Paul Collette

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Paul Collette
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Paul Collette, né le à Mondeville (Calvados) et mort le (à 74 ans), est un résistant français, ancien camelot du Roi[1],[2]. Il est connu pour avoir tiré contre des dirigeants de Vichy, notamment Pierre Laval, le à Versailles lors d'une manifestation de la Légion des volontaires français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pendant l'Entre-deux-guerres, Paul Collette milite aux Volontaires nationaux, l'organisation de jeunesse des Croix-de-feu, puis à l'Action française.

Il s'engage dans l'armée en 1938 puis, après l'ouverture des hostilités, participe aux combats de 1940. Le 20 mai, lors de la bataille de Dunkerque, il tente l'embarquement en Angleterre, mais son navire est bombardé, puis coulé. Rapatrié en France, démobilisé, il souhaite rejoindre les Forces françaises libres (FFL), mais ne trouve aucune filière de passage vers l'Angleterre, ni même pour l'Afrique du Nord.

La création de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF) en août 1941 lui donne l'idée de s'y engager et, selon lui, de profiter des circonstances qui pourraient se présenter pour mettre en œuvre un attentat contre les dirigeants de Vichy.

Collette apprend que le 27 août, à l'occasion du départ au front de l'Est de cette première unité, une prise d'armes doit avoir lieu dans la caserne Borgnis-Desbordes à Versailles et que de hautes personnalités seront présentes pour marquer cette première étape de la collaboration active.

Lorsque Pierre Laval arrive, accompagné de Jacques Doriot, Marcel Déat et Fernand de Brinon, Collette tire sur le groupe cinq balles de 6,35. La faiblesse du calibre, la distance, mais aussi l'inexpérience sans doute, expliquent l'inefficacité relative du tireur. Aucune de ses cibles ne sera mortellement touchée. une bousculade s'ensuit. Dans ses mémoires, il raconte : « Les légionnaires qui avaient filé, reviennent eux aussi à toutes jambes, maintenant que le danger est écarté. Ils me bousculent, m'insultent, me crachent à la figure, me frappent. Leurs coups m'atteignent partout, et je sens deux longues traînées de sang qui coulent sur mon visage ». Les gendarmes interviennent pour l'arrêter et le soustraire aux violences des légionnaires[3].

Selon les premières enquêtes de gendarmerie qui suivirent, Paul Collette était « camelot du Roi »[1]. Cependant, par calcul politique ou toute autre raison que ce soit, Fernand de Brinon lança la rumeur qu'il était communiste[1].

Collette est condamné à mort le mercredi par un tribunal d'exception. Sa peine est commuée en travaux forcés à perpétuité par Pétain. Il sera détenu dans plusieurs prisons françaises, puis déporté en Allemagne (par un transport parti de Paris le 28 février 1944, il fut envoyé au camp de concentration Mauthausen, commando Passau, matricule 60726 ; il fut libéré en mai 1945[4]).

Il meurt le , à 74 ans, après avoir été, en 1985, fait chevalier de la Légion d'honneur.

Les autorités puis les historiens se sont perdus en conjectures sur le sens de cet attentat. La clémence de Vichy semble particulièrement étonnante si on tient compte des habitudes du temps. Voyant d'abord la main du Parti communiste, le gouvernement a ainsi immédiatement fusillé trois membres du PCF avant de soupçonner un complot du MSR (ex-Cagoule). Plus encore, l'engagement précédent de Collette auprès du colonel François de La Rocque (résistant et futur déporté), Croix de Feu puis membre du Parti social français (PSF) n'a pas contribué à éclaircir ses motivations.

Isolé, le geste de Collette a connu une efficacité réelle très limitée, mais son retentissement a été immense. Jean Anouilh s'en est peut-être inspiré pour son Antigone.

Publication[modifier | modifier le code]

  • J'ai tiré sur Laval, 248 pages, format 15 x 18 cm, achevé d'imprimer en octobre 1946 sur les presses de Ozanne & Cie 18-22, rue des Rosiers à Caen.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c David Bidussa et Denis Peschanski (dir.), La France de Vichy – Archives inédites d'Angelo Tasca], Feltrinelli Editore, 1er janvier 1996, 470 p., p. 298 [lire en ligne].
  2. Simon Epstein, Un paradoxe français : antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, Paris, Albin Michel, coll. « Bibliothèque Albin Michel de l'histoire », , 622 p. (ISBN 978-2-226-17915-9, OCLC 222541152)
  3. Jacques Delarue, Trafics et crimes sous l'Occupation, éditions Fayard, (lire en ligne)
  4. http://www.bddm.org/liv/details.php?id=I.182.#COLLETTE (liste n°182)