Pierre Poveda Castroverde

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Pierre Poveda Castroverde
Saint catholique
Image illustrative de l’article Pierre Poveda Castroverde
Saint
Naissance
Linares (Espagne)
Décès (à 61 ans) 
Madrid (Espagne)
Nationalité Drapeau de l'Espagne Espagnol
Ordre religieux Diocesan (en)
Béatification
par Jean-Paul II
Canonisation
par Jean-Paul II
Vénéré par Église catholique
Fête 28 juillet
Saint patron de l'Institut Thérésien

Pedro Poveda Castroverde ( - fusillé le ), est un prêtre espagnol, fondateur de l'Institution Thérésienne pour la formation des professeurs laïcs et chrétiens. Fusillé en 1936, il a été canonisé en 2003 par le pape Jean-Paul II.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et entrée au séminaire[modifier | modifier le code]

Pedro Poveda est né le à Linares en Espagne, dans la Province de Jaén[1].

Il commence ses études au séminaire de Jaén en 1889, mais doit les interrompre à cause de difficultés financières. Il se rend alors à Grenade où l'évêque lui offre une bourse pour pouvoir les poursuivre.

Ses débuts comme prêtre[modifier | modifier le code]

Pedro est ordonné prêtre le et prépare une licence de théologie qu'il obtient en 1900 à Séville[2]. Il commence alors son ministère à Guadix, tout en visitant les pauvres. Il découvre en périphérie de la ville des habitants vivant dans des grottes (car ils n'ont pas les moyens d'habiter en ville). Il construit à leur intention une école pour les petits, des ateliers pour les adultes, il dispense à tous une formation chrétienne[2]. Il va jusqu'à s'installer lui aussi dans une grotte pour vivre plus proche de cette population. Il voyage dans la province et jusqu'à Madrid afin de collecter des fonds pour son école et organiser des Conférences de Saint-Vincent-de-Paul[3].

Convaincu de l'importance de l'éducation pour les populations pauvres, il fonde, à leur intention, les Écoles du Sacré-cœur. Mais il rencontre des réticences (dans la population) et doit interrompre cette activité. Il part alors dans le nord de l'Espagne, au sanctuaire marial de Covadonga. C'est pour lui un temps fort de prière et de réflexion[3].

C'est à cette époque qu'il étudie les rapports entre l'Église et la société de son temps, il pense que les laïcs chrétiens ont un rôle très important à jouer pour construire un monde plus juste. Il écrit de nombreuses brochures à ce sujet, participe à des sessions d'étude et de controverse théologiques à l'université d'Oviedo. Il affirme qu'« Il n’est pas possible de croire et en même temps de se taire ».

Faisant toute confiance aux jeunes, qu'il déclare « capables de transformer le monde », il ouvre une résidence pour étudiants, l'Académie de Sainte Thérèse d'Avila à Oviedo en 1911, qui est le point de départ de l'Institution Thérésienne qu'il fondera pour la formation spirituelle et missionnaire des professeurs[4].

En 1912 il rejoint l'Union Apostolique des Prêtres Séculiers, rédige des articles sur le manque d'enseignants et ouvre une école de formation des maitres[5]. Il retourne également au séminaire de Jaen pour y enseigner et assurer le rôle de directeur spirituel du centre Los Operatorios Catechetical. Il enseigne également la religion aux futurs enseignants[2].

Le fondateur[modifier | modifier le code]

En 1911 Pedro Poveda fonde l'Académie Sainte-Thérèse-d'Avila à Oviedo afin de former des jeunes femmes au métier d'institutrices. Il nomme son organisation "Association Thérésienne", voulant s'appuyer sur Thérèse d'Avila, docteur de l'Église et maitresse de prière. Son but est de permettre aux femmes d'amener une transformation humaine de la société, en concordances avec les valeurs chrétiennes, en particulier dans le domaine de la culture et de l'éducation[3]. En 1913 il rencontre Josefa Segovia qui devient sa première collaboratrice et la première directrice de l'Institution. C'est elle qui présente l'œuvre au pape Pie IX en 1924 et qui sera, après la mort du fondateur, le principal moteur de l'expansion de l'association[6].

En 1914 le père Poveda ouvre à Madrid la première résidence universitaire pour jeune femmes. Par la suite il en ouvre d'autres dans les autres villes universitaires espagnoles[7].

En 1921 il est nommé d'aumônier du Palais Royal. L'année suivante, tout en continuant de travailler avec l'Association Thérésienne, il est nommé au Bureau Central de Lutte contre l'Illettrisme. En 1924, son association Thérésienne reçoit l'approbation du pape, elle peut alors s'étendre au Chili et en Italie[7].

La Guerre d'Espagne[modifier | modifier le code]

Quelques jours avant son arrestation il écrit : « Maintenant plus que jamais, nous devons étudier la vie des premiers chrétiens afin d'apprendre d'eux comment se comporter dans les temps de persécution. Voyez comment ils ont obéi à l'Église, comment ils ont confessé le Christ, comment ils se sont préparés au martyre, comment ils priaient pour leurs bourreaux et leur ont pardonné »[3].

Pendant la Guerre d'Espagne, lors des persécutions religieuses de 1936, il est interpellé par des miliciens républicains qui viennent le chercher à son domicile. Lorsqu'ils lui demandent son identité, il leur répond : « Je suis prêtre du Christ ». Il est arrêté, jugé sommairement et fusillé le même jour, le [3].

Béatification et canonisation[modifier | modifier le code]

Il est déclaré vénérable le , puis béatifié par le pape Jean-Paul II le [4].

Le pape Jean-Paul II, lors de son déplacement à Madrid le canonise le père Pedro Poveda. Le pape dira de lui : « Le Père Pedro conclut son existence en la couronnant par le martyre »[8].

Sa fête est fixée au 28 juillet[9].

L'Institution Thérésienne[modifier | modifier le code]

Maison mère de l'Association Thérésienne sur la place José Goyanes Capdevila (Madrid).

C'est en 1913 que le Père Poveda rencontre Josefa Segovia qui sera sa première collaboratrice et la première directrice de l'Institution. C'est elle qui présente l'œuvre au pape Pie IX, lequel l'approuve en 1924 comme Pieuse Union Primaire. Après la mort du fondateur (en 1936), Josefa Segovia est le principal moteur de l'expansion de l'association[6].

Le , le Conseil Pontifical pour les Laïcs décrète la reconnaissance de l’Institution Thérésienne comme association internationale de fidèles de droit pontifical. Actuellement, celle-ci compte quelque 4 100 membres et est présente dans 32 pays : Afrique, Amérique du Nord, Amérique du Sud, Asie, Europe, Moyen-Orient.

L'œuvre dirige des écoles, des résidences universitaires, des centres de formation, des organisations de jeunes, une maison d'édition et de nombreux programmes de coopération internationaux[6].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Osservatore Romano : 2003 n°19 p. 4-5
  • Documentation Catholique : 1993 n. p. 998 - 2003 n°11 p. 542-543
  • Alan Butler et Paul Burns, La vie des saints du troisième millénaire, Continuum International Publishing Group, [10].
  • (es) Silverio de Santa Teresa, Vida de don Pedro Poveda Castroverde fundador de la Institución Teresiana, Madrid, Publicaciones de la Institución Teresiana, . (réédité en 1992).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Pedro Poveda CASTROVERDE (1874-1936) », sur Vatican, vatican.va, (consulté le 8 décembre 2015).
  2. a b et c (en) « St. Pedro Poveda Castroverde, (OCD), Priest and Martyr (m) », sur Curia Generalizia dei Carmelitani, ocarm.org (consulté le 8 décembre 2015).
  3. a b c d et e (en) « St. Pedro Poveda Castroverde », sur Catholic Online, catholic.org (consulté le 8 décembre 2015).
  4. a et b (en) « Saint Pedro Poveda Castroverde », sur Catholic Saints Info, catholicsaints.info, (consulté le 8 décembre 2015).
  5. À cette époque 68 % des hommes et 79 % des femmes étaient illettrées en Espagne.
  6. a b et c « Institution thérésienne », Zénit,‎ (lire en ligne).
  7. a et b (en) « Pedro Poveda Castroverde », sur Drink from the Wadi Cherith, thirdordercarmelite.wordpress.com, (consulté le 8 décembre 2015).
  8. Jean-Paul II, « Voyage apostolique de sa Sainteté Jean-Paul II en Espagne, Messe avec Canonisation, Homélie du pape Jean-Paul II, Plaza de Colón, Madrid 3e Dimanche de Pâques, 4 mai 2003 », sur Vatican, vatican.va, (consulté le 8 décembre 2015).
  9. « Saint Pierre Poveda Castroverde », sur Nominis, nominis.cef.fr (consulté le 8 décembre 2015).
  10. Aucune trace de cet ouvrage n'a été retrouvé sur le net.