Paul Dumarest

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Paul Dumarest
Fonctions
Préfet du Gard
-
Georges Gizolme (d)
Albert de Girardin (d)
Préfet des Pyrénées-Orientales
16 -
Gaston Trancart (d)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 48 ans)
Nationalité
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François Hainl (beau-père)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Distinction

Paul Benoît Louis Dumarest, né le à Trévoux et mort, en fonction, le à Nîmes, fut tout d'abord un avocat. Par conviction républicaine, il devint journaliste sous le Second Empire. À la suite de la proclamation de la Troisième République, il fut sollicité pour devenir préfet. Un temps révoqué par le parti de l'Ordre moral, il revint dans cette fonction en 1876. Il fut un préfet réputé pour son anticléricalisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, « magistrat honorable et capable » est issu d'une vieille famille de notables de Saint-Étienne. C'est une famille de catholiques pratiquants. Son père fut maire de Trévoux durant la monarchie de juillet. Sa famille maternelle, originaire de Sarlat en Dordogne s'était installée à Haguenau en Alsace[1].

Après des études à l'école chrétienne des Frères à Trévoux, puis au lycée de Saint-Étienne, il continue des études de droit à Paris et est licencié en droit en 1855. Avocat au barreau de Saint-Étienne la même année 1855, puis à celui de Lyon en 1858, il fonde dans cette dernière ville un journal d'opposition en 1869. Ses convictions sont républicaines et anti-cléricalistes[2]. Poursuivi et condamné, le journal doit cesser sa parution. Paul Dumarest décide alors de poursuivre comme journaliste pour un journal de Montpellier, en restant toujours très critique sur le régime du Second Empire[3].

À la suite de l'instauration de la Troisième République, il est nommé préfet de 2e classe de l'Isère en 1870, par la délégation de Tours du gouvernement de Défense nationale et son ministre de l'intérieur Léon Gambetta. Il réclame, sans succès, que les séminaristes, religieux, prêtres et autres « diseur d'oremus » soient incorporés dans la garde nationale[4]. Le 25 avril 1871, il est appelé à la préfecture du Jura par le gouvernement d'Adolphe Thiers et le ministre Ernest Picard, mais il est révoqué par le gouvernement, un mois plus tard, en mai 1871, sous la pression du parti de l'Ordre moral. Il redevient journaliste[5].

Nommé à nouveau préfet en 1876, préfet des Ardennes, dans une période d'incertitude politique avec, notamment, un bras de fer entre le président Mac Mahon et les républicains, il est présenté par les conservateurs comme un « ultra-radical », mais inaugure sa prise de fonction par un discours d'apaisement[6], sans doute sur consigne de son ministre de l'intérieur, Amable Ricard[7].

Au paroxysme de la crise entre le parti de l'Ordre moral et les républicains, il est nommé préfet de Basses-Pyrénées le 16 mai 1877, par Jules Simon (qui doit quitter le ministère le lendemain). Mais il est révoqué trois jours plus tard[8], le 19 mai 1877 par le successeur de Jules Simon, Oscar Bardi de Fourtou, farouchement opposé aux républicains. Il se marie à Paris en juillet 1877[1].

Les républicains l'emportent aux élections. Le ministre de l’intérieur Émile de Marcère rappelle Paul Dumarest dans la préfectorale le 18 décembre 1877, comme préfet du Finistère. Jules Grévy devient Président de la République française. Paul Dumarest exerce dans différents départements : nommé en Dordogne après le Finistère, le 15 mars 1879, il est finalement retenu comme préfet du Gard huit jours plus tard. Il se signale par des mesures anti-cléricalistes[9], en prétendant, en particulier, laïciser des écoles catholiques, dans le Finistère[10] comme dans le Gard[11].

Il meurt à l'âge de 48 ans emporté d'une érysipèle de la face[12]. Il est inhumé à Trévoux après des obsèques civiles. «Fidèle à ses convictions, le préfet du Gard est mort sans le secours d'aucune religion », écrit le journal local, le Petit Méridional, dans son édition du 11 janvier 1882[5].

Il est chevalier de la Légion d'honneur, brevet du 13 juillet 1880.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le droit humain et le droit divin, ed. Impr. Veuve Chanoine, Lyon, 1867.

Parcours[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Wright et al. 2007, p. 183.
  2. Wright et al. 2007, p. 184-185.
  3. Glaeser 1878.
  4. Henri Dutrait-Crozon, Gambetta et la Défense Nationale, Nouvelle Librairie nationale, (lire en ligne), p. 68.
  5. a et b Wright et al. 2007, p. 185.
  6. Rédaction du journal La Presse 1876.
  7. Rédaction du journal La Presse (2) 1876.
  8. Rédaction du Gaulois 1877.
  9. Capéran 1957.
  10. Laperrière 1976.
  11. Rédaction des Annales Catholiques 1879, p. 318-322.
  12. Lyon-revue: recueil littéraire, historique et archéologique, vol.3 à 4, p. 72, Lyon, 1882.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Classement par année de parution.