Paul Diel

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Paul Diel
Portrait de Paul Diel
Biographie
Naissance
à Vienne, Autriche
Décès (à 78 ans)
à Paris, France
Nationalité Drapeau de la France Française
Thématique
Profession Psychologue et philosopheVoir et modifier les données sur Wikidata
Travaux Psychologie de la motivation
Auteurs associés
Partisans
(A influencé)
Albert Einstein Henri Wallon Gaston Bachelard
Jacques de Saint-Georges
Jeanine Solotareff

Paul Diel (VienneParis) est un psychothérapeute français d'origine autrichienne, philosophe de formation. La prononciation de son nom dans sa langue maternelle est "dil" mais doit être francisée en "dièl", puisqu'il a publié toute son œuvre en français et se faisait appeler ainsi.

Notamment connu pour avoir fondé la psychologie de la motivation, qui est une théorie psychologique complète, il travailla beaucoup sur le symbolisme dans la mythologie grecque et les textes bibliques mais aussi sur l'éducation. Allant à contre-courant de la psychologie officielle de son époque, Diel réhabilitera l'introspection en montrant qu'elle est une fonction naturelle dont la maturation donne son sens à l'évolution humaine (La peur et l'angoisse).

Biographie[modifier | modifier le code]

La principale source d'informations sur la vie de Paul Diel, outre les témoignages de ses élèves, est la biographie rédigée par sa femme, Jane Diel, manuscrit resté inédit.

Paul Diel est né le 11 juillet 1893 à Vienne de mère allemande et de père inconnu. Orphelin à 13 ans, il passe 8 ans dans un orphelinat religieux. Avec le soutien d'un tuteur, il obtient son baccalauréat, vit pauvrement et ne suit pas d'études universitaires ; il ne cesse pas pour autant de se cultiver en autodidacte.

Il est acteur, romancier et poète avant de se tourner définitivement vers la psychologie. Il étudie notamment les travaux de Freud et d'Adler. En philosophie, son terrain de prédilection, il est influencé par Kant et Spinoza. Il s'intéresse de près aux sciences, notamment à la physique, à la biologie et aux théories de l'évolution.

Ses travaux sont remarqués dès 1935 notamment par Einstein qui lui écrit : « Je tiens pour une maladie à la mode la tendance à camoufler l'introspection comme source principale du savoir psychologique. »[réf. souhaitée] Dès 1937, il ajoutera : « J'admire la puissance et la conséquence de votre pensée. Votre œuvre, tendant à ramener l'ensemble de la vie de l'esprit humain, y compris les phénomènes pathologiques, à des phénomènes biologiques élémentaires, nous propose une nouvelle conception unifiante du sens de la vie et elle est à ce titre un remède à l'instabilité de notre époque sur le plan éthique[1]. »

À cause de l'Anschluss, Diel se réfugie en France en 1938 où il est par la suite interné au camp de Gurs en raison de sa nationalité étrangère. Après la Libération, grâce aux recommandations d'Einstein et d'Irène Joliot-Curie, il entre au CNRS comme psychothérapeute dans le Laboratoire de Psychobiologie de l'enfant dirigé par le psychologue Henri Wallon. Ce dernier le classe, en raison de ses succès thérapeutiques incontestables,« dans la lignée de Freud, d'Adler et de Jung » et souligne « le mérite de ce fouilleur profond de la conscience, qui ne se borne pas à l'intuitionnisme pur mais montre la progression qui peut mener de l'instinct à la raison. » (Préface à La Peur et l'angoisse, 1956, supprimée des éditions ultérieures).

L'étude du fonctionnement psychique l'amène à travailler sur l'élucidation du sens caché des symboles dans les mythologies, les textes bibliques, les rêves et les symptômes psychopathiques. Gaston Bachelard, dans sa préface au Symbolisme dans la mythologie grecque (1954), témoigne de l'apport décisif de Diel à la compréhension du langage symbolique et en souligne les conséquences : « Quand on aura suivi Paul Diel dans ses traductions psychologiques minutieuses et profondes, on comprendra que le mythe couvre toute l'étendue du psychisme mise au jour par la psychologie moderne. C'est tout le problème de la destinée morale qui est engagé dans cette étude. »

Diel meurt le 5 janvier 1972 à Paris. Ses travaux sont actuellement poursuivis par l'Association de la Psychologie de la Motivation[2] créée par Paul Diel en 1964 et par l'Association de Psychanalyse Introspective[3] créée en 1994 par ses élèves Jeanine Solotareff et Jacques de Saint-Georges.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « La méthode d'investigation employée dans cet ouvrage est introspective »[4].
  • « Le présent exposé ne propose pas en premier lieu une théorie, mais une expérience à faire et à refaire, d'où résulte secondairement une synthèse théorique »[4].

Œuvres de Paul Diel[modifier | modifier le code]

  • Psychologie de la motivation. Théorie et application thérapeutique, Paris, PUF, 1947, collection dirigée par Maurice Pradines, préface H. Wallon.
  • La Divinité, le symbole et sa signification, Paris, Payot, 1950, coll. "PBP", (ISBN 2-228-89868-6).
  • Le Symbolisme dans la mythologie grecque, Paris, Payot, 1952, coll. "PBP", (ISBN 2-228-89606-3).
  • La Peur et l'angoisse, Paris, Payot, 1956, préface H. Wallon, coll."PBP", (ISBN 2-228-89869-4).
  • Éducation et rééducation, Paris, Payot, 1961, coll. "PBP", (ISBN 2-228-88227-5).
  • Psychologie, psychanalyse et médecine, Paris, Payot, 1968, coll. "PBP", (ISBN 2-228-14150-X).
  • Culpabilité et lucidité, Paris, Payot, 1968, coll. "PBP", (ISBN 2-228-90212-8).
  • Le Symbolisme dans la Bible, Paris, Payot, 1975, coll. "PBP", (ISBN 2-228-89605-5).
  • Le Symbolisme dans l'Évangile de Jean, Paris, Payot, 1988, coll. "PBP", (ISBN 2-228-89815-5).
  • Le Besoin d'amour, (œuvre posthume), Paris, Payot, 2007, coll. "PBP", (ISBN 2-228-90573-9).
  • Science et foi, (œuvre posthume), Paris, Payot, 2010, coll. "PBP", (ISBN 2-228-90533-X).
  • Angoisse et joie, (œuvre posthume), Paris, Payot, 2011, coll. "PBP".
  • Ce que nous disent les mythes (oeuvre posthume)? Paris, Payot, 2012.
  • Penser sa vie, la démarche introspective, (œuvre posthume), Paris, Payot, 2013, coll. "Psychologie", (ISBN 9782228910040).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie sur Paul Diel[modifier | modifier le code]

  • Alain Bavelier, L'homme et ses motivations. La psychologie de Paul Diel, Éditions Retz, 1998 (Édition épuisée. Pour l’obtenir, s’adresser à l'Association de la psychologie de la motivation)
  • Revue de Psychologie de la Motivation, Le regard intérieur, no 13, 1992
  • Jeanine Solotareff, L'aventure intérieure : La méthode introspective de Paul Diel, Éditions Payot, 1991, (ISBN 2-228-88398-0)
  • Jeanine Solotareff, Le symbolisme dans les rêves. La méthode de traduction de Paul Diel, Éditions Payot, 1994, (ISBN 2-228-89712-4)
  • Jeanine Solotareff, Le langage des paraboles, Éditions MA-Eska, 2017, Coll. Bibliothèque d'analyse diélienne.
  • Jeanine Solotareff, Psychanalyse introspective : études de cas thérapeutiques, Editions MA-Eska, 2016, Coll. Bibliothèque d'analyse diélienne.
  • Jeanine Solotareff, La vie à deux ... et ce qui s'ensuit, Éditions Payot, 2006, (ISBN 2-228-90113-X)
  • Jeanine Solotareff, L'esprit, fonctions et limites, Editions Ma-Eska, 2016, Coll.Bibliothèque d'analyse diélienne.
  • Armen Tarpinian (dir.), Idées-forces pour le XXIe siècle, Éditions Chronique Sociale, 2009, (ISBN 978-2-85008-748-6)
  • Bruno Viard, Les Trois Neveux ou l'altruisme et l'égoïsme réconciliés, PUF, 2002, (ISBN 2-130-52618-7)
  • Bruno Viard, « Diel, Paul » dans Encyclopédie Philosophique Universelle.