Pendule astronomique de Passemant

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Vue générale de la pendule.

La pendule astronomique de Passemant, dite pendule de Louis XV, est un instrument conçu et réalisé en France au milieu du XVIIIe siècle. Chef-d'œuvre d'horlogerie et d'ornementation, elle est conservée au château de Versailles.

Emplacement[modifier | modifier le code]

La pendule se situe au premier étage du bâtiment principal du château de Versailles, dans le petit appartement du roi. Elle a donné son nom au cabinet de la Pendule qui l'abrite depuis 1754, après un transfert à Paris jusqu'en 1833. Sur le parquet du salon, une baguette de cuivre matérialise le méridien de Paris.

Description[modifier | modifier le code]

L'horloge indique :

Son fonctionnement est programmé jusqu'en 9999.

Un coffre en bronze doré de style rocaille, soutenu par quatre supports imitant des pieds de biche, abrite son mécanisme. Des deux côtés se répète l'inscription Les bronzes sont composés et exécutés par Caffieri. Au sommet, un globe en cristal contient une sphère armillaire où figurent à leur position exacte, selon l'héliocentrisme de Copernic, les planètes du système solaire alors connues, de Mercure à Saturne. Rochers et chutes d’eau entourent la Terre et lui servent d’horizon[1].

L'ensemble mesure 2,26 m de haut[2].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Historique[modifier | modifier le code]

L'ingénieur Claude-Siméon Passemant[3] conçoit le mécanisme de la pendule. Il faut à l'horloger Louis Dauthiau[4] une douzaine d'années pour le fabriquer[2].

La pendule est présentée à l'Académie royale des sciences le . Le , au château de Choisy-le-Roi, le duc de Chaulnes la montre à Louis XV. Féru de sciences, le monarque l'acquiert. Pour protéger le mécanisme, un coffre rocaille est commandé en 1753 au sculpteur Jacques Caffieri et à son fils Philippe, bronzier[5].

En janvier 1754, l'horloge prend place au château de Versailles, parmi les cadrans astronomiques du cabinet des pendules. Pour la première fois en France, elle permet de déterminer l'heure officielle[2]. Une coutume s'instaure dans la famille royale : chaque 31 décembre à minuit, Louis XV et son épouse, assis de part et d'autre de l'instrument, assistent au changement d'année.

En 1797, la pendule est transférée au Conservatoire des Arts et Métiers. Napoléon Bonaparte la fait installer au palais des Tuileries. En 1800, le ministre de l'Intérieur charge l'horloger Antide Janvier de la restaurer. Mais ce dernier, ruiné, en a mis en gage certains éléments au Mont-de-piété. Au terme de longues tractations, la pendule est remise en état en 1827. Restituée au Garde-meuble en 1828, elle reprend sa place originelle en 1833, sur ordre de Louis-Philippe.

Créateurs[modifier | modifier le code]

La pendule est l'œuvre de quatre spécialistes éminents :

Postérité[modifier | modifier le code]

Une pendule identique se trouve au château de Kronberg.

L'ingénieur Passemant conçoit aussi, à la même époque, une pendule[7] pour Joseph-François Dupleix, gouverneur des comptoirs des Indes orientales. Elle doit servir de présent diplomatique à un prince de Golconde. Mais la disgrâce de Dupleix met fin au projet. La pendule est présentée à Louis XV en février 1754. Elle rejoindra les collections nationales sous la Révolution. Déposée au Musée du Louvre, elle a été restaurée en 2017.

Cette horloge est appelée Pendule de la Création du monde. Sa caisse de bronze argenté et doré, ornée des quatre éléments, évoque les premiers moments de la Genèse, après l’irruption de la lumière.

Outre l’heure, le jour et le mois, ses mécanismes très complexes indiquent :
pour la Terre

  • l'orbe,
  • la rotation horaire,
  • le pivotement saisonnier de l'axe des pôles,
  • l’endroit précis du zénith ;

pour les autres corps célestes

  • les phases de la lune,
  • les orbes planétaires.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Julia Kristeva, L'Horloge enchantée, Fayard, , p. 147.
  2. a, b et c Morgane Kergoat, « Les plus beaux instruments des sciences à l'honneur », Les Cahiers de Science & Vie « Versailles, le pouvoir et la science », no 119 (hors-série),‎ , p. 84 (résumé).
  3. Horloger et opticien français (Paris 1702-Paris 1769). Il fut l'un des meilleurs constructeurs français de lunettes et de télescopes du XVIIIe siècle.
  4. « Biographies © », sur galeriebergerlexique.blogspot.fr (consulté le 5 décembre 2017).
  5. Voir http://collections.chateauversailles.fr/#99200540-cbc5-470b-b292-b43ddaad0fba.
  6. « Biographies © » (consulté le 31 mai 2017).
  7. Voir http://presse.louvre.fr/la-pendule-de-la-creation-du-monde-restauree/.

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