Pavillon (architecture)

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Le terme pavillon viendrait du vieux français paveillun (XIIe siècle), et du latin papilio (papillon). On désignait ainsi la tente du seigneur en campagne. L'analogie avec l'insecte viendrait de l'aspect somptueux des tentes médiévales. D'où la notion d'une structure légère mais plaisante érigée sur un espace ouvert et à vocation secondaire.

  • Sorte de tente militaire, attesté en 1606, de plan carré, polygonal ou rond, terminée en pointe au-dessus, portée par un mât, ou arbre, central.
  • Le terme évolue en bâtiment de cette forme (attesté 1694), très fenestré et de petite dimension en général.
Par exemple : pavillon de chasse
  • Des formes similaires sont typiques de l'architecture chinoise ou japonaise et
Par exemple : Temple du Pavillon d'argent
  • En Europe, dans l'architecture des jardins XVIIIe siècle (?), le terme évolue aussi en édicule ou fabrique de jardin, sous diverses inspirations stylistiques, souvent chinoises.
Projet de décor de théâtre avec un pavillon chinois... (titre d'un plan vers 1770, cité in Jardins en France - 1760-1820, catalogue d'exposition, éd. Caisse Nationale des Monuments Historiques et des Sites, Paris, 1977)
Ne pas confondre avec le kiosque qui est, en principe, ouvert.
  • Dans l'architecture classique européenne, il désigne aussi un type de bâtiment plus important proche de la rotonde ou du belvédère et conservant du pavillon en toile, la salle unique, la légèreté (fenestrage très ouvert) et la toiture en pointe. Il est souvent inclus dans une composition plus vaste, dont il constitue une annexe prestigieuse.
Par exemple : Pavillon de Breteuil.
Un pavillon semi-préfabriqué à Uccle (Belgique), rue Langeveld, par l'architecte Léon van Dievoet, 1946.
  • Au XIXe siècle et de nos jours, le terme s'élargit aussi à de vastes constructions légères et transparentes, souvent des lieux publics en annexe de grands équipements (hôpitaux, expositions, équipement thermal, etc.) :
Par exemple : pavillon des cancéreux, pavillon des Sciences, pavillon de la Grande Source (Vittel - 1932)...
  • Par souvenir du sens premier, plus modeste (pavillon de chasse par exemple), ou par flatterie, en France (non usité en Belgique), le terme dérive au XXe siècle pour désigner de petites maisons quatre-façades, de dimensions modestes et souvent répétitives dans leurs modèles issus de l'architecture hygièniste de l'Habitation à bon marché ou du système de l'accession à la propriété en France troisième quart du XXe siècle par la loi Albin Chalandon. Il existe des villages de pavillons-témoins qui présentent des modèles types (Domexpo en région parisienne, Homexpo à Bordeaux...)
Par exemple : un pavillon de banlieue.

Pavillonnaire[modifier | modifier le code]

Définition[modifier | modifier le code]

Le pavillon au sens strict se définit par une construction individuelle, un recul par rapport à la voirie, un jardin à l'avant du bâtiment, la présence d'un terrain à l'arrière et l'absence de contraintes de mitoyenneté.

France[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Le pavillonnaire débute à l’ère industrielle avec le développement des cités ouvrières souvent sous la forme de petites maisons mitoyennes avec une densité relativement importante autour de trente logements par hectare. Si au XIXe siècle, le pavillonnaire reste limité, entre 1890 et 1930, des réglementations se développent favorisant l’essor de l’habitation individuelle en France avec par exemple la loi Ribot du qui permet des prêts à taux réduit aux particuliers mais également suite à une réforme en 1922 à institutionnaliser une aide d’État auprès des petits propriétaires fonciers[1]

Après la Seconde guerre mondiale, l’effort de l’État se concentre sur l’habitat collectif pendant la reconstruction du pays dans l’urgence de reloger la population. Mais des incitations au développement du pavillonnaire continuent au profit de « grands ensembles horizontaux »[2]. Le pavillonnaire reste dans une logique de densification dans les années 1950 et prend la forme de maisons individuelles mitoyennes avec un jardin à l’arrière et s’apparente à un petit collectif de barre bien que les maisons soit individuelles. Le phénomène du lotissement apparait dans ces mêmes années avec la vente de lot à un particulier. À partir des années 1970, le pavillonnaire augmente allant parfois jusqu’à représenter des morceaux entiers de ville déconnectés du centre comme Clairlieu à Villers-lès-Nancy. Le pavillonnaire représente pour la France un rêve à atteindre encore aujourd’hui[3].

Forme[modifier | modifier le code]

Le forme du pavillonnaire se définie selon une pluralité de formes urbaines, mais la forme du pavillonnaire respecte majoritairement une organisation, comme le respect d’un plan orthogonal comme à Drancy ou concentrique  à Villepinte particulièrement lorsqu’il s’agit de lotissement pavillonnaire[4]. Le réseau viaire organise souvent le quartier pavillonnaire délimitant le quartier et organisant son plan intérieur[5].

Une différence existe entre le pavillonnaire diffus qui concerne des constructions indépendantes de maisons individuelles par les particuliers ce qui produit une certaine hétérogénéité, le pavillonnaire en lotissement, et le pavillonnaire groupé, ces deux dernières formes traduisant une certaine homogénéité dans le bâtît[6]. La forme fait l’identité du quartier pavillonnaire, elle va traduire une autonomie du quartier ou au contraire une dépendance vis-à-vis de la ville centre selon la situation des réseaux qui enferment ou ouvrent le quartier pavillonnaire.

Cas de l'Île-de-France[modifier | modifier le code]

Un Francilien sur trois habite aujourd’hui un pavillon. De 1968 à 1999, plus de 600 000 maisons individuelles ont été construites soit une multiplication par deux du parc pavillonnaire francilien. Les pavillons constituent actuellement la moitié des résidences principales dans les départements de la grande couronne.  Une part importante des pavillons neufs prennent la forme de lotissement avec des maisons homogènes réalisées par des promoteurs immobiliers. Le pavillonnaire traduit en Île-de-France le passage d’une agglomération dense à une ville beaucoup plus étalée[7].

La population se compose majoritairement des classes moyennes notamment avec les ménages de profession intermédiaires (58% des ménages de CSP profession intermédiaire) mais également de cadres (55 % des ménages de CSP catégorie socio-professionnelle cadres) qui quittent Paris intramuros pour le réaliser leur rêve pavillonnaire. Les ouvriers sont moins représentés dans le type de logement pavillonnaire, ils sont seulement 36 % dans l’ouest parisien. L’accès au pavillonnaire constitue pour eux une forme de reconnaissance d’une ascension sociale[8].

L’habitat pavillonnaire francilien a été encouragé par des politiques publiques de programmes de logements, de création de nouveaux espaces publics et de valorisation des espaces ouverts accompagné en plus d’un réseau de transport important qui relie les espaces entre eux. Le coût du foncier moins important qu’en ville favorise également en Île-de-France l’attrait du périurbain. En effet le prix médian pour le foncier dans le quartier des Halles à Paris est de 10 380 €/m2 pour 2 930 €/m2 à Juvisy-sur-Orge dans le département de l’Essonne[9].

Un lien fort avec la ville existe souvent au sein de ces quartiers pavillonnaires, il est montré par exemple par les migrations pendulaires. En parallèle de ce lien avec la ville, les habitants des zones pavillonnaires développent également des pratiques sociales de proximité et une forte implication locale par le voisinage ou encore dans le tissus associatif du quartier. Une forte appropriation s’effectue ainsi au travers du pavillonnaire avec l’habitat individuel qui devient le « chez-soi » de ses habitants.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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