Paul Vergès

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Paul Vergès
Paul Vergès en 2010.
Paul Vergès en 2010.
Fonctions
Sénateur de La Réunion

(5 ans, 1 mois et 11 jours)
Élection 25 septembre 2011
Réélection 28 septembre 2014
Successeur Gélita Hoarau

(8 ans, 3 mois et 4 jours)
Élection 23 septembre 2001
Président du conseil régional de La Réunion

(12 ans et 3 jours)
Prédécesseur Margie Sudre
Successeur Didier Robert
Député européen

(3 ans, 2 mois et 14 jours)
Élection 13 juin 2004
Législature 6e
Successeur Madeleine Jouye de Grandmaison

(10 ans et 7 jours)
Élection 10 juin 1979
Législature 1re et 2e
Député français

(3 ans et 12 jours)
Élection 28 mars 1993
Circonscription 2e circonscription de La Réunion
Prédécesseur Alexis Pota
Successeur Claude Hoarau

(1 an, 6 mois et 12 jours)
Élection 16 mars 1986
Circonscription 2e circonscription de La Réunion
Successeur Laurent Vergès

(2 ans, 10 mois et 19 jours)
Élection 2 janvier 1956
Circonscription La Réunion
Législature IIIe (Quatrième République)
Maire du Port

(17 ans, 11 mois et 19 jours)
Élection 21 mars 1971
Prédécesseur Paul Appolinaire Grondin
Successeur Pierre Vergès
Biographie
Nom de naissance Paul Émile Marie Just Vergès[1]
Date de naissance
Lieu de naissance Ubon Ratchathani
(Siam, actuelle Thaïlande)
Date de décès (à 91 ans)
Lieu de décès Saint-Denis (La Réunion)
Nationalité Française
Parti politique PCR
Père Raymond Vergès
Fratrie Jacques Vergès
Enfants Pierre Vergès, Laurent Vergès, Françoise Vergès
Profession Journaliste
Résidence La Réunion

Paul Vergès, né le à Ubon Ratchathani (Siam, actuelle Thaïlande) et mort le à Saint-Denis (La Réunion), est un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et jeunesse[modifier | modifier le code]

Famille Vergès



 
 
Raymond Vergès
18821957
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Jacques Vergès
1925 - 2013
 
Paul Vergès
1925 - 2016
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Françoise Vergès
1952
 
Laurent Vergès
19551988
 
 
Pierre Vergès
1958

Paul Vergès est le fils de Pham Thi Khang, institutrice vietnamienne, et du docteur Raymond Vergès, consul de France au Siam lors de sa naissance.

Un des biographes de son frère Jacques Vergès, Bernard Violet, a révélé que son père aurait fait un faux en déclarant la naissance des deux frères le même jour alors qu’ils avaient en réalité un an d’écart, Jacques Vergès étant sans doute né le , non au Siam comme son frère mais au Laos ; Raymond Vergès aurait profité de sa position de consul pour réaliser un « vrai-faux » état civil, afin de cacher une relation adultère avec Pham Thi Khang, alors que sa première épouse Jeanne-Marie Daniel, avec qui il avait déjà deux enfants, était encore vivante (elle décède en 1923). L'intéressé a toujours entretenu le mystère sur sa réelle date de naissance[2],[3].

Après la mort de sa mère en 1928 et jusqu'au retour de son père à La Réunion en 1932, il est élevé par sa tante paternelle Marie Vergès[4] avec son frère Jacques[1].

Il est scolarisé au lycée Louis-le-Grand lors du congé de son père à Paris (1937-1938), puis au lycée Leconte-de-Lisle de Saint-Denis, où Raymond Barre et Auguste Legros font partie de ses camarades. Il obtient son baccalauréat en 1942, et s'engage alors dans les Forces françaises libres avec son frère[5]. Il intègre l'école d'officiers parachutistes de Ribbesford (Royaume-Uni) en 1943, et l'année suivante, il est parachuté sur le territoire français[1].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Aux côtés de son père[modifier | modifier le code]

Article connexe : Mort d'Alexis de Villeneuve.

Rentré à La Réunion après la Libération, il s'engage contre le colonialisme au sein du Comité républicain d'action démocratique et sociale (CRADS), parti politique créé par son père, Raymond Vergès. Le , en pleine campagne législative, le maire MRP de Saint-Benoît, Alexis de Villeneuve, adversaire de son père, est blessé mortellement par balle, en plein milieu de la foule amassée pour l'entendre, à proximité de la cathédrale de Saint-Denis. Paul Vergès, désigné par des témoins comme étant l'auteur des coups de feu, est arrêté, et l'arme du crime retrouvée est au nom de son père (une rumeur accusera son frère Jacques du crime)[6]. Grâce notamment aux appuis de son père, le procès est déplacé en métropole, où Paul est jugé avec ses supposés complices[7]. Aux assises de Lyon, en , il est condamné à cinq ans de prison avec sursis pour avoir « volontairement porté des coups et fait des blessures à Alexis de Villeneuve […] sans intention de donner la mort ». Sa condamnation est ensuite annulée par la loi d'amnistie du [8],[7].

Devenu permanent de la section coloniale du Parti communiste français (PCF) à Paris, il épouse, en 1949, Laurence Deroin. De retour à La Réunion en 1954, il devient directeur du quotidien communiste Témoignages, fondé par son père.

Ascension[modifier | modifier le code]

Après son action aux côtés des planteurs et ouvriers contre la fermeture de l'usine sucrière de Quartier-Français, Paul Vergès est élu en avril 1955 conseiller général de la Réunion à Saint-Paul[1]. Lors des élections législatives de 1956, il succède à son père, député de 1946 à 1955, à l'Assemblée nationale.

Il fonde le Parti communiste réunionnais en 1959 et reprend le journal Témoignages fondé par son père. Le , le leader du PCR entre en clandestinité. Sa cavale va durer vingt-huit mois, ridiculisant la police et le pouvoir. Il souhaitait ainsi protester contre une condamnation à trois mois de prison pour diffamation et contre des poursuites engagées par le gouvernement pour atteinte à l'intégrité du territoire, devant la Cour de Sûreté de l'État. Les poursuites étaient basées sur une quarantaine d'articles de presse s'échelonnant sur plus de quatre ans, de à . Paul Vergès ne réapparaît que le , après vingt-huit mois de cavale. Du fait d'une loi d'amnistie, il n'était plus inculpé à ce moment que d'« atteinte à l'intégrité du territoire ». Après s'être constitué prisonnier, il est transféré en métropole où il bénéficie d'une ordonnance de non-lieu de la part de la Cour de Sûreté de l'État. Il devient maire du Port en 1971 et député européen en 1979. Il réussit tout ceci en étant interdit de radio et de télévision, comme son parti, jusqu'en 1981.

Conseil régional et Parlement[modifier | modifier le code]

En 1983, il est élu au conseil régional de La Réunion avec son fils Laurent[9]. Il démissionne de son mandat de député en 1987 pour manifester son désaccord sur la loi de parité sociale du , laquelle priverait les Réunionnais de leur droit à l'égalité sociale. Réélu député (RL) en , il laisse la direction du PCR à Élie Hoarau en 1993. Ce passage de relais ne marque pas la fin de sa carrière politique.

Paul Vergès est élu sénateur de l'île le . En septembre de la même année, il alerte l'opinion sur la nécessité de faire de l'étude des conséquences du réchauffement climatique une priorité nationale. Le , il fait voter, à l'unanimité des deux assemblées parlementaires, une loi reconnaissant cette priorité. Il est réélu sénateur le . Il est par ailleurs élu président du conseil régional de La Réunion en 1998 et réélu en .

En 2000, il fonde l'Agence régionale de l'énergie de La Réunion (ARER) et lui assigne les missions d'accompagnement et de développement du concept d'autonomie énergétique à 100 % d'énergies renouvelables à l'horizon 2025 de l'île de La Réunion, comme réponse au changement climatique, et de diffuser cette démarche aux autres îles de la planète.

Paul Vergès en 2006.

En 2002, il est nommé président de l'Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique en France métropolitaine et dans les départements et territoires d'outre-mer, l'ONERC. D'une façon générale, l'environnement devient une source de préoccupation importante de son action politique. Il soutient activement le développement des énergies renouvelables.

En , il est finalement élu au Parlement européen pour la circonscription Outre-mer qui comprend Saint-Pierre-et-Miquelon, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, La Réunion, Mayotte, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et Wallis-et-Futuna et qui comporte 3 sièges sur 732 au total. En 2005, il est remplacé par Gélita Hoarau au Sénat français pour ne pas demeurer en situation de cumul de mandats. Il démissionnera ensuite en 2007.

Père de Pierre Vergès, il a été très marqué par la mort accidentelle en octobre 1988 de son autre fils Laurent, député et conseiller général.

Lors de l'élection présidentielle de 2007, il apporte son soutien à Marie-George Buffet.

En , candidat à la députation dans la troisième circonscription de La Réunion, la liste qu'il conduit est largement devancée au second tour par celle de l'UMP Didier Robert, ne recueillant que 37,6 % des votes[10]. Sa liste est également devancée par celle de Didier Robert à l'Élection régionale de 2010 à La Réunion ; il perd alors la tête du conseil régional au profit de ce dernier.

Il est élu, le , sénateur de La Réunion. Alors qu'il annonce sa prochaine démission au profit de Gélita Hoarau[11], sénatrice PCR non réélue, le Parti socialiste le prie de conserver son mandat, du fait de l'étendue fragile de la nouvelle majorité issue du dernier scrutin sénatorial. En sa qualité de doyen d'âge (86 ans) du Sénat, il préside, le suivant, à l'élection du président du Sénat[12], exercice qu'il renouvelle le à la suite du changement de majorité au Sénat faisant suite aux élections sénatoriales de septembre 2014.

Aux côtés d'autres sénateurs, il est l'initiateur, en , de la loi criminalisant les massacres d'octobre à Paris en 1961 ; la résolution fut adoptée le par 174 voix pour et 168 contre[réf. nécessaire].

Il est un des responsables politiques français qui détiennent le record de longévité dans des fonctions politiques ; il occupe en effet différents mandats après son élection comme conseiller général de La Réunion en 1955, totalisant 61 ans de vie politique à sa mort[13]. Jean-Marie Le Pen, élu député pour la première fois en 1956, lui succède alors.

Décès[modifier | modifier le code]

Paul Vergès meurt au CHU de Bellepierre dans la commune de Saint-Denis de La Réunion pendant la nuit du au [14].

Controverses[modifier | modifier le code]

Paul Vergès, alors âgé de 21 ans, est condamné en à 5 ans de prison pour homicide involontaire sur la personne d'Alexis de Villeneuve, principal opposant politique de son père Raymond Vergès, le , dans le centre-ville de Saint-Denis de La Réunion.

Paul Vergès a été vivement critiqué[réf. nécessaire] après avoir placé son fils à la vice-présidence du conseil régional de la Réunion lors de son mandat, et sa fille à la direction scientifique et culturelle de la Maison des civilisations et de l'unité réunionnaise.

Ouvrage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « Paul Vergès » sur le site de l'Assemblée nationale.
  2. « Défendre Bush et Sharon? Pourquoi pas ? », sur LExpress.fr, (consulté le 19 avril 2016).
  3. « Le dernier souper de Jacques Vergès », sur Paris Match, (consulté le 19 avril 2016).
  4. Jacques Vergès et Jean-Louis Remilleux, Le salaud lumineux: conversations avec Jean-Louis Remilleux, Librairie générale française, (ISBN 9782253058939).
  5. Laurent Decloitre, « Paul Vergès au scanner », L'Express,‎ (lire en ligne).
  6. Ian Hamel, « L'autre secret de Jacques Vergès », Le Point,‎ (lire en ligne).
  7. a et b Jacques Tillier, Une plume libre : De Mesrine à Sarkozy, souvenirs d’un journaliste pas comme les autres, Pygmalion, coll. « Documents et témoignages », , 422 p. (ISBN 9782756409757, lire en ligne).
  8. Hervé Schulz, « Le sénateur Paul Vergès, figure politique de La Réunion, meurt à 91 ans », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  9. « Catalogue de l'exposition La Région a vingt ans », sur regionreunion.com.
  10. « Résultats des élections législatives 2007 », sur interieur.gouv.fr (consulté le 12 novembre 2016).
  11. « Sénat : Paul Vergès élu démissionne », sur lefigaro.fr, .
  12. « Jean-Pierre Bel élu premier président socialiste de l'histoire du Sénat », sur lemonde.fr, .
  13. Hervé Schulz, « Le sénateur Paul Vergès, figure politique de La Réunion, meurt à 91 ans », sur lemonde.fr, .
  14. « Paul Vergès est décédé », sur Clicanoo, (consulté le 12 novembre 2016).

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Thierry Jean-Pierre, Vergès et Vergès, de l'autre côté du miroir, Médiaspaul,
  • Gilles Bojan, Paul Vergès, l'immortel, Orphie,

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]