Paul Boccara

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Paul Boccara
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Paul Boccara, né à Tunis[1] et mort le [2], est un économiste et historien français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marxiste, ancien membre du conseil national du Parti communiste français, Paul Boccara est agrégé d'histoire et maître de conférences honoraire en science économique. Il a notamment enseigné à l'université d'Amiens[1].

Conceptions économiques[modifier | modifier le code]

Le capitalisme monopoliste d'État[modifier | modifier le code]

Paul Boccara est le premier à élaborer la théorie du capitalisme monopoliste d'État (CME) en 1966, puis à préciser le concept de la « suraccumulation-dévalorisation » du capital en 1971, concept à partir duquel il développe une analyse des crises cycliques du capitalisme[3]. Dès 1967-1968, il annonce le début d'une longue phase de difficultés du CME, ce sera l'étude d'une nouvelle crise systémique du capitalisme.

La révolution informationnelle[modifier | modifier le code]

Il est également le premier économiste marxiste à développer l'analyse en termes de régulation. Il théorise la notion de « révolution informationnelle ». Ses travaux se développent dès la fin des années 1970, le début des années 1980 autour de la recherche par les salariés de nouveaux critères de gestion des entreprises, afin de sortir de la vision étatiste de nombreux marxistes. Il est le créateur du modèle de « sécurité d'emploi ou de formation », point central des propositions économiques du PCF. Il reste très actif dans la revue Économie et Politique éditée par le PCF.

Il a été rédacteur en chef de la revue trimestrielle Issues : cahier de recherches de la revue Économie et Politique, parue de 1978 à 2000 et dans laquelle ses articles réguliers faisaient apparaître son système théorique, articulant divers champs de recherches. Son approche s'inscrit dans la continuité de Marx, pour actualiser et « dépasser » celui-ci : les travaux de Boccara partent de ce que Marx (notamment dans Le Capital et dans la Contribution à la critique de l'économie politique) a développé mais aussi de ce qu'il n'a fait qu'ébaucher. Ainsi, Marx a montré que la révolution industrielle repose sur l'objectivation et le remplacement de la main de l'homme par la machine-outil ; Boccara a créé le terme de « révolution informationnelle » pour caractériser l'objectivation et le remplacement de certaines opérations du cerveau humain par des machines comme les ordinateurs.

Système économique et système anthroponomique[modifier | modifier le code]

Paul Boccara met en lumière les liens existant entre le système économique du capitalisme et le système anthroponomique du libéralisme. Par le terme « anthroponomie », il désigne les « transformations de la nature humaine, avec les rapports parentaux, les activités productives mais dans leurs effets sur le psychisme et le développement des hommes, les rapports politiques et la culture »[4]. La crise mondiale est une « crise de civilisation », qui concerne à la fois le système économique et le système anthroponomique.[4].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Frédéric Lebaron, « Notice BOCCARA Paul, Abraham », sur maitron-en-ligne.univ-paris1.fr.
  2. « Décès de Paul Boccara. « Il laisse un immense vide mais aussi une œuvre considérable » », sur l'Humanité, (consulté le 26 novembre 2017)
  3. Pierre Ivorra, « Paul Boccara dans les pas de la pensée de Marx », L'Humanité,‎ (lire en ligne).
  4. a et b Pierre Ivorra, « Paul Boccara : une autre civilisation est en gestation », L'Humanité,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]