Paul Churchland

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Paul M. Churchland, né le à Vancouver, est un philosophe canadien. Il s'est fait remarquer notamment pour ses travaux en philosophie de l'esprit et en neurophilosophie, où il défend un matérialisme dit "éliminativiste" conjugué à un réalisme scientifique critique.

Il a obtenu son doctorat à l'Université de Pittsburgh, sous la direction de Wilfrid Sellars. En 2006, il travaille à l'Université de Californie à San Diego.

Il est le mari de la philosophe Patricia Churchland avec qui il collabore pour défendre leur position philosophique commune.

Philosophie[modifier | modifier le code]

Paul Churchland a consacré son œuvre à défendre une position matérialiste radicale. Il soutient, tout comme Quine, que la psychologie du sens commun ou psychologie populaire (« folk psychology ») est la dernière des théories populaires à survivre et qu'elle doit subir le même sort que la physique naïve ou la biologie intuitive : son remplacement par une théorie qui cadre mieux avec les standards actuels de scientificité. Les lumières scientifiques devraient également nous éclairer sur le caractère chimérique des états intentionnels de la même manière qu'elles l'ont fait jadis à propos des essences alchimiques, de l'éther ou du phlogistique.

Churchland définit ainsi son matérialisme :

« Le matérialisme éliminativiste est la thèse suivant laquelle notre conception populaire des phénomènes psychologiques constitue une théorie radicalement fausse, une théorie si déficiente que ses principes et son ontologie seront un jour remplacés, plutôt que réduits en douceur, par des neurosciences ayant atteint leur maturité. » [1]

Ce matérialisme implique ainsi deux thèses : la première consiste à concevoir notre psychologie comme une théorie empirique, alors que la seconde repose sur l'idée que cette théorie est fausse ou inadéquate. Parce qu'elle est une théorie empirique fausse, la psychologie populaire connaîtra le sort de toutes les théories empiriques fausses : l'élimination au profit d'une théorie empirique supérieure qui viendra, selon Churchland, des neurosciences.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Churchland P. M., A neurocomputational Perspective, Cambridge (MA), MIT Press, p. 1

Publications[modifier | modifier le code]

  • Scientific Realism and the Plasticity of Mind, Cambridge University Press, 1979.
  • Matter and Consciousness, MIT Press, 1984.
  • Images of Science: Scientific Realism versus Constructive Empiricism, University of Chicago Press, 1985.
  • A Neurocomputational Perspective: The Nature of Mind and the Structure of Science, MIT Press, 1989.
  • The Engine of Reason, The Seat of the Soul: A Philosophical Journey into the Brain, MIT Press, 1995.

dont deux livres traduits en français[modifier | modifier le code]

  • Matière et conscience (1984), Seyssel, Champ Vallon, 1999
  • Le cerveau : moteur de la raison, siège de l'âme (1995), Bruxelles, De Boeck-Wesmael

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]