Patrick Andrivet

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Patrick Andrivet
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Patrick Andrivet à Paris en 2015
Naissance
Antony (France)
Décès
Valleraugue (France)
Nationalité Drapeau : France française
Domaines Education, pédagogie
Diplôme Thèse de doctorat d'État : Représentations politiques de l'ancienne Rome en France des débuts de l'âge classique à la Révolution

Patrice Jean Andrivet, dit Patrick Andrivet, né à Antony dans les Hauts-de-Seine le et mort le à Valleraugue dans le Gard, est un auteur et universitaire français. Il fut professeur de littérature française à l'université Paris-VI (campus de Jussieu), actuellement université Pierre-et-Marie-Curie et « dix-huitiémiste » (spécialiste du XVIIIe siècle, notamment de sa littérature). Son père Jean Andrivet était l'un des pionniers du judo français, sa mère Madeleine Mouchet, institutrice puis employée de banque.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jusqu'à l'âge de six ans, c'est sa mère qui se charge de son éducation. Il entre l'année suivante à l'école communale Payret-Dortail de Suresnes (département des Hauts-de-Seine). En septembre 1939, lors de la déclaration de guerre, ses parents décident d'aller s'installer, avec ses deux sœurs (Monique et Michèle), dans un petit village du département de la Sarthe, à Verneil-le-Chétif. De novembre 1939 à janvier 1940, la famille, exceptés son père et son frère ainé Jacques, qui restent à Paris, s'installe chez son grand-père Gaston Mouchet à Saint-Palais-sur-Mer (Charentes-Maritimes) puis à Royan jusqu'à la défaite de l'armée française en juin 1940. À partir de l'occupation par les autorités allemandes, il est décidé de revenir s'installer dans la résidence principale de la famille à Suresnes (département des Hauts-de-Seine) où Patrick Andrivet rentre en classe de CM2, à l'issue de laquelle il obtient son certificat d'études.

Vers cette époque, il participe à un concours de chant pour enfants radiodiffusé sur Radio-Paris.

En octobre 1941, il entre en classe de sixième à l'annexe du lycée Hoche de Versailles, située à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). Accusé d'avoir rédigé un petit journal favorable à la résistance, il est renvoyé du lycée. Il est admis l'année suivante en classe de cinquième au « petit Condorcet », rue d'Amsterdam, à Paris, jusqu'en classe de troisième.

À l'été 1943, il adhère aux auberges de la jeunesse. Il devient « ajiste » et fait la connaissance de Marc Sangnier avec qui, un peu plus tard, il se liera d'amitié.

En mars 1944, faisant suite à l'arrestation des membres au siège de la Ligue des auberges de la jeunesse, boulevard Raspail, il est chargé d'aller prévenir, mais trop tard, Paul Joanny, le trésorier de la Ligue, qui, malade ou empêché, était resté chez lui à la cité-jardin de Suresnes. Celui-ci ne revint jamais des camps de concentration[1].

Atteint par la scarlatine, il est admis en juillet 1944 à l'hôpital Claude-Bernard à Paris, où il demeure quarante jours. Il ne peut, pour cette raison, assister à la Libération de Paris. À la fin de cette même année, sa famille s'installe à Asnières dans les Hauts-de-Seine.

La troupe de théâtre des Mascarilles du lycée Condorcet à Paris dans Le chevalier de l'ardent pilon de Beaumont et Fletcher. Assis, au centre, Patrick Andrivet. Photo Kodak du 26 mai 1945
Le directeur des Mascarilles (Jean Catel) entouré de deux de ses membres (André Prest et Patrick Andrivet) en 1947, croquis de Garcia

En octobre 1944, il rejoint la troupe de théâtre amateur du lycée Condorcet « Les Mascarilles[2] », dirigée par le professeur Jean Catel (1891-1950), et ce, jusqu'en 1950, année de sa dissolution. Durant cette période, Jean Catel, appréciera son investissement ainsi que celui d’André Prest (1925-1994). Sa première apparition en tant que comédien a lieu en décembre 1944 dans des scènes du Livre de Christophe Colomb de Paul Claudel, en présence de l'auteur. Sa dernière apparition a lieu à l'été 1949 pour une reprise de quelques scènes du même Livre de Christophe Colomb donnée à Saint-Michel-de-Cuxa, avec la participation de l'acteur André Var[3].

Il accède au « Grand Condorcet », rue du Havre, à la rentrée scolaire 1945.

En 1946, il fait la connaissance de Rachel (née en 1932), la sœur de son camarade de classe de seconde puis de première, Gabriel Rosselin (né en 1929), lui-même violoniste dans l'orchestre des « Mascarilles » et qui sera plus tard directeur d'unité de recherche à l'INSERM. À l'invitation de la mère de ceux-ci, Jeanne Rosselin, Patrick Andrivet s'installera à la fin de l'été 1947 chez sa future belle-famille pour pouvoir poursuivre ses études.

L'un de ses camarades de classe de terminale est le futur écrivain Jacques Réda. Patrick Andrivet bénéficie, cette année-là, d'une bourse de demi-pension. Puis après avoir obtenu son baccalauréat, il est admis en classe de Lettres supérieures (hypokhâgne) dans ce même lycée Condorcet. La même année, il se lie d'amitié avec Béatrice Lebovici, professeure agrégée et sœur de Serge Lebovici. L'année suivante, lors de son admission en khâgne, au lycée Louis-le-Grand, il bénéficie d'une bourse d'internat complet. Dans cet établissement, il a notamment pour professeur de philosophie Étienne Borne et pour condisciple Michel Serres. Puis, faisant suite à son admissibilité à l'École normale supérieure (rue d'Ulm), il bénéficie d'une bourse de licence pendant trois ans et entreprend ensuite de suivre des études supérieures de lettres. Il passera avec succès le concours d'agrégation de lettres en 1955.

Patrick Andrivet dans les années 1970

Le 23 août 1955, il épouse à Paris, Rachel Szwarc, fille de Jeanne Rosselin[4] et de Herc Szwarc[5] (1897-1944) qui fut, avant guerre, le premier avocat[6] d'Herschel Grynszpan. De cette union naîtront trois enfants : Laurence, Dominique et Silvia.

Il réside ensuite à Conflans-Sainte-Honorine jusqu'à son divorce.

Il obtient son premier poste de professeur au Lycée de Nevers dans la Nièvre. Plus tard, il sera nommé successivement au lycée militaire d'Autun (Saône-et-Loire), au lycée de Fontainebleau (Seine-et-Marne) puis au lycée Honoré-de-Balzac à Paris.

Au cours des années 1960, il adhère au PSU (Parti socialiste unifié). Dans les années 1970, il est candidat dans sa ville de résidence contre Michel Rocard qui a alors rejoint le Parti socialiste.

En 1968, il est nommé chargé de cours à Censier (université Paris III).

Il est nommé professeur de littérature française à l'université Paris-VI (faculté de Jussieu) jusqu'en 1995, année où il prend sa retraite.

En 1993 à Clermont-Ferrand, il soutient avec succès sa thèse de doctorat : Représentations politiques de l'ancienne Rome en France des débuts de l'âge classique à la Révolution.

En 2004, il co-préface le livre écrit par sa cousine Suzanne Maudet, Neuf filles jeunes qui ne voulaient pas mourir, dans lequel celle-ci relate l'histoire de son évasion, en avril 1945, avec huit autres jeunes déportées des camps de concentration.

Il décède le 15 août 2017, entouré de sa compagne Katharine Coit, à Valleraugue (Gard), son village de résidence principale.

Il était l'arrière-petit-fils du pédagogue Jean-François Nicot, le petit-fils du pédagogue Gaston Mouchet, le fils du judoka Jean Andrivet, le neveu du linguiste ethnologue Jean Mouchet, le petit-neveu de l'auteur et pédagogue Pierre Estienne et l'oncle du journaliste et ingénieur médias Jacques Rosselin.

Publications[modifier | modifier le code]

Il est l'auteur notamment d'ouvrages historiques et critiques d'auteurs du siècle des lumières.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Saint-Evremond et l'histoire romaine, édition Paradigme, reliure brochée (1998), collection « Modernités », 346 pages, Format 21 X 15 (ISBN 9782868781840) / (EAN 9782868781840)
  • Représentations politiques de l'ancienne Rome en France des débuts de l'âge classique à la Révolution, thèse de doctorat littérature française Université de Clermont-Ferrand II 1994[7], soutenue en 1993[8], Jean Ehrard directeur de thèse, 1 500 pages, 6 vol. (pagination multiple), ill. : 30 cm + 1 dossier[9].
  • Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence in Œuvres complètes de Montesquieu, volume 2, Weil Françoise, Courtney Cecil P., Andrivet Patrick, Volpilhac-Auger Catherine, Oxford, Voltaire Foundation, 2000, 382 p. (ISBN 0-7294-0634-2)
  • La liberté coupable ou les anciens Romains selon Bossuet, édition Paradigme, collection « Modernités », reliure brochée, 2006, 238 p. Format 21 X 15, (ISBN 2-86878-246-9) / (EAN 9782868782465)
  • « Rome enfin que je hais… »? Orléans, édition Paradigme, collection « Modernités », reliure brochée, 2012, 295 p. Format 21 X 15, (ISBN 978-2-86878-293-9) / (EAN 9782868782939) (Étude sur les différentes vues de Montesquieu concernant les anciens Romains)[10]
  • Correspondance générale de La Beaumelle, Laurent Angliviel de La Beaumelle (1726-1773), tomes II, III, IV, V, VIII, ouvrage collectif, Édition Oxford : The Voltaire Foundation, 2006-2012. Cette édition a reçu le prix de la Fondation Édouard Bonnefous de l'Institut de France en 2013.

Articles, préface[modifier | modifier le code]

Page de couverture de la monographie de Patrick Andrivet
  • Montesquieu et la démographie romaine (1992) (in Actes du Huitième congrès international des Lumières), Oxford, Voltaire Foundation, 1992, vol. 3, p. 1689-1692[10].
  • Montesquieu et Cicéron, de l’enthousiasme à la sagesse (1992) Jean-Louis Jam (dir.), in Éclectisme et cohérences des Lumières. Mélanges offerts à Jean Ehrard, Paris, Nizet, 1992, p. 25-34[10].
  • Vanessa de Sénarclens, Montesquieu historien de Rome, in Revue Montesquieu n°7 (2004)[10]
  • Auguste, in Dictionnaire Montesquieu, sous la direction de Catherine Volpilhac-Auger, ENS de Lyon, septembre 2013[11].
  • Neuf filles jeunes qui ne voulaient pas mourir, de Suzanne Maudet, préface de Patrick Andrivet et Pierre Sauvanet, édition Arléa, collection : Littérature française, mars 2004, 140 pages, dimensions : 12,5 × 20,5 cm, (ISBN 9782869596566)

Autobiographie[modifier | modifier le code]

  • Mémoires d'un petit français sous l'occupation, monographie personnelle, octobre 1996, 71 pages, collection privée
  • Le Temps des Mascarilles, monographie personnelle, février-mars 1997, 96 pages, collection privée

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mémoires d'un petit français sous l'occupation, monographie personnelle, octobre 1996, 71 pages, collection privée.
  2. Le répertoire de cette troupe créée au début des années 1940 et qui comptait principalement des élèves et des anciens élèves du lycée Condorcet, comportait notamment Le livre de Christophe Colomb de Paul Claudel, Le Chevalier du pilon ardent de Francis Beaumont et John Fletcher, Everyman (répertoire élisabéthain), L'Amour médecin, La jalousie du barbouillé, Le Médecin volant de Molière, Amal et la lettre du Roi de Rabindranath Tagore (trad. André Gide), Cyprien ou l'amour à dix-huit ans de Georges Pillement, Les Sept contre Thèbes d'Eschyle, Le Brouillard d'Eugène O'Neill, Le retour de l'enfant prodigue d'André Gide et des chansons mimées allant du Moyen Âge au XXe siècle (notamment Le fiacre de Léon Xanrof).
  3. Le Temps des Mascarilles, monographie personnelle, février-mars 1997, 96 pages, collection privée.
  4. Un jour [vers 1942] où la grand-mère [de Rachel], qui vivait rue Dulong [à Paris] avec sa fille [Jeanne] et ses petits-enfants, avait eu à se rendre à la poste pour en retirer un colis, elle s'était munie du livret de famille de Jeanne Rosselin, et, tout en faisant la queue, feuilletait le livret, sur une page duquel figuraient le nom de Szwarc et le prénom de Rachel, et, sur une autre, l'adresse de la famille. Elle eut brusquement la sensation que quelqu'un derrière elle, par-dessus son épaule, avait lu ces pages et, de retour à la maison, dit son inquiétude à sa fille. Le soir même, à l'heure du dîner, deux hommes vinrent frapper à la porte, qui ne s'étaient pas annoncés. Jeanne fit promptement descendre ses deux enfants par l'escalier de service, qu'on pouvait emprunter à partir de la cuisine, en leur disant d'aller se réfugier chez la concierge. Puis elle ouvrit. L'un des deux hommes lui déclara en substance : « nous croyons savoir que vit ici une certaine Rachel Szwarc, qui fait du marché noir : est-elle là ? » (Rachel n'avait alors guère plus de dix ans). – « Il y a erreur, répondit madame Rosselin. Personne de ce nom n'habite ici. » Croyant sans doute avoir été mal renseignés, ils n'insistèrent pas. On sut après qu'ils avaient préalablement interrogé la concierge, mais qu'elle avait assuré qu'aucune personne du nom de Szwarc n'habitait l'immeuble (in Le Temps des Mascarilles de Patrick Andrivet, page 82).
  5. Herc (Henri) Szwarc est né dans la partie russe de la Pologne dans les toutes dernières années du XIXe siècle [à Grabowiec - District de Krubiaszow - le 22 avril 1897]. Il avait eu de la sympathie pour la révolution bolchevik, mais, vers le milieu des années 1920, il se trouvait en France, étudiant à la fois le droit et les lettres ; il passa un doctorat d'université, à Dijon, et commença à exercer la profession d'avocat. C'est vers 1927-28 qu'il fit, dans une station alpine, la connaissance de Jeanne Rosselin. (...) Herc, plaidant pour des compatriotes réfugiés en France, mais démunis, ne gagnait pas beaucoup d'argent. Il avait de nombreux frères et sœurs demeurés en Pologne, mais l'antisémitisme qui y sévissait alors les poussait à émigrer ; certains venaient en France, passaient voir leur frère, et restaient quelques jours avant de poursuivre leur route, qui, souvent, les mena aux États-Unis. (...) En 1935, sans en avoir informer sa femme, il partit pour le Havre ; de là, montant à bord d'un bateau qui faisait une croisière, par la mer du Nord et la Baltique, il se rendit à Leningrad. Pendant trois mois il ne donna aucune nouvelle (...) De Leningrad il avait gagné Moscou. (...). Dans les années qui suivirent, Herc Szwarc vécut à Paris ; Cela dura jusqu'à la déclaration de guerre. (...) Celui-ci, se réfugia dans le département de l'Ariège, qui fit d'abord partie de la zone non-occupée. (...) Mais, au cours de l'été 1944, le village où il vivait abritant de nombreux résistants, les Allemands y montèrent un beau jour et tuèrent tous les habitants qu'ils rencontrèrent, dont Herc, tandis qu'il cherchait à fuir à travers champs (in Le Temps des Mascarilles de Patrick Andrivet, pages 79 à 81).
  6. in Je m'apelle Herschel Grynszpan de Morgan Poggioli, édition le murmure, page 49
  7. http://www.diffusiontheses.fr/16540-these-de-andrivet-patrick.html
  8. Contenu: Volume 1 : « Rome fut pendant cinq cents ans un miracle continuel... » : une étude sur l'idéalisation des anciens Romains dans les écrits politiques de Jean-Jacques Rousseau (1974) Volume 2 : Théâtre, politique et Antiquité romaine : une étude sur les pièces « romaines » de Pierre Corneille (1982) Volume 3 : Un écrivain « libertin » et l'histoire romaine : une étude des réflexions sur les divers génies du peuple romain dans les divers temps de la République et de quelques autres textes de Saint-Evremond (1985) Volume 4 : La liberté coupable : une étude des chapitres « romains » du « Discours sur l'histoire universelle » de Jacques-Bénigne Bossuet (1988) Volume 5 : « Rome enfin que je hais... » ? : une étude sur les différentes vues de Montesquieu concernant les anciens Romains (1991) Volume 6 : Représentations politiques de l'ancienne Rome en France des débuts de l'âge classique à la Révolution (essai de synthèse) (1993).
  9. Résumé : L'admiration traditionnelle en Occident depuis la Renaissance pour la Rome antique ne se vérifie pas en France, au XVIIe et au XVIIIe, chez de grands écrivains tels que Corneille, Bossuet, Montesquieu, Rousseau, de simples essayistes comme Saint-Évremond, des hommes de la révolution comme Jean-Paul Marat, Maximilien Robespierre. Son paradoxe est prouvé en étudiant les écrits sur Rome de ces auteurs, où sont dénoncés, malgré des préoccupations de style, son désir de domination universelle, ses institutions, la corruption qui la gagne après quelques siècles d'existence, le culte excessif dont elle est l'objet parmi les modernes. Ces études s'accompagnent d'analyse qui mettent en rapport les jugements critiques portés sur Rome et la « politique » implicite ou explicite dont l'œuvre de chacun est porteuse.
  10. a b c et d http://montesquieu.ens-lyon.fr/spip.php?auteur125
  11. http://dictionnaire-montesquieu.ens-lyon.fr/fr/article/1367157734/fr/

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]