Antenne du GIGN

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Antenne du GIGN
Écusson des AGIGN
Écusson des AGIGN

Création 2004 (Toulouse)
Pays Drapeau de la France France
Branche Gendarmerie nationale
Type Intervention
Rôle Interpellations judiciaires
Escortes
Libération d'otages
Lutte contre le grand banditisme
Appui du GIGN
Protection
Formation
Effectif 32 par antenne[N 1]
Fait partie de Gendarmerie mobile
Ancienne dénomination Peloton d'intervention interrégional de Gendarmerie
Peloton d'intervention de 2e génération

Une antenne du GIGN est une unité d'intervention régionale de la Gendarmerie nationale française[1],[2].

En 2016, il en existe six qui sont implantées à Toulouse, Orange, Dijon, Nantes, Reims et Tours.

Créées à partir de 2004 comme une force intermédiaire entre les pelotons d'intervention (PI) de la gendarmerie mobile et le Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN)[3], les antennes du GIGN ont principalement pour mission les interpellations judiciaires (domiciliaires ou en milieu ouvert), les arrestations de forcenés, les escortes de détenus dangereux, la lutte contre la criminalité organisée et le contre-terrorisme[4].

Leurs personnels sont soumis à un régime d'alerte et sont disponibles en permanence : ils doivent être prêts à partir en intervention en moins de trente minutes.

Historique et implantations[modifier | modifier le code]

Équipiers d'une antenne du GIGN en colonne d'assaut lors d'un entrainement.

Les antennes du GIGN ont porté successivement les appellations de « peloton d'intervention de deuxième génération » puis de « peloton d'intervention interrégional de Gendarmerie » (PI2G)[N 2]. Elles ont été redésignées antennes du GIGN en 2016.

Le premier PI2G a été mis en place en  : trente militaires des pelotons d'intervention des escadrons de gendarmerie mobile « 31/2 » et « 32/2 » reçoivent une formation[N 3] d'avril à  ; six d’entre eux sont formés comme médiateurs[5]. Le groupe entre en service le [6].

Un second PI2G, comportant 32 éléments, est créé en à Orange et entre en service le . Durant les deux premiers mois de son activité opérationnelle, il intervient en moyenne deux fois par semaine[7]. Lors de sa première année d'exercice, le PI2G d'Orange assure 93 missions[8].

Un troisième PI2G est créé à Dijon en 2012 avec un effectif initial de 20 militaires qui évolue ensuite vers l'effectif standard (à l'époque) de 26 militaires.

Les PI2G de Nantes, Tours et Reims sont créés par arrêtés du 31 décembre 2015[9].

L'appellation d'antenne du GIGN est adoptée en 2016[1]. L'effectif unitaire des unités doit être à nouveau porté à 32 en 2016[10].

Un sous-officier de l'antenne du GIGN d'Orange a perdu la vie lors d'une intervention de réduction de forcené le 21 mai 2016 à Gassin (Var)[N 4].

Positionnement et missions[modifier | modifier le code]

Positionnement[modifier | modifier le code]

Équipiers d'une antenne du GIGN en colonne d'assaut.

Les antennes du GIGN constituent une force intermédiaire entre le peloton d'intervention de la gendarmerie mobile et le GIGN, ce qui permet de soulager cette dernière unité dans des situations de crise ne nécessitant pas son engagement tout en optimisant la couverture du territoire et en raccourcissant les délais d'intervention.

Ils s'inscrivent ainsi dans une gradation de moyens permettant de mettre en œuvre des personnels entraînés pour des situations de gravité croissante :

La Gendarmerie distingue trois niveaux d'intervention : l'« intervention professionnelle » (également appelée « intervention élémentaire »), l'« intervention intermédiaire » et l'« intervention spécialisée ». Une antenne du GIGN est compétente dans la totalité du domaine de l'intervention intermédiaire et dans une partie de celui de l'intervention spécialisée (seul le GIGN l'est dans la totalité de ce dernier domaine). Cependant, il n'existe pas de correspondance exacte entre les différents niveaux d'intervention et les types d'unités impliqués. Ainsi, par exemple, une antenne peut être amenée à effectuer une opération qui relève de la "simple" intervention professionnelle parce que les circonstances, la topographie d'un site ou les moyens à mettre en œuvre justifient son emploi. Pour les cas qui relèvent de l'intervention spécialisée, sauf les situations d'urgence ou la présence d’une contrainte particulière, c'est le GIGN qui décide s'il agit lui-même (éventuellement avec l'appui d'une antenne) ou bien si l'intervention peut être assurée par l'antenne régionale.

Missions[modifier | modifier le code]

Membres de l'équipe "Assaut d'urgence" lors d'un entrainement

Une antenne du GIGN effectue en moyenne plus d'une centaine de missions par an[11]. Les antennes du GIGN ont été créées pour remplir cinq missions principales[6] :

  • intervenir lorsque les moyens nécessaires dépassent ceux à disposition du peloton d'intervention[N 6] ;
  • appuyer le GIGN ;
  • intervenir sur les sites nucléaires ou « classés Seveso » (dans le cadre d’une action contre-terroriste) ;
  • assurer des missions de protection rapprochée (avec le port de la tenue civile) ;
  • effectuer des transferts ou escortes de détenus particulièrement signalés.

En pratique, une antenne du GIGN est fréquemment employée dans des interpellations domiciliaires ou en milieu ouvert, des cas de gestion de forcenés et des transfèrements de détenus dangereux.

L'éventail des missions comprend également la lutte contre le grand banditisme et la lutte antiterroriste, de manière autonome ou en appui du GIGN[4].

Une antenne du GIGN intervient souvent avec le soutien d'autres personnels spécialisés appartenant à la Gendarmerie (négociateurs régionaux, équipes cynophiles régionales, groupe d'observation et de surveillance ou GOS) ou à d'autres services de l'État (équipes ERIS de l'administration pénitentiaire ou équipes de la SUGE de la SNCF).

Ses membres sont autorisés à opérer en civil dans certains cas : missions de reconnaissance ou interpellations en flagrant délit.

En cas de nécessité, il peut être demandé à une unité d’intervenir hors de sa zone d'affectation initiale.

Organisation[modifier | modifier le code]

Equipier « Appui-Observation  » en tenue camouflée.

Les antennes du GIGN sont des unités de gendarmerie mobile et chacune d'entre elles est rattachée administrativement à un groupement [3] [N 7]. L'autorité de mise en œuvre est soit le commandant de la « région zonale »[N 8] à laquelle l'antenne appartient si la mission concerne la zone (cas le plus fréquent) soit la Direction Générale de la Gendarmerie nationale (DGGN) pour les missions hors-zone. Dans tous les cas, l'unité reste en contact étroit avec le GIGN à Satory qui valide son engagement (voir ci-dessus #Positionnement).

L'effectif est de 32 personnels dont 3 officiers[10].

L'effectif déployé lors d'une opération varie en fonction de nombreux critères mais inclus généralement, lors d'une opération typique[3] :

  • un groupe de commandement composé en général de l'officier chef de mission, d'un chef de groupe et d'un « scribe » chargé de tenir la chronologie de l'opération
  • une équipe « Assaut d'urgence »
  • une équipe « Appui - Observation » (AO)
  • une équipe « Effraction »

Une part importante de l'emploi du temps est consacrée aux entraînements individuels (tir, sport de combat) et collectifs ainsi qu'à la constitution ou la mise à jour de dossiers d'objectifs sur les sites situés dans la zone de responsabilité de l'unité.

Enfin, les cadres et gradés des antennes du GIGN sont régulièrement sollicités pour assurer des missions de formation en France comme à l'étranger[12].

Armement et matériels[modifier | modifier le code]

Les principales armes dont disposent les antennes du GIGN sont, selon la catégorie :

  • pistolets : le SIG 2022 en dotation des forces de l'ordre, mais surtout le Glock 19 et Glock 26
  • fusils à pompe calibre 12 : le BPS / SGF (Browning Pump Shotgun/Spécial Gendarmerie française);le Remington 870 et le Bennelli M4 Super 90 ;
  • pistolets mitrailleurs : le HK UMP et le HK MP5 en 9 mm ;
  • fusils d'assaut : le HK G36 KA3 ;
  • fusils de précision : le Tikka Tactical T3, équipé SIMRAD, le HK 417 équipé NSV
Le HK G36 en dotation dans les antennes du GIGN en calibre 5.56 OTAN.

Les gendarmes des antennes du GIGN disposent aussi d'armement non létal : lanceurs de balles de défense (LBD) 40 mm, tonfas, grenades diverses (lacrymogènes, de désencerclement etc.), lanceurs de grenades 56 mm Lacroix-Alsetex de type Cougar et pistolets à impulsion électrique.

Les équipements de protection individuelle et d'effraction sont globalement les mêmes que ceux utilisés par le GIGN. En revanche, les antennes ne sont pas habilitées à l'emploi d'explosifs. Leurs membres possèdent un équipement de plus de 25 kg, poids des armes non comptabilisé. Il en ressort qu'un entrainement sportif quotidien est indispensable pour être en mesure d’agir efficacement en transportant de telles charges.

Les antennes du GIGN disposent également de véhicules banalisés pour certaines de leurs missions.

Recrutement et formation[modifier | modifier le code]

Le recrutement initial des trois unités s'est effectué selon des modalités différentes :

  • le PI2G de Toulouse s'est constitué sur la ressource de gendarmes mobiles issus des PI des escadrons toulousains ;
  • le PI2G d’Orange s'est formé à partir d'une sélection réalisée au niveau national ;
  • celui de Dijon a quant à lui été initialement composé de gendarmes mobiles ayant servi au sein de groupes de pelotons d'intervention (GPI) en outre-mer et aussi de personnels ayant participé aux tests de sélection et de formation au GIGN.

La formation de base des unités, puis des relèves internes, est assurée par le GIGN durant six semaines, dans le même cadre que celle des gendarmes devant servir en GPI. En outre, le GIGN dispense des formations complémentaires et un recyclage annuel.

La Gendarmerie semble s'orienter vers le même mode de fonctionnement que la Police nationale avec les RAID et GIPN, à savoir :

  • une sélection commune, sur la base des meilleurs des candidats n'ayant pu intégrer le GIGN ;
  • des matériels, armements et techniques d'intervention homogènes pour des interventions « basiques » en métropole (forcenés, arrestations).

Tous les membres d'une antenne du GIGN sont formés pour la mission d'assaut puis se spécialisent dans l'une des spécialités « Appui Observation » (AO) ou « Effraction »[3].

Enfin, chaque membre reçoit au minimum une formation aux premiers secours en équipe de niveau 2 (PSE 2).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le renforcement des antennes du GIGN en portant leur effectif à 32 a été décidé en 2015 - Gend'info décembre 2015.
  2. La première de ces deux appellations n'a été utilisée que très brièvement. Pour la deuxième, on trouve également dans certains documents l'abréviation PIIG - parfois écrite mais jamais utilisée oralement
  3. Pour mémoire, le numéro d'identification d'un escadron de gendarmerie mobile se lit comme suit, en prenant l'exemple du « 31/2 » : il s'agit du 1er escadron (31) du 3e groupement de gendarmerie mobile (31) de la région de gendarmerie no 2 (Aquitaine) (31/2). Le PI2G de Toulouse a donc été initialement constitué de militaires issus du 3e groupement de la région Aquitaine.
  4. Il s'agit du premier décès enregistré par une antenne du GIGN depuis leur création en 2004. La majorité des décès enregistrés par les forces d'intervention spécialisée en France (GIGN et RAID) depuis leur création ont été occasionnés lors d'opérations de réduction de forcenés. http://lemamouth.blogspot.fr/2016/05/le-gign-dorange-perd-un-des-siens.html
  5. Les missions et compétences des antennes du GIGN et des GPI ne sont pas identiques — notamment parce que, en raison des distances entre les territoires d'outre-mer et la métropole, les GPI doivent pouvoir intervenir en urgence sans attendre l'arrivée du GIGN. De plus, les GPI sont dotés d'engins blindés VBRG.
  6. Peloton d'intervention de la gendarmerie mobile ou de la Garde républicaine.
  7. Groupement III/2 à Toulouse, GGM I/6 à Nîmes et GGM IV/7 à Dijon. À leur création, les premiers PI2G étaient rattachés à un escadron et considérés - sur le plan administratif - comme un sixième peloton mais cette disposition a été abandonnée.
  8. En France métropolitaine, il existe une région zonale de gendarmerie pour chacune des sept zones de défense et de sécurité. Tout comme les commandants des autres régions, le général commandant une région zonale est subordonné au directeur général de la Gendarmerie nationale, mais il exerce des responsabilités supplémentaires, comme le commandement des formations de gendarmerie mobile et des unités aériennes implantées dans sa zone. Il est l'interlocuteur du préfet de zone de défense.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Cette appellation est utilisée depuis avril 2016. Arrêté du 14 avril 2016 portant changement d’appellation des pelotons d’intervention interrégionaux de la gendarmerie d’Orange (Vaucluse), de Toulouse (Haute-Garonne), de Dijon (Côte-d’Or), de Reims (Marne), de Nantes (Loire-Atlantique) et de Tours (Indre-et-Loire) publié dans le Bulletin officiel du ministère de l'intérieur (BOMI) 06-2016 du 15 juin 2016 - consulté le 16 juin 2016. L'appellation officielle complète est «antenne du groupe d’intervention de la gendarmerie nationale», suivie du nom de la localité d'implantation. Ainsi, l'arrêté précise par exemple que le  peloton d’intervention interrégional de la gendarmerie de Toulouse (Haute-Garonne) prend l’appellation d’«antenne du groupe d’intervention de la gendarmerie nationale – Toulouse». Certains documents mentionnent également l'appellation d'« antenne GIGN » ou d'« antenne régionale du GIGN ».
  2. « Présentation du schéma national d'intervention des forces de sécurité », sur le site du Ministère de l'Intérieur (consulté le 16 mai 2016).
  3. a, b, c et d Dubois, Christophe Gendarmes - Tome 3 Collection "Au cœur de l'action". ETAI, Antony 2012 ISBN 978-2-7268-9631-0
  4. a et b Reportage de France Bleu Vaucluse qui comporte un extrait d'interview dans lequel le général de corps d'armée David Galtier, commandant la région zonale de Gendarmerie PACA, mentionne l'action de l'unité dans les domaines de la lutte contre la criminalité organisée et du contre-terrorisme.
  5. Dans la pratique, au cours de leurs missions, les antennes du GIGN travaillent avec des médiateurs régionaux suivant le principe : « qui négocie n'intervient pas et qui intervient ne négocie pas ». Gendarmerie : peloton d'élite pour missions sensibles. Reportage pour l'émission Enquête exclusive (M6) diffusé le 18 novembre 2014.
  6. a et b Avis de la Commission de la Défense nationale, présenté par le député Folliot.
  7. Dates de création, entrée en service et nombre d'interventions : Le Dauphiné libéré, .
  8. Police Pro no 20.
  9. « Bulletin Officiel du Ministère de l'intérieur n°2016-02 » [PDF], sur le site du ministère de l'intérieur,‎ (consulté le 16 mai 2016), p. 412 à 414.
  10. a et b Magazine Gend'info n°382 - décembre 2015.
  11. Gendarmerie : peloton d'élite pour missions sensibles. Reportage pour l'émission Enquête exclusive (M6) diffusé le 18 novembre 2014.
  12. Police Pro no 34.

Annexes[modifier | modifier le code]

Documentation parlementaire[modifier | modifier le code]

  • Philippe Folliot (député), no 2572 - Avis présenté au nom de la Commission de la Défense nationale et des Forces armées, sur le projet de loi de Finances pour 2006 (no 2540), t. X : Sécurité, Gendarmerie nationale, Paris, Assemblée nationale, (lire en ligne), p. 22

Source bibliographique[modifier | modifier le code]

Dubois Christophe, Gendarmes, vol. Tome 3, Antony, ETAI, coll. « Au cœur de l'action », (ISBN 978-2-7268-9631-0)

Presse[modifier | modifier le code]

Papier
  • Raids, no 271, décembre 2008
  • « La réponse graduée de la gendarmerie à la menace (2e partie) : PI2G et GIGN », Police Pro, no 20,‎
  • « Le PI2G d'Orange », Police Pro, no 34,‎
Radiophonique
Télévision
  • Patrick Spica productions. Gendarmerie : peloton d'élite pour missions sensibles. Reportage pour l'émission Enquête exclusive (M6) diffusé le 18 novembre 2014. Copie consultée le 18 juin 2015.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]