Art rupestre du Sahara

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Les peintures et gravures rupestres du Sahara sont des œuvres en majeure partie néolithiques, réalisées à même la pierre dans le désert du Sahara et au Maghreb. Elles représentent notamment les humains de l'époque, et une partie de la faune qui les entourait. L'art rupestre d'Égypte n'est pas lié à celui du Sahara central, mais présente des connexions avec celui du désert Libyque[1].

Description[modifier | modifier le code]

Peinture rupestre, grotte de Manda Guéli à Ennedi au Tchad, datant de la période 2000 à 500 av. J,-C.

Leur datation est difficile, mais elles se situent dans leur grande majorité dans le cinquième millénaire avant l'ère commune[2]. Les plus anciennes semblent être des peintures réalisées dans le style dit des "Têtes rondes" classiques[3] (surnommées "Martiens" par Henri Lhote en 1956 dans son livre À la découverte des fresques du Tassili). Ces œuvres ne paraissent pas remonter plus haut que 8000±900 ans avant l'ère commune[4].

Plusieurs autres styles de peintures ou de gravures montrent des animaux domestiques (surtout des bovins), notamment dans la Tasīili-n-Ăjjer, d'où le nom de "style bovidien" donné à ces images. Ce "bovidien" était l'une des catégories chronostylisiques élaborées par Henri Lhote, mais des recherches récentes ont démontré que c'est une notion vide de sens, qui regroupe en réalité des styles très différents, et qui prend des sens divers selon les auteurs. À la lumière des données pariétales, archéologiques, paléoclimatiques et paléoenvironnementales actuellement disponibles, il est préférable d'abandonner cette catégorie, pour lui préférer des dénominations plus précises et mieux localisées, telles que Style d'Iheren, ou Style d'Abañher[5].

Le contraste entre la luxuriance de la faune figurée sur ces images et l'aridité actuelle du désert renforce encore leur attrait historique et artistique.

Les gravures et peintures rupestres qui abondent dans le Sahara correspondent à différentes phases chronoculturelles de ce désert. Elles sont d'une grande fragilité. L'Art saharien présente souvent une succession sur les rochers d'images d'animaux, véritables indicateurs de la chronostatigraphie de l'art.

Aujourd'hui, ces peintures sont menacées par la fréquentation touristique des sites rupestres du Sahara ainsi que par les dégradations qui en découlent, mais surtout par l'iconoclasme islamiste.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Quellec, Peintures et gravures d'avant les pharaons du Sahara au Nil, 2005 http://www.soleb.com/pdf/du-sahara-au-nil/du-sahara-au-nil-numerique.pdf
  2. Jean-Loïc Le Quellec, Périodisation et chronologie des images rupestres du Sahara central, Préhistoires Méditerranéennes, 2013 (4).
  3. Jitka Soukoupova 2012. The Earliest Rock Paintings of the Central Sahara: Approaching Interpretation, Time and Mind: The Journal of Archaeology, Consciousness and Culture 4 (2011) 2: 193-216.
  4. Norbert Mercier, Jean-Loïc Le Quellec et al., OSL dating of quaternary deposits associated with the parietal art of the Tassili-n-Ajjer plateau (Central Sahara), Quaternary Geochronology 10 (2012): 367–373.
  5. Frédérique Duquesnoy, « Pour en finir avec le Bovidien », Les Cahiers de l'AARS, n° 20,‎ , p. 27-35

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Dominique Lajoux, Merveilles du Tassili n'Ajjer, Le Chêne, Paris, 1962.
  • Id., Tassili n'Ajjer, art rupestre du Sahara préhistorique, Le Chêne, Paris, 1976.
  • Id., Murs d'images. Art rupestre de la Tassili-n-Ajjer. Préface de Jean-Loïc Le Quellec. Arles, Errance, 314 p.
  • Jean-Loïc Le Quellec, «Périodisation et chronologie des images rupestres du Sahara central.» Préhistoires Méditerrannéennes (2013) 4: En ligne à http://pm.revues.org/715.
  • Henri Lhote, A la découverte des fresques du Tassili, Arthaud, Paris, 1958, 1973, 1992, 2006.
  • Jan Jelínek, Sahara. Histoire de l'art rupestre libyen, Éditions Jérôme Millon, 2004.

Voir aussi[modifier | modifier le code]