Paul-Gabriel d'Haussonville

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Paul-Gabriel d’Haussonville
Paul-Gabriel d’Haussonville 1914.jpg
Paul-Gabriel d’Haussonville en 1914.
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Blason des Cléron d'Haussonville

Paul-Gabriel Othenin de Cléron, comte d'Haussonville, né à Gurcy-le-Châtel (Seine-et-Marne) le et mort à Paris le , est un homme politique français, avocat, essayiste et historien de la littérature.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de l'académicien Joseph Othenin d'Haussonville, il épouse en 1865 Pauline d'Harcourt.

En 1871, il siège au centre-droit de l'Assemblée nationale où il représente le département de Seine-et-Marne. Il ne fut pas réélu à la Chambre des Députés mais fut le bras droit de son oncle maternel, le duc de Broglie, lors de la crise du 16 mai 1877.

Son ouvrage intitulé Les Établissements pénitentiaires en France et aux colonies[1] (1875) fut couronné par l'Académie française, où il fut élu le 26 janvier 1888 au fauteuil no 27. En 1894, avec François Coppée, il fut le parrain du romancier Paul Bourget, élu au fauteuil 33. Il est également l'auteur d'un ouvrage de référence sur Le salon de Mme Necker (1882), dont il était le descendant. En 1904, il fut élu à l'Académie des sciences morales et politiques.

En 1891, quand Édouard Bocher démissionna de l'administration des biens de la famille d'Orléans, le comte d'Haussonville fut nommé représentant accrédité du comte de Paris en France[2]. Il chercha à renforcer le parti orléaniste en recrutant parmi la petite noblesse les membres des comités locaux monarchistes. Il créa de nouveaux organes orléanistes et organisa des tournées de conférences pour mettre l'accent sur les principes modernes et démocratiques du comte de Paris. Mais la mort de ce dernier en 1894 anéantit ces efforts.

Il se retire de la vie politique, se préoccupe de questions sociales, collabore à des quotidiens comme Le Gaulois ou Le Figaro. Il demeure royaliste de cœur mais c'est un royaliste modéré et un catholique social et libéral en matière de religion. Il adhère à la Ligue de la patrie française au temps de l'affaire Dreyfus.

Charles Maurras et L'Action française fulminent contre lui à plusieurs occasions. Lorsque le comte déclare en 1900 que la monarchie n'est plus de sa part qu'une « préférence personnelle »[3]. Lorsqu'il affirme en 1905 que l'Église est démocratique dans son organisation en s'en prenant implicitement à l'Action française - Haussonville tente alors de convaincre les catholiques des avantages que l'Eglise pourrait tirer de la future Loi de séparation des Églises et de l'État si elle l'acceptait, avant que le pape ne la condamne: « De leur acceptation franche et résolue des conditions de liberté et d'égalité qui sont celles des sociétés modernes, d'une organisation nouvelle de l'Eglise, au point de vue temporel sur une base démocratique (...), on peut, je crois, (...) espérer à la longue les plus heureux effets » [4]. Lorsque le comte écrit à nouveau que la démocratie est une réalité dont il faut tenir compte[5]. Lorsque Maurras a voulu être candidat à l'Académie française en 1923; d'Haussonville aurait promu contre lui la candidature du républicain de centre-droit Charles Jonnart, élu[6]. L'article nécrologique de Maurras lui rend néanmoins hommage, même s'il déplore encore que « la critique de la démocratie l'étonnait, la critique du libéralisme l'irritait »[7] Maurras y reconnaît que d'Haussonville a voulu voter pour lui en 1923.

À Paris, après 1900, les Haussonville résident rue de Constantine dans le même immeuble que la comtesse Robert de Fitz-James.

Il est inhumé avec son père au cimetière de Gurcy-le-Châtel (77).

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Sainte-Beuve, sa vie et ses œuvres (1875)
  • Les Établissements pénitentiaires en France et aux colonies (1875) Texte en ligne
  • L'Enfance à Paris (1879) [1]
  • Études biographiques et littéraires. George Sand, Prescott, Michelet, Lord Brougham (1879)
  • Le Salon de Madame Necker, d'après des documents tirés des archives de Coppet (1882, 2 vol.)
  • À travers les États-Unis : notes et impressions (1883)
  • La Vie et les salaires à Paris (1883) Texte en ligne
  • Études biographiques et littéraires. Prosper Mérimée, Hugh Elliot (1885)
  • Ma jeunesse, 1814-1830, souvenirs (1885) Texte en ligne
  • Études sociales. Misère et remèdes (1886)
  • Madame de La Fayette (1891) Texte en ligne
  • Mme Ackermann : d'après des lettres et des papiers inédits (1892)
  • Études sociales. Socialisme et charité (1895) Texte en ligne
  • Le Comte de Paris : souvenirs personnels (1895)
  • Lacordaire (1895)
  • La Duchesse de Bourgogne et l’alliance savoyarde sous Louis XIV (1898-1903, 4 vol.) Texte en ligne 1 2 3 4
  • Salaires et misères de femmes (1900)
  • Le Comte de Paris, souvenirs personnels (1901) Texte en ligne
  • Assistance publique et bienfaisance privée (1901)
  • Avec Gabriel Hanotaux, Souvenirs de Mme de Maintenon (1902-1904, 3 vol.)
  • Varia (1904)
  • Mon journal pendant la guerre (1870-1871) (1905) Texte en ligne
  • Après la séparation, suivi du texte de la loi concernant la séparation des Églises et de l'État (1906)
  • À l’Académie française et autour de l’Académie (1907)
  • Le Travail des femmes à domicile (1909)
  • La Baronne de Staël et la duchesse de Duras (1910)
  • Femmes d’autrefois. Hommes d’aujourd’hui (1912) Texte en ligne
  • Paris charitable et bienfaisant (1912) Texte en ligne
  • Ombres françaises et visions anglaises (1913)
  • À Metz (1919)
  • Madame de Staël et Monsieur Necker d'après leur correspondance inédite (1925)
  • Madame de Staël et l'Allemagne (1928)

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. C'est dans cet ouvrage que fut écrite la célèbre phrase : « Au fond d'obscures geôles de province, se cachent parfois des dévouements d'autant plus méritoires, qu'ils n'ont pour eux ni l'attrait des récompenses, ni l'éclat des services rendus ».
  2. Le Gaulois, 26 septembre 1892
  3. Achille Segard, Charles Maurras et les idées royalistes, Fayard, 1919, p. 134
  4. Michael Sutton, Charles Maurras et les catholiques français, 1890-1914: nationalisme et positivisme, Beauchesne, 1994, p. 107, site maurras.net, Charles Maurras, La démocratie religieuse, chap. III, ( reprise de son article de L'Action française du 15 décembre 1905 ), Le Figaro, 29 novembre 1905, Comte d'Haussonville, "Le lendemain de la Séparation"
  5. L'Action française, 30 décembre 1911, "Un débat sur la démocratie"
  6. L'Action française, 15 septembre 1924
  7. L'Action française, 2 septembre 1924, Ch. Maurras, "La politique"