Pavillon de la Muette

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Pavillon de la Muette
Image illustrative de l'article Pavillon de la Muette
Pavillon de la Muette
Début construction XVIe siècle
Fin construction XVIIIe siècle
Protection Logo monument historique Classé MH (1921)
Coordonnées 48° 57′ 51″ nord, 2° 07′ 03″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Yvelines
Commune Saint-Germain-en-Laye

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Pavillon de la Muette

Géolocalisation sur la carte : Île-de-France

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Pavillon de la Muette

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(Voir situation sur carte : Yvelines)
Pavillon de la Muette

Le pavillon de la Muette est un rendez-vous de chasse situé dans la partie nord de la forêt de Saint-Germain-en-Laye dans le département des Yvelines (France). Ce pavillon a été construit par l'architecte Ange-Jacques Gabriel pour le roi Louis XV en 1775 sur les ruines d'un ancien château construit par François Ier au XVIe siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

  • Un premier château de François Ier.

Le château initial de François Ier est l’œuvre de Pierre Chambiges. De forme très découpée, il comportait cinq étages avec au centre un corps carré abritant les pièces de réception et de vie et, dans quatre tours d'angles, de petits appartements. Il était complété au nord par une chapelle et au sud, lui faisant pendant, une cage d'escalier. François Ier l'utilisa pour la chasse et pour un séjour intime avec sa famille et ses amis, à l'écart de la cour du château "vieux" de Saint Germain en Laye. Comme à Saint Germain, la construction mêlait brique et pierre. Philibert de l'Orme le suréleva pour aménager une salle de jeu de paume surmonté d'une terrasse belvédère en plomb, dont Androuet du cerceau relève, dans "les plus excellents bâtiments de France", qu'elle s'était rapidement enfoncée et menaçait d'entraîner la ruine de l'édifice tout entier. Abandonné dès le règne d'Henri II, ce premier château est représenté largement écroulé sous le règne de Louis XIV, dans une gravure de 1665, et il fut d'ailleurs rasé peu après.

  • Un pavillon de chasse de Louis XV.
Ange Jacques Gabriel
Le Pavillon vu de derrière, avec son belvédère

Louis XV commanda à Ange Jacques Gabriel la construction, à son emplacement, d'un pavillon de chasse de dimensions plus petites. Gabriel travaillait alors à la construction du petit Trianon et reprit, pour le dessin de la façade méridionale, des proportions analogues, réservant au premier niveau, de grande hauteur, les espaces de réception, et à l'étage, de hauteur plus modeste, les appartements intimes. Il fut décidé en cours de travaux de compléter le bâtiment d'une salle octogonale, au nord, surmonté d'une terrasse belvédère destinée à suivre les chasses, comme l'avait fait Philibert de l'Orme dans le premier château. Le parti pris d'une ligne épurée est évident dans le dessin et correspond au virage que prennent l'architecture et les arts décoratifs à la fin du règne de Louis XV vers plus de sobriété.
En sous-sol, Gabriel aménagea de vastes cuisines qui rappellent beaucoup, dans leur conception, le réchauffoir de Trianon.
Au premier niveau, légèrement surélevé par rapport aux terrasses, le bâtiment comporte un vaste vestibule central au sud et un salon à l'ouest, qui ont conservé un remarquable pavement à cabochon, un escalier et une pièce de service à l'est, et la grande salle octogonale nord, dotée au XIXe siècle d'un parquet dont le motif central en forme d'étoile a malheureusement disparu.
L'étage comportait deux chambres, au sud et à l'ouest, et une pièce de service ; son décor est aujourd'hui très endommagé ou perdu.
Au-dessus du comble, la terrasse belvédère aménagée au début du règne de Louis XVI est toujours présente mais est en très mauvais état, les feuilles de plomb trop larges employées pour sa couverture ayant, sous l'effet de la dilatation, fini par se déchirer en de nombreux points, causant la dégradation des charpentes et des plafonds sous l'effet des infiltrations.
À l'extérieur, les plans anciens figurent une vaste allée circulaire plantée d'arbres qui a aujourd'hui disparu. Au nord, une terrasse conforme aux plans originaux a bien été réalisée ; elle a été récemment dégagée. Au sud ont été ajoutées une vaste terrasse rectangulaire et une allée pavée qui ne figurent pas sur les plans d'origine. Il était projeté de construire plus au sud, en retrait de l'allée cavalière, un bâtiment pour l'équipage de vénerie, mais c'est finalement une dépendance plus modeste, la maison forestière, qui fut érigée immédiatement à l'ouest du pavillon et réunie, sous Charles X, avec un bâtiment d'écuries. Charles X, à la Restauration, fit grand usage du pavillon pour la chasse ; il y recevait également ses intimes. Napoléon III, qui maintint un équipage de vénerie, vint lui aussi à plusieurs reprises au pavillon et un récit de chasse à tir par Marcel de Baillehache, dans ses "Souvenirs d'un lancier de la garde impériale", en donne un bon aperçu.
Napoléon III reçut au pavillon la reine Victoria et le prince Albert le 25 août 1855, lors du voyage qui scella "l'entente cordiale" franco-britannique. Une aquarelle d'Hippolyte Bellangé représentant l'épisode et la présentation de la meute, devant l'entrée nord de la salle octogonale, est conservé dans la collection de la reine d'Angleterre ainsi que deux croquis de l'équipage de chasse qu'exécuta la reine sur son carnet personnel (en ligne).
Le pavillon fut encore utilisé, dans les années 1950, 1960 et 1970, pour abriter le studio école de l'OCORA, institution dépendant de l'ORTF dirigée par Pierre Schaeffer et chargée de former les futurs cadres des radios des colonies.

Classement et situation actuelle[modifier | modifier le code]

Classé monument historique le 7 avril 1921[1], il était jusqu'en juillet 2014 géré par l'Office National des Forêts.
Il a été vendu par l'État et sa restauration, en conformité avec la procédure s'appliquant aux monuments historiques classés, a commencé début 2015. À ce stade, les premiers travaux ont porté sur le dégagement des allées et terrasses pavées, qui disparaissaient sous la végétation, le déblaiement des gravats intérieurs, le dégagement des combles précédant le diagnostic structurel des toitures, la sécurisation du bâtiment contre les effractions.
Parallèlement aux travaux, le nouveau propriétaire assure les visites publiques qui ont commencé en juin 2015 (horaires des visites).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Entretiens sur l'architecture Eugène Viollet-le-Duc, Tome 1, huitième entretien.
  • Marie-Marguerite Roy, Le Butard et la Muette : deux pavillons de chasse d'Ange-Jacques Gabriel pour Louis XV. Mémoire de Master 2, 2012 (extrait en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]