Paul Rusesabagina

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Paul Rusesabagina
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Biographie
Naissance
Nationalité
rwandaise / belge
Domiciles
Formation
Kenya Utalii College (d)
University College DublinVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Famille
Roger
Diane Lys
Tresor
Anais
Carine
Conjoint
Autres informations
A travaillé pour
Religion
Parti politique
PDR-Ihumure (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction

Paul Rusesabagina, né le dans la commune de Murama, près de Gitarama, est un directeur d'hôtel rwandais jusqu'en 1994. Depuis, c'est un des fondateurs d'un parti rwandais non enregistré, le MRCD[1]. Il a été arrêté en 2020 au Rwanda pour sa supposée affiliation au FLN.

Biographie[modifier | modifier le code]

Paul Rusesabagina naît dans une famille de fermiers, il est scolarisé dans une école missionnaire puis est envoyé au Cameroun suivre les cours d'une faculté de théologie. Employé de la société Sabena, il travaille dans un hôtel situé dans le Parc national de l'Akagera. Il est nommé directeur adjoint de l'Hôtel des Mille Collines à Kigali en 1984, puis directeur de l'Hôtel des Diplomates en 1993[2].

En , l'assassinat du président Juvénal Habyarimana déclenche le génocide des Tutsis du Rwanda. Rusesabagina, qui est né d'un père hutu et d'une mère tutsi et qui a lui-même épousé une tutsi, se réfugie avec sa famille à l'Hôtel des Mille Collines. Encerclé par la milice Interahamwe, l'établissement abrite 1 268 autres réfugiés tutsis ou hutus modérés. Rusesabagina essaie d'apaiser les leaders hutus, comme le général Augustin Bizimungu, afin de protéger les réfugiés. Grâce à une ligne téléphonique restée intacte, l'hôtelier alerte le PDG de la Sabena, compagnie propriétaire de l'hôtel. Lorsque les réfugiés de l'hôtel sont menacés, il tente de joindre par fax la Maison-Blanche, l'Organisation des Nations unies, ou encore le ministère français des affaires étrangères. Les réfugiés sont finalement évacués par des convois mis en place par l'ONU[3].

L'hôtelier et sa famille se sont installés en Belgique en 1996[3]. Il a obtenu la nationalité belge[4]. Il donne des conférences à propos des événements survenus durant le génocide. En 2006, pour ses actions de sensibilisation et d'actions démocratiques, le Centre de recherche et d'études politiques (CREP) lui décerne le prix Condorcet-Aron[5].

Le film Hotel Rwanda réalisé en 2004 par Terry George relate son histoire. Le rôle de Paul Rusesabagina est interprété par l'acteur américain Don Cheadle[6].

Le rôle de Paul Rusesabagina dans le sauvetage de 1 200 personne dans l'hôtel des Mille Collines est cependant controversé[7],[8],[9]. Des avis divergents et contradictoires existent sur son rôle réel dans cette histoire : lire en particulier Hotel Rwanda ou le génocide des tutsis vu par Hollywood, édité par les éditions de l'Harmattan en 2008.

Devenu un opposant déclaré au régime de Paul Kagame, il mit au service de l’opposition ses relations et ses moyens financiers et fut très rapidement accusé de financer des groupes armés appuyant l’opposant numéro un au régime de Kigali, le général Kayumba Nyamwasa, un ancien responsable de la sécurité du FPR et compagnon de maquis de Kagame. Depuis l’Afrique du Sud où il est réfugié, Kayumba, qui a fondé le RNC (Rwanda National congres) a échappé à plusieurs tentatives d’assassinat et il organise des milices opérant entre l’Ouganda, le Sud Kivu et le Burundi[10].

En , Paul Rusesabagina est arrêté par la police du Rwanda dans des conditions obscures[11]. Il est accusé d’être l’un des fondateurs et financiers d’un groupe rebelle rwandais (mouvement rwandais pour le changement démocratique - MCRD et le PDR Ihumure)[10] et faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international justifié par de nombreuses charges, dont des incendies criminels, des assassinats ciblés, des actes de terrorisme perpétrés contre des civils[réf. nécessaire]. Le porte parole de l'Office rwandais d'investigation (Rwanda Investigation Bureau ou RIB), Thierry Murangira, a refusé de nommer les pays qui avaient permis la capture de l’opposant, invoquant seulement « la coopération internationale »[12]. L'information est confirmée par le RIB sur son compte Twitter[13],[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « À Bruxelles, des mouvements rwandais d’opposition étendent leur union », sur RFI, (consulté le 18 février 2021)
  2. Radostitz 2005.
  3. a et b Hagler 2005.
  4. Van Renterghem 2015.
  5. Laporte 2006.
  6. Lo. 2005.
  7. Evers et al. 2012a.
  8. Evers et al. 2012b.
  9. Lepidi et Van Renterghem 2019.
  10. a et b « le carnet de Colette Braeckman », sur le carnet de Colette Braeckman (consulté le 1er septembre 2020).
  11. Simon Allison, « Rwanda. La disgrâce du héros d'"Hôtel Rwanda" », Courrier International, no 1559,‎
  12. « http://blog.lesoir.be/colette-braeckman/ »
  13. RFI 2020.
  14. Malagardis 2020.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Marco Evers, Horand Knaup, Yoletta Nyonge et Gregor Peter Schmitz, « Drinks für die Mörder », Der Spiegel,‎ 2012a (lire en ligne)
  • Marco Evers, Horand Knaup, Yoletta Nyonge et Gregor Peter Schmitz, « Paul Rusesabagina : et si le héros d’“Hotel Rwanda” était un salaud… », Courrier international,‎ 2012b (lire en ligne)
  • (en) Tom Hagler, « Rescued by an African Schindler », The Sunday Times,‎ (lire en ligne)
  • Christian Laporte, « Citoyenneté – Prix Condorcet-Aron : «L’insolent optimisme démocratique» », La Libre.be,‎ (lire en ligne)
  • Pierre Lepidi et Marion Van Renterghem, « = Au Rwanda, l’histoire un peu trop belle de l’hôtel des Mille Collines », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  • Maria Malagardis, « Le héros controversé du film «Hotel Rwanda» arrêté et extradé », Libération,‎ (lire en ligne)
  • A. Lo., « Les cent jours du Rwanda », La Libre.be,‎ (lire en ligne)
  • (en) Rita Radostitz, « Paul Rusesabagina: Human Rights in Action », The Austin Chronicle,‎ (lire en ligne)

« Rwanda: Paul Rusesabagina, l’ancien patron de l’hôtel des Mille Collines, arrêté et détenu à Kigali », RFI,‎ (lire en ligne)

  • Marion Van Renterghem, « Hôtel Rwanda : le bûcher d’une vanité », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]