Paul Gignoux

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Paul Gignoux
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 8 ans)
LyonVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Tombe de Paul Gignoux au cimetière ancien de la Croix-Rousse (novembre 2016).jpg
Plaque commémorative
2016-11-27 cemetery of Croix-Rousse (old) (7).JPG
Vue de la sépulture.

Paul Gignoux (né le et mort le à Lyon) est un enfant lyonnais connu pour avoir été lynché et probablement lapidé par des enfants de la cité Philippe-de Lasalle de La Croix-Rousse à Lyon en France en 1937.

Ce lynchage est possiblement dû au positionnement politique de son père adhérent au Parti social français et plus généralement à un clivage entre l'origine « privilégiée » de Paul Gignoux et celle plus populaire de ses agresseurs. Ce meurtre est perçu comme l'un des exemples de la tension politique existant en France pendant le Premier gouvernement Léon Blum.

Origines[modifier | modifier le code]

Paul Gignoux est issu d'une famille de notables lyonnais, dernier des huit enfants d'Octave Gignoux, négociant en vin[1]. La famille est catholique, les enfants sont scolarisés en école privée et il s'avère que le père Octave Gignoux est engagé politiquement auprès du Parti social français, parti politique de droite conservatrice à tendance nationaliste[1].

Circonstances du décès[modifier | modifier le code]

Le soir du (vers 18h40), Paul Gignoux part à vélo vendre des billets de tombola au profit de l’Union de l’enseignement libre[2]. Au retour, il longe la cité Philippe-de-Lasalle au moins par la rue Hénon et est pris à partie par des enfants qui l'insultent et lui jettent des pierres[2]. Les versions divergent sur la teneur des insultes ; ainsi l'Action française affirme que des propos à caractère politique ont été proférés (« Fascistes », etc.)[2]. Paul Gignoux se serait alors arrêté et aurait répliqué verbalement[2]. Une fillette, Henriette Savet, l'aurait alors giflé ; la raison serait son renvoi du catéchisme peu de temps avant, par la sœur de Paul Gignoux[2].

Cette gifle semble être le déclencheur du lynchage : une quinzaine d'enfants de la cité toute proche le frappent à terre, y compris avec des pierres[2]. L'agression se serait déroulée en deux temps : d'abord près du 107, rue Hénon puis pour sa partie la plus grave, rue Chazière[3].

Paul Gignoux rentre finalement chez lui à 19 heures à bicyclette. Il a le temps d'expliquer son agression à ses parents et d'être examiné par le docteur Branche[3]. Quand ce dernier arrive, Paul Gignoux est déjà comateux[3]. Il décède à 19 h 40, des suites d'un choc commotionnel, selon le médecin[3].

Conséquences de l'affaire[modifier | modifier le code]

L'enquête de police qui suit rapidement les faits est compliquée par le fait qu'aucun des agresseurs n'est pénalement responsable car tous âgés de moins de 13 ans[3]. Rapidement la presse s'empare d'une polémique quant à l'origine du décès et donc remet partiellement en cause le diagnostic du Docteur Branche[4]. La thèse d'un décès dû à un « choc émotionnel » en opposition à un « choc commotionnel » fait son chemin notamment dans la presse de gauche[5].

Inhumation[modifier | modifier le code]

Il est inhumé au cimetière de la Croix-Rousse : sa tombe porte la mention « lapidé à l’âge de 8 ans »[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Laroze-Barrit 2011, p. 16-17.
  2. a b c d e et f Laroze-Barrit 2011, p. 18.
  3. a b c d et e Laroze-Barrit 2011, p. 19.
  4. Laroze-Barrit 2011, p. 20-21.
  5. Laroze-Barrit 2011, p. 24.
  6. « Ancien cimetière de la Croix Rousse », sur landrucimetieres.fr : « Paul Gignoux, lapidé à l’âge de 8 ans ».

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Sébastien Laroze-Barrit, L’Affaire du « petit Gignoux » : symptôme du climat politique en France sous le premier Gouvernement Blum (Juin 1936 - Juin 1937), Lyon, Institut d'études politiques de Lyon, (lire en ligne), mémoire sous la direction de Gilles Vergnon. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Robert Brasillach, Notre avant-guerre, 1941.
  • Gilles Vergnon, Un enfant est lynché : l'affaire Gignoux, 1937, PUF, 2018.

Radio[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]