Paul Boudy

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Paul Boudy, né Louis Jules Boudy le à Saint-Aubin-d'Écrosville (Eure) et mort le à Sarlat (Dordogne), est un ingénieur des eaux et forêts, inspecteur général des eaux et forêts. Il est le créateur et organisateur de l'administration des eaux et forêts au Maroc où il fut appelé par le maréchal Lyautey à partir de 1912.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Acte de naissance de Louis Jules Boudy, dit Paul Boudy.

Paul Boudy est le fils unique de Camille Boudy, ingénieur agricole, professeur, et membre de l'Académie nationale [Laquelle ?] et de la Société météorologique de France.

  • Camille Boudy (1832-1917) épouse Marie Louise Laborderie en 1873.
    • Paul Boudy épouse en 1900 Yvonne dite Marie Sarrazin[a]. De ce mariage naissent trois enfants :
      • Marthe Boudy (1910-1994) qui épouse en 1838 Leopold Ettori (1906-1993), officier des affaires indigènes au Maroc ;
      • Pierre Boudy (1912-2002) qui suit les traces de son père en étant inspecteur des Eaux et Forêts au Maroc d'abord puis en métropole. Il épouse Marie-Louise Rayer. Dont :
        • Marie-Hélène Boudy épouse en 1989 Florent de Bazelaire (1956-2015), haut fonctionnaire à la banque de France.
        • Jacques Boudy (1961), magistrat et haut fonctionnaire, secrétaire général de la grande chancellerie de la Légion d'honneur depuis 2014.
      • André Boudy, avocat à Monaco. Il épouse Régine Cordier dont le père Marcellin-Amédée Cordier est premier président de la cour d'appel de Rabat. Dont :

Formation[modifier | modifier le code]

Après sa préparation en agronomie au lycée Hoche de Versailles, Paul Boudy obtient le diplôme d'ingénieur agronome[1] de l'École nationale des eaux et forêts de Nancy d'où il sort en 1897[2] au deuxième rang.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Paul Boudy est en poste en Algérie en 1898, en Tunisie en 1904, il revient en Algérie en 1907[2]. Il participe notamment à des fouilles avec Jacques de Morgan et Louis Capitan. Tous trois découvrent et étudient les gisements d'El Mekta, de Sidi Mansour, de Gafsa et de Redeyef[3].

À partir de 1912, au Maroc, sous l’impulsion du maréchal Lyautey, un service forestier est créé. L'inspecteur Paul Boudy est détaché de l’Administration centrale parisienne des Eaux et Forêts pour étudier la mise en place du nouveau service. Il en prend ensuite la direction qu'il assurera jusqu’en [2], devenant une figure importante du corps forestier marocain : « On ne peut que ressentir de l’admiration pour un forestier aussi complet, un homme si séduisant, une vie si parfaitement remplie ; elle est de celle, magnifique, dont parle Tolstoï. » Pierre Boulhol[4],[b]

En 1917, il conçoit le code forestier du Maroc[5]. Son œuvre principale, Économie forestière nord africaine, est influencée par les théories de Louis Emberger[6].

Il était président d'honneur de la Société des sciences naturelles du Maroc[7].

Paul Boudy meurt en 1957[1].

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Prix Paul-Marguerite-de-la-Charlonie de l'Académie des sciences (1956).
  • Prix Vieillard de l'Académie d'agriculture, 1949[9]

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Économie forestière nord africaine, 1. Milieu physique et humain, Larose, 1948 lire sur Google Livres ; 2. Monographies et traitements des essences forestières, Larose, 1950 ; 3. Description forestière du Maroc, Larose, 1951 ; 4. Description forestière de l'Algérie et de la Tunisie, Larose, 1955 lire sur Google Livres
  • Guide du forestier en Afrique du Nord lire sur Google Livres

Articles[modifier | modifier le code]

  • Paul Boudy, Jacques de Morgan et Louis Capitan, « Études sur les stations préhistoriques du Sud tunisien », Revue de l'École d'anthropologie de Paris,‎ (lire en ligne, consulté le 22 mars 2020)

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sylviane Llinares et Philippe Hrodej, Techniques et colonies : XVIe-XXe siècles, Publications de la Société française d'Histoire d'Outre Mer et de l'Université de Bretagne Sud, (lire en ligne)
  • (en) Diana K. Davis, Resurrecting the Granary of Rome : Environmental History and French Colonial Expansion in North Africa, Ohio University Press, (lire en ligne)
  • Pierre-Marie Aubert, Action publique et société rurale dans la gestion des forêts marocaines : changement social et efficacité environnementale, AgroParisTech, (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Yvonne dite Marie Sarrazin est issue de la famille Issartier, aisée et établie à Sarlat-la-Canéda. Son père est Pierre Sarrazin (1854-1931), médecin, maire de Sarlat pendant 35 ans et député pendant 23 ans. Le frère de ce dernier, François Marie Joseph Sarrazin fait carrière dans l'administration préfectorale et la termine au poste de préfet de la Gironde en 1932.
  2. P. Boulhol, « Paul Boudy (1874-1957) : créateur et organisateur des Eaux et Forêts au Maroc », document manuscrit, reproduit par l’Amicale des anciens forestiers du Maroc, fonds du Centre de documentation de l’ENGREF, Nancy.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Nécrologie de Paul Boudy », sur Revue forestière française.
  2. a b et c Davis, p. 141.
  3. EAP, p. 105.
  4. Llinares, p. 246.
  5. Davis, p. 143.
  6. Davis, p. 156.
  7. lire en ligne sur Gallica
  8. lire en ligne sur Gallica
  9. lire en ligne sur Gallica