Paul Nipkow

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Paul Nipkow
Description de cette image, également commentée ci-après

Paul Nipkow

Naissance
Lauenburg,Poméranie (Royaume de Prusse)
Décès (à 80 ans)
Berlin (Allemagne)
Domicile Allemagne
Nationalité Allemand

Paul Nipkow, né le à Lauenburg, Allemagne, mort le , à Berlin, est un ingénieur allemand, inventeur d'un dispositif précurseur de la télévision en 1884 (le disque de Nipkow), système qu'il mettra en œuvre d'une façon publique en 1928. Il est considéré comme un des principaux inventeurs de la télévision.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses études[modifier | modifier le code]

Paul Nipkow est le fils du maître-boulanger et premier échevin de la ville Friedrich Wilhelm Nipkow, d’ascendance cachoube. Il fréquenta le collège de Lauenburg-en-Poméranie, puis à partir de 1880 le lycée royal de Neustadt en Prusse-Occidentale. Encore lycéen, il s’adonnait déjà à des expériences simples de téléphonie. Il obtint son baccalauréat à la Pâques de 1882 et partit étudier les Mathématiques et les sciences physiques l’Université Humboldt de Berlin, pour devenir professeur de sciences. Il suivit aussi les cours d’optique physiologique d'Helmholtz et ceux d’électrotechnique d'Adolf Slaby à l’Institut Technique de Charlottenbourg.

L'écran Nipkow[modifier | modifier le code]

L'appareil de Nipkow au Musée national pour les sciences et la technologie de Stockholm.
Synthèse d'image en couleurs 32 couches grâce à l'écran de Nipkow.
Plaque commémorative en façade du no 2 Uferstraße à Berlin-Gesundbrunnen, où résidait Nipkow.

Il n'est encore qu'étudiant lorsqu'il découvre son « écran à décomposer les images » (Scheibe zur Bildzerlegung). D'après ses propres souvenirs, l'idée lui en serait venue le soir de Noël 1883, alors qu'il observait assis sa lampe à pétrole dans son appartement meublé du n°13a de la Phillipstrasse, à Berlin-Mitte : il s'agissait de recomposer une image couleur par projection d'une mosaïque de points de couleurs sur un écran spiralé[1]. La nouveauté, c'était la forme d'écran en spirale, car le principe de la décomposition d'une image en points avait été appliqué aux transmissions télégraphiques bien avant la naissance de Nipkow par l’Écossais Alexander Bain.

Il déposa un brevet pour cet écran auprès du Bureau impérial des brevets de Berlin dans la rubrique « appareils électriques, sous le titre de « télescope électrique » destiné à « la restitution électrique d'objets lumineux. » Il obtint l'enregistrement officiel du brevet le avec effet rétroactif au  ; on ignore toutefois si Nipkow a jamais perçu des droits pour l'usage de cet écran. Il est permis de supposer qu'il n'a jamais fabriqué lui-même cet appareil, et comme aucun industriel ne manifesta d'intérêt pour cette invention, les droits s'éteignirent au bout de 15 ans.

Passionné d'aviation, il construit lui-même un engin volant, dont la conception évoque celle des hélicoptères.

Ingénieur[modifier | modifier le code]

Au cours de l'été 1885, Paul Nipkow interrompit ses études pour des raisons financières. Le 12 décembre 1885, il épousa une camarade de l'université, Sophia Colonius, qui l'encourageait beaucoup dans son activité d'inventeur : n'avait-elle pas, alors qu'ils n'étaient encore que fiancés, payé de ses deniers l'enregistrement du brevet du télescope électrique, le ? Mais Nipkow devait à présent gagner sa vie : il s'enrôla d'abord comme volontaire dans le régiment ferroviaire de Berlin-Schöneberg. Au bout d'un an de service, la compagnie Zimmermann & Buchloh de Borsigwalde, spécialisée dans la signalisation ferroviaire, l'embaucha comme ingénieur de production le .

La première télévision[modifier | modifier le code]

Après la Première guerre mondiale, les tentatives de transmettre des images électriquement en émettant à Haute fréquence se multipliaient en Allemagne, et les appareils de télévision utilisaient tous un dispositif de balayage opto-mécanique exploitant la persistance rétinienne, le plus souvent du type de l'écran Nipkow. Cela poussa Paul Nipkow à reprendre ses expériences dans ce domaine, et bientôt il déposa un nouveau brevet, celui d'un « dispositif pour permettre la synchronisation d'appareils pour la formation d'image, exploitant la connexion de tous les émetteurs et récepteurs participant à la télévision, à un seul et même réseau d'alimentation de courant alternatif. » Mais dès l'hiver 1932-33, le système de balayage électronique de Manfred von Ardenne s'imposait par la qualité infiniment supérieure de l'image, et l'invention de Nipkow ne fut plus utilisée qu'en Angleterre, pour seulement quelques années encore[2]. Dès les années 1930, les progrès techniques de la télévision furent désormais essentiellement attribués à von Ardenne et Allen B. DuMont.

Distinctions et reconnaissance officielle[modifier | modifier le code]

Le premier émetteur télé public du monde, mis en service en 1935, marque une étape cruciale dans la diffusion de la télévision : baptisé Fernsehsender Paul Nipkow, il mettait en œuvre une variante mécanique de l'écran Nipkow. Nipkow fut élu président d’honneur de la Communauté des gens de télé (Fernseharbeitsgemeinschaft) fondée sous les auspices de la Reichsrundfunkkammer. Le directeur de la télédiffusion du Reich évoqua à cette occasion le « pionnier de la télévision allemande » qui eut, le premier, « l'idée générale de télévision. » À l'occasion de son 75e anniversaire, l' Université Johann Wolfgang Goethe de Francfort-sur-le-Main l'a fait docteur honoris causa ès sciences. Sa ville natale de Lauenburg l'avait fait citoyen d'honneur en 1937. Nipkow mort à Berlin en 1940, fut inhumé dans le cimetière de Pankow III, division C-13.

Source[modifier | modifier le code]

  1. Walter Bruch, Kleine Geschichte des deutschen Fernsehens, p. 14
  2. D'après Michaela Krützen et Lorenz Engell, Bernhard Siegert et Joseph Vogl (dir.), Licht und Leitung, Weimar, Universitätsverlag, coll. « Archiv für Mediengeschichte », (ISBN 3-86068-175-3), « Der Punkt / Die Matrix. Paul Nipkows Scheibe, Vilém Flussers Universum und der Würfel der Borg. », p. 113–123.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]