Paul Caruel de Saint-Martin

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Paul Caruel de Saint-Martin
Fonctions
Parlementaire français
Député
1852 - 1869
Gouvernement Second Empire
Groupe politique bonapartiste
Biographie
Date de naissance
Date de décès
Résidence Seine-et-Oise

Le baron Paul Caruel de Saint-Martin, né le à Paris et mort le à Paris, inhumé au cimetière du Chesnay, est un homme politique français, maire du Chesnay, conseiller général de Seine-et-Oise et député bonapartiste sous le Second Empire.

Origines[modifier | modifier le code]

Son père, Jean-Baptiste Caruel de Saint-Martin (1757-1847) était d'une ancienne famille normande; il fut anobli par lettre patente de Louis XVIII du 30 août 1817, qui lui attribua le titre de baron de Favreuse. Il fit fortune dans la manufacture de tabacs sous la Révolution et l'Empire. Il s’associa avec son oncle Pierre-Antoine Robillard et le neveu de ce dernier Jacques-Florent Robillard pour acheter la ferme des tabacs sise au 12 boulevard de Montmartre à Paris, puis en 1800, pour acquérir la manufacture des tabacs de l'hôtel de Longueville, place du Carrousel. Avec un capital de 1 400 000 (en francs de l’époque), la société « Robillard, oncle, neveux et Cie » occupe le quatrième rang des entreprises parisiennes sous le Consulat et l'Empire. La fortune des actionnaires de la société s'accroît à une rapidité vertigineuse. Mais aucun du cadre de vie de ces derniers n'aura jamais le luxe et la splendeur des appartements et résidences de Jean-Baptiste Caruel de Saint-Martin. Parmi les multiples propriétés dont celui-ci fit l'acquisition en Île-de-France, figure en 1802 le château du Grand-Chesnay, au Chesnay, mais également le château de Launay, à Villiers-le-Mahieu, et à Paris l'hôtel d'Onzembray, rue de Lille, ou l'hôtel de Livry, rue de l'Université. Il sera nommé maire de la commune par décret impérial et le restera jusqu'en 1821. Napoléon fera appel a lui pour être un des actionnaires de la nouvelle Banque de France, qui portera la famille Caruel de Saint-Martin dans la liste des Deux-Cents familles. Jean-Baptiste Caruel de Saint-Martin en sera un des plus importants actionnaires avec près de 488 actions[1].

Il épousa le 22 mai 1807 une jeune fille noble, Alexandrine-Modeste de Saint-Martin (1785-1875), de 30 ans sa cadette, union d'où naquit deux fils : Louis-Sylvestre Caruel de Saint-Martin né en 1808 (mort sans postérité), et Paul Caruel de Saint-Martin né en 1809. Les Saint-Martin se sont illustrés tout au long du XVIIIe siècle au service de la Compagnie des Indes. Le grand-père de la baronne Caruel de Saint-Martin, Didier de Saint-Martin, fut Gouverneur des Îles de France (île Maurice) et de Bourbon (île de La Réunion) puis Syndic de la Compagnie des Indes.

Le futur peintre Théodore Géricault (1791-1824), neveu de Jean-Baptiste Caruel de Saint-Martin, sera le parrain de Paul Caruel de Saint-Martin (Géricault résidera plusieurs années au château du Chesnay entre 1812 et 1818 et aura une relation avec sa tante par alliance, Alexandrine, d'où naitra un fils Georges Hippolyte en 1818). Jean-Baptiste Caruel de Saint-Martin sera fait baron en 1819 après avoir ajouté en 1818 à son patronyme celui de son épouse.

Carrière[modifier | modifier le code]

Paul Caruel de Saint-Martin étudie le droit et les langues étrangères. Polyglotte, il parle l'anglais et l'allemand et étudie l'arabe, le persan et l'hindoustani[2], il voyagera d'ailleurs en Inde. Après avoir hérité de la fortune paternelle, il est élu maire du Chesnay, de 1848 à 1869 (une rue y est nommée d'après lui[3]). Il fut élu au Corps législatif le , député de la 1re circonscription de Seine-et-Oise (arrondissement de Versailles) avec 17 040 voix pour 20 381 votants (contre 443 au général Changarnier et au de 366 à d'Albert de Luynes, qui n'étaient d'ailleurs tous deux pas candidats). Il fit partie de la majorité parlementaire et participera à l'établissement de l'Empire qu'il soutiendra constamment. Il sera réélu en 1857 (16 986 voix contre 6192 pour M. Landrin) et en 1863 (16 314 voix contre 11 768 pour Barthelemy de Saint-Hilaire). Il ne se représenta pas en 1869. Il sera également, comme son père, l'un des 200 actionnaires de la Banque de France, sous le Second Empire[1].
En 1854, le baron Paul Caruel de Saint-Martin est nommé président de la société de secours mutuel Les Ménages Prévoyants par décret impérial. Fondée le 26 avril 1854 à Versailles, il s'agit d'une des plus anciennes mutuelles de France, qui est toujours active aujourd'hui sous le nom de LMP. Il la présidera jusqu'en 1874.

Il fit édifier en 1860 un hôtel particulier à Paris, 7 avenue Hoche, démoli pour céder la place à l'ambassade du Japon. Il meurt à Paris à près de 80 ans. Son épouse disparaîtra huit ans plus tard dans l'incendie du Bazar de la Charité[4].

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Il épousa le 20 avril 1857, à Versailles, Elisabeth Green de Saint-Marsault (1836-1897), fille ainée du préfet de Seine-et-Oise, le comte de Saint-Marsault, dont il eut deux enfants : Didier né en 1860 (dont postérité Berthélemot Caruel de Saint-Martin), et Modeste née en 1865 (dont postérité Oudinot de Reggio).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Alain Plessis, La Banque de France et ses Deux-Cents actionnaires sous le Second Empire, éd. Droz.
  2. Les députés du Second Empire d'Éric Anceau, 2000.
  3. Le nom de la rue Caruel de Saint-Martin au Chesnay ne reprenant pas le prénom, il reste un doute de savoir s'il elle est nommée d'après le fils, le père ou les deux mais les ouvrages sur Le Chesnay penchent vers un attribution au fils.
  4. Revue de l'Histoire de Versailles et de Seine-et-Oise, 1935, page 78.

Sources[modifier | modifier le code]