Patro

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Le Patro (anciennement le Patronage) est un mouvement de jeunesse d'inspiration catholique qui existe en France, en Belgique et au Canada.

En Belgique[modifier | modifier le code]

Ancien logo Patro.

Le Patro, reconnu par le Ministère de la communauté française, regroupe 22 000 membres âgés de 4 à 35 ans à travers la Belgique francophone.

Son aile néerlandophone est le Chiro qui compte près de 100 000 affiliés.

Ces enfants et ces jeunes se rassemblent tous les week-ends pour des activités adaptées à leur âge. Ils sont entourés par des animateurs bénévoles qui leur proposent une animation de qualité. Les membres sont appelés les patronnés.

Son objectif guide les actions du patro et de ses jeunes.

"Convaincu que la diversité est une richesse, le patro est un mouvement de jeunesse ouvert à tous et attentif aux plus fragiles. Porté par les jeunes, le patro vise l’épanouissement et le plaisir en proposant des animations de qualité adaptées aux réalités de ses groupes. Guidé par son projet éducatif et en référence à l’action de Jésus, le Patro contribue à la construction personnelle et collective des enfants et des jeunes au sein de la société."[réf. nécessaire]

Le Patro se vit à trois niveaux différents: local, régional, fédéral. Les associations régionales portent le nom de régionales et les associations locales, celui de patros.

Par des activités ludiques, les animateurs inculquent aux enfants et aux jeunes des valeurs comme le respect, la vie de groupe, la solidarité, la créativité, la prise de responsabilités visant à aider les jeunes à devenir des citoyens responsables, actifs, critiques et solidaires (CRACS).

Les patros de Wallonie et de Bruxelles sont réunis au sein de la Fédération nationale des patros. Cette fédération est chargée d'assurer une cohérence entre les patros, les soutenir, défendre leurs intérêts, promouvoir le Patro, offrir des services aux membres et veiller au respect du projet pédagogique, des valeurs patro, de la démocratie à tous les niveaux du mouvement.

Concrètement, cela se traduit par :

  • un soutien humain et logistique ;
  • des outils et des services ;
  • des formations ;
  • un site web et des revues ;
  • un magasin ;
  • une représentation du Patro à l’extérieur et envers le système politique.

Le signe de reconnaissance des membres est le foulard jaune et vert que l’on porte autour du cou lors de chaque activité. Une chemise verte est souvent portée avec plus ou moins de régularité en fonction des patros.

Histoire du Patro en Belgique[modifier | modifier le code]

En mai 1799 apparaît le premier patronage à Marseille. Les enfants pauvres sont patronnés par les enfants riches, c'est pourquoi cette œuvre s'appelle "patronage". Pendant 37 ans, Jean-Joseph Allemand, prêtre, est le moteur infatigable du mouvement. L'Œuvre de la Jeunesse qu'il a fondée fonctionne toujours à Marseille.

En 1850 le patronage saint-Jacques à Gand est le premier patronage en Belgique.

En 1897 on dénombre en Belgique, 513 patronages de garçons et 344 patronages de filles. Certains comptent jusqu'à 400 membres actifs.

À la fin du XIXe siècle, les patros entrent dans l'organisation des paroisses comme une institution indispensable et un complément nécessaire de l'école et du catéchisme.

Après la Première Guerre mondiale, les patros prennent un nouvel essor en Belgique. L'abbé Maucquoy découvre l'œuvre de l'abbé Allemand. Il en étudie la méthode et l'applique dans son patro. Il publie le premier manuel du Patro : une œuvre d'éducation populaire. Le projet d'organisation d'une Fédération nationale des patronages d'expression française est adopté à l'unanimité.

En 1924 est constituée officiellement la Fédération nationale des patronages (FNP) de Belgique dont les statuts paraissent dans le Moniteur belge le 23 avril 1926.

Raoul Delgrange devient le premier président de cette Fédération en 1927.

Dans les années 1930, le patronage devient le Patro, l'idée de patronage des pauvres par les riches ayant petit à petit disparu.

En 1934 l'abbé J.Batstgen publie le chant Dans nos patros.

Entre 1940 et 1945 la Seconde Guerre mondiale oblige les patros à se replier sur eux-mêmes. De nombreux aumôniers et anciens entrent dans la résistance. Les activités reprennent en force en 1945.

Le siège social de l'ASBL qui était à Bruxelles puis à Louvain, est transféré en 1947 au 2 rue de l'Hôpital à Gilly.

La Fédération nationale des patros féminins (FNPF) est créée en 1951.

À partir de 1965 la méthode pédagogique du Patro demeure, mais elle s'applique à des tranches d'âge de plus en plus précises : les benjamins et benjamines (de 6 à 9 ans), les chevaliers et étincelles (de 9 à 12 ans), les conquérants et les alpines (de 12 à 15 ans), les grands et les grandes (+ de 15 ans).

Le 30 avril 1967, le relais-patro à Natoye est inauguré par le roi Baudouin et la reine Fabiola en présence de 30 000 patronné(e)s enthousiastes.

Le 25 août 1976 paraissent au Moniteur belge les statuts des deux ASBL : FNP et FNPF. L'association créée en 1926 continue d'exister.

En 1980 les deux fédérations (FNP et FNPF) sont reconnues comme organisations de jeunesse dans le cadre du décret de la communauté française de Belgique.

À partir de 1995, les enfants de 4 à 6 ans sont désormais accueillis au patro et les jeunes se répartissent en 6-9 ans, 9-12 ans, 12-14 ans, 14-16 ans et plus de 16 ans. Chaque tranche d'âge se voit attribuer un axe pédagogique à développer plus particulièrement.

En 2005 la FNP doit vendre le relais patro de Natoye. Cette décision est prise car ces bâtiments demandent trop de frais d'entretien. De plus, de gros travaux de réparation sont à réaliser.

En septembre 2007, a lieu le lancement de l'action sur 3 ans, Fier en jaune et vert, marquant la volonté de rendre le Patro plus fort et mieux reconnu. Le 14 septembre, est inauguré le centre fédéral des patros qui sort d’une phase de rénovation. Au cours de l’année, les canaux de communications connaissent des avancées considérables. La revue Le Patro à destination de tous les cadres prend des couleurs en passant à la quadrichromie. Le Bouche à oreille succède à la revue Communications et se veut plus complet pour les cadres régionaux. Enfin, le Latitude, revue à destination des ados, laisse place au Patro Grand Journal au look mieux adapté.

Le 16 mai 2009, les assemblées générales des 3 ASBL qui constituent le patro (FNP, FNP, FNP26) se prononcent favorablement à l’entrée dans un processus de leur fusion et approuvent la nouvelle charte du Patro. Le 1er septembre, les dispositions prévues dans la charte prennent effet et le niveau fédéral du patro connaît une restructuration de ses instances et de la gestion du centre fédéral.

Le 8 mai 2010, les fédérations organisent un rassemblement fédéral des patros. Sept mille deux cent patronnés prennent possession du domaine de Chevetogne qui, le temps d’une journée, a l’apparence du royaume imaginaire de Zigoma, où le rire, mêlé au projet pédagogique, guide les patronnés à travers leurs nombreuses aventures. Ce rassemblement est le résultat de 2 années de préparation, de l’investissement de 200 bénévoles et, bien entendu, de la présence de milliers de patronnés fiers en jaune et vert. Le 24 juin, l’assemblée générale de la Fédération nationale des patros féminins pose le dernier acte relatif à la fusion des fédérations. En liquidant leur ASBL, les représentants de la FNP clôturent le processus de fusion et s’unissent à la Fédération nationale des patros.

En 2011, le Patro s’est fixé  2 priorités: Affirme le Patro et Renforce le Patro ainsi qu’une perspective: Modernisons notre objectif.

En 2013, un congrès est organisé afin de réfléchir à une modernisation de l'objectif Patro. Plus de 400 animateurs se sont réunis à Massembre afin de définir les futurs orientations du Mouvement.

En 2013[modifier | modifier le code]

The hAPpy day[modifier | modifier le code]

Le 23 novembre, plus de 97% du Mouvement (animateurs, équipier régional, commissionnaire, etc.) vote en faveur de la proposition de nouvel objectif.

Formation des animateurs[modifier | modifier le code]

Pour pouvoir animer au mieux les enfants dans les meilleurs conditions possibles (de sécurités entre autres), les animateurs suivent une formation s'étalant au minimum sur deux années. La formation se fait en six temps (2 formations régionales, 2 formations fédérales et 2 stages pratiques). Il existe également des formations pour les présidents, les accompagnateurs de stages pratiques, les formateurs, des formations à thèmes, parce qu'au Patro, quand on accède à une fonction, on se forme à cette fonction. La formation permet l'obtention du brevet d'animateur de centre de vacances reconnu par la communauté française.

Au Canada[modifier | modifier le code]

Au Québec, la tradition du patronage s'est transmise au XIXe siècle par le biais de la relation entre les religieux de Saint Vincent de Paul de France et du Québec. Le premier patro apparaît à Québec en 1861; le Patro Saint-Vincent-de-Paul de Québec, où a été érigé quelques années plus tard l'église Saint-Vincent-de-Paul de la Côte d'Abraham (délaissée en 1987 et démolie en 2010). Sont ensuite fondés le Patro de Saint-Hyacinthe en 1905, le Patro de Lévis en 1907, le Patro Le Prevost en 1909 ainsi que le Patro Laval du quartier Saint-Sauveur de Québec en 1915. Plus tard, un à Jonquière, deux à Québec, un à Ottawa et finalement, un dernier en à Fort-Coulonge en Outaouais ouvreront leurs portes. Seuls sont de Saint-Hyacinthe et de Saint-Vincent-de-Paul n'ont pas survécu[1].

Durant les années 1970, les patros québécois s'ouvrent à la laïcisation du loisir, se donnant en ce sens comme mission de favoriser le développement intégral de la personne et la prise en charge du citoyen dans sa communauté à l'aide du loisir, de l'action communautaire et de l'éducation populaire.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Walter Baeten, « Le cardinal Mercier et les patronages en Belgique (1906-1926) », dans Le patronage, ghetto ou vivier ? Actes du colloque des 11 et 12 mars 1987, s. dir. Gérard Cholvy, Paris, Nouvelle cité, 1988, p. 107-119.

Éric Lepage, « La Fédération nationale des patronages », dans Le patronage, ghetto ou vivier ? Actes du colloque des 11 et 12 mars 1987, s. dir. Gérard Cholvy, Paris, 1988, p. 121-143.

Éric Lepage et Françoise Rosart, « ‘Ici on joue et on prie’. La Fédération nationale des patronages, 1921-1940 », dans Entre jeux et enjeux. Mouvements de jeunesse catholiques en Belgique, 1910-1940, s. dir. Françoise Rosart et Thierry Scaillet, Louvain-la-Neuve, Arca - Academia Bruylant, 2002, p. 51-81.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Lucie Fréchette, Les patros d'hier à aujourd'hui (ISBN 2-89251-175-5, lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]