Patrimoine militaire de Caen

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Cet article sur le patrimoine militaire de Caen recense les lieux liés à l'histoire militaire de la ville de Caen.

Les fortifications[modifier | modifier le code]

Plan de Caen daté de 1705

Le premier témoignage historique de l'existence de la ville de Caen est une charte de l’abbaye de la Trinité de Fécamp datant de 1025 qui mentionne des églises, un port, des moulins, un marché et d’autres activités, mais la ville était encore ouverte. Vers 1060-1080, la muraille du château de Caen est construite. La ville s'entoure de murs dès la conquête de l'Angleterre[1]. Constituée en réalité de plusieurs ensembles fortifiés, la ville garda longtemps un développement multipolaire. Les remparts furent démantelés au XVIIIe siècle, mais il demeure quelques vestiges disséminés dans la ville.

Lieux de garnison[modifier | modifier le code]

Jusqu'au XVIIIe siècle, la ville ne disposait pas de lieux fixes pour abriter les garnisons de soldats. En fonction des besoins les soldats étaient logés chez l'habitant, ce qui n'était pas sans provoquer des tensions. Ainsi en 1514, les lansquenets à la solde de Louis XI provoquèrent un soulèvement populaire[2]. On mentionne encore en 1752 l'Auberge de la place royale qui sert épisodiquement de casernement pour les troupes de passage[3]. Enfin depuis le début du XVIIe siècle, les troupes étaient logées dans les loges de la foire quand celles-ci étaient inoccupées[4].

Les premières casernes sont construites en France sous le règne de Louis XIV. À Caen, il faut attendre la régence de Louis XV. Deux autres casernes sont aménagées au XIXe siècle dans des lieux existants et une dernière caserne est construite au début du XXe siècle au sud de la ville.

Caserne Hamelin[modifier | modifier le code]

Caserne Hamelin vers 1910

La première pierre de la caserne de Vaucelles est posée par l’intendant Guynet le [5] dans la partie ouest de la petite île au sud de la porte Millet qui prend plus tard le nom d'île des Casernes. Mais les travaux sont tout de suite interrompus. Les travaux reprennent finalement en 1742[6]. En 1785, on décide d'agrandir la caserne sur des terrains achetés à l'Hôpital général[7] ; Louis XVI en pose la première pierre le [8]. Guillaume-Martin Couture, architecte du roi, mène les travaux avant que l'adjudication ne soit résiliée par arrêt du Conseil le [6]. Après une période d'interruption, les travaux reprennent en 1833 sur des plans différent de ceux dressés à l'origine[6] et l'extension est achevée en 1835[9].

Dans la nuit du , elle est touchée de plein fouet par les bombardements aériens ; dans la soirée du 18 juin, ce qui restait debout est anéanti par les tirs allemands de bombes SD1 et SD2[10]. Les derniers vestiges sont définitivement abattus en 1946[9].

Caserne de la place Fontette[modifier | modifier le code]

En 1773, la ville décide d'aménager dans le pavillon nord à l'entrée de la nouvelle rue Saint-Benoît (rue Guillaume-le-Conquérant) un magasin et une salle d'armes pour le régiment provincial et pour les garde-côtes. En 1777, le Ministère de la Guerre décide de transformer le pavillon en caserne pouvant recevoir 200 hommes afin de mettre l'armée à l'écart de la population mais tout en la maintenant à proximité en cas d'émeute. Les militaires quittent le bâtiment dans la première partie du XIXe siècle[11].

Quartier Lorge[modifier | modifier le code]

Ancienne écurie du quartier Lorge

Après la dispersion des sœurs, l'armée s'installe dans l'ancien couvent de la Visitation de Caen. En 1818, la caserne est transformée en dépôt de remonte. Dans les années 1830, des écuries sont construites dans les anciens jardin surplombant l'ancien monastère.

Caserne Lefèvre[modifier | modifier le code]

Vers 1877, un premier bâtiment de casernement est construit au nord de l'enceinte du château de Caen pour abriter le 36e régiment d'infanterie de ligne. Un nouveau bâtiment est construit pour loger, outre le 36e RI, définitivement fixé à Caen en 1901, un bataillon du 5e RI en 1905 et les compagnies du 129e RI après 1908. Les bâtiments de cantonnement érigés à l'emplacement du donjon sont conçus selon les stéréotypes de l'architecture militaire de l'époque :

  • un rez-de-chaussée avec les lavabos, les cantines et les bureaux des sous-officiers ;
  • deux étages où logent les troupes dans des chambrées de 25-28 hommes ;
  • des combles dans lesquels on installe les réservistes pendant leur période d'instruction ;
  • les niveaux supérieurs étant desservis par quatre escaliers, un par compagnie.

La caserne est occupée par les forces d'occupation allemandes entre 1940 et 1944. Endommagés pendant la bataille de Caen, les bâtiments de la caserne sont détruits lors du réaménagement du château, définitivement remilitarisé à la même époque.

Caserne de Beaulieu[modifier | modifier le code]

Cette caserne était située à la Maladrerie en face de l'entrée de la prison (actuel centre pénitentiaire de Caen).

Quartier Claude Decaen[modifier | modifier le code]

Ancienne caserne Claude Decaen (actuel pôle de vie Rive droite)

Après l'échec d'un premier projet en vue de créer à Caen une école d'artillerie à la fin du XIXe siècle, une caserne d'artillerie est ouverte en 1913-1914 sur un terrain situé sur les hauteurs de Vaucelles au sud du boulevard Leroy[12],[13]. Elle est occupée par le 43e régiment d’artillerie de campagne venant de Rouen[13]. Après la session des terrains à la ville de Caen à la fin des années 1980, une zone d'aménagement concertée est créée afin d'aménager ce secteur et la plupart des bâtiments et le mur d'enceinte sont détruits[14],[15].

Unités[modifier | modifier le code]

Unités militaires ayant été en garnison à Caen :

Références[modifier | modifier le code]

  1. Desert 1981, p. 27
  2. Gervais de La Rue, Mémoires d'antiquités locales et annales militaires, politiques et religieuses de la ville de Caen et de la Basse-Normandie, Caen, Mancel, 1842, vol. 2, p. 353
  3. Georges Besnier, « La garnison de Caen au XVIIIe siècle », Bulletin de la Société des Antiquaires de Normandie, 1948-1951, t.51, p. 296
  4. Gervais de La Rue, Essais historiques sur la ville de Caen et son arrondissement, Poisson, Caen, 1820, p. 181
  5. Journal d’un bourgeois de Caen 1652-1733 [(fr) texte intégral (page consultée le 29 mai 2008)]
  6. a b et c Guillaume-Stanislas Trébutien, Caen, son histoire, ses monuments, son commerce et ses environs, Caen, F. Le Blanc-Hardel, 1870 ; Brionne, le Portulan, Manoir de Saint-Pierre-de-Salerne, 1970, p. 206
  7. Paul Dartiguenave,Michel Nicolle,Albert Robert, Les enfants de Saint-Louis, Turquant, Éditions Cheminements, 2009, p. 70 (ISBN 2-844787-85-1)
  8. Mémorial de Philippe Lamare, secrétaire de dom Gouget, bénédictin de l'abbaye de Fontenay, 1774-1788 : la vie provinciale en Normandie au XVIIIe siècle, Caen, L. Jouan, 1905, p. 176 [lire en ligne]
  9. a et b Collet 1996, p. 53
  10. Caen et la Seconde Guerre mondiale
  11. Georges Bouet, « Analyse architecturale de l'abbaye de Saint-Étienne de Caen (troisième partie) », Bulletin monumental, Société française d'archéologie, Paris, 1834, p. 573 [lire en ligne]
  12. Philippe Lenglart, Le nouveau siècle à Caen, 1870-1914, Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, 1989, pp. 62–63
  13. a b et c « Le 43e rac août 1914 - mars 1918 », sur http://www.verney-grandeguerre.com (consulté le 17 décembre 2016)
  14. « Rive droite : la maison de quartier déménage à la caserne Claude-Decaen » dans Ouest-France, édition de Caen, 31 janvier 2013
  15. Caen dessine son futur / Projet de ville 2000-2010, édition ems Management et société, Caen, 2000, p.83

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christophe Collet, Caen, cité médiévale : bilan d'histoire et d'archéologie, Caen, Caen Archéologie, (ISBN 2951017502)
  • Gabriel Desert (dir.), Histoire de Caen, Privat,

Articles connexes[modifier | modifier le code]