Peine de mort en Louisiane

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Article principal : Peine de mort aux États-Unis.

La pendaison fut utilisée comme méthode d'exécution en Louisiane jusqu'en 1941, date à laquelle elle fut remplacée par la chaise électrique[1]. L'injection létale se substitua à cette méthode en 1993.

28 personnes ont été exécutées en Louisiane entre 1983 et 2010 dont les 20 premières avant 1992 par électrocution et les 8 suivantes par injection létale. Les exécutions ont lieu au Louisiana State Penitentiary (Paroisse de Feliciana Ouest) entre 18 heures et minuit[2]. Avant l'introduction de la chaise en 1941, les exécutions se faisaient par pendaison.

Louisiana State Penitentiary est la seule prison habilitée à appliquer la peine de mort en Louisiane, le couloir de la mort pour les hommes et la chambre d'exécution s’y trouvent[3],[4]. Le couloir de la mort pour les femmes est situé dans Louisiana Correctional Institute for Women (LCIW) à St. Gabriel[5].

Aujourd'hui, 71 hommes et une femme sont condamnés à mort en Louisiane dont Antoinette Frank, une femme ayant tué trois personnes dont un policier et dont l'ordre d'exécution a été signé à deux reprises par le juge Frank Marullo en 2008.

La Louisiane détient un homme ayant obtenu la nationalité française après sa condamnation à mort, Michael LeGrand, qui a poignardé quarante fois avec divers ustensiles dont un tournevis et un crayon un de ses amis, Rafael Santos, un immigré cubain, pour lui voler sa collection de CD[6].

En 1984, la Louisiane a exécuté Elmo Patrick Sonnier (en), qui a inspiré le film La Dernière Marche.

L'affaire Kennedy v. Louisiana[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Kennedy v. Louisiana.

La Louisiane est le premier État à avoir établi la peine de mort pour viol d'enfant après 1976 (en 1995) et le seul à avoir prononcé des condamnations en ce sens (2 dont une en 2007, alors que le pays compte plus de 3000 condamnés). Plusieurs États avaient commencé à promulguer ou à débattre de lois similaires dans le milieu des années 2000. Bien que la Cour suprême des États-Unis a déjà jugé la peine de mort anticonstitutionnelle pour viol en 1977 dans l'affaire Coker v. Georgia, la Cour suprême de Louisiane (en) avait, elle, estimé que cette jurisprudence ne pouvait s'appliquer, l'affaire en question concernant le viol d'une adulte. En 2008, le condamné Patrick Kennedy saisit la Cour suprême et celle-ci statue en sa faveur par cinq voix contre quatre. La Cour jugea par la plume d'Anthony Kennedy qu'au vu du faible état d'application de cette pratique, il y avait « un consensus national sur la question » et qu'« il y a une différence entre le meurtre au premier degré d'une part et les autres crimes contre les personnes d'autre part, même si le viol peut dévaster psychologiquement un enfant et scandaliser le public, il ne peut être comparé au meurtre dans sa sévérité et son caractère irrévocable ». Le jugement cite également le fait que les violeurs pourraient perdre intérêt à laisser leur victime en vie ou encore que les victimes pourraient être dissuadées de dénoncer leurs proches parents en cas de viol. Des arguments qui furent vivement critiqués par les juges conservateurs dans leurs opinions dissidentes pour leur caractère « non-constitutionnel »[7]. Le jugement précise toutefois qu'il n'affecte pas les autres crimes non-homicides comme l'espionnage, la trahison ou encore la direction d'un trafic de stupéfiants, des crimes qui, même s'il n'ont pour l'heure pas entrainé de condamnation à la peine de mort, en sont théoriquement tous passibles devant la justice fédérale.

Soutenu par le Gouvernement Fédéral, l'État de Louisiane demanda vainement ensuite à la haute juridiction de revoir sa décision en se basant sur le fait que la Cour ignorait que le Congrès avait voté en 2006 une loi rendant le viol passible de mort lorsqu'il est commis par un militaire.

Exécutions depuis 1973[modifier | modifier le code]

Les exécutions ont lieu à Angola, au Louisiana State Penitentiary.

Exécutions depuis 1973[8]
N* Criminel Date Méthode(s) Victime(s) Gouverneur
1 Robert Williams 14 décembre 1983 Chaise électrique Willie Kelly. Dave Treen
2 John Taylor 29 février 1984 David Vogler.
3 Elmo Sonnier 5 avril 1984 Loretta Bourque et David LeBlanc. Edwin Edwards
4 Timothy Baldwin 10 septembre 1984 Mary Peters.
5 Ernest Knighton 30 octobre 1984 Ralph Shell.
6 Robert Willie 28 décembre 1984 Faith Hathaway.
7 David Martin 4 janvier 1985 Bobby Todd, Terry Hebert, Anne Tierney et Sandra Brake.
8 Benjamin Berry 7 juin 1987 Robert Cochran.
9 Alvin Moore 9 juin 1987 Jo Wilson.
10 Jimmy Glass 12 juin 1987 Newton et Erlene Brown.
11 Jimmy Wingo 16 juin 1987
12 Willie Celestine 20 juillet 1987 Marcelianne Richard.
13 Willie Watson 24 juillet 1987 Kathy Newman.
14 John Brogdon 30 juillet 1987 Barbara Brown.
15 Sterling Rault 24 août 1987 Jane Francioni.
16 Wayne Felde 15 mars 1988 Glen Thompkins. Buddy Roemer
17 Leslie Lowenfield 13 avril 1988 Shantel, Carol Osborne, Shiela Thomas et 2 autres.
18 Edward Byrne 14 juin 1988 Robert Johnson.
19 Dalton Prejean 18 mai 1990 Donald Cleveland.
20 Andrew Jones 22 juillet 1991 Tumekica Jackson.
21 Robert Sawyer 5 mars 1993 Injection létale Frances Arwood. Edwin Edwards
22 Thomas Ward 16 mai 1995 Wilbert Spencer.
23 Antonio James 1er mars 1996 Henry Silver. Murphy Foster
24 John Brown 24 avril 1997 Omer Laughlin.
25 Dobie Williams 8 janvier 1999 Sonja Knippers.
26 Feltus Taylor 6 juin 2000 Donna Ponsano.
27 Leslie Martin 10 mai 2002 Christina Burgin.
28 Gerald Bordelon 7 janvier 2010 Courtney LeBlanc. Bobby Jindal

En décembre 2018 le couloir de la mort de Louisiane compte 71 condamnés dont une femme[9]. Depuis 1973, 13 condamnés ont été graciés en Louisiane[10],[11].

Crimes capitaux[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. 1941: Eugene Johnson, the first electrocuted in Louisiana
  2. Varnado, Michael L. and Daniel P. Smith. Victims of Dead Man Walking. Pelican Publishing, 2003. 184. Consulté le 2 novembre 2010 (Google Books). (ISBN 1589801563), 9781589801561.
  3. "Photo Album." Louisiana State Penitentiary. Consulté le 20 juillet 2010.
  4. "Officials prep for Bordelon's execution Thursday." The Advocate. 6 janvier 2010. Consulté le 24 août 2010. "Laborde said Bordelon has been moved from Angola's new Death Row facility to a cell at nearby Camp F, where the execution chamber is located"
  5. "Classification–Where Inmates Serve Their Time." « Inside the System: How Inmates Live and Work »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Louisiana Department of Public Safety & Corrections. 14/40. Consulté le 30 juin 2010.
  6. (fr) Le cas Michael LeGrand
  7. Kennedy v. Louisiana, U.S. Supreme Court Case Summary & Oral Argument
  8. « Searchable Execution Database | Death Penalty Information Center », sur deathpenaltyinfo.org (consulté le 24 décembre 2018)
  9. « State by State Database | Death Penalty Information Center », sur deathpenaltyinfo.org (consulté le 26 décembre 2018)
  10. « Clemency | Death Penalty Information Center », sur deathpenaltyinfo.org (consulté le 2 janvier 2019)
  11. « Innocence Database | Death Penalty Information Center », sur deathpenaltyinfo.org (consulté le 2 janvier 2019)