Patrick Michel

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Patrick Michel (né le 25 février 1970 à Saint-Tropez) est un ingénieur français en aéronautique diplômé de l'ESTACA en 1993, Docteur en Astrophysique, Directeur de recherche au CNRS, et responsable du groupe de planétologie du laboratoire Lagrange de l'observatoire de la Côte d'Azur (O.C.A.) (Observatoire de Nice).

Biographie[modifier | modifier le code]

Patrick Michel est spécialiste des astéroïdes qui croisent l'orbite de la Terre et du processus de collisions entre petits corps célestes. Une partie de ses recherches sont consacrées à la formation planétaire, et en particulier à la formation des planétésimaux (précurseurs des planètes) dans les disques protoplanétaires. Il contribue activement à la médiatisation des connaissances dans ces domaines en participant à des émissions télévisées ou radios, en donnant de nombreuses conférences et en rédigeant des articles dans des journaux grand public et des Encyclopédies.

Ses travaux furent notamment les premiers à produire des simulations qui représentent entièrement le processus de destruction d'un astéroïde par collision avec un autre objet, en calculant non seulement la fragmentation de l'astéroïde due à l'impact mais aussi les interactions gravitationnelles des fragments formés et leurs éventuelles réaccumulations. Les simulations numériques de Patrick Michel et ses collaborateurs confirmèrent notamment que les familles d'astéroïdes (une vingtaine de groupes distincts d'objets identifiés dans la région entre Mars et Jupiter) sont chacune le résultat de la destruction d'un corps parent (de taille allant jusqu'à plusieurs centaines de kilomètres de diamètre). Ces travaux ont fait l'objet de publications dans les prestigieux journaux Science (2001)[1] et Nature (2003)[2], et dans les deux cas de la couverture de ces journaux.

Patrick Michel fait partie du comité NEOMAP (Near Earth Object Mission Advisory Panel) de l'Agence spatiale européenne chargé d'émettre des recommandations et d'étudier des concepts de missions spatiales dédiées à l'étude du risque d'un impact d'un corps céleste avec la Terre. Il passe aussi une partie de son temps au Japon pour développer avec l'équipe du Pr. Akiko Nakamura des expériences d'impacts à haute vitesse en laboratoire dans le but d'élaborer une base de donnée permettant de valider les codes numériques de fragmentation.

Patrick Michel est aussi fortement impliqué dans des missions spatiales vers des astéroïdes. Il est notamment coresponsable de l'équipe scientifique formée par l'ESA pour effectuer l'étude de faisabilité de la mission spatiale MarcoPolo-R sélectionnée par le programme Cosmic Vision 2015-2025 de l'Agence spatiale européenne dont l'objectif est de ramener un échantillon d'un astéroïde géocroiseur double primitif. Il est membre des équipes scientifiques OSIRIS-REx de la NASA et Hayabusa 2 de la JAXA, qui ont toutes deux pour but de ramener un échantillon de deux astéroïdes primitifs différents. Il participe aussi au projet de mission appelé AIDA, en collaboration avec le laboratoire américain APL, l'ESA, l'Observatoire de la Côte d'Azur et le DLR Allemand, ayant pour objectif de faire un test de déflection de l'astéroïde secondaire (satellite) d'un astéroïde double.

Patrick Michel a reçu le Prix HP/AMD Jeune Chercheur 2006 de la Société Française d'Astronomie et d'Astrophysique (SF2A) ainsi que la Médaille Carl Sagan 2012 du Département des Sciences Planétaires de l'Union américaine d'astronomie, un Prix d'Excellence international récompensant l'aptitude remarquable d'un chercheur en Sciences Planétaires à communiquer avec le grand public[3]. L'astéroïde (7561) PatrickMichel a été nommé en son honneur par l'Union astronomique internationale en 1999.

Il est Président de la Société Astronomique de Cannes (SACA) qui organise des conférences mensuelles d'Astronomie à Cannes et des observations amateurs, et dont le but est de motiver les jeunes à s'intéresser aux domaines scientifiques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel, P., Benz, W., Tanga, P., Richardson, D.C. 2001. Collisions and Gravitational Reaccumulation: Forming Asteroid Families and Satellites. Science 294, 1696-1700.
  2. Michel, P., Benz, W., Richardson, D.C. 2003. Fragmented parent bodies as the origin of asteroid families. Nature 421, 608-611.
  3. (en) « Division for Planetary Sciences of the American Astronomical Society 2012 Prize Recipients », Union américaine d'astronomie,‎ 2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]