Paul Magnaud

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Paul Magnaud
Paul Magnaud.jpg
Fonctions
Juge
Tribunal civil de la Seine (d)
-
Député
Seine
-
Président
Tribunal civil de Château-Thierry (d)
-
Jean Héré (d)
Lucien Binet-Gallot (d)
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Jean Marie Bernard Paul MagnaudVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
Le Bon JugeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
signature de Paul Magnaud
signature

Paul Magnaud est un magistrat et homme politique français né le à Bergerac (Dordogne) et décédé le à Saint-Yrieix-la-Perche (Haute-Vienne)

Biographie[modifier | modifier le code]

D'abord inscrit au barreau, il entre dans la magistrature en 1880. Il fut substitut à Doullens, juge d'instruction à Montdidier, puis Senlis et Amiens, et président du tribunal civil de Château-Thierry entre 5 juillet 1887 et le 19 juillet 1906, date à laquelle il est élu député radical-socialiste de la Seine. Il ne se représente pas en 1910 et devient juge au tribunal de la Seine, puis conseiller à la cour d'Appel de Paris.

Il marque l'opinion par sa clémence dans de nombreuses affaires et pour ses prises de position féministes. C'est d'ailleurs devant le tribunal civil de Château-Thierry que plaide Jeanne Chauvin, la première femme avocate à plaider en France.

Élu député, il tente en vain de faire voter un texte préconisant la clémence envers les délinquants occasionnels par nécessité.[réf. nécessaire]

Il a été marié à la féministe Marie-Thérèse Beineix[1].

Affaire Louise Ménard[modifier | modifier le code]

Palais de Justice de Château-Thierry.

Le 4 mars 1898, le juge Magnaud acquitte Louise Ménard, une jeune fille-mère qui avait dérobé du pain chez un boulanger de Charly-sur-Marne parce qu'elle n'avait rien mangé depuis deux jours. Le juge fonde sa décision, confirmée par la cour d'appel d'Amiens le 22 avril 1898, sur l'état d'absolue nécessité de la prévenue, en interprétation des dispositions de l'article 64 du code pénal. Il rembourse lui-même le coût du vol audit boulanger.

Cette affaire fait la une de la presse parisienne à l'époque et lui vaut le surnom de « bon juge », attribué par Georges Clemenceau, et qui sera ensuite inscrit sur sa pierre tombale.

En 1994, le code pénal reconnaît officiellement « l’état de nécessité »[1].

Autres avancées[modifier | modifier le code]

Buste de Paul Magnaud, 1902.

Accusée d'avoir laissé mourir son enfant après un accouchement clandestin, Marie-Julie Véret comparaît le 24 août 1900, et est condamnée à 16 francs d'amende.

En 1900 encore, il demande de laisser tomber en désuétude le délit d'adultère, sans attendre son abrogation (effective en 1975).

En décembre 1900, il prononce le premier divorce par consentement mutuel.

En 1902, il impose aux époux Tisserot la garde alternée de leurs deux enfants.

Enfin, dans l'affaire Eulalie Michaud, il défend cette fille-mère en fustigeant « cette lacune de notre organisation sociale, laissant à une fille-mère toute la charge de l’enfant qu’elle a conçu, alors que celui qui, sans aucun doute, le lui a fait concevoir, peut se dégager allègrement de toute responsabilité matérielle »[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Pascale Robert-Diard, « Le juge Magnaud, défenseur de la cause des femmes », sur Le Monde, (consulté le 20 août 2016)

Annexes[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]