Paul Scalich

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Portrait de Paul Scalich, comte des Huns

Paul Scalich (1534–1573), ou le comte Scalichius de Lika, aussi connu sous les noms de Skalich, Skalić, Scalic, Skalik, Scaliger, est un humaniste né à Zagreb, en Croatie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Scalich a étudié la théologie et la philosophie à Vienne, puis aurait vécu à Bologne, Rome, en Bohème, en Pologne, en France, en Allemagne et en d'autres endroits[1]. Il était un adepte de Raymond Lulle.

Chanoine de Münster en Westphalie, Scalich est soupçonné d'un très vilain rôle dans des intrigues auprès du duc Albert de Prusse, alors sénile, qui auraient conduit à l'exécution du théologien Johann Funck (1518–1566)[2].

Nationalité[modifier | modifier le code]

Sa nationalité est disputée. Il était très probablement Croate[3] et une traduction croate de son ouvrage a été publiée ; il est dit Allemand par l'Encyclopædia Britannica[4] et Encarta[5]. Des ouvrages plus anciens comme Espasa (1930) et la Britannica de 1911 le présentent comme un comte de Hongrie[6]. Cette affirmation correspond partiellement aux indications que l'auteur donne lui-même sur la couverture de son livre : « Pauli Scalichii de Lika, comitis Hunnorum et baronis Zkradini » (« [Ouvrage de] Paul Scalichius de Lika, comte des Huns et baron de Skradin ») ; Skradin est une ville de Croatie. Mais, sur d'autres ouvrages, l'auteur ajoute d'autres titres (« de la dynastie des Huns »), si bien que l'on peut penser que cette origine hongroise réfère à une généalogie lointaine.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Scalich publie en 1559 Encyclopaediae, seu orbis disciplinarum, tam sacrarum quam prophanarum epistemon (L'expert de l'encyclopédie, c'est-à-dire du monde des disciplines, tant sacrées que profanes). Il s'agit d'un long dialogue d'une centaine de pages en texte suivi entre un maître (Epistemon : « celui qui sait ») et un étudiant (Philomusus : l'« ami des Muses »), touchant à une variété de sujets (métaphysique, psychologie, médecine, arts libéraux, etc.) Dans l'introduction, l'auteur justifie son entreprise comme étant dictée par le désir inné qu'a l'homme de communiquer son savoir[7].

Scalich partage les domaines de connaissance en philosophiques et théologiques. Les premiers sont subdivisés ainsi :

  1. les surnaturels, dont s'occupe la métaphysique ;
  2. les naturels, traités en philosophie de la nature et comprenant la médecine et la physique ;
  3. les mathématiques :
    1. l'arithmétique,
    2. la musique,
    3. la géométrie,
    4. les sphaerica :
      1. calculatoria,
      2. geodesia,
      3. canonica,
      4. l'astrologie,
      5. l'optique,
      6. la mécanique ;
  4. les moraux, avec l'économie et la politique ;
  5. les rationnels :
    1. la grammaire,
    2. l'histoire,
    3. la dialectique,
    4. la rhétorique,
    5. la poétique.

Cette encyclopédie a été jugée sévèrement et considérée comme une « piètre compilation[8] ». Pour Robert Collison, qui émet ce jugement, le principal mérite de Scalich est d'avoir introduit le terme encyclopaedia dans un titre pour désigner ce genre d'ouvrage, alors que le terme utilisé jusque-là était cyclopaedia[9].

À la suite de cette encyclopédie, Scalich a publié dans le même volume une série de traités et de débats portant sur la justice, l'exil, le mouvement des astres, etc. De formation humaniste, Scalich insère fréquemment dans ses textes des citations en grec et en hébreu.

Publications[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Warren E. Preece et Robert L. Collison, « Encyclopaedia », dans Encyclopædia Britannica, dernière mise à jour : 1-5-2015

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lovro Županović, « Skalić, Pavao », dans New Grove dictionary of music and musicians.
  2. Paul Tschackert, « Johann Funck », dans The New Schaff-Herzog, vol. 4, Funk and Wagnalls Co., 1909.
  3. Basic philosophical problems in Pavao Skaliæ's work, 1994.
  4. Preece et Collison.
  5. « Encyclopedia » « Copie archivée » (version du 27 avril 2006 sur l'Internet Archive), Encarta.
  6. Encyclopædia Britannica 1911.
  7. William Nest, Theatres and encyclopedias in early modern Europe, Cambridge University Press, 2002, p. 28.
  8. Robert Collison, Encyclopædias : their history throughout the ages. 2e  éd., New York, Hafner, 1966, p. 80.
  9. Rabelais, dans le livre 20 de Pantagruel, avait utilisé le terme d'« encyclopédie », mais encore dans le sens d'« éducation universelle » (paideia : éducation). Preece et Collison.
  10. Aussi sur Google Livres.
  11. Josip Andreis, Music in Croatia, Institute of Musicology, (lire en ligne), p. 47.