Pen Duick

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Pen Duick
Image illustrative de l'article Pen Duick
Pen Duick en rade de Brest durant Les Tonnerres de Brest (2012)

Autres noms Yum (1898), Griselidis (1902), Magda (1908), Cora V (1919), Astarté (1922), Panurge (1931), Butterfly (1933), Pen Duick (1935)[1]
Type Monocoque
Gréement Cotre franc aurique
Histoire
Architecte William Fife
Chantier naval Messers. Cummins & Sons' Gridiron & Marine Motor Works à Carrigaloe (près de Cork)
Fabrication Bois
Lancement 1898
Caractéristiques techniques
Longueur 15,10 m[1]
Longueur flottaison 10,05 m
Maître-bau 2,93 m
Tirant d'eau 2,20 m
Déplacement 11 t
Voilure 160 m² au près[1]
Carrière
Armateur Jacqueline et Marie Tabarly, Association Éric Tabarly
Pavillon Pavillon national français France
Port d'attache Lorient

Pen Duick est le nom du premier bateau d'Éric Tabarly, un voilier de type ancien qui appartenait auparavant à son père. Ce fut également le nom de ses différents voiliers, de Pen Duick II à Pen Duick VI, avant l'avènement du sponsoring. Ce nom signifie en breton (la graphie est francisée, l'orthographe correcte étant Penn Duig) « petite tête noire » (pen : tête, du : noir, et ick est la marque du diminutif). C'est ainsi que l'on désigne les mésanges noires.

Pen Duick[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Le premier Pen Duick (qui ne porte pas de numéro) est un voilier construit par les chantiers Gridiron and Workers à Carigaloe près de Crosshaven en Irlande, d'après les plans d'un architecte écossais de grande renommée, William Fife III, en 1898, sous le nom de Yum[2]. Ce bateau, déjà passé en plusieurs mains, fut acheté en 1919 par Jacques Richepin qui le rebaptisa Cora V (en l'honneur de son épouse, l'actrice Cora Laparcerie)[3].

En 1935, le « Yum » devenu entre-temps le «  Butterfly », est acquit par la famille Lebec de Nantes qui le rebaptise « Pen Duick »[4]

En 1938, Guy Tabarly, le père d'Éric, qui résidait aussi à Nantes, découvre le bateau alors en hivernage dans un bras mort de la Loire, puis le rachète aux frères Lebec qui ne peuvent plus en assurer l'entretien. C'est à son bord qu'Éric Tabarly a appris à naviguer en compagnie de ses parents et sa sœur cadette.

Avant la Seconde Guerre mondiale, Guy Tabarly conduit Pen Duick dans une vasière de Bénodet et il y restera durant tout le conflit. Durant cette période, faisant face une pénurie de plomb, les autorités menace de démanteler le bateau pour récupérer le métal se trouvant dans la quille, mais les Tabarly sauveront Pen Duick prétendant que celle-ci était en fonte. Cependant, après plusieurs années de manque d'entretien, le navire est en mauvais état, le rendant dangereux à la navigation. Faute de pouvoir payer les travaux, son père le met en vente. En 1952, comme il ne trouvait pas d'acheteur, Éric persuade son père de le lui donner, car il en est tombé amoureux depuis le premier jour[4],[5].

Quelques années plus tard, quand Éric peut s'occuper de son bateau, il le confie aux chantiers Costantini à La Trinité-sur-Mer afin d’évaluer les travaux à effectuer. Mais la coque du voilier est trop pourrie pour être remise en état de façon traditionnelle. Ne pouvant financer les travaux, malgré le fait d'avoir réalisé d'énormes économies sur sa solde de militaire, il propose alors à Marc et Gilles Costantini de relever un défi inédit pour sauver son bateau : refaire une coque neuve en appliquant sept couches successives de tissus de verre et de résine polyester sur l'ancienne coque utilisée comme un moule mâle. La construction en polyester était à ses débuts, jamais on n'avait construit de voilier aussi grand et lourd. C'était la plus grande coque de ce type à cette époque[4],[5].

Alors qu'Éric est à l'École navale de Brest, il s'entraîne à naviguer pour participer aux régates du sud de l'Angleterre…

Le bateau a subi une rénovation à l'ancienne dans les chantiers de Raymond Labbé en 1983[6] à Saint-Malo, et a fêté son centenaire en mai 1998.

Éric Tabarly s'est toujours opposé à l'inscription de « son » bateau au titre des Monuments historiques.

C'est pendant un convoyage du Pen Duick que, dans la nuit du 12 au 13 juin 1998, Éric Tabarly perd la vie en tombant à la mer[7], lors d'une traversée vers l'Irlande.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Pen Duick appartient maintenant à Jacqueline Tabarly, son épouse, et à leur fille, Marie, qui ont confié son entretien et sa gestion à l'« association Éric Tabarly ». Il participe aux régates de voiliers classiques en Atlantique et aux rassemblements des Pen Duick. Il est mené par un marin professionnel et embarque chaque saison un équipage de marins bénévoles en formation.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Fiche technique sur asso-eric-tabarly.org
  2. Association Éric Tabarly, Pen Duick lire en ligne (consulté le 28 septembre 2010).
  3. Cora Laparcerie à l'île Tristan, dossier de presse, consultable http://www.calameo.com/books/001156891ff5141aa6255
  4. a, b et c Cité de la voile Éric Tabarly, Pen Duick lire en ligne (consulté le 28 septembre 2010).
  5. a et b Biographie d'Éric Tabarly
  6. Site Pen Duick.com, la saga des Pen Duick lire en ligne (consulté le 28 septembre 2010).
  7. École Navale, Tabarly Éric lire en ligne (consulté le 28 septembre 2010).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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