Peloton de surveillance et d'intervention de la Gendarmerie

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Peloton de surveillance et d'intervention de la Gendarmerie
Écusson du PSIG
Écusson du PSIG

Création 1975
Pays Drapeau de la France France
Branche Gendarmerie nationale
Type Surveillance et intervention
Fait partie de Gendarmerie départementale Gendarmerie des transports aériens
Surnom PSIG

Les pelotons de surveillance et d'intervention de la Gendarmerie ou « PSIG » sont des unités spécialisées de la Gendarmerie nationale française[1],[2]. Chaque compagnie de Gendarmerie départementale comprend en général un PSIG, commandé par un sous-officier ou - parfois - par un officier. Il existe également six PSIG (ou « PSIGTA ») au sein de la Gendarmerie des transports aériens (GTA).

Historique[modifier | modifier le code]

Pour faire face au développement de la délinquance tout en soulageant les brigades de la gendarmerie départementale, la Gendarmerie crée en 1975 des « détachements d'intervention  » qui prennent en 1977 l'appellation de « Pelotons de surveillance et d'intervention de la Gendarmerie » ou PSIG[3].

Lors de leur création, les PSIG sont composés de sous-officiers et, dans un premier temps, de gendarmes auxiliaires puis, après la suspension du service militaire en 1999, de gendarmes adjoints volontaires (GAV)[4].

Le nombre de PSIG augmente régulièrement, au fil des années afin que chaque compagnie de gendarmerie départementale dispose de son PSIG. Ainsi on en compte 37 en 1978, 138 en 1988 et 310 en 2000[4]. En 2015, la gendarmerie départementale compte environ 370 PSIG[5] dont une vingtaine outre-mer.

Dans le cadre d'un partenariat conclu avec EDF en 1980, la Gendarmerie, à la suite des attentats de 2001, avait mis en place des « PSIG nucléaires » à proximité des centrales nucléaires. Ces formations ont toutes été remplacées, entre 2009 et 2012, par vingt Pelotons spécialisés de protection de la Gendarmerie ou « PSPG ».

La Gendarmerie des transports aériens (GTA) compte également des PSIG, implantés sur les sites aéroportuaires de Roissy, Orly, Lyon, Marseille, Nice et Toulouse. Ces unités, qui ont remplacé les anciennes unités de protection (ou « UP ») en 2004[2], comportent notamment des observateurs-contre-tireurs (OCT) dont la mission est d'assurer la sécurité de personnalités lors de leur arrivée ou de leur départ.

Le 30 octobre 2015, le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve annonce un plan « BAC-PSIG 2016 » destiné à renforcer la sélection et la formation des personnels affectés aux PSIG et aux Brigades anti-criminalité (BAC) de la Police nationale dès l'année 2016. Ce plan prévoit également le renforcement des moyens attribués à ces unités et notamment l'achat de véhicules (150 pour la Gendarmerie) et d'équipements de protections ou d'armements[6]. Ces mesures incluent :

  • Une sélection, une formation et une professionnalisation plus poussées - et notamment la limitation de l'affectation de gendarmes adjoints volontaires (GAV) - pour les 150 PSIG (dits « Sabre ») implantés dans les zones les plus sujettes aux troubles à l'ordre public qui seront renforcés.
  • La création de modules de formation continue décentralisée (formation à distance) - y compris un module intitulé « déontologie de l'interpellation » et la formation de formateurs relais départementaux et régionaux.
  • La mise en place d'une « nouvelle doctrine d'action et d'intervention » pour gagner en efficacité face aux nouvelles formes de délinquance ou de criminalité les plus violentes (allant du droit commun au terrorisme).

Les mesures annoncées incluent des dotations supplémentaires à hauteur de 16 M€ (Police et Gendarmerie) dont environ 10 M€ pour l'acquisition ou le remplacement de véhicules et 6,6 M€ pour l'achat ou la modernisation d'équipements de protection individuelle et balistique (protège-épaules, protège-tibias, gilets porte plaques balistiques, casque pare-balles) d'armes (bâtons de protection télescopique, pistolets à impulsion électrique, armes longues avec dispositif d'aide à la visée) et de systèmes de transmission.

Le 26 février 2016, le ministre de l'intérieur annonce, dans le cadre de mesures prises à la suite des attentats de novembre 2015 à Paris, un plan d'intervention d'urgence pour faire face à toute attaque terroriste sur le territoire en moins de 20 minutes. Ce plan implique la participation des PSIG et leur dotation en armements supplémentaires[7]. Il prévoit des achats de véhicules, équipements de protection et armements pour un montant de 16 M€, toutes forces confondues (Police et Gendarmerie).

Le 1er avril 2016, lors d'une démonstration au ministre de l'intérieur d'un des premiers PSIG Sabre à Reims (51), le Service de l'achat, des équipements et de la logistique de la Sécurité intérieure (SAELSI) présente l'équipement de ces unités : véhicule monospace de type Volkswagen Sharan avec coffre à armes protégé, gilet pare-balles (GPB) allégé (10 kg au lieu de 25) mais renforcé avec porte-plaques, bouclier tactique à l'épreuve des munitions de guerre, casque doté d'une visière balistique[8] et fusil d'assaut HK G36. La Gendarmerie présente lors de cette démonstration un PSIG "en configuration Sabre" déployant une équipe composée de trois sous-officiers et d'un gendarme adjoint volontaire (GAV) circulant dans un monospace et pouvant passer d'une mission de surveillance à une mission d'intervention avec ses équipements lourds[9] .

Missions[modifier | modifier le code]

Les missions principales des PSIG sont[1] :

  • la surveillance générale, la recherche de renseignement et du flagrant délit, ainsi que la police de la route, la priorité étant donnée à la présence sur le terrain, notamment pendant la nuit, en minimisant les tâches administratives[10].
  • le renfort aux unités territoriales qui composent les compagnies, pour tout événement troublant l'ordre public : recherches lors d'une disparition de personne, intervention à la suite d'un accident, un différend familial, une bagarre, un vol à main armée ou un cambriolage. En février 2016, cette mission a été étendue à l'intervention d'urgence dans le cadre d'un attentat terroriste (voir ci-dessus).

Un PSIG peut également effectuer des missions de police judiciaire au profit des brigades de recherches : interpellations domiciliaires, transfèrements, etc.[11] ainsi que d'autres missions ponctuelles de sûreté ou d'intervention relevant de ce que la gendarmerie appelle l'intervention professionnelle.

Personnel[modifier | modifier le code]

Commandé le plus souvent par un sous-officier (adjudant-chef ou major), mais parfois par un officier subalterne (lieutenant), un PSIG est composé en général:

  • de sous-officiers, dont certains spécialistes dans au moins un des domaines suivants : officier de police judiciaire (OPJ), enquêteur fraude documentaire[12], moniteur d'intervention professionnelle (MIP), maître-chien, observateur-tireur (OT).
  • de gendarmes adjoints volontaires (GAV) sous contrat.

•Les réservistes sont également (s'ils remplissent les conditions), affectés au sein de cette unité spécialisée et accomplissent les mêmes missions que les actifs.

L'effectif comprend au moins une douzaine de personnels mais peut atteindre la trentaine dans certaines unités. La répartition des postes entre les personnels des deux catégories n'est pas constante et certains pelotons sont d'ailleurs exclusivement composés de sous-officiers[13].

Le personnel du peloton de surveillance et d'intervention reçoit un entrainement physique et une formation à l'intervention professionnelle : maîtrise de l'armement, tir, sports de combat, tactique. L'instruction se fait au niveau du groupement et les cours sont dispensés par un moniteur d'intervention professionnelle (MIP) formé au centre national d'entraînement des forces de gendarmerie[13]. Les PSIG sont opérationnels 24 heures sur 24.

Armement et équipement[modifier | modifier le code]

Les PSIG sont équipés de l'armement standard en dotation dans la Gendarmerie[13] :

Notes et Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Site de la Gendarmerie Nationale - les PSIG - consulté le 29 mai 2015
  2. a et b Besson (Général) et Collectif, Encyclopédie de la Gendarmerie Nationale, tome II, Éditions SPE Barthelemy Paris 2005. (ISBN 2-912838-29-0).
  3. Instruction provisoire n° 29600/DEF/GEND/BS/STR/ EMP du 16 juin 1977, remplacée par la circulaire n° 18400/DEF/GEND/OE/RE du 12 juillet 1990. Histoire de la Maréchaussée et de la Gendarmerie, p. 916. SHD - voir biographie et liens externes ci-dessous. Consultée le 24 mai 2015.
  4. a et b Histoire de la Maréchaussée et de la Gendarmerie, p. 916. SHD - voir biographie et liens externes ci-dessous.
  5. Le magazine Police Pro en cite 370 dans son no 18 de novembre-décembre 2009 (voir références ci-dessous) mais de nombreuses réorganisations, dissolutions et reconstitutions d'unités ont eu lieu depuis.
  6. Communiqué du ministère de l'intérieur http://www.interieur.gouv.fr/Actualites/Communiques/Presentation-du-Plan-BAC-PSIG-2016-a-Rouen-le-30-octobre-2015
  7. Le Figaro du 26 février 2016
  8. c'est à dire à l'épreuve des balles. Les casques en dotation dans la Gendarmerie sont le plus souvent équipés d'une visière de protection pour le maintien de l'ordre. Les unités d'intervention reçoivent des casques dotés de visières balistiques.
  9. Plan BAC-Psig : Equipements et nouvelle doctrine d'intervention. Reportage et vidéos publiés le 6 avril 2016 sur le site du journal : l'Essor. http://www.lessor.org/video-plan-bac-psig-equipements-et-nouvelle-doctrine-dintervention/ - consulté le 7 avril 2016
  10. Gend'info : 24 heures avec le PSIG de Thionville , numéro= 375 , mars 2015 consulté le 24 mai 2015
  11. Police Pro no 18 novembre-décembre 2009. Ces missions relevant de l'« intervention intermédiaire » sont plutôt de la compétence des pelotons d'intervention de la gendarmerie mobile ou de la Garde républicaine ou des Pelotons d'intervention interrégionaux de Gendarmerie mais sont parfois également effectuées par les PSIG.
  12. c'est-à-dire la fraude relative aux titres d'identité, pièces d'état-civil, justificatifs de domicile, justificatifs de ressources etc.
  13. a, b et c Police Pro no 18 - novembre-décembre 2009 - consulté le 29 mai 2015.
  14. Le modèle retenu pour la dotation des PSIG est équipé d'un sélecteur de tir permettant le tir en mode coup par coup, rafale de deux coups ou rafale illimitée. Le modèle retenu pour équiper les BAC de la Police nationale (G36 KP2) est appelé carabine de police. Son sélecteur de tir n'autorise que deux modes : coup par coup et rafale de deux coups. Le modèle utilisé par les unités d'intervention de la Police (RAID, BRI) est le type H36 C (pour compact) équipé d'un canon de 228 mm. Interview de M. Jean-Louis Courtois, expert en balistique à la Cour d’appel de Paris et à la Cour pénale internationale de la Haye publié sur le site du journal l'Essor le 9 mars 2016.http://www.lessor.org/entretien-les-hk-g36-des-psig-et-des-bac-fiables-et-surs-selon-un-specialiste/

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographe[modifier | modifier le code]

  • Christophe Dubois, Devenir Gendarme, Antony, Éditions techniques pour l'automobile et l'industrie (ETAI), coll. « Au cœur de l'action », .
  • Besson (Général) et Collectif, Encyclopédie de la Gendarmerie Nationale, tome II, Éditions SPE Barthelemy Paris 2005. (ISBN 2-912838-29-0)

Presse[modifier | modifier le code]

  • « 24 heures avec le PSIG de Thionville », Gend'info, SIRPA DGGN, no 375,‎
  • « Le PSIGN d'Evry », Raids, Histoire et Collections, no 221,‎
  • « La réponse graduée de la Gendarmerie à la menace : PSIG et PI », Police Pro, no 18,‎

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]