Paul Masson (écrivain)

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Paul Masson
Paul Masson La Plume.png

Dessin paru dans La Plume en 1892.

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 47 ans)
StrasbourgVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnoms
Lemice-Terrieux
Pierre MaurerVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités

Paul Masson (1849-1896), dit Lemice-Terrieux, est un avocat, magistrat, mystificateur et écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Paul Masson naît le . Docteur en droit en 1872, puis avocat à Vesoul, Paul Masson, d'après Willy[1], fit mourir de colère le président de la Cour d'assise après qu'il réussît à faire acquitter un cordonnier.

Il est ensuite, de 1875 à 1877, attaché au Parquet du Procureur général d'Alger, puis, de 1877 à 1879, juge suppléant à Bône, juge d'instruction à Tlemcen jusqu'en janvier 1880, puis brièvement procureur de la République à Saint-Louis du Sénégal, muté en à Chandernagor, en décembre de la même année à Pondichéry et termine sa carrière dans la magistrature à Tunis, d'où il démissionne définitivement le . Après cette date, il s'installe à Sèvres, où il achète une villa, et aussi à Paris, où il loue un pied-à-terre boulevard Saint-Michel. Il revend la première en .

Entre et , il collabore à L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, sous la forme de petites énigmes posées à la sagacité des lecteurs. Il inaugure aussi pour la revue Art et critique (en 1890, grâce à Willy) un « À travers la presse » qu'il poursuit dans L'Ermitage — où il se trouve très lié à son fondateur, Henri Mazel —, puis à La Plume où il devient l'ami du jeune Georges Fourest, qui, plus tard, lui dédiera La Négresse blonde (1909)  : dans toutes ces revues, il signe « Trissotin », « Le Yoghi » ou « Lemice-Terrieux »[2]. Il eut une longue correspondance avec le journaliste Georges Montorgueil, qui appréciait ses facéties.

Il finit sa carrière, à partir du , comme chargé du catalogue au sein de la Bibliothèque nationale de France ; il aurait rédigé[3] alors de nombreuses notices de faux ouvrages. La liste des écrits à paraître imprimée dans son premier ouvrage, la Fantaisie mnémonique (1891), est tout à l'avenant : Recherches sur les peintres aveugles, Dictionnaire des combles, Dictionnaire des diminutifs, l'Essai sur les bibliothèques des Mérovingiens[4],[5].

Quelques semaines plus tard, il est à l'origine de la suspension, à l'Académie française, de l'élection qui a vu s'affronter Pierre Loti, Émile Zola, Henry Houssaye ou Henry Becque lors de ce qui fut appelé par la presse une « bataille académique ». Qualifié de « farceur » ou de « fumiste » — mais n'ayant pas fait partie des Hydropathes — par les médias de son temps, « Lemice-Terrieux » — tel était son pseudonyme principal pour ce genre d'opérations — usait de lettres envoyées à toutes les rédactions, usurpant les noms et signatures de personnalités connues, qui souvent étaient publiées sous la forme de communiqués, engendrant une série de malentendus, de rectificatifs, d'un bel effet comique. Furent ainsi « victimes », entre autres Numa Gilly, Ivan de Woestyne, Ernest Meissonnier, etc., et surtout une bonne partie de la presse parisienne.

En 1893, il est lui-même candidat à l'Académie en même temps qu’au poste de bourreau de la République. Cette même année, il présente deux œuvres aux Arts incohérents.

Il a pour amis proches Colette[6] et Willy, les peintres Jules Garnier, Jean-Louis Forain, Curnonsky.

Il se suicide à Strasbourg, le , à l'âge de 47 ans.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • De la jouissance des droits civils ; de la privation (mémoire de licence en droit reproduite), Nancy, Lepage, , 151 p. (notice BnF no FRBNF36840124) ;
  • Fantaisie mnémonique sur le salon de 1890 (Champs-Élysées), suivie d'un Essai statistique établi conformément aux données les plus récentes de la science et d'une Promenade au salon du Champ-de-Mars, Paris, Genonceaux, , II + 352 p. (notice BnF no FRBNF36566690) ;
  • Les Trains-Éperons : projet d'un dispositif aussi commode qu'infaillible pour prévenir tout accident de chemin de fer par collision ou tamponnement, Paris, impr. du Fort-Carré (Ch. Collet), , 6 p. (notice BnF no FRBNF36566692) ;
  • « Général Boulanger », Réflexions et Pensées : extraits de ses papiers et de sa correspondance intime, Paris, Savine, , XIII + 294 p. (notice BnF no FRBNF30904510) ;
  • « Prince de Bismarck », Carnet de jeunesse, Paris, Flammarion, , 166 p. (notice BnF no FRBNF30904504) ;
  • L'Hypothèque de l'honneur, projet de loi ayant pour but de supprimer à bref délai la plupart des duels en France, Baugé, impr. de Daloux, , 7 p. (notice BnF no FRBNF30904506) ;
  • Le Tsar dans le proverbe russe, Baugé, impr. de Daloux, , 12 p. (notice BnF no FRBNF30904513)
  • [Anonyme], Les Pensées d'un Yoghi, Paris, Léon Vanier, , 86 p. (notice BnF no FRBNF30904508).

Préface[modifier | modifier le code]

  • Vicomte de Granville (préf. « Pierre Maurer »), Les Voyants de Tilly-sur-Seulles, Paris, Ollendorff, , 32 p. (notice BnF no FRBNF34131767) — il n'est pas formellement prouvé qu'il eusse été l'auteur « Pierre Maurer »[7].

Décorations[modifier | modifier le code]

Il est commandeur du Nicham Iftikar.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. HGV, « Lemice-Terrieux », Revue encyclopédique, 15 avril 1896.
  2. Notamment dans La Plume du 15 janvier 1896 où il produit une série de pastiches.
  3. Selon Lefrère et Goujon (2012, 71), « Il est impossible aujourd'hui de conclure sur ces célèbres fiches », et de renvoyer à l'étude de Raymond-Josué Sockel, « Un blagueur à la Bibliothèque nationale de France : Paul Masson (1849-1896), alias Lemice-Terrieux », dans Revue de la BNF no 31, 2009, p. 13-20.
  4. Raymond-Josué Seckel, « Un blagueur à la Bibliothèque », cairn.info.
  5. Mohamed Aissaoui, « Paul Masson, un artiste du canular », lefigaro.fr.
  6. Lire de Colette, Mes apprentissages, 1936 — réédité chez Fayard (2004).
  7. Lefrère et Goujon (2012) n'évoquent nullement ce nom.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]