Pathé

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Pathé
logo de Pathé
Logo actuel de Pathé
illustration de Pathé
Pathé News North South East West, 1915

Création (122 ans)
Fondateurs Charles Pathé
Émile Pathé
Siège social Paris
Drapeau de France France
Direction Jérôme Seydoux
Eduardo Malone
Activité Production, distribution de films et exploitation de salles de cinéma en France et à l'international
Filiales Pathé Films
Les cinémas Pathé Gaumont
Pathé Live
Effectif 4 210 (2017)[1]
Site web http://www.pathe.com/presentation

Chiffre d’affaires en augmentation 903 millions € (2017)[1]

Pathé ou Pathé Frères est le nom de diverses entreprises françaises de l'industrie cinématographique couvrant production, distribution de films et exploitation de salles de cinéma à travers la filiale Les cinémas Pathé Gaumont. Pathé est également détentrice de réseaux de télévision à travers l'Europe.

L'entreprise, dont le nom est associé à l'histoire du cinéma, a été fondée et gérée en France, à l'origine par les frères Pathé : Charles et Émile Pathé à partir de 1896[2]. Au début des années 1900, Pathé est devenue la plus grande société de production et d'équipement cinématographique au monde, ainsi qu'un important producteur de disques phonographiques. En 1908, Pathé invente le film d'actualités projeté dans les cinémas avant le long métrage.

Pathé est, après Gaumont, la plus ancienne société de cinéma encore en activité dans le monde devançant Universal Studios et Paramount Pictures[3]. Au début du XXIe siècle, Pathé est détenu par Jérôme Seydoux et Gaumont par Nicolas Seydoux, deux frères.

Historique[modifier | modifier le code]

Charles Pathé - 1919.

Né en 1863, Charles Pathé est l'un des premiers à reconnaître le potentiel d'une nouvelle génération d'inventions dans les années 1890 [4].

Construction d'un empire[modifier | modifier le code]

Phonographe et disque[modifier | modifier le code]

Pathé label.

Une nouvelle invention - le phonographe, créé par Thomas Edison - faisait le tour des foires et marchés. Pathé a rapidement reconnu le potentiel du phonographe. Après avoir emprunté 700 francs, Pathé achète son propre phonographe et commence à le présenter sur le marché. En 1895, Pathé ouvre son propre atelier de phonographe. En 1896, les frères Pathé ont des bureaux et des studios d'enregistrement non seulement à Chatou près de Paris, mais aussi à Londres, Milan et Saint-Pétersbourg. Pathé produit des enregistrements sur cylindres jusqu'en 1914 environ[5]. Mais dès 1905, les frères Pathé étaient déjà entrés dans le domaine du disque à lecture par saphir[6] et poursuivront avec les disques vinyls 33/45 et 78 tours[7]. En 1896, Pathé ajoute une autre invention d'Edison, le kinétoscope, qui fait alors apparition sur les foires du pays.

En 1896, Pathé avait convaincu ses frères de se joindre à lui dans son entreprise en pleine croissance, et Pathé Frères était né[4]. Le frère Émile prendrait en charge les opérations phonographiques de la compagnie et Charles Pathé se consacrerait au cinéma. Pathé a été rejoint par Henry Joly qui, avec l'appui de Pathé, a inventé un appareil photo-projecteur dit « chronophotographique », l'un des premiers véritables dispositifs cinématographiques. Malgré une querelle avec Joly, Pathé conservera la machine de ce dernier. À cette époque, les frères Lumière avaient déjà réalisé le premier film - le succès de ce dernier allait encourager Pathé à entrer non seulement dans l'industrie cinématographique, mais aussi dans la distribution de films. Pathé a vite reconnu le potentiel de la location de films, plutôt que la vente. Cette activité amènera plus tard la société à créer ses propres maisons de production cinématographique[8].

Pathé Films[modifier | modifier le code]

La nouvelle forme de divertissement séduit la société parisienne ; mais, après un incendie dévastateur causé par l'équipement de projection, Pathé doit faire face à la ruine financière et est contraint d'accepter le soutien et le capital de l' industriel Claude Grivolas. En 1897, le nom de la société est changé et devient « Compagnie Générale de Cinématographes, Phonographes et Pellicules ». Elle fusionne avec un autre grand fabricant d'équipement cinématographique, Continsouza et Bunzli, mais Pathé a acquis les droits sur la machine de projection Lumière. Pathé améliora rapidement l'appareil et en 1898, il commercialisa son propre projecteur « renforcé », qui allait bientôt s'imposer dans le monde[9].

Equipe de reportage et camion du Pathé Journal en action avenue de l'Opéra en 1932.

Au tournant du siècle, Pathé a fourni non seulement les projecteurs, les caméras et les films, mais aussi son propre stock de films bruts, brisant ainsi le monopole détenu à l'époque par Eastman Kodak. En 1906, l'entreprise établit ses laboratoires cinématographiques à Joinville. L'entreprise s'est également fait un nom dans le monde entier pour ses films, notamment les réalisations de Ferdinand Zecca, Albert Capellani, André Deed, Alice Guy, Victorin Jasset et les Max Linder[10] ou les films d'animations de Segundo de Chomón[11] ; et surtout une innovation Pathé, celle de filmer l'actualité, Le Pathé Journal, premier film d'actualités, qui restera longtemps dans les programmes de cinéma du monde entier. Nombre d'acteurs des studios Pathé deviendront également des stars de renommée mondiale. Entre-temps, la société avait introduit les premiers films en couleur, peints à la main, image par image, dans les laboratoires Pathé[9].

Un studio Pathé dans le New Jersey, mise en scène pour un sujet militaire par le réalisateur H. Handworth.

Des studios de cinéma, à Joinville-le-Pont et à Montreuil[12], vont produire un très grand nombre de films sous le label Pathé ou celui de firmes associées (SCAGL, Le Film d'Art, Comica, etc.). Près de deux cents succursales ou filiales seront créées dans le monde. Celles-ci sont tenues d'acheter l'intégralité de la production des films Pathé et de les diffuser. À titre d'exemple, la première succursale américaine est tenue d'acheter cent copies de chaque film, ce qui suffit à les amortir. La firme Pathé en France substituera à la vente des copies le système de location, malgré les protestations des forains, qui étaient à l'origine leurs principaux clients.

Les frères Pathé encourageront la formation de quatre sociétés qui construiront des salles destinées uniquement à la projection de films cinématographiques. Ces salles, baptisées « Pathé », auront l'exclusivité de la production Pathé qu'elles seront tenues de programmer. Pathé participera au capital de l'une de ces sociétés mais, contrairement à la légende, elle n'acquerra aucune de ces salles.

Associé à la société Continsouza qui conçoit et fabrique, Pathé sera premier dans la production des appareils de prise de vue et de projection professionnels, mais aussi dans une première mouture d'appareils de salon (au format réduit de 28 mm), baptisés Pathé Kok.

C'est à Vincennes que les frères Pathé construiront une usine de fabrication de films vierges qui détrônera en Europe le monopole détenu par l'américain George Eastman.

Vers 1904, Pathé distribue 30 à 50 % des films projetés en Europe et aux États-Unis, mais la création de nombreuses firmes nationales en Suède, en Grande-Bretagne, en Italie et surtout aux États-Unis va entraîner un déclin relatif.

Dans un premier temps, Charles Pathé va s'efforcer de développer ses affaires américaines en y aménageant des studios dans le New Jersey. Il va s'associer pour cela avec le milliardaire Hearst malgré la réputation de germanophile et de francophobe de celui-ci.

Innovations[modifier | modifier le code]

Projecteur Pathé-Baby - 1923.

Dans le monde entier, l'entreprise a mis l'accent sur la recherche, investissant dans des expériences telles que les films colorés à la main et la synchronisation des enregistrements de films et de gramophones. En 1908, Pathé a inventé le film d'actualités qui était projeté dans les salles de cinéma avant le long métrage. Le logo Pathé d'un coq chantant au début de chaque bobine. En 1912, elle a introduit des films et des équipements ininflammables de 28 mm sous la marque Pathescope.

Charles Pathé va créer deux activités. Il imagine en 1922 le Pathé-Baby ou « Cinéma chez soi », appareil de format réduit (sur film 9,5 mm) conçu par Continsouza pour les particuliers et qui connaîtra un succès tel que l'usine Continsouza aura du mal à fournir. Charles Pathé ne veut pas investir des fonds importants dans cette activité. Il va donc créer une « Société du Pathé-Baby » au capital de dix millions de francs dans laquelle il participe à hauteur d'un million de francs. La nouvelle société est tenue d'acheter exclusivement les bandes positives de format réduit à Pathé Cinéma, ce qui représente des rentrées financières appréciables et sans risques.

Dans le même ordre d'idées, Charles Pathé va s'efforcer dès 1923 de promouvoir le Pathé Rural, appareils de projection et films de format réduit (sur film de 17,5 mm) destinés à la petite exploitation rurale et aux salles de patronage et concurrent du film 16 mm qui vient d'apparaître aux États-Unis. Mais comme il n'arrive pas à trouver d'investisseurs, ce projet subit de grands retards. Finalement, Charles Pathé se résigne à le lancer lui-même en 1928.

Gestion[modifier | modifier le code]

Façade du cinéma Pathé avec l'emblème du coq, à Montpellier, construction 1909[13].

En 1918, les frères Pathé se sont convaincus de la suprématie de l'industrie cinématographique américaine et qu'il est illusoire de vouloir s'y opposer. Il s'agit alors de céder dans les meilleures conditions les différentes branches de leur trust.

À cet effet, la branche phonographique et l'usine de Chatou sont détachées de l'ensemble et continueront à fonctionner sous la direction d'Émile Pathé, qui abandonne ainsi toute activité dans la branche cinéma. La société prend le nom de « Société des Machines Parlantes Pathé Frères ».

La branche cinématographique deviendra « Société Pathé Cinéma » et sera animée par Charles Pathé exclusivement.

À remarquer que Charles Pathé a prévu par contrat de percevoir 10 % des sommes reçues pour chaque cession d'une affaire.

En 1920, Charles Pathé va céder à une nouvelle société baptisée « Pathé Consortium Cinéma » (mais dans laquelle Pathé s'est gardé d'investir) les studios de Joinville et l'appareil de distribution. En contrepartie la nouvelle société devra verser une redevance de 10 % de son chiffre d'affaires, ce qu'elle n'arrivera pas à assurer, d'où des litiges incessants.

La même année, Pathé se lance sur le marché américain sous le label « Actuelle ».

En 1923, l'usine de Chatou commence à produire des postes de radio à lampes. Les premiers appareils prennent le nom de Pathéola et le Concordia.

L'année suivante, Émile Pathé crée un autre bâtiment à Chatou pour l'atelier de galvanoplastie.

Charles Pathé va liquider à des conditions que nous connaissons mal les différentes succursales étrangères, notamment la branche américaine baptisée « Pathé Exchange ».

Il va céder à Eastman la prospère usine de films vierges de Vincennes pour la somme de 150 millions de francs. Cette cession sera présentée comme une collaboration entre Eastman et Pathé, puisque la nouvelle société s'appelle « Kodak-Pathé », mais en réalité la quasi-totalité des actions (995 000 sur un million) et le pouvoir sont dévolus au trust américain.

Charles Pathé était le directeur technique, et incontestablement l'animateur des activités prestigieuses de la firme, mais il ne possédait pas un nombre appréciable d'actions qu'il aurait pu céder. Désireux de se retirer, il fait créer en 1928 50 000 actions à vote plural (payées 25 francs) réservées aux cinq membres du conseil d'administration. Ces actions à vote plural permettent théoriquement le contrôle de la Société. En 1929, les cinq membres du conseil d'administration vont vendre pour la somme de cinquante millions de francs les actions qu'ils ont payées un million deux cent cinquante mille francs l'année précédente.

Période Natan[modifier | modifier le code]

Entrée principale de la Fémis à Paris, surplombée de l'enseigne « Pathé » qui a été conservée.

L'acquéreur, Natan Tanenzapf dit Bernard Natan, est peu connu du grand public. Il avait fondé dès 1910 la société cinématographique Ciné-actualités puis Rapid-film, entreprise de tirages de films, qui vont connaître une expansion constante. Il avait fait construire dans les locaux de la rue Francœur deux studios ultramodernes et s'était mis à produire des films sous le nom de Productions Natan.

Bernard Natan, passionné par le cinéma, s'efforce de reconstituer l'empire Pathé démantelé. Il acquiert un circuit de plus de soixante salles en France et en Belgique auxquelles il associe une centaine de salles qui, selon Charles Pathé, furent la source initiale de pertes importantes. Il rachète, à Sapène, la société Cinéromans, ce qui lui apporte les sept studios de Joinville et l'appareil de distribution de Pathé Consortium. Il fait construire à Joinville deux nouveaux studios, ce qui, joint aux deux studios de la rue Francoeur, lui permet de reprendre la production et la distribution de films. Il relance la production de films maintenant parlants. Pour cela il acquiert le procédé de sonorisation de RKO Pictures dont il devient le distributeur en France. Il produit ou coproduit plus de cent films entre la fin 1929 et 1935 : Les Croix de bois, Les Misérables, Le Roi des resquilleurs, Amok, L'Équipage, La Croisière jaune (avec André Citroën), etc.

Bernard Natan développe le Pathé Rural, qui deviendra également parlant, la production de films éducatifs et s'efforce d'être présent dans tous les domaines de l'industrie cinématographique : il acquiert les brevets Baird de télévision et ceux du professeur Henri Chrétien (l'hypergonar, futur cinemaScope). Il achète aussi la station de Radio Vitus-Ile de France. Il relance le Pathé Journal, créé en 1908 par Pathé et abandonné en 1926 comme peu rentable. Pathé Journal deviendra parlant[14].

En dix-huit mois, Pathé Cinéma devenu Pathé Natan, devient la plus importante firme cinématographique française, loin devant la GFFA (née de la fusion de Gaumont, Aubert Franco Film et Continsouza).

Pour financer ces réalisations, Bernard Natan est amené à accepter le concours des banques Conti-Gancel et surtout Bauer & Marchal. Il sera amené à augmenter considérablement le capital de la Société qui passera de 54 millions à 160 millions (dont cinquante ne seront jamais souscrites malgré les promesses des banquiers). Il crée, pour financer l'acquisition des salles, cent millions d'obligations (là aussi, il n'y en aura que cinquante millions de souscrites).

La crise économique, qui ne commencera en France qu'en 1932 et la suprématie des films américains entraîneront la déconfiture de la plupart des sociétés cinématographiques françaises, en premier lieu la GFFA, en faillite dès 1934 avec 300 millions de passif, mais aussi de Osso, Haïk, etc. La société américaine Paramount Pictures qui avait créé à Saint-Maurice (Val-de-Marne) de splendides studios destinés à produire des films dans les différentes langues européennes va cesser son activité avec 200 millions de pertes.

Pathé Natan résiste mais subit les contrecoups de la crise, aggravés par une campagne de presse qui débutera dès 1931, campagne de presse violemment xénophobe puis antisémite à partir de 1934. Certains prétendent que ces campagnes sont organisées par un syndicat de banquiers et industriels qui désirent acquérir les actifs de Pathé mais aussi de GFFA.

Le syndicat de défense des actionnaires de Pathé Cinéma créé par Dirler et relayé par le journal Le Jour (de Léon Bailby) va entretenir un climat délétère qui entraînera la chute du cours des actions. Finalement un expert est nommé en 1935 par le tribunal de Commerce de Paris. Celui-ci s'empressera de déclarer que la Société de gérance des Établissements Pathé (qui possède les salles de cinéma) ne peut pas régler les annuités des obligations, qu'elle est en conséquence déclarée en faillite et par extension la Société Pathé Cinéma qui est caution. Cette décision prononcée le sera confirmée en appel le . L'arrêt précise que la société est hors d'état d'apurer son passif colossal.

En réalité, l'activité de la Société se poursuit normalement (en dehors de la production de films qu'une société déclarée en faillite n'a pas le droit d'assumer). Au bout de deux ans, les syndics publient leur rapport d'activités : ils précisent qu'ils ont pu continuer l'activité sans aucun appel de fonds extérieurs et que les résultats des deux ans d'activités sont bénéficiaires. Les syndics se défaussent alors sur la Société générale de cinématographie, créée en octobre 1939, qui deviendra le la Société d'exploitation des Établissements Pathé Cinéma. Cette Société qui reprend les actifs est animée par un syndicat de repreneurs constitué par la Société Thomson-Houston Electric Company, la Compagnie des compteurs, le groupe électrique Mercier, la société Pechiney, etc.

Celui-ci va se trouver opposé au groupe constitué par Dirler qui a réussi à rassembler un grand nombre de pouvoirs de petits actionnaires. Le syndicat repreneur est soutenu par le gouvernement de Vichy qui craint la mainmise des occupants si le contentieux s'éternise. Le gouvernement de Vichy va même offrir sans aucune contrepartie 125 000 actions Pathé, extorqués au banquier suédois Aschberg au groupe qui a ses préférences.

Finalement une solution est trouvée. Une nouvelle expertise indique que l'actif est supérieur au passif et que par conséquent la société se retrouve in bonis après avoir réglé le passif avec les indemnités de retard. Une nouvelle société baptisée « Société nouvelle Pathé Cinéma » est créée qui récupérera les actifs. Cette société est dirigée par Adrien Rémaugé, un employé de la Société Thomson-Houston Electric Company, mais les autres membres du Conseil d'administration sont aussi des employés des différents repreneurs[15].

Bernard Natan et son frère Émile Natan avaient repris dès 1936 sur des bases plus modestes leurs activités dans l'industrie cinématographique. Émile Natan a créé la Société les Films modernes qui produit deux films par an en moyenne (Le Roi, Mayerling, etc.). Bernard Natan a acquis la gérance des anciens studios Paramount de Saint-Maurice et assume la coproduction des films tournés dans ces studios. Fin décembre 1938, Bernard Natan est arrêté. Immédiatement une campagne de presse de la presse de droite, mais aussi d'information, stigmatise l'« évadé des ghettos » qui a ruiné l'entreprise créée par de « bons français ». Il est condamné à quatre ans de prison, porté à cinq ans en appel, c’est-à-dire au maximum prévu par la loi. On annonce un nouveau procès qui pourra enfin révéler les détournements fantastiques effectués par lui et qui aurait ruiné une société prospère. Ce procès aura effectivement lieu sous l'Occupation et donnera lieu à une nouvelle campagne de calomnies et d'affirmations que rien ne vient étayer. Bernard Natan sera déchu de la nationalité française, ce qui facilitera sa livraison aux allemands qui le déporteront à Auschwitz le . Il y mourra, vraisemblablement en octobre 1942[16].

Société nouvelle[modifier | modifier le code]

Les années d'après guerre[modifier | modifier le code]

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le marché mondial du cinéma avait radicalement changé. L'industrie cinématographique française a vu ses installations dévastées et ses marchés restreints. Entre-temps, Hollywood - où de nombreux professionnels européens du cinéma avaient fui pour échapper aux nazis - s'était imposé avec succès comme le premier centre mondial de production cinématographique, position qu'il conservera jusqu'à la fin du siècle.

Pathé lui-même ne retrouvera jamais tout à fait sa position de force motrice dans le développement cinématographique et phonographique. Néanmoins, la société continue à jouer un rôle de premier plan dans le cinéma français notamment avec le film Les Enfants du paradis sort en 1945. Si le cinéma français ne pouvait rivaliser avec Hollywood en termes de box-office, il a néanmoins connu un renouveau dans les années 1950 et 1960, apportant une renommée internationale à une génération de réalisateurs, d'acteurs et de films de la Nouvelle Vague. 1960 voit la sortie de La dolce vita. Pathé, quant à lui, attirait les intérêts financiers du Groupe Rivaud, qui a réussi à prendre le contrôle majoritaire de l'entreprise à la fin des années 1960.

La distribution de films devenait également de plus en plus importante pour les revenus de Pathé. Au milieu des années 1960, le seul véritable rival national de l'entreprise était Gaumont, un autre pionnier du cinéma. Les deux compagnies mettraient fin à cette rivalité avant la fin de la décennie en formant une alliance de distribution pour la direction des 250 cinémas combinés des deux compagnies. Cette alliance, sous la forme d'un « groupement d'intérêts économiques » (GIE) donnerait à Pathé et Gaumont un monopole de fait sur les écrans français : en 1974, le GIE Pathé-Gaumont exploitait près de 450 écrans de cinéma, un nombre qui dépasserait les 600 avant la fin de la décennie. A cette époque, un nouveau nom était apparu sur la scène cinématographique française : Nicolas Seydoux, l'un des héritiers de la fortune familiale Schlumberger, avait réussi à prendre le contrôle majoritaire de Gaumont[9].

Les années 70[modifier | modifier le code]

Au fil des années, l'activité de la Société nouvelle connaît de nombreux changements dont la production de programmes pour l'industrie florissante de la télévision. Pendant les années 1970, l'exploitation des salles de cinéma remplace la production de films en tant que principale source de revenus. Lorsque l'activité tombe sous le contrôle de Giancarlo Parretti et Max Théret, celui-ci installe Pierre Vercel à la direction. Propriétaire des studios américains Cannon, il les renomme Pathé Communications Corporation (PCC) alors qu'il n'y a pas de lien entre ces deux sociétés. C'est via PCC et non Pathé qu'il achètera MGM/UA à Kirk Kerkorian, le tout entièrement financé par le Crédit lyonnais de Rotterdam (CLBN), qu'il ne remboursera jamais.

Retour aux sources à partir des années 1990[modifier | modifier le code]

Cinéma Pathé Tuschinski à Amsterdam.

En 1990, Chargeurs[9], un conglomérat français dirigé par Jérôme Seydoux, antérieurement dirigeant de Schlumberger, prend le contrôle de la société. Pathé, bénéficiant du partenariat déjà noué par Jérôme Seydoux avec Claude Berri, voit son activité de production de films relancée. En juin 1999, Pathé fusionne avec Vivendi, le ratio d'échange pour la fusion étant fixé à trois actions Vivendi pour deux actions Pathé[17],[18]. À la suite de la conclusion de la fusion, Vivendi conserve les intérêts de Pathé dans British Sky Broadcasting (BSkyB) et Canalsat mais revend tous les actifs restants à Fornier SA, l'entreprise change alors son nom pour Pathé[19].

Activités[modifier | modifier le code]

Pathé Multiplexe - Dietlikon.
  • La production de films.
  • La distribution en salle et en vidéo, avec les cinémas Pathé Gaumont dont certains en IMAX laser[20].
  • La restauration de films anciens[21].
  • La vente à l'international.
  • La gestion d'un catalogue de plus de 800 longs métrages.
  • L'exploitation de salles de cinéma et Multiplexe : 773 écrans pour 69 cinémas en France, 216 écrans pour 28 cinémas aux Pays-Bas, 73 écrans pour 9 cinémas en Suisse, 29 écrans pour 5 cinémas en Belgique (2017).
  • La diffusion de programmes d'opéra, théâtre, danse ou musique en live dans les cinémas avec Pathé Live.
  • La gestion de OL Groupe, grand acteur du sport et du divertissement en France. Pathé en est actionnaire depuis 1999[9].

Télévision[modifier | modifier le code]

Au début des années 2000, le groupe possédait plusieurs chaînes de télévisions françaises généralistes ou thématiques :

  • Comédie ! : en 2003, le groupe rachète entièrement la chaîne puis la vend au Groupe Canal+ (via MultiThématiques) à la fin de l'année 2004 ;
  • Cuisine.tv : le groupe crée avec RF2K la chaîne en 2001 et la cède en[Quand ?] au Groupe Canal+ (via MultiThématiques) ;
  • Histoire : lors de la création de la chaîne en 1997, le groupe possède 30 % des parts de participation de la chaîne. Elle les cédera à la fin de l'année 2004 au Groupe TF1 ;
  • Pathé Sport : en 1998, le groupe achète la chaîne AB Sports appartenant au Groupe AB et la renomme. Elle sera vendue en 2002 au Groupe Canal+ pour devenir Sport+ ;
  • TMC : en 2002, le groupe prend les 80 % des parts de participation du Groupe Canal+ puis les vend en 2004 au Groupe TF1 et à AB Groupe ;
  • Voyage : le groupe achète la chaîne en mai 1997 et la vend en 2004 à Fox International Channels.

Conseil de directio[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Pathé présentation
  2. Encyclopédie Universalis
  3. (en) Richard Abel, The ciné goes to town : French cinema, 1896-1914, University of California Press, , 568 p. (ISBN 0-520-07935-3 et 0-520-07936-1, notice BnF no FRBNF37670382, lire en ligne), p. 10.
  4. a et b Jacques Kermabon, Pathé : premier empire du cinéma, Centre Georges Pompidou, , p. 48.
  5. (en)Grove Music online
  6. (en)Museum of obsolete media , Pathé vertical-cut disc record (1905 – 1932)
  7. (en)Smithonian archives, Trade catalogs from Pathé Frères SA
  8. Jacques Kermabon, op. cit., p. 49
  9. a b c d et e (en)Funding Universe, Pathé SA History
  10. V'la l'cinéma ou le roman de Charles Pathé (1995 TV Movie) de Jacques Rouffio avec Jean Gruault et Jacqueline Lefèvre
  11. (it)Breve historia del cinema sur Altervista.org]
  12. (en)Who's who of Victorian cinema, article de Henri Bousquet, Charles Morand Pathé, French producer, manufacturer
  13. Ministère de la Culture, Monument historique inscription par arrêté du 9 avril 1996
  14. Lips.org, André Rossel-Kirschen : Bernard NATAN Biographie
  15. André Rossel-Kirschen, « Charles Pathé et son bouc émissaire : Bernard Natan », 1895, Mille huit cent quatre-vingt-quinze, revue d'histoire du cinéma, no 55,‎ , p. 155-168 (lire en ligne).
  16. (en) Pamela Hutchinson, In need of rehabilitation: Bernard Natan, the Holocaust victim who saved France's film industry, The Guardian International, .
  17. (en)Wall street Journal, Vivendi, Canal Plus Unit Raise Stake in Pathe to Nearly 20%, By Amy BarrettStaff Reporter of The Wall Street Journal, janvier. 26, 1999
  18. (en)New Yok times, John Taggliabue, Vivendi to Acquire Pathe, France's Largest Producer of Films, 1999
  19. (en) Variety, "Vivendi nabs sat stakes for Pathe merger"- 1999
  20. (en)Prnewswire, IMAX® With Laser Expands Across Europe As Les Cinémas Pathé Gaumont Commits To 20 Systems, juillet 2018
  21. Le Figaro, Une seconde vie pour les classiques du 7e art,  Emmanuèle Frois et Claire Bommelaer, 29/11/2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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