Peau d'âne

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Peau d'âne
Image illustrative de l'article Peau d'âne
Peau d'âne au château de Breteuil

Auteur Charles Perrault
Genre Conte en vers
Lieu de parution Paris
Éditeur Les Coignard
Date de parution 1694
Chronologie
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Peau d’âne est un conte populaire, dont la version la plus célèbre est celle de Charles Perrault, parue en 1694, puis rattachée aux Contes de ma mère l'Oye en 1697. Selon la nouvelle classification des contes de Ruth B. Bottigheimer[1], il s'agirait du premier[2] conte de fées français écrit.

Histoire[modifier | modifier le code]

Mourante, une reine se fait promettre par le roi de ne prendre pour nouvelle épouse qu'une femme plus belle qu'elle. Mais la seule personne capable de rivaliser avec sa beauté n'est autre que sa propre fille, et le roi la demande en mariage. Pour échapper à cette union incestueuse et sur les conseils de sa marraine, la princesse demande à son père, pour sa dot, des robes irréalisables, mais il parvient toujours à les lui offrir. Elle lui demande alors de sacrifier son âne qui produit des écus d'or et le roi s'exécute. La princesse s'enfuit alors du château, revêtue de la peau de l'âne. Elle emporte avec elle sa toilette et ses plus belles robes. Le prince d’un autre royaume, où s'est installée Peau d'âne comme servante, la voit sans la reconnaître alors qu'elle était en tenue de princesse. Il demande alors que Peau d'âne lui fasse un gâteau. En faisant la galette, elle laisse tomber sa bague dans la pâte. Le prince demande immédiatement que toutes les femmes et demoiselles du pays viennent essayer la bague. Aucune ne peut passer la bague. Enfin on fait venir Peau d'âne. Son doigt entre dans la bague et le prince peut alors l'épouser. Quant au roi, il se marie avec sa marraine la fée.

Analyse[modifier | modifier le code]

L'Inceste et ce que la psychanalyse appellera plus tard le « complexe d'Électre » sont les thèmes centraux du récit.

Le roi se résout à épouser sa fille. Prétextant la promesse qu'il a faite à sa femme défunte, il choisit d'épouser la princesse sans l'ombre d'un sentiment de culpabilité devant ce que toutes les civilisations humaines considèrent comme le tabou des tabous : l'inceste.

Il reçoit en cela le soutien d'un druide, sorte de conseiller qui agit plus par ambition que par sagesse.

La fée marraine de l'enfant va dissiper tout malentendu en apprenant à la princesse à ne plus confondre les amours : on aime ses parents mais on ne les épouse pas !

La salissure ressentie par l'enfant est ici matérialisée par la peau d'âne, vêtement répugnant qu'elle choisit de porter et qui lui vaut son surnom - on ne connaît pas à cet égard son véritable prénom. Par la suite, elle devient souillon et s'engage dans une ferme.

Dans certaines versions du conte, l'âne dont la princesse porte la peau était un âne magique qui déféquait des pièces d'or et faisait la richesse du roi. L'ultime demande de la princesse envers le roi, pour sa dot, est la peau de cet âne, ce qui se trouve être un sacrifice difficile pour le monarque, qu'il accomplit quand même.

Comme dans La Belle au bois dormant, il sera long et tortueux le chemin qui mènera le prince jusqu'à la princesse et sa délivrance. Comme dans Cendrillon, l'identité de la princesse sera révélée par une séance d'essayage : celle d'une bague, convenant au doigt le plus fin (celle d'une pantoufle au pied le plus fin dans Cendrillon), signe de jeunesse, de beauté et de pureté.

La séance finale permettra au prince d'éliminer toute relation impropre : femmes nobles mais non aimées du prince ou femmes de condition inférieure (mésalliance) sont éliminées en raison de leur doigt trop gros.

Une autre interprétation ferait dériver le conte de Peau d'âne d'un mythe préhistorique semblable à celui de la femme-cygne, où l'animal central serait un mammifère quadrupède[3] et que l'on pourrait mettre en rapport de transformation structural avec le motif mythique de la ménagère mystérieuse[4].

Autres versions[modifier | modifier le code]

  • Les frères Grimm ont publié une version de ce conte en allemand sous le titre Allerleirauh, traduit parfois en Peau de mille-bêtes ou Toutes-Fourrures (1812)
  • Il existe également plusieurs versions africaines[3].

Adaptations[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ruth B. Bottigheimer, Fairy Tales: A New History, Albany : State University of New York Press, 2009.
  2. Selon sa classification, le conte de Mme d'Aulnoy L'Île de la félicité (1690) serait non pas un conte de fées, mais un conte sur le royaume des fées ; cf. le compte rendu de Cyrille François, L'histoire des contes de fées : une histoire de livres, Acta Fabula, Essais critiques, URL : http://www.fabula.org/revue/document5199.php
  3. a et b Julien d'Huy, « Le Motif de la Femme-bison. Essai d'interprétation d'un mythe préhistorique » (1re partie), Mythologie française, mars 2011, sur academia.edu.
  4. Julien d'Huy, « Le Motif de la Femme-bison. Essai d'interprétation d'un mythe préhistorique » (2e partie), Mythologie française, juin 2011, sur academia.edu.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Textes complets sur Wikisource[modifier | modifier le code]

Charles Perrault
Charles Deulin

Lien externe[modifier | modifier le code]