Pen Duick VI

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Pen Duick VI
Image illustrative de l’article Pen Duick VI
Pen Duick VI lors du festival Temps fête de Douarnenez en juillet 2012.
Type Monocoque
Gréement Ketch Marconi
Histoire
Architecte André Mauric
Chantier naval Direction de la construction Navale Brest
Lancement 1973
Équipage
Équipage 14
Caractéristiques techniques
Longueur 22,25 m
Longueur de coque 18,80 m
Maître-bau 5,3 0m
Tirant d'eau 3,40 m
Déplacement 32 T
Voilure 260 m²
Carrière
Armateur Association Eric Tabarly
Port d'attache Lorient

Pen Duick VI est un ketch en aluminium de 22 mètres commandé en 1973 par Éric Tabarly[1] pour la Whitbread (course autour du monde en équipage) et dessiné par André Mauric. Dernier de la série des Pen Duick, il a remporté la Transat anglaise en solitaire de 1976 (OSTAR) aux mains de Tabarly.


Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Construit en aluminium par l'arsenal de Brest, Pen Duick VI est à la fois léger (pour l'époque) et très robuste. Il dispose d'une innovation technologique avec sa quille en uranium appauvri réalisée par le Commissariat à l'énergie atomique, dont la densité supérieure à celle de l'acier provoque l'abaissement du centre de gravité du bateau. Ceci augmente le couple de rappel de la quille et permet au bateau de porter plus de toile à masse égale.

Tabarly et Mauric collaborent étroitement à tous les détails de la conception, de l'agencement du pont aux aménagements intérieurs. Afin de ménager le repos de l'équipe hors quart (Tabarly organise son équipage en deux bordées), l'habitat de Pen Duick VI est ainsi séparé en deux coursives, une par bordée.

À l'origine, le grand-mât est posé sur le pont plutôt que de descendre jusqu'à la quille[2], un choix technique qui s'avérera lourd de conséquences.

La barre franche de secours, très dure à manœuvrer en raison de la taille du bateau, aurait selon la légende été sculptée en une forme suggestive par Olivier de Kersauson.

Histoire[modifier | modifier le code]

Dès la première étape de la Whitbread 1973, Portsmouth-Le Cap, Pen Duick VI confirme son potentiel et prend la tête. Malheureusement, il subit un démâtage qui le contraint à une escale technique à Rio de Janeiro. Un mât de rechange est acheminé de France par avion et l'équipage peut rejoindre Le Cap juste à temps pour le départ de la seconde étape, Le Cap-Sydney, que Pen Duick VI remporte brillamment. Mais peu après le départ de la troisième étape vers Rio, le bateau est victime d'un nouveau démâtage. Tabarly abandonne, retourne réparer à Sydney et ramène ensuite le bateau à Brest.

Un troisième démâtage pendant la saison 1974 convainc Éric Tabarly et André Mauric d'adopter un mât renforcé, posé sur la quille, au prix d'un alourdissement de plus de 300 kg[2]. Pen Duick VI ne connaîtra plus de problème de mât et Tabarly remporte avec lui le Triangle Atlantique en 1975.

Pendant cette course, Tabarly apprend qu’il est impossible de construire le multicoque auquel il pensait pour disputer la Transat anglaise en solitaire de 1976 (OSTAR). Il fait alors l'audacieux pari de s'y engager à bord de Pen Duick VI, pour lequel il conçoit une série de modifications qui lui permettront de mener seul un bateau prévu pour une bordée de six. À cette occasion, Tabarly invente aussi la « chaussette à spi » maintenant adoptée sur un bon nombre de voiliers[3], qui lui permet de manœuvrer seul et en sécurité une voile de 350 mètres carrés.

Cette Transat à la météo terrible, au cours de laquelle plusieurs favoris feront naufrage et deux concurrents trouveront la mort, sera la plus belle page de gloire de Pen Duick VI. Privé très tôt de pilote automatique par une avarie, coupé du monde par une panne de radio, Tabarly essuie cinq énormes dépressions et coupe la ligne à Newport en vainqueur à la surprise générale, devançant de quelques heures son grand rival et ancien équipier Alain Colas sur Club Méditerranée, un quatre-mâts colossal de 70 mètres.

Par la suite, Tabarly cesse les courses avec Pen Duick VI pour se concentrer sur une formule révolutionnaire, le multicoque à hydrofoils, avec laquelle il battra le record de la traversée de l'Atlantique sur Paul Ricard. En 1981, pourtant, Tabarly décide d'engager Pen Duick VI, repeint en blanc et rebaptisé Euromarché du nom de son sponsor, dans la troisième édition de la Whitbread. Le bateau subit une profonde remise à neuf qui permet de l'alléger de près de quatre tonnes. Mais l'architecture navale, aidée par l'arrivée de l'ordinateur, a fait d'énormes progrès en moins d'une décennie. Euromarché ne finit qu’à la dixième place à une semaine du vainqueur, le Néérlandais Conny van Rietschoten sur Flyer II.

Par la suite, le bateau retrouve son nom et sa coque noire d'origine. La famille Tabarly en reste propriétaire mais le met à la disposition du "Club de Croisière Pen Duick" nouvellement fondé qui offre des stages de croisière aux Antilles et autour du monde. Depuis juillet 2018, Marie Tabarly a repris son bateau pour réaliser son projet Elemen'Terre.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Éric Tabarly, De « Pen Duick » en « Pen Duick », Arthaud, (ISBN 2-7003-1146-9)
  2. a et b Éric Tabarly, Du tour du monde à la Transat, Éditions du Pen Duick,
  3. Jean-Marie Williamson, Voyage au pays de la plaisance, Deux rives, , p. 264

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Éric Tabarly, Louis Ponchelet (Illustrations), Andanson (Photographies) et Jacques Arthaud (Photographies), Le Tour du monde de « Pen Duick VI », Éditions du Pen Duick, , 260 p. (ASIN B0000DR7OB).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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