Paul Déroulède

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Paul Déroulède
Gabriel Ferrier - Portrait de Paul Déroulède (1846-1914), homme politique et écrivain - P2656 - Musée Carnavalet.jpg
Portrait de Paul Déroulède peint par Gabriel Ferrier, 1906, Paris, musée Carnavalet.
Biographie
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Cimetière de La Celle-Saint-Cloud (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Émile Augier (oncle)Voir et modifier les données sur Wikidata
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signature de Paul Déroulède
Signature

Paul Déroulède est un poète, auteur dramatique, romancier et militant politique français, né le à Paris et mort le à Nice, sur le mont Boron.

Son rôle de fondateur de la Ligue des patriotes et son revanchisme en font un acteur important de la droite nationaliste en France. Il est considéré par de nombreux historiens comme l'un des précurseurs d'un fascisme à la française[3],[4],[5],[6].

Alors qu'il s'affirme comme républicain[7], il tente toutefois d'effectuer un coup d'État en 1899 après la défaite cuisante des nationalistes aux élections législatives de 1898[8]. Aidé de Barrès, de Pujo et, espère-t-il, du général Roget, cette tentative se solde par un échec après le refus de ce dernier d'y participer avec ses troupes[9].

S'il est un partisan moins extrême que certains de ses compagnons de l'antisémitisme en France[7],[10], il s'oppose tout de même à la gauche, qu'il accuse de vouloir « judaïser la France »[11] lorsque des députés de gauche proposent une loi pour instaurer la laïcité. Il appuie aussi son coup d'État sur ses partisans, dont la plupart sont des antisémites notoires[12].

Déroulède tient des déclarations antisémites à d'autres reprises[10],[13] et utilise le ressort de l'antisémitisme pour mobiliser les masses[14]. Il est l'un des députés qui lancent le thème du « Juif capitaliste véreux » à l'Assemblée[15]. Avec Barrès, il critique le général Boulanger pour son refus de l'antisémitisme[16].

Biographie[modifier | modifier le code]

Plaque 3 place du Louvre (1er arrondissement de Paris), à l'emplacement de la maison où il est né.

Débuts[modifier | modifier le code]

Fils d'un avoué à la Cour d'appel de Paris et neveu par sa mère d'Émile Augier, il est l'arrière petit-fils de Pigault-Lebrun. Il suit ses études aux lycées Louis-le-Grand, Bonaparte et de Versailles, puis à la faculté de droit de Paris où il obtient une licence.

Il entretient une relation avec Madeleine Brohan, avec qui il a un fils, Paul Langély Déroulède, né en 1866 à Paris[réf. nécessaire].

Guerre de 1870[modifier | modifier le code]

Jusqu'à la Guerre de 1870, c'est un versificateur (admirant beaucoup Le Cid) qui fréquente les milieux littéraires républicains. Assez insouciant et peu intéressé par la guerre, il rencontre Victor Duruy qui devient son patron, le lance dans le nationalisme et le fait aussitôt nommer sous-lieutenant en faisant jouer ses relations au gouvernement[17], alors qu'il n'a aucune expérience militaire[18].

C'est seulement alors qu'il rejoint son unité lors de la guerre franco-allemande de 1870[17] où il montre un certain courage (assaut de Montbéliard)[réf. nécessaire]. Il est fait prisonnier à Bazeilles, s'évade et rejoint les tirailleurs algériens[Où ?]. Cité à l’ordre du jour et décoré en , il participe à la répression de la Commune de Paris lors de la Semaine sanglante de mai. À la suite d'une chute de cheval, il doit renoncer à la carrière militaire en 1874.

Carrière littéraire et politique[modifier | modifier le code]

Paul Déroulède tenant la bride du cheval du général Roget, durant la tentative de coup d'État.
Supplément illustré du Petit Journal, .

Désormais, par son œuvre littéraire et son action politique, il incarne la France de la « revanche » en réclamant le retour de l'Alsace et de la Lorraine. Il écrit les Chants du soldat (1872), vendus à plus de 100 000 exemplaires, dont le fameux Clairon, qui lui vaut la gloire et reste longtemps au programme scolaire. Son texte de Profundis relève de l'antiméridionalisme[19],[20].

À l'instigation de Gambetta, Déroulède, dont la devise est « Qui vive ? France ! », crée la Ligue des patriotes en 1882. Cette passion pour la « revanche » sur l'Allemagne lui vaut de devenir également l'un des chefs du parti anticolonial. Pour lui, la conquête coloniale épuiserait l'énergie dont la France a besoin pour la future guerre contre l'Allemagne. De même, il estime que jamais les colonies ne pourraient offrir une compensation à la perte de l'Alsace-Lorraine et c'est dans ce sens qu'il répond au colonialiste Jules Ferry : « J'avais deux filles, et vous m'offrez vingt domestiques[21] ». Adepte du général Boulanger (« celui qui nous délivrera des chinoiseries parlementaires et des bavards impuissants »), il est porté par sa notoriété à la Chambre des députés en 1889[réf. nécessaire]. Le , il tente en vain de persuader le général Boulanger de marcher sur l'Élysée. Le Gouvernement dissout alors la Ligue des patriotes, et après la fuite de Boulanger, Déroulède reste député de la Charente de 1889 à 1893 et de 1898 à 1901.

Anticolonialiste au nom de la revanche (cela « disperse les énergies françaises »), défendant le catholicisme avec parfois des accents antisémites (repos dominical, refus de la séparation[22]), il attaque vivement Clemenceau lors du scandale de Panama.

Profitant des obsèques de Félix Faure en 1899, il entreprend le coup d'État que le général Boulanger avait refusé dix ans plus tôt. Il tente en effet de faire tourner bride au général Roget et à ses troupes pour prendre l’Élysée[23]. Arrêté, acquitté en cour d'assises, jugé en Haute Cour et, finalement, banni (expulsé en Espagne), il bénéficie d'une amnistie en 1905. Il renonce à sa carrière politique après l'échec des élections de 1906 dans son département de la Charente.[réf. nécessaire]. Il faut noter que[évasif] parmi les transformations qu'il a demandées dans le domaine constitutionnel, beaucoup se sont retrouvées dans la constitution de la Ve République. Le personnage est complexe dans la limite où il a porté un jugement sévère sur ses poèmes et chansons, dont il savait bien la nature d’œuvres de propagande, donc vouées à l’éphémère. Il estimait cependant ce sacrifice nécessaire.[réf. nécessaire]

En 1900, en exil, il a une correspondance avec Yvonne Lorrain, future mère du président François Mitterrand[24].

Paul Déroulède en 1913.

En 1908, malgré l'insistance de Maurice Barrès, Paul Déroulède refuse de poser sa candidature à l'Académie française à la mort de François Coppée : « Ma place n'est pas parmi votre élite, elle est dans la foule. Je puis m'en tenir à l'écart, mais je dois toujours être prêt à reprendre contact avec elle… L'habit à palmes vertes et l'épée à poignée de nacre me transformeraient trop. »[réf. nécessaire]

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Dès lors, Paul Déroulède se retire à Langely (commune de Gurat, Charente) où il entreprend la rédaction de ses Feuilles de route. Cependant, peu à peu, il se retrouve laissé de côté par les nouveaux nationalistes qui (comme l'écrivent les frères Tharaud) « pensent comme lui mais refusent d'admirer les moyens dont il s'est servi ».

Il meurt d'une crise d'urémie dans sa propriété du mont Boron avec une bénédiction papale[réf. nécessaire]. Sa dépouille est ramenée à Paris, où le cortège funèbre est honoré par une foule énorme, estimée à plus de cent mille Parisiens[25].

Il est enterré dans la chapelle funéraire familiale au cimetière de la Celle-Saint-Cloud[25] en banlieue parisienne, où reposent aussi les écrivains Charles Pigault-Lebrun, son arrière-grand-père, et Émile Augier, son oncle maternel.

Antisémitisme[modifier | modifier le code]

Lors de l'affaire Dreyfus (1894 - 1906), Paul Déroulède, quoique défendant l'armée, croit Dreyfus innocent[26] ; malgré ses préjugés contre les Juifs, il ne rallie pas le slogan « À bas les juifs[7] ». Cependant, il accuse la gauche de vouloir « judaïser la France »[11] lorsque des députés de gauche proposent une loi pour instaurer la laïcité dans les années 1890.

Déroulède tient des déclarations antisémites à d'autres reprises[10],[13] et utilise le ressort de l'antisémitisme pour mobiliser les masses[14]. Il est l'un des députés qui lancent le thème du « Juif capitaliste véreux » à l'Assemblée[15]. Avec Barrès, il critique le général Boulanger pour son refus de l'antisémitisme[16].

Il préface aussi le pamphlet antisémite d'Augustin-Joseph Jacquet, La République plébiscitaire : mémoires sur les moyens pratiques d'arriver à l'anéantissement de la puissance juive en France[27]. Dans cette préface, il se défend de tout antisémitisme, mais tient pourtant les propos suivants à l'égard des juifs[28] :

« Je suis loin de nier qu'il y a dans l'antisémitisme un sentiment de rancune nationale et de patriotiques inquiétudes parfaitement justifiées. [...] Ils ont envahi tous les temples maçonniques du globe qui sont autant de temples de Jérusalem. Ils ne se refusent pas seulement à se laisser assimiler, ils mettent leur orgueil à tâcher de rendre les autres semblables à eux-mêmes. La corruption qu'ils sèment à pleines mains n'a pas pour unique visée le triomphe de leurs intérêts. Ils y cherchent aussi le triomphe de leur orgueil. C'est tout un système politique. D'abord, ce qui abaisse autrui les relève, et puis, ils préparent par là le milieu décomposé nécessaire à l'expansion de leur parasitisme débordant. Démilitariser, décatholiciser, dénationaliser la France, voilà leur triple but.

[...] Déjà le pouvoir occulte ne leur suffit plus, ils rêvent du pouvoir visible respecté, officiel. A des présidents de la République judaïsés, ils ne désespèrent pas de faire succéder quelque jour un président juif. »

Dans ce texte, il soutient aussi qu'Édouard Drumont, le père de l'antisémitisme en France, est un « prophète »[29].

Hommages et critiques[modifier | modifier le code]

Jean Jaurès profite de sa mort pour tenter d'alerter l'opinion publique, le , en faisant un réquisitoire dans L'Humanité contre le revanchisme antiallemand que Déroulède a promu toute sa vie, cinq mois avant son assassinat et le début de la Première Guerre mondiale. Il l'accuse d'utopisme dans son idée que la guerre qu'il souhaitait serait rapidement terminée, sans effusion de sang et sans gêne[30] :

« Son idée d'une revanche bien ordonnée, bien circonscrite, avec « un clairon qui sonne la charge » et qui sonne aussi le retour, est à la réalité immense et terrible ce qu'un tableau de Detaille ou un groupe de Mercié est à une bataille de Mandchourie.

Pas une minute cet homme n'a songé à ce que serait demain, dans une Europe saturée de conflits politiques et sociaux, la levée en masse de grandes nations, la rencontre inouïe de plusieurs millions de soldats-citoyens brûlant de toutes les fièvres. Il a entrevu un combat bien propre, bien vernissé, avec quelques traits de courage exalté et quelques fleurs sur la tombe des héros, et puis, la douceur d'une éternelle idylle.

Il n'est pas de plus fragile chimère : et c'est la forme du pacifisme la plus rudimentaire et la plus utopique qui se puisse concevoir. »

Deux avenues de Paris portaient son nom, mais il n'en subsiste qu'une, l'avenue Paul Déroulède, dans le 15e arrondissement[31], après qu'une des deux a été rebaptisée avenue du Général-Lemonnier[32], mort pour la France lors de la Seconde Guerre mondiale[33],[34],[35]. Une rue de Bois-Colombes porte encore son nom[36].

Duels[modifier | modifier le code]

Le duel Déroulède Jaurès à Hendaye (Le Petit Journal).

Déroulède s’est battu deux fois dans des duels au pistolet :

  • contre Georges Clemenceau, que Déroulède avait accusé de corruption dans le scandale de Panama[37]. Le duel a lieu le à Saint-Ouen devant 300 personnes contenues par des gendarmes ; six balles échangées au commandement à 25 m, sans conséquence ; Jules Renard, dans son journal, pense que Déroulède a tiré en l'air lors de son duel au pistolet contre Clemenceau, se demandant s'il fera pareil avec Maurice Barrès[38].
  • contre Jean Jaurès à Hendaye le  : après un trait d'ironie de Jaurès publié dans L'Humanité à propos d'une manifestation nationaliste devant la statue de Jeanne d'Arc à Paris, Paul Déroulède envoie une lettre de réponse le dans laquelle il accable Jean Jaurès. Ce dernier défie Déroulède en duel, bien qu'il considère ce défi comme « un geste ridicule mais nécessaire ».

Principales publications[modifier | modifier le code]

Caricature.
  • Chants du soldat, Paris, Michel Lévy frères (1872) ; prix Montyon (1873) et prix Jean Reynaud (1894) de l’Académie française.
  • Nouveaux chants du soldat, Paris, Calmann-Lévy (1875).
  • Chants du soldat - Marches et sonneries, Paris, Calmann-Lévy (1881).
  • De l'éducation militaire, Paris, Librairie Nouvelle (1882).
  • Le Premier grenadier de France, La Tour d'Auvergne - étude biographique, Paris, Georges Hurtrel artiste-éditeur (1886).
  • Le Livre de la Ligue des patriotes, extraits des articles et discours de Paul Déroulède (1887).
  • Histoire d'amour, Paris, Calmaan-Lévy (1890)
  • Chants du paysan, Calmann-Lévy (1894) ; prix Jean Reynaud (1894) de l’Académie française.
  • Poésies militaires, illustrations de Pierre Georges Jeanniot, Paris, Calmann-Lévy (1896).
  • Affaire de la place de la Nation, procès Paul Déroulède - Marcel Habert : cour d'assises de la Seine, . Discours de Paul Déroulède et de Marcel Habert aux jurés de la Seine (1899)
  • 1870 - Feuilles de route Des Bois de Verrières à la Forteresse de Breslau, Paris, Société d'Édition et de Publications / Librairie Félix Juven (1907).
  • 70-71 - Nouvelles feuilles de route - De la Forteresse de Breslau aux Allées de Tourny, Paris, Société d'Édition et de Publications / Librairie Félix Juven (1907).
  • Pages françaises, précédées d'un essai par Jérôme et Jean Tharaud, Paris, Bloud et Cie (1909).
  • Qui vive ? France ! « Quand même » - Notes et discours (1883-1910), Paris, Bloud et Cie (1910).
Théâtre

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/POG/FRAN_POG_05/p-9wfb2f0xi-16aty2uo8oxu9 »
  2. « ark:/36937/s005afd5ff2ef4de », sous le nom DEROULEDE Paul (consulté le )
  3. Michel Winock, Nationalisme, Antisémitisme et Fascisme en France, Paris, Seuil, , 512 p., p. 393.
  4. Joseph Algazy, La tentation néo-fasciste en France, 1944-1965, Paris, Fayard, , 427 p., p. 27.
  5. Zeev Sternhell, La Droite révolutionnaire. Les origines françaises du fascisme (1885-1914), Paris, Gallimard, , p. 307.
  6. Zeev Sternhell, Didier Leschi, Laurent Kestel, L’histoire refoulée: La Rocque, les Croix de feu, et le fascisme français, Paris, Les Éditions du Cerf, , p. 17.
  7. a b et c Bertrand Joly, Déroulède, l'inventeur du nationalisme.
  8. Frédéric Impressions Multi-Services, Les résultats des élections et référendums en France : 1848-2018 : selon les chiffres rectifiés en commission parlementaire ou par le Conseil constitutionnel, dl 2018 (ISBN 978-2-9564947-0-6 et 2-9564947-0-8, OCLC 1085538304, lire en ligne)
  9. [https://www.nonfiction.fr/article-8014-entretien-naissance-de-laction-francaise-avec-laurent-joly.htm « ENTRETIEN � � Naissance de l'Action fran�aise �, avec Laurent Joly - Nonfiction.fr le portail des livres et des idées »], sur www.nonfiction.fr (consulté le ).
  10. a b et c Bertrand Joly, « Les antidreyfusards avant Dreyfus », Revue d’Histoire Moderne & Contemporaine, vol. 39, no 2,‎ , p. 198–221 (DOI 10.3406/rhmc.1992.1628, lire en ligne, consulté le ) :

    « Le premier organisa, avec l'appui de la ligne antisémitique, une réunion électorale où prit place, à côté de Drumont et des siens, la fine fleur de l'état-major boulangiste, y compris Déroulède ; chacun y alla de son petit couplet antisémite, ce qui fit scandale.

    [...]

    Déroulède lui-même avait déjà durement attaqué Reinach, « ce petit juif qui finirait par me dégoûter des Israélites » (le Drapeau, 9 décembre 1 888). »

  11. a et b Laurent Joly, « L'entrée de l'antisémitisme sur la scène parlementaire française. Le débat sur l'« infiltration juive » à la Chambre en mai 1895 », Archives Juives, vol. 38, no 1,‎ , p. 114 (ISSN 0003-9837 et 1965-0531, DOI 10.3917/aj.381.0114, lire en ligne, consulté le ) :

    « M. Paul Déroulède : […] Et j’ajoute, messieurs, que je suis surpris qu’un débat semblable soit précisément ouvert devant nous non pas par un des 36 millions de catholiques mis en cause, mais bien par un des 500 000 ou 600 000 israélites (Vives interruptions à gauche – Bruit). Moi, je fais hautement connaître ma religion : je suis un républicain chrétien (Bruit à gauche – Applaudissements à droite), et je proteste quand je vois que l’on veut déchristianiser la France pour la judaïser peut-être »

  12. Jules Guérin, Les trafiquants de l'antisémitisme : la maison Drumont and C°, Déterna, (ISBN 978-2-36006-003-0 et 2-36006-003-1, OCLC 717854218, lire en ligne)
  13. a et b Robert F. Byrnes, « Morès, "The First National Socialist" », The Review of Politics, vol. 12, no 3,‎ , p. 341–362 (ISSN 0034-6705, lire en ligne, consulté le ) :

    « An audience which included five deputies and several noted aristocrats heard violent antisemitic speeches by Mores, Drumont, Laur and Paul Deroulede, who was at that time considered the incarnation of French Nationalism. »

  14. a et b Zeev Sternhell, « Paul Deroulede and the Origins of Modern French Nationalism », Journal of Contemporary History, vol. 6, no 4,‎ , p. 46–70 (ISSN 0022-0094, lire en ligne, consulté le ) :

    « For him (Drumont), as for Déroulède and Barrès, anti-semitism became the means par excellence for mobilizing the vast body of the petty bourgeoisie, ill-adapted to the modern world and responding neither to the Marxist call nor to liberal democracy. »

  15. a et b Laurent Joly, « L'entrée de l'antisémitisme sur la scène parlementaire française. Le débat sur l'« infiltration juive » à la Chambre en mai 1895 », Archives Juives, vol. 38, no 1,‎ , p. 114 (ISSN 0003-9837 et 1965-0531, DOI 10.3917/aj.381.0114, lire en ligne, consulté le ) :

    « Le scandale de Panama donne en effet de la substance au thème du Juif capitaliste véreux popularisé par Laur. Plusieurs députés conservateurs ou boulangistes attaquent le financier Cornélius Herz. Un « agent de l’étranger […], un juif allemand », lance le chef de la Ligue des patriotes Paul Déroulède, tandis que Mège reprend le postulat manichéen de Drumont opposant le capitalisme aryen au capitalisme juif : « qu’on reconnaisse que ce généreux pays de France, honnête et laborieux, n’a rien de commun avec tous ces financiers cosmopolites qui se sont abattus sur son territoire pour le spolier et tenter de le déshonorer (Très bien ! très bien !)  »

  16. a et b (en) Hostages of Modernization, 1, Germany - Great Britain - France:, DE GRUYTER, (ISBN 978-3-11-010776-0, DOI 10.1515/9783110855616, lire en ligne) :

    « p. 464 : Admittedly, Boulanger himself was not antisemitic. Men such as Barres, Deroulede, and Thiebaud never ceased to reproach him for being a man of the old school. He stood firm against any form of alliance with anti-Semitism and refused to endorse Drumont's candidacy in the legislative elections. »

  17. a et b Jean-Charles Geslot, Victor Duruy, Presses universitaires du Septentrion, (ISBN 978-2-7574-0103-3, 2-7574-0103-3 et 2-7574-2134-4, OCLC 1104300455, lire en ligne)
  18. Paul Déroulède, 1870 - Feuilles de route : Des bois de Verrières à la forteresse de Breslau., BnF-P, (ISBN 978-2-346-08189-9 et 2-346-08189-2, OCLC 1041919687, lire en ligne)
  19. Céline Piot, « La fabrique de l'autre : l'anti-méridionalité au XIXe siècle », Klesis, no 38,‎ , p. 45-73 (lire en ligne).
  20. George Liens, « Le stéréotype du Méridional vu par les Français du Nord de 1815 à 1914 », Provence historique, no 110,‎ , p. 413-431.
  21. D'autres sources citent : « J'avais deux sœurs et vous m'offrez vingt nègres ». Jean Martin, L'Empire triomphant, 1871/1936, Éditions Denoël, Paris, 1990, p. 384.
  22. Face au député Camille Dreyfus, il déclare : « Je suis surpris qu'un débat semblable soit précisément ouvert devant nous, non pas par un des trente-six millions de catholiques mis en cause, mais bien par un des cinq cent ou six cent mille israélites. […] Je proteste quand je vois que l'on veut déchristianiser la France pour la judaïser ! ».
  23. Maurice Barrès, Scènes et doctrines du nationalisme, édition KontreKulture p. 237.
  24. Source : 11 min 09.
  25. a et b Les funérailles de Paul Déroulède : Le Petit Parisien du 4 février 1914 sur Gallica.
  26. Michel Leymarie, De la belle époque à la grande guerre, Livre de poche, p. 106.
  27. Augustin-Jean Auteur du texte Jacquet, La République plébiscitaire : mémoire sur les moyens pratiques d'arriver à l'anéantissement de la puissance juive en France / par A.-J. Jacquet ; avec une préface de Paul Déroulède, (lire en ligne)
  28. Augustin-Jean Auteur du texte Jacquet, La République plébiscitaire : mémoire sur les moyens pratiques d'arriver à l'anéantissement de la puissance juive en France / par A.-J. Jacquet ; avec une préface de Paul Déroulède, (lire en ligne)
  29. Augustin-Jean Auteur du texte Jacquet, La République plébiscitaire : mémoire sur les moyens pratiques d'arriver à l'anéantissement de la puissance juive en France / par A.-J. Jacquet ; avec une préface de Paul Déroulède, (lire en ligne) :

    « Disciple réfléchi de l'ardent prophète Edouard Drumont, M. A.-J. Jacquet a tiré des doctrines passionnées de son illustre maître, un solide programme absolument sage dans le fond. »

  30. Jean Jaurès, « L'Humanité : journal socialiste quotidien », sur Gallica, (consulté le )
  31. Bernard Stéphane, Petite et grande histoire des rues de Paris, Éditions Albin Michel, 2000, 316 p. (ISBN 9782226108791).
  32. (en) 262588213843476, « https://www.data.gouv.fr/fr/datasets/5bf4dcc906e3e77df71a69b5/ », sur Gist (consulté le )
  33. « Émile René Lemonnier », base Mémoire des hommes, ministère français de la Défense.
  34. Relevé du monument commémoratif de l'École Polytechnique, Paris.
  35. Relevé du monument commémoratif de l'École Polytechnique, Palaiseau
  36. Évolution du nom des voies de Bois-Colombes
  37. Encyclopædia Universalis, « PAUL DÉROULÈDE », sur Encyclopædia Universalis (consulté le ).
  38. « Journal Jules Renart (ABU) », sur ABU : La Bibliothèque Universelle : « On critique la décision de Jaurès. L'un affirme que Déroulède tirera en l'air ? qu'il l'a déjà fait pour Clemenceau. [1er décembre 1904] »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Caricature de Paul Déroulède en Don Quichotte, par Charles Léandre
(Le Rire, no 232, 15 avril 1899).
  • Marie Aynié, « Une justification du coup de force de Déroulède du 23 février 1899 », Parlement[s], Revue d'histoire politique, Paris, L'Harmattan, no 12 « À l'heure du coup d'État »,‎ , p. 108-112 (lire en ligne).
  • Antoine de Baecque, Paul Déroulède poète patriote : la souffrance, la gloire, l'école, 1870-1885, Paris, Institut d'études politiques de Paris, 1987.
  • Antoine de Baecque, « Le poète de la « Revanche » », L'Histoire, no 152 « dossier Paul Déroulède, poète, patriote et putschiste »,‎ , p. 38-40.
  • Bertrand Joly, Paul Déroulède, thèse de doctorat, Paris IV, 1996, 4 vol.  dactylographiés.
  • Bertrand Joly, Déroulède : l'inventeur du nationalisme français, Paris, Perrin, , 440 p. (ISBN 2-262-01331-4, présentation en ligne), [présentation en ligne], [présentation en ligne].
  • Bertrand Joly, Dictionnaire biographique et géographique du nationalisme français, 1880-1900 : boulangisme, ligue des patriotes, mouvements antidreyfusards, comité antisémites, Paris, Honoré Champion, coll. « Dictionnaires & références » (no 2), , 687 p. (ISBN 2-85203-786-6, présentation en ligne), [présentation en ligne].
Réédition : Bertrand Joly, Dictionnaire biographique et géographique du nationalisme français, 1880-1900, Paris, Honoré Champion, coll. « Champion classiques. Références et dictionnaires » (no 2), , 687 p. (ISBN 2-7453-1241-3).
  • Bertrand Joly, « L'évolution de Paul Déroulède et de la Ligue des patriotes (1900-1913) », Mil neuf cent : Revue d'histoire intellectuelle, Société d’études soréliennes, no 19 « Y a-t-il des tournants historiques ? 1905 et le nationalisme »,‎ , p. 109-117 (lire en ligne).
  • Bertrand Joly, Nationalistes et conservateurs en France : 1885-1902, Paris, Les Indes savantes, , 390 p. (ISBN 978-2-84654-130-5).
  • (en) Maurice Larkin, « « La République en danger ? » : The Pretenders, the Army and Déroulède, 1898–1899 », The English Historical Review, vol. 100, no 394,‎ , p. 85-105 (JSTOR 569928).
  • Jérôme et Jean Tharaud, La Vie et la Mort de Paul Déroulède », Paris, librairie Plon-Nourrit, 1925, 281 p.
  • Michel Winock, « La république de Paul Déroulède », L'Histoire, no 152 « dossier Paul Déroulède, poète, patriote et putschiste »,‎ , p. 40-46.
  • Michel Winock, Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points. Histoire » (no H131), (1re éd. 1982, sous le titre Édouard Drumont et Cie : antisémitisme et fascisme en France), 504 p. (ISBN 978-2-7578-4307-9, présentation en ligne).

Archives[modifier | modifier le code]

Les papiers personnels de Paul Déroulède sont conservés aux Archives nationales, site de Pierrefitte-sur-Seine, sous la cote 401AP : Inventaire du fonds.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Statue de l’écrivain square Maurice-Pagnol à Paris.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Paul Déroulède en compagnie de Jules Guérin et Marcel Habert.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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