Pazo de Meirás

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Pazo de Meirás
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Pazo de Meirás.
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Entrée du manoir.

Le Pazo de Meirás ou Torres de Meirás[1] est un manoir espagnol situé en Galice, dans la province de La Corogne, sur le territoire de la commune de Sada, dans lequel a vécu l'écrivaine Emilia Pardo Bazán et qui a été offert durant le franquisme par les autorités galiciennes au chef de l’État, Francisco Franco.

Histoire[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

Le premier manoir, incendié en 1809 par les Français durant la Guerre d'indépendance espagnole, devait appartenir à un lignage affilié aux Pardo de Lama, ancêtres de Emilia Pardo Bazán qui avait le titre de comtesse de Pardo Bazán octroyé par le roi Alphonse XIII en reconnaissance de ses mérites dans le domaine des lettres. En 1893, Emilia Pardo Bazán et sa mère ont décidé de construire un manoir sur les ruines antérieures desquelles rien n'est conservé depuis.

Séjour de Franco[modifier | modifier le code]

En 1938, le général Franco se fait offrir le manoir grâce à une « souscription populaire » organisée par des notables locaux, sympathisants du régime, et alimentée de prétendues donations volontaires[2]. Entre 1938 et 1975, tous les frais liés à l’entretien et à l’embellissement du Pazo seront financés par l’État[2].

Durant son passage au pouvoir, Franco y passe ses vacances d'été, y tenant même certains conseils des ministres. Cette présence régulière et médiatisée a participé au développement et à la modernisation des infrastructures de la région (industrie, transports, etc.)[3].

Controverse[modifier | modifier le code]

Depuis 2007, s'est développé en Galice un mouvement mené par l'association Commission pour la récupération de la mémoire historique qui revendique que le Pazo de Meirás soit rendu « au peuple »[4].

À l'initiative de la Junte de Galice, le manoir est classé bien d'intérêt culturel depuis le , malgré l'opposition des héritiers de la famille Franco. Ce type de classement comprend en effet l'engagement des propriétaires à devoir ouvrir le bien au public, au moins, comme le prescrit la loi, quatre jours par mois. La famille du défunt dictateur s'est opposée à de nombreuses reprises à respecter les jours minimum d'ouverture au public, mais la justice a rejeté leurs arguments. En 2010, le Tribunal suprême a confirmé la classification en BIC. Le , les portes du Pazo de Meirás ont été ouvertes aux visiteurs pour la première fois.

En 2017, les demandes populaires et institutionnelles de retour du monument au patrimoine public se multiplient[5]. En septembre, le président du gouvernement galicien annonce la création d'une commission chargée d'étudier s'il y avait des « vices cachés » dans la donation du bien, ce qui permettrait de la rendre sans effet[6]. Le document officiel remettant le Pazo de Meirás à Francisco Franco en tant que chef de l'État est à la base de l'argumentation de la commission, mais l'original a disparu des archives provinciales[7].

En 2018, après le décès de Carmen Franco, fille du général Franco, ses héritiers décident de mettre le Pazo en vente.

Procédure judiciaire[modifier | modifier le code]

En juillet 2019, l'avocat général de l'État intente une action en justice pour que la famille Franco restitue la propriété à l'État pour « fraude » à l'achat. L'argumentation se fonde sur le fait que l'achat de 1938 aux héritiers d'Emilia Pardo Bazán a été « régularisé » par un acte de vente le . Le juge relève que le prix d'achat de 85 000 pesetas inscrit dans ce document est dérisoire.

Le , une ordonnance rendue par la juge Marta Canales Gantes accepte les demandes de la Junte de Galice et de la ville de Sada d'intervenir dans le processus engagé par l'État. La magistrate estime que les deux collectivités ont un intérêt direct et légitime dans l'affaire et a retenu les arguments présentés dans leurs demandes. Le premier n'est pas seulement destiné à récupérer le domaine, mais à lui donner un usage public. Concernant le second, le juge souligne que c'est le Parlement de Galice qui est à l'initiative des actions de récupération et du classement comme bien d'intérêt culturel, avec la catégorie de site historique et indique également que le gouvernement autonome détient les pouvoirs en matière de protection du patrimoine[8].

Le , le Tribunal de première instance de La Corogne déclare dans sa sentence la « nullité de la donation faite en 1938 au chef de l'État autoproclamé ». Le jugement conclut que la vente effectuée en 1941 était un « simulacre » entraînant la nullité de la cession, obligeant la famille Franco à restituer le Pazo à l'État[9].

Architecture[modifier | modifier le code]

L'édifice de style romantique, présente une forme carrée, flanqué de trois tours de dimensions différentes, construit en granit ; une grande tour et deux tours en façade.
La grande tour, appelée tour de la chimère (A Torre da Quimera) par Emilia Pardo Bazán, abrite la bibliothèque de l'écrivaine.

Protection[modifier | modifier le code]

Le manoir fait l’objet d’un classement en Espagne au titre de bien d'intérêt culturel depuis le [10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) « Torres de Meirás », Memoria de Sada (consulté le 1er juin 2014)
  2. a et b « En Espagne, fin de la vie de château pour les descendants de Franco », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  3. José María Cardesín, « Que faire de la statue de Franco ? », Histoire urbaine, 2002/2 (n°6), p. 131-150
  4. (es) «Decenas de vecinos acuden al Pazo de Meirás para pedir su devolución al pueblo gallego», elmundo.es, 18 novembre 2007
  5. (es) Fran Moar Sada, « Formoso insta a responder “al clamor social” que reclama la devolución del pazo de Meirás », sur El Ideal gallego,
  6. (es) « Feijóo plantea una comisión para "acreditar vicios ocultos" en la donación de Meirás », sur El País,
  7. (es) José Manuel Pan, « La Diputación supo en el año 2007 que el pergamino de Meirás había desaparecido », sur La Voz de Galicia,
  8. (es) Rosalina Moreno, « El Juzgado admite la adhesión de la Xunta y el Ayuntamiento de Sada a la demanda para recuperar el Pazo de Meirás », sur confilegal.com,
  9. Sandrine Morel, « En Espagne, fin de la vie de château pour les descendants de Franco », sur Le Monde,
  10. Base BIC du ministère espagnol de la Culture sous le nom Torres de Meiras et le n° de référence RI-51-0000265.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]