Peloton d'intervention interrégional de Gendarmerie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Peloton d’intervention interrégional de Gendarmerie
Écusson du PI2G
Écusson du PI2G

Période 2004 (Toulouse)
2007 (Orange)
2012 (Dijon)
Pays Drapeau de la France France
Branche Gendarmerie nationale
Type Intervention
Rôle Libération d'otages
Lutte contre le grand banditisme
Appui du GIGN
Protection
Formation
Effectif 78 (26 par PI2G)
Fait partie de Gendarmerie mobile
Ancienne dénomination Peloton d'intervention de 2e génération

Un peloton d'intervention interrégional de Gendarmerie ou PI2G[N 1] est une unité d'intervention de la Gendarmerie nationale française.

Les PI2G, au nombre de trois en 2015, sont répartis sur le territoire national. Créés à partir de 2004, ils constituent une force intermédiaire entre les pelotons d'intervention (PI) de la gendarmerie mobile et le GIGN[1] et ont principalement pour mission les interpellations domiciliaires, les arrestations de forcenés, les escortes de détenus dangereux, la lutte contre la criminalité organisée et le contre-terrorisme[2].

Ils sont soumis à un régime d'alerte et sont disponibles en permanence : ils doivent être prêts à partir en intervention en moins de trente minutes.

Historique et implantation[modifier | modifier le code]

Le premier PI2G a été mis en place en septembre 2004. En 2015, il y a trois PI2G en service qui sont basés à Toulouse, Orange et Dijon. Il est prévu[3] d'en créer un quatrième dans la zone nord-ouest de la France métropolitaine, dans une ville qui ne dispose pas d’une antenne du RAID[N 2] de la Police nationale[N 3].

PI2G de Toulouse[modifier | modifier le code]

Il s'agit du premier PI2G : trente militaires du peloton d'intervention des escadrons de gendarmerie mobile « 31/2 » et « 32/2 » reçoivent une formation[N 4] d'avril à juin 2004 ; six d’entre eux sont formés comme médiateurs. Le groupe entre en service le 13 septembre 2004[4].

En 2015, le PI2G de Toulouse dispose de l'effectif standard de 26 militaires.

PI2G d'Orange[modifier | modifier le code]

Un second PI2G, comportant 32 éléments, est créé en juin 2007 à Orange et entre en service le 7 janvier 2008. Durant les deux premiers mois de son activité opérationnelle, il intervient en moyenne deux fois par semaine[5]. Lors de sa première année d'exercice, le PI2G d'Orange assure 93 missions[6].

Cette unité a depuis sa création réalisé quelque 700 interventions[2].

PI2G de Dijon[modifier | modifier le code]

Un troisième PI2G est créé à Dijon en 2012 avec un effectif initial de 20 militaires qui évolue ensuite vers l'effectif standard de 26 militaires.

Positionnement et missions[modifier | modifier le code]

Positionnement[modifier | modifier le code]

Les PI2G constituent une force intermédiaire entre le peloton d'intervention de la gendarmerie mobile et le GIGN, ce qui permet de soulager cette dernière unité dans des situations de crise ne nécessitant pas son engagement.

Ils s'inscrivent ainsi dans une gradation de moyens permettant de mettre en œuvre des personnels entraînés pour des situations de gravité croissante :

La Gendarmerie distingue trois niveaux d'intervention : l'« intervention professionnelle » (également appelée « intervention élémentaire »), l'« intervention intermédiaire » et l'« intervention spécialisée ». Un PI2G est compétent dans la totalité du domaine de l'intervention intermédiaire et dans une partie de celui de l'intervention spécialisée (seul le GIGN l'est dans la totalité de ce dernier domaine). Cependant, il n'existe pas de correspondance exacte entre les différents niveaux d'intervention et les types d'unités impliqués. Ainsi, par exemple, un PI2G peut être amené à effectuer une opération qui relève de l'intervention professionnelle parce que les circonstances, la topographie d'un site ou les moyens à mettre en œuvre justifient son emploi. Pour les cas qui relèvent de l'intervention spécialisée, sauf les situations d'urgence ou la présence d’une contrainte particulière, c'est le GIGN qui décide s'il agit lui-même (éventuellement avec l'appui du PI2G) ou bien si l'intervention peut être assurée par le PI2G.

Missions[modifier | modifier le code]

Les PI2G ont été créés pour remplir cinq missions principales[4] :

  • intervenir lorsque les moyens nécessaires dépassent ceux à disposition du peloton d'intervention[N 6] ;
  • appuyer le GIGN ;
  • intervenir sur les sites nucléaires ou « classés Seveso » (dans le cadre d’une action contre-terroriste) ;
  • assurer des missions de protection rapprochée (avec le port de la tenue civile) ;
  • effectuer des transferts ou escortes de détenus particulièrement signalés.

En pratique, un PI2G est fréquemment employé dans des interpellations domiciliaires ou en milieu ouvert, des cas de gestion de forcenés et des transfèrements de détenus dangereux.

L'éventail des missions comprend également la lutte contre le grand banditisme et la lutte anti-terroriste, de manière autonome ou en appui du GIGN[2].

En cas de nécessité, il peut être demandé à un PI2G d’intervenir hors de sa zone d'affectation initiale.

Armement et matériels[modifier | modifier le code]

Les principales armes dont disposent les PI2G sont, selon la catégorie :

  • pistolets : le SIG 2022 en dotation des forces de l'ordre, mais surtout le Glock 19 ;
  • fusils à pompe calibre 12 : le Remington 870 et le Bennelli M4 Super 90 ;
  • pistolets mitrailleurs : le HK UMP et le HK MP5 en 9 mm ;
  • fusils d'assaut : le FAMAS et le HK G36 KA3 ;
  • fusils de précision : le Tikka Tactical T3, qui lui aussi devrait être complété par d'autres matériels.
Le HK G36 en dotation dans les PI2G en calibre 5.56 OTAN.

Les gendarmes des PI2G disposent aussi d'armement non létal : lanceurs de balles de défense (LBD) 40 mm, tonfas, grenades diverses (lacrymogènes, de désencerclement etc.), lanceurs de grenades 56mm Lacroix-Alsetex de type Cougar et pistolets à impulsion électrique.

Les équipements de protection individuelle et d'effraction sont globalement les mêmes que ceux utilisés par le GIGN. En revanche, les PI2G ne sont pas habilités à l'emploi d'explosifs. Les membres des PI2G possèdent un équipement de plus de 25 kg, poids des armes non comptabilisé. Il en ressort qu'un entrainement sportif quotidien est indispensable pour être en mesure d’agir efficacement en transportant de telles charges.

Les PI2G disposent également de véhicules banalisés pour certaines de leurs missions.

Recrutement et formation[modifier | modifier le code]

Le recrutement initial des trois unités s'est effectué selon des modalités différentes :

  • le PI2G de Toulouse s'est constitué sur la ressource de gendarmes mobiles issus des PI des escadrons toulousains ;
  • le PI2G d’Orange s'est formé à partir d'une sélection réalisée au niveau national ;
  • celui de Dijon a quant à lui été initialement composé de gendarmes mobiles ayant servi au sein de groupes de pelotons d'intervention (GPI) en outre-mer et aussi de personnels ayant participé aux tests de sélection et de formation au GIGN.

La formation de base des unités, puis des relèves internes, est assurée par le GIGN durant six semaines, dans le même cadre que celle des gendarmes devant servir en GPI. En outre, le GIGN dispense des formations complémentaires et un recyclage annuel.

La Gendarmerie semble s'orienter vers le même mode de fonctionnement que la Police nationale avec les RAID et GIPN, à savoir :

  • une sélection commune, sur le base des meilleurs des candidats n'ayant pu intégrer le GIGN ;
  • des matériels, armements et techniques d'intervention homogènes pour des interventions « basiques » en métropole (forcenés, arrestations).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. À leur création en 2004, la dénomination utilisée pour ce type d'unités a d’abord été : « peloton d’intervention de deuxième génération », appellation depuis abandonnée.
  2. « Antenne du RAID » est, depuis avril 2015, la nouvelle dénomination des groupes d'intervention de la Police nationale — ou « GIPN » — implantés en métropole. Les unités ultramarines ont quant à elles conservé leur appellation « GIPN ».
  3. Pour éviter de « faire doublon » et pour améliorer le « maillage » territorial concernant le type d’intervention dont ces unités ont la charge.
  4. Pour mémoire, le numéro d'identification d'un escadron de gendarmerie mobile se lit comme suit, en prenant l'exemple du « 32/2 » : il s'agit du 2e escadron (32) du 3e groupement de gendarmerie mobile (32) de la région de gendarmerie no 2 (Aquitaine) (32/2). Le PI2G de Toulouse a donc été initialement constitué de militaires issus du 3e groupement de la région Aquitaine.
  5. Les missions et compétences des PI2G et de GPI ne sont pas identiques — notamment parce que, en raison des distances entre les territoires d'outre-mer et la métropole, les GPI doivent pouvoir intervenir en urgence sans attendre l'arrivée du GIGN. De plus, les GPI sont dotés d'engins blindés VBRG.
  6. Peloton d'intervention de la gendarmerie mobile ou de la Garde républicaine.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Assemblée nationale, Bulletin des commissions, no 28, 24-27 octobre 2006, p. 2256 [1].
  2. a, b et c Reportage de France Bleu Vaucluse qui comporte un extrait d'interview dans lequel le général de corps d'armée David Galtier, commandant la région zonale de Gendarmerie PACA, mentionne l'action de l'unité dans les domaines de la lutte contre la criminalité organisée et du contre-terrorisme.
  3. Police Pro no 34.
  4. a et b Avis de la Commission de la Défense nationale, présenté par le député Folliot.
  5. Dates de création, entrée en service et nombre d'interventions : Le Dauphiné libéré, 29 février 2008.
  6. Police Pro no 20.

Annexes[modifier | modifier le code]

Documentation parlementaire[modifier | modifier le code]

  • Philippe Folliot (député), no 2572 - Avis présenté au nom de la Commission de la Défense nationale et des Forces armées, sur le projet de loi de Finances pour 2006 (no 2540), t. X : Sécurité, Gendarmerie nationale, Paris, Assemblée nationale,‎ (lire en ligne), p. 22

Presse[modifier | modifier le code]

Papier
  • Raids, no 271, décembre 2008
  • « La réponse graduée de la gendarmerie à la menace (2e partie) : PI2G et GIGN », Police Pro, no 20,‎
  • « Le PI2G d'Orange », Police Pro, no 34,‎
Radiophonique

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]