Paul Porel

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Paul Porel
Description de cette image, également commentée ci-après
Porel par Nadar en 1884
Nom de naissance Paul Désiré Parfouru
Naissance
Saint-Lô (Manche)
Décès (à 73 ans)
Paris
Activité principale Acteur, Metteur en scène
Activités annexes Directeur de théâtre
Lieux d'activité Paris
Années d'activité 1863-1917
Collaborations Albert Carré
Conjoint Réjane
Descendants Jacqueline Porel (petite-fille)
Jean-Marie Périer,
Anne-Marie Périer,
Marc Porel
(arrière-petits-enfants)

Paul Désiré Parfouru dit Porel est un acteur, metteur en scène et directeur de théâtre français, né le à Saint-Lô (Manche) et mort le (à 73 ans) à Paris.

Il était marié à la comédienne Réjane (1856-1920).

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études au Conservatoire où il obtient un second prix de comédie en 1862 (la même année que Sarah Bernhardt), Porel débute comme comédien au théâtre du Gymnase puis à l'Odéon. Devenu directeur de la scène, il s'essaye à la mise en scène avant de succéder à Charles de la Rounat au poste de directeur à la mort de ce dernier en décembre 1884. Il crée les matinées-conférences à la destination de la jeunesse suivies, en 1887, des soirées classiques à prix réduit et des abonnements du lundi afin de fidéliser le public. Il fait ainsi entrer au Répertoire Zaïre de Voltaire, L'Avare de Molière, Esther de Racine ou encore Horace et Don Sanche d'Aragon de Corneille ainsi que des auteurs étrangers comme Goethe (Le Comte d'Egmont en 1889), Dostoïevski (Crime et châtiment adapté par Paul Ginisty et Hugues Le Roux en 1888) et Shakespeare (Beaucoup de bruit pour rien adapté par Louis Legendre en 1886).

Proche des milieux littéraires et musicaux[1], il ouvre ses portes à nombreux auteurs parmi lesquels Alphonse Daudet (Numa Roumestan, 1886), Henry Céard (Renée Mauperin d'après les frères Goncourt, 1886), un proche d'Émile Zola dont il fait adapter le Jacques Damour par Léon Hennique en 1887, George Sand (Claudie, 1886), Meilhac et Halévy (Fanny Lear, 1888), Georges de Porto-Riche (Amoureuse, 1889) et même Sarah Bernhardt (L'Aveu, 1887). Il sollicite Gabriel Fauré pour les musiques de scène du Caligula d'Alexandre Dumas (1888) et du Shylock d'Edmond Haraucourt (1889) et reprend Béatrice et Bénédict d'Hector Berlioz (1889).

Fin 1887, il commande à Edmond de Goncourt l'adaptation théâtrale du roman Germinie Lacerteux écrit avec son frère, afin d'offrir un premier rôle à sa maîtresse la comédienne Réjane. La pièce est créée le 19 décembre 1888 mais en partie interdite par le président Sadi-Carnot à la suite d'une plainte de sénateurs conservateurs, elle ne dépasse pas les 22 représentations. Elle n'en lance pas moins la carrière de Réjane. La pièce sera tout de même reprise avec succès pour dix représentations en mars 1891.

Sous sa direction ont lieu d'importants travaux de restauration de la salle dont son électrification (9 mars 1888) et la création d'un nouveau plafond par le peintre Jean-Paul Laurens. En juin 1892, Porel démissionne à la suite du refus de l'État de lui confier la direction de l'Opéra de Paris, emmenant avec lui une partie de la troupe dont Réjane et Lucien Guitry. Il rachète le pharaonique Eden-Théâtre, créé en 1883 rue Boudreau (IXe arrondissement) et consacré à l'art lyrique, qu'il rebaptise Grand-Théâtre. Mais deux échecs successifs, Lysistrata de Maurice Donnay et Pêcheur d'Islande de Pierre Loti, conduisent à la fermeture puis à la destruction de la salle l'année suivante[2].

Porel, qui a épousé entre temps Réjane enceinte de leur fils Jacques, et avec laquelle il s'est installé 25, avenue d'Antin, s'associe aussitôt avec Albert Carré, le directeur du Vaudeville, boulevard des Capucines, et apporte en gage une pièce inédite de Victorien Sardou, Madame Sans-Gêne. Créée le 27 octobre 1893 avec Réjane dans le rôle-titre, elle deviendra le plus grand succès du théâtre et de l'artiste alignant 366 représentations consécutives jusqu'en février 1895. Parmi les autres succès dus à la comédienne la reprise de La Parisienne d'Henry Becque en 1893 et la création française de Maison de poupée d'Henrik Ibsen en 1894.

Albert Carré étant nommé directeur de l'Opéra-Comique en janvier 1898, Porel prend seul les rênes du théâtre, alternant créations (Viveurs de Henri Lavedan, La Douloureuse de Maurice Donnay, Paméla de Victorien Sardou, Le Lys rouge d'Anatole France, Yvette de Pierre Berton d'après Maupassant) et reprises triomphales de Madame Sans-Gêne. Le couple Porel est moins chanceux et la rupture est consommée en 1904 lorsque Réjane prend seule la direction du Nouveau-Théâtre rue Blanche. Le divorce est prononcé en 1905. Sans Réjane, le Vaudeville connaît une période difficile malgré une reprise de Éducation de prince de Maurice Donnay en 1906. En 1907, Porel s'associe à Peter Carin, directeur du théâtre des Capucines. Mais deux procès, dont un – perdu – contre Sacha Guitry, mettent un terme à leur collaboration fin 1909.

Succédant à Carin fin 1912, Gustave Quinson, directeur du théâtre du Palais-Royal, ramène avec lui Sacha Guitry dont La Prise de Berg-Op-Zoom relance les finances du théâtre. Autre succès créé fin 1913, La Belle Aventure de de Flers et Caillavet avec Victor Boucher se joue jusqu'à la déclaration de guerre le 3 août 1914. En novembre 1915, devant le désaffection du public, Porel transforme avec un relatif succès le théâtre en cinéma. Alors que la revue retrouve ses droits fin juillet 1917 avec la Revue du Vaudeville de Lucien Boyer et Albert Willemetz, Porel meurt le 4 août 1917 et est enterré le 8[3]. Il repose au cimetière de Passy, non loin de son ex-épouse et de plusieurs de ses descendants[4].

Une dynastie d'artistes[modifier | modifier le code]

Porel et son fils Jacques photographiés par Nadar en 1905

Réjane et Paul Porel sont les parents de la comédienne Germaine Porel, mariée en 1916 au chirurgien américain Philip Duncan Wilson (1886-1969), et de l'écrivain Jacques Porel (1893-1982), qui épousa en secondes noces la comédienne Jany Holt (1909-2005).

Jacques Porel est le père, avec sa première épouse Anne-Marie Duval (1890-1935), de la comédienne Jacqueline Porel (née en 1918) qui a eu, elle-même, quatre enfants :

Marc Porel est le père, avec l'actrice et modèle française Bénédicte Lacoste, de la comédienne Bérengère de Lagatinerie (1968-1991), et avec l'actrice italienne Barbara Magnolfi (née en 1955), de Camille[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il est, entre autres, un grand admirateur de Victor Hugo à qui il dédie cette déclaration dans le Gil-Blas du 5 février 1885 : « Je sais par cœur plus de dix mille vers de Victor Hugo ; aux heures graves de ma vie les caresses rythmiques des Orientales, des Rayons et des Ombres, de La Légende des siècles, des Châtiments, des Contemplations, m’ont soutenu et consolé, si je comptais les moments passés en tête à tête avec l’œuvre sublime du maître j’aurais un total de plusieurs années de joies profondes. A l’instant où tout ce que j’avais rêvé semblait m’échapper son nom a fait autant pour mon succès que vingt années de travail et d’efforts. Je suis heureux de l’occasion que m’offre le Gil-Blas de dire bien haut à quel point j’admire, je vénère et j’aime Victor Hugo. »
  2. Seul subsiste aujourd'hui l'ancien foyer de ce théâtre dans lequel a été aménagé le théâtre de l'Athénée.
  3. Nécrologie du Figaro, 5 août 1917, sur Gallica
  4. Tombe de Réjane sur Find-a-grave
  5. Anne-Marie Périer est la troisième épouse du chanteur Michel Sardou.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Porel et Georges Monval, L'Odéon : histoire administrative, anecdotique et littéraire du Second théâtre français (2 vols.), Paris, 1876-82 [Lire en ligne sur Gallica, texte intégral]
  • Philippe Chauveau, Les Théâtres parisiens disparus, Éd. de l'Amandier, Paris, 1999
  • Jacques Porel, Fils de Réjane, Paris, Plon, 1954

Liens externes[modifier | modifier le code]

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