il obtint son statut de réfugié le et où il mourut le , dans sa 80e année.

Sources[modifier | modifier le code]