Peïra-Cava

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Peïra-Cava
Peïra-Cava
Entrée du village
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-Maritimes
Arrondissement Nice
Canton Contes
Intercommunalité Communauté de communes du pays des Paillons
Commune Lucéram
Code postal 06440
Démographie
Gentilé peïra-cavois
Population 100 hab. (2021)
Géographie
Coordonnées 43° 56′ 00″ nord, 7° 22′ 00″ est
Altitude Min. 1 371 m
Max. 1 581 m
Localisation
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Peïra-Cava
Liens
Site web http://www.luceram.com

Peïra-Cava est un petit village français dépendant de la commune de Lucéram, situé dans le département des Alpes-Maritimes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le village dépendait du comté de Nice jusqu'en 1860, il doit son nom d'origine à la langue niçoise. Peïra signifiant "Pierre" et Cava "Creux".

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue sur le Mercantour.jpg

Peïra-Cava est dominé par sa cime éponyme à 1581 m. d'altitude.

Situé sur une crête séparant les vallées de la Bévéra, de la Vésubie et du Paillon. Son relief peu accidenté, comportent de nombreux replats qui en font un site original pour un village perché à 1 450 mètres d'altitude. Ce village offre ainsi de multiples points de vue sur la chaine des Alpes, les massifs du Mercantour, de l'Esterel allant jusqu'à la mer Méditerranée avec les îles de Lérins et un aperçu exceptionnel sur la Corse par très beau temps.

Histoire[modifier | modifier le code]

Beasse1.jpg

Création au début du siècle dernier de la 1ére station de sports d'hiver du département[1], Peïra-Cava a bénéficié d'une grande renommée au début du XXe siècle[2], en témoigne la liste des personnages célèbres ayant séjourné dans la station (voir plus bas).

Histoire militaire[modifier | modifier le code]

La position dominante de Peïra-Cava, sa proximité de la frontière italienne et du massif de l'Authion a fait du village un site de garnison stratégique à la fin du XIXe siècle.

L'histoire militaire de Peïra-Cava est intimement liée à celle des chasseurs alpins[3]. L'été 1876 marque les premières manœuvres des chasseurs à pied dans le village de Peïra-Cava[4]. Dans le contexte de la montée des tensions entre la France et l'Italie dans les années 1870 et les années 1880 au sujet des questions coloniales [5], Peïra-Cava va se doter de casernes qui vont permettre l'installation annuelle d'une demi-brigade de chasseurs alpins qui effectueront des rotations vers les sites du col de Turini et du massif de l'Authion. Les casernes Crénant, construites entre 1876 et 1887 accueillirent de 300 à 1 000 soldats, en toutes saisons, jusqu'à l'occupation italienne en 1942. Peïra-Cava joue ainsi un rôle important dans le Secteur fortifié des Alpes-Maritimes. En effet, il accueille une partie des soldats qui mèneront la bataille contre les italiens au massif de l'Authion du 20 au . À la différence de la majeure partie des Alpes-Maritimes libérée en septembre 1944, Peïra-Cava demeure un lieu stratégique en vue des dernières batailles de la Seconde Guerre mondiale en France qui opposeront la 1re division française libre, le 3e régiment de tirailleurs sénégalais, le BIMP (bataillon d'infanterie de marine et du Pacifique), des chars du 1er régiment de fusiliers marins et les troupes allemandes qui occupent les fortifications du massif de l'Authion depuis le départ des Italiens. Le , les Français parviennent à prendre les fortifications. La bataille fait 274 morts et 644 blessés du côté français[6],[7].

La présence de l'armée a largement contribué au développement de Peïra-Cava. Un lieu de culte, Notre-Dame-des-Neiges y est bâti en 1903, avec le financement de Robert de Courson. Le village était relié à Nice par une ligne d'autobus, plusieurs fois par jour. Plus largement, c'est aux militaires que Peïra-Cava, le col de Turini et Camp d'argent doivent le développement des activités hivernales, puisque ce sont eux les chasseurs alpins installés dans le camp de Plan-Caval du massif de l'Authion qui organisent les premiers concours de ski de fond le .

Accords de Peïra-Cava[modifier | modifier le code]

Signés par Max Hymans le , Ils mettent fin à la concurrence franco-française dans les colonies et refusent le monopole d'Air France en organisant le partage des lignes faisceau par faisceau. Les liaisons avec l'Afrique-Occidentale française, l'Afrique-Équatoriale française et Madagascar étaient assurées pour moitié par Air France, tandis que l'autre moitié était partagée équitablement entre l'UAT (Union aéromaritime de transport) et la TAI (Transports aériens intercontinentaux)[8].

Espace pionnier du tourisme de montagne[modifier | modifier le code]

Victor de Cessole est l'initiateur de la station de sports d'hiver de Peïra-Cava : il est le premier à escalader à ski la cime du village. Président du Club alpin français de Nice à partir de 1900, il va promouvoir, grâce à la présence militaire, la pratique du ski. En dehors des activités sportives, Peïra-Cava est mentionné dès 1885 dans L’Union artistique et littéraire pour son air pur. En septembre 1905, le Bulletin paroissial de Lucéram et Peïra Cava vante les mérites de l'air local : "L’air salutaire et bienfaisant de la montagne est un des grands remèdes de la médecine et de la morale. On a vu des personnes se rétablir en un mois, en une saison, à Peïra Cava."[9]

Dès 1905, les chasseurs alpins s'essaient à la pratique du ski dans le massif de l'Authion, où est invitée l'aristocratie niçoise. Le voit se dérouler la première compétition de ski de fond, alors que la patinoire du lac est inaugurée le de la même année, quelques jours avant une compétition de hockey sur glace opposant une équipe de la Riviera à l'équipe belge[10]. La station prend rapidement une dimension internationale. Harald Durban Hansen, spécialiste norvégien du ski nordique devient conseiller du Club alpin français en 1905[11] et vient proposer une démonstration de ski en février 1909, entre le village et la baisse de Camp d'Argent. L'ensemble de ces évènements est organisé dans le cadre de la "Quinzaine de Peïra-Cava", promue par le journaliste Léon Marguliès et le directeur sportif de la station, Antoine Goldberg.

En 1905, l'Agenda du Voyageur du guide La Méditerranée : de Marseille à Gênes, la Côte d'azur, les Alpes-Maritimes compte trois hôtels : l'Hôtel des Alpes, le Bellevue, et le Grand-Hôtel Faraut. Il faut alors 7 heures pour relier Nice et Peïra-Cava[12] !

Les journaux participent également de la renommée de la station. Le , la feuille Les Echos de Nice et Monte Carlo écrit : "Quel pays merveilleux où l’on va de l’hiver le plus rigoureux au printemps le plus doux, de la neige aux fleurs d’orangers, des sapins poudrés de givre aux palmiers et aux fleurs en moins de deux heures ! Il n’y a qu’un pays au monde où se produise ce miracle, qu’un Peïra-Cava et qu’une Riviera !"[13]

Programme de la "Quinzaine de Peïra-Cava"[modifier | modifier le code]

L'essor de l'entre-deux guerres[modifier | modifier le code]

Après la Première Guerre mondiale, Peïra-Cava poursuit son ascension touristique. En 1920, l'ingénieur roumain Henri Coanda propose de relier Nice et Monaco au moyen d'un transport par câble composé de nacelles appelées "avions" , et de prolonger cette ligne dont les "avions" pouvaient accueillir 20 passagers et quelques charges de fret jusqu'à Peïra-Cava. Le projet est adopté par le Conseil général des Alpes-Maritimes mais refusé, en 1921 par le ministère chargé des transports publics. En 1923, 1 500 personnes assistent à un concours de ski de fond, et en 1927 les Italiens de Limone Piemonte y participeront, donnant de l'ampleur à la manifestation.

Les difficultés de l'après-guerre[modifier | modifier le code]

En 1945, une piste qui part de la poudrière à la sortie du village jusqu'à la cime de Peïra-Cava est déboisée. Cependant, ce n'est qu'en 1963 qu'est inauguré le télésiège du village. La station comptait alors 3 pistes de ski. Le départ des militaires peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale amorce une phase de déclin pour le premier village de montagne investi par les touristes dans les Alpes-Maritimes. Les commerces commencent à fermer, et les hôtels sont remplacés par des colonies de vacances. De surcroît, la concurrence des stations mieux équipées et plus vastes, comme Auron, Valberg et bientôt Isola 2000 et le phénomène d'attraction touristique du col de Turini et de Camp d'Argent rendent le développement du village incertain. Le télésiège est démonté dans les années 1990, et le téleski du lac n'est aujourd'hui plus actif.

L'histoire invite également à considérer les responsabilités politiques dans l'échec du développement économique de la station. Ainsi que l'évoque Christian Hélion dans son article "Peïra-Cava : itinéraire d'un lieu touristique dans la moyenne montagne niçoise"[14] : "Contrairement à la commune de Lucéram, qui n'a pratiquement jamais obtenu d'aides, pour des raisons politiques, ces stations [celles du Mercantour] bénéficient d'importantes subventions du Conseil Général". En effet, sur le territoire de Lucéram, bastion communiste de l'arrière-pays niçois, la station a pâti des conflits politiques entre la "vallée rouge" du Paillon et le conseil général des Alpes-Maritimes, plutôt à droite.

Galerie[modifier | modifier le code]

Personnages célèbres ayant séjourné à Peïra-Cava[modifier | modifier le code]

Peïra-Cava aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Vue depuis "La Cabanette", à l'entrée de Peïra-Cava

De nos jours, la station de Peïra-Cava a abandonné la pratique du ski alpin notamment en raison du réchauffement climatique induisant un déficit de neige naturelle, occasionnant la suppression des remontés mécaniques. Néanmoins les activités hivernales tels que la luge, la randonnée en raquettes, les balades en ski de fond ou en ski de randonnées, font toujours le plaisir des amateurs de neige.

Depuis une vingtaine d'années un accrobranche a investi le site des Granges-du-Lac, il est également possible de passer des nuits dans des yourtes ou en cabane perchée dans les arbres.

Un site d'escalade naturel équipé est à disposition de tous les grimpeurs ainsi qu'une structure artificielle en extérieur.

Depuis 2007, une table d'orientation d'un nouveau concept est installée sur un surplomb de gré oligocène. Ce site d'observation géographique facilement accessible, offre un panorama exceptionnel: des îles de Lérins au massif de l'Estérel jusqu'aux montagnes du Mercantour ainsi que quelques sommets italiens; sans oublier le soir, un coucher de soleil incomparable au-dessus de cette immense forêt toujours préservée.

Le village et ses alentours servent régulièrement de décors pour la publicité et le cinéma.

Une des dernières scène du film "les seins de glaces" de Georges Lautner avec Claude Brasseur, Alain Delon et Mireille Darc a été tourné à l'ancienne table d'orientation, cette dernière est accessible par une échelle métallique, mais son accès est déconseillé car peu sécurisé.

Sa forêt est un lieu privilégié pour se ressourcer lors de randonnées en montagne ainsi que l'observation de la faune et de la flore.

Les perceptions astronomiques sont facilités depuis le champ de tir, la cime de Peïra-Cava ou la table d'orientation, car relativement bien protégé de la pollution lumineuse environnante.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "C'est l'année 1909 qui consacre l'hiver, avec l'inauguration de la patinoire et l'ascension à ski de la Cime de Peïra-Cava", http://www.mgm.fr/PUB/Mappemonde/M300/Helion.pdf
  2. « Rapidement, [...] c'est toute la haute société niçoise ainsi que les riches étrangers s'attardant hors saison sur la côte, qui y viennent », http://www.mgm.fr/PUB/Mappemonde/M300/Helion.pdf
  3. 6e bataillon de chasseurs alpins de Nice.
  4. http://amontcev.free.fr/conscrits.htm
  5. Notamment à cause de l'établissement du protectorat français de Tunisie.
  6. http://www.ecpad.fr/la-1re-dfl-division-francaise-libre-dans-le-massif-de-lauthion
  7. http://www.vesubian.com/sites/loisirs/authion.htm
  8. Du trimoteur au quadrijet, le transport aérien en Afrique noire francophone (1940-1961), Vital Ferry, éditions du Gerfaut, 2006.
  9. [1], note no 36
  10. « Musee de luceram - Le musée de la décoration ! », sur Musee de luceram (consulté le ).
  11. http://www.victordecessole.org/dwn/Victor_de_Cessole_05.pdf
  12. « BnF Catalogue général », sur bnf.fr, Administration des guides Conty (Paris), (consulté le ).
  13. A.D.A.-M.P.R. 313, Les Échos de Nice et Monte Carlo, 19 janvier 1907, archive mise en évidence par Suzanne Cervera : [2]
  14. http://www.mgm.fr/PUB/Mappemonde/M300/Helion.pdf

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]