Pavillon auriculaire humain

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Le pavillon auriculaire, est la partie visible de l'oreille humaine, à l'extérieur de la tête. Il fait partie de l'oreille externe, qui comprend, outre le pavillon, le conduit auditif externe. C'est une structure lamellaire essentiellement formée d'un fibrocartilage qui lui confère sa forme et son élasticité. Il a une forme ovalaire à grosse extrémité supérieure, l'axe vertical est dévié de 10° dans le sens antihoraire. La taille moyenne chez l'adulte est de 60 à 65 mm pour la hauteur, et de 25 à 36 mm pour la largeur.

Pour le pavillon auriculaire des animaux, voir l'article principal : oreille.

Situation[modifier | modifier le code]

Les pavillons sont situés de part et d'autre de la tête, en dessous et en arrière de la région sous-temporale, en avant et en haut de la région sterno-cléido-mastoïdienne.

Galerie anatomie[modifier | modifier le code]

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Description[modifier | modifier le code]

Le pavillon a deux faces :

Face externe[modifier | modifier le code]

  • La conque (concha auriculae) : excavation large qui s'ouvre en dedans sur le conduit auditif externe.
  • L'hélix : il naît dans la conque (racine de l’hélix) et dessine le bord libre du pavillon en avant en haut puis en arrière et disparaît progressivement dans le lobule (queue de l’hélix).
  • L'anthélix (anti-hélix): saillie courbe et bifide qui comble l’espace entre la conque et l’hélix. La bifidité dessine la fosse triangulaire.
  • L'hélix et l'anthélix sont séparés par la scapha.
  • Le tragus : saillie lamelleuse arrondie à triangulaire venant, en opercule vers l’arrière, en protection de l’ouverture du conduit auditif externe.
  • L'antitragus : saillie oblongue arrondie limitant la conque en arrière elle est séparée du tragus par l’échancrure inter-tragienne très marquée.
  • Le lobule (lobulus auriculae) : repli cutané sans armature cartilagineuse, appendu à la partie basse du pavillon communément appelé lobe d'oreille.

Face interne[modifier | modifier le code]

  • Elle regarde en dedans et en arrière et se décompose en une partie libre postérieure et une partie adhérente au crâne séparées par le sillon rétro-auriculaire.

Structure[modifier | modifier le code]

Le pavillon se compose de :

  • cartilage : il sert d’armature au pavillon à l’exclusion du lobule. Son épaisseur varie de 0,5 à 2 mm.
  • ligaments pavillonnaires
    • les ligaments extrinsèques : le ligament auriculaire antérieur, le ligament auriculaire supérieur, et le ligament auriculaire postérieur, ils attachent solidement le pavillon au crâne.
    • les ligaments intrinsèques : ils participent au modelage du cartilage.
  • muscles du pavillon
    • les muscles extrinsèques : ils sont destinés à l’orientation du pavillon, leur action est donc négligeable chez l’homme. Ils se décomposent en muscle auriculaire antérieur, muscle auriculaire supérieur, et muscle auriculaire postérieur.
    • les muscles intrinsèques : comme les ligaments, ils servent essentiellement au modelage du pavillon.
  • revêtement cutané

Vascularisation[modifier | modifier le code]

  • Les artères (provenant de la carotide externe)
    • La partie antérieure du pavillon est irriguée par l’artère auriculaire antérieure elle-même issue de la temporale superficielle
    • La partie postérieure du pavillon et irriguée par l’artère auriculaire postérieure.
  • Les veines
    • La partie antérieure du pavillon est drainée par les veines auriculaires antérieures qui se jettent dans la veine temporale superficielle.
    • La partie postérieure du pavillon est drainée par les veines auriculaires postérieures qui se jettent dans la veine jugulaire externe après avoir traversé la parotide.

Innervation[modifier | modifier le code]

Innervation motrice[modifier | modifier le code]

Elle est fournie par une branche du nerf facial.

Innervation sensorielle[modifier | modifier le code]

  • Une branche du plexus cervical superficiel (C3,C4) innerve la majorité du pavillon ; partie postérieure et inférieure.
  • Une branche du V3 (nerf trijumeau) innerve la partie antérieure de l’hélix et le tragus.
  • Une branche du VII (nerf facial) innerve la conque et la partie antérieure de l’anthélix.

Synonymie[modifier | modifier le code]

  • auricula : terme international (reconnu par Parisiensa Nomina Acta)

Ces deux termes sont inusités et désuets.

Rôle[modifier | modifier le code]

Le rôle du pavillon est de collecter et d'amplifier certaines fréquences dans les sons. Ce rôle est sensible dans la stéréophonie, et devrait servir à la reconnaissance spatiale (localisation d’un son dans l’espace qui nous entoure). Ce trait est facile à comprendre en regardant les oreilles d’un chien qu’il peut orienter différemment pour accentuer sa stéréophonie. Chez l’homme, notre capacité à orienter de façon indépendante nos pavillons s’est perdue avec le temps même s’il en reste une fonction vestigiale. Il existe également une modification du son lié pour une faible partie au pavillon et pour la majeure partie au conduit auditif externe. Cette modification privilégie la fonction d'alerte mais pas la parole.

Amplification du son[modifier | modifier le code]

L'amplification du son par le pavillon, le conduit auditif externe, le tympan et l'oreille moyenne est de l'ordre de 10 dB à 15 dB dans la gamme de fréquences de 1,5 kHz à 7 kHz. Cette amplification est un des multiples facteurs de traumatisme de l'oreille interne résultant de niveaux sonores élevés.

Galerie pathologie[modifier | modifier le code]

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Anomalies malformatives[modifier | modifier le code]

Les fistules congénitales et malformations pavillonnaires sont des malformations relativement rares provenant d’une anomalie du développement embryonnaire lors du deuxième mois de vie in utero[1].

Embryopathogénie[modifier | modifier le code]

Le pavillon dérive des six « colliculi de His » qui entourent la première fente branchiale. Ces six bourgeons donnent les différentes parties du pavillon. Au cours du développement embryonnaire, le pavillon migre de l’avant vers l’arrière au fur et à mesure de l'élargissement de la mandibule.

Pathologies[modifier | modifier le code]

  • Fistules pré-hélicéennes ou fistules pré-auriculaires congénitales (Cf. photo I)
Le pavillon dérive des six « colliculi de His » qui entourent la première fente branchiale et les fistules pré-hélicéennes seraient en rapport avec un défaut de fusion des deux bourgeons antérieurs.
Les noirs et les asiatiques (22 pour 1 000 naissances) sont plus touchés que les blancs (0,6 à 2,6 pour 1 000 naissances) Elles sont bilatérales dans 35 % des cas[2].
Ces malformations peuvent être associées à des aplasies mineures de l'oreille, visible dès l’examen otoscopique avec une fibreuse tympanique mince et un manche du marteau rectiligne. Certaines formes ne se détecteront qu’à l’audiogramme. Des formes familiales de fistules pré-hélicéennes ont également été décrites.
  • Microtie
C'est la petitesse anormale des oreilles, qui peut aller jusqu’à la quasi absence de pavillon.
La prévalence et les caractéristiques des microties varient selon les populations. La prévalence varie de 0,83 à 17,4 pour 10 000. La microtie est plus fréquente chez les hommes, et du côté droit, dont la prévalence varie de 57 à 67 %[3].
Cette malformation s’accompagne de façon extrêmement fréquente d'une atrésie voire d’une sténose complète du conduit auditif externe.
La microtie peut être graduée :
Grade I : Une oreille un tiers plus petite que la normale avec des structures identifiables et d'un conduit auditif externe de petite taille mais non sténosé, sans surdité.
Grade II : Une oreille malformée avec sténose du conduit auditif externe associé à une surdité de transmission.
Grade III : Absence de l'oreille externe ou persistance d’une petite structure vestigiale associée une absence du conduit auditif externe et d’une bonne part des structures de l’oreille moyenne, (des deux premiers osselets). Persiste un embryon de superstructures de l’étrier et la platine.
Grade IV : Agénésie complète de l’oreille externe et moyenne, malformation étendue à l’oreille interne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. P. Frohelich, A. Morgon, « Les fistules pré-auriculaires » Cahiers d’ORL 1995;30(4):205-207.
  2. En. Garabedian, Kystes et fistules cervico-faciaux congénitaux, Vigot, Paris, 1989.
  3. (en) Suutarla S, Klockars T, Rautio J. « The learning curve in microtia surgery » Facial Plast Surg. 2009;25(3):145-8. PMID 19809947