'Pataphysique

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Diplôme du collège de 'Pataphysique de Boris Vian, le 22 Palotin 80 ().

La ’Pataphysique est une parodie de science qui apparaît dans Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien, livre écrit par Alfred Jarry en 1897-1898. Elle est alors définie comme la « science des solutions imaginaires qui accorde symboliquement aux linéaments[1] les propriétés des objets décrits par leur virtualité »[2]. L'ouvrage se conclut ainsi : « La Pataphysique est la science... »[3].

Elle doit sa postérité au Collège de 'Pataphysique, un collectif formé en 1948 par des artistes et écrivains parmi lesquels Marcel Duchamp, Joan Miró et Eugène Ionesco[4] en hommage à Alfred Jarry. Après une période de cessation de ses activités publiques (« Occultation ») à partir de 1975, il a été réactivé en 2000.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Littéralement ’pataphysique (contraction du pseudo-grec τὰ ἐπὶ τὰ μεταφυσικάtà epì tà metàphusiká – d'après le titre « τὰ μετὰ τὰ φυσικά » – « tà metà tà phusiká » – de l'œuvre la Métaphysique d'Aristote[5]) signifie « ce qui est sur la métaphysique », c’est-à-dire « ce qui est sur ce qui est après la physique » parce que le titre de l'œuvre la Métaphysique signifiait à l'origine « ce qui est (écrit) après (l'œuvre) la Physique ».

Jarry indique que l’apostrophe précédant le nom sert à « éviter un facile calembour »[6], mais ce peut être un commentaire humoristique dans la tradition de cette philosophie, puisque le terme ’pataphysique est lui-même un calembour (paronyme) de métaphysique. Étant donné que l'apostrophe n'influence ni le sens ni la prononciation de ’Pataphysique, ce terme a pu être créé pour spécifiquement rappeler des calembours divers. Ces calembours comprennent patte à physique, pas ta physique, et pâte à physique.

Par ailleurs, l'apostrophe est aussi utilisée pour différencier le substantif ’Pataphysique de l'adjectif qui s'y rapporte pataphysique.

En outre, Jarry fait remonter l’origine de cette science à « Ibicrate le Géomètre » et « Sophrotatos l’Arménien »[7], deux penseurs grecs fictifs.

Institution[modifier | modifier le code]

Véritable Portrait de Monsieur Ubu.
Dessin d'Alfred Jarry.

« Société de recherches savantes et inutiles », le Collège de 'Pataphysique, fondé en 1948, publie une revue, Viridis Candela (La Chandelle verte en latin), qui comporte diverses séries. Y sont parus, entre autres, les premiers textes de Ionesco, de nombreux inédits de Vian, Jarry ou Julien Torma et les premiers travaux de l’Oulipo.

Les trois premières séries de la revue correspondent au Collège des fondateurs. On distingue :

  • Cahiers du Collège de ’Pataphysique, numéros 1 à 28 ( à ) ;
  • Dossiers du Collège de ’Pataphysique, numéros 1 à 28 ( à ) ;
  • Subsidia pataphysica (Soutiens pataphysiques) numéros 1 à 28 ( à ).

De 1975 à 2000, le Collège est « occulté ». Une organisation transitoire, le Cymbalum Pataphysicum, publie les trois séries suivantes :

  • Organographes du Cymbalum Pataphysicum, numéros 1 à 28 (oct. 1975 à ) ;
  • Monitoires du Cymbalum Pataphysicum, numéros 1 à 28 ( à ) ;
  • L'Expectateur, numéros 28 à 1 (qui sont aussi les 29 à 56 des Monitoires) ( à ).

Depuis l'an 2000, le Collège est désocculté et publie :

  • Carnets trimestriels du Collège de ’Pataphysique, numéros 1 à 28 ( à ) ;
  • Le Correspondancier du Collège de ’Pataphysique, numéros 1 à 28 ( à ).
  • Le Publicateur du Collège de ’Pataphysique (depuis ).

Les membres du Collège de ’Pataphysique reçoivent chaque année quatre numéros des Viridis Candela et en outre, deux publications internes hors commerce, qui peuvent prendre les formes les plus variées. Le Collège a d'autre part publié divers ouvrages, et en particulier :

  • Les Très Riches Heures du Collège de ’Pataphysique compilées par Thieri Foulc (Fayard, 2000, 141 pages) ;
  • Le Cercle des Pataphysiciens (Mille et une nuits, 2008, 128 pages) ;
  • Alfred Jarry : Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien édition fortement commentée (Éditions de la Différence, 2010, 493 pages) ;
  • Jarry en ymages, ouvrage coordonné par Thieri Foulc (Le promeneur, Gallimard, 2011, 188 pages).

Le Collège a essaimé en de nombreux instituts étrangers (argentin, milanais, limbourgeois, germain, suédois, londonien, hispanique, napolitain, batave, chinois, québécois, américain…).

Divers[modifier | modifier le code]

  • Un auteur américain, Pablo Lopez, a également créé une addition à la science appelée la pataphore (notamment dans Closet ’Pataphysics, 1990 et Pataphors, Université de Hollins, 1994).
  • Un Alumnat de 'Pantaphysique a connu une existence éphémère au début des années 1970 avec quelques publications remarquées[réf. nécessaire].
  • Dans la chanson des Beatles Maxwell's Silver Hammer, la ’pataphysique est citée par Paul McCartney, qui s'est déclaré admirateur d'Alfred Jarry.
  • Sur l'album Volume Two du groupe britannique Soft Machine sont présentes deux chansons intitulées Pataphysical Introduction No. 1 et Pataphysical Introduction No. 2.
  • Gilles Deleuze (notamment dans Critique et clinique et L’Île Déserte) développe l’idée qu'en créant la ’pataphysique Jarry a ouvert la voie à la phénoménologie.
  • Dans leur chanson Hater's Killah, Stupeflip décrivent dans le refrain leur façon de penser et leur musique comme « un truc pataphysique »[8]
  • En Suisse, Centre helvétique de recherches périphéroscopiques, Oleyres[9].
  • Au Québec, l'Académie québécoise de 'Pataphysique a été créée par Line McMurray en 1989 à la suite de sa rencontre avec Ionesco. Elle semble avoir été réactivée en 2013. Un livre a été publié en 2017[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Premiers traits caractéristiques d’une chose, d’un processus en développement.
  2. Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien, Livre II, chapitre VIII.
  3. Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien, Livre VIII, chapitre XLI.
  4. « An introduction to 'Pataphysics », The Guardian,
  5. http://dictionary.reference.com/browse/pataphysics?r=66
  6. cf. Alfred Jarry, Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien, Gallimard, 1980, Livre II Éléments de ’pataphysique, Définition VIII, p. 31.
  7. Alfred Jarry, Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien, livre VIII, XXXIX, lire en ligne.
  8. Stupeflip Officiel, « Stupeflip - Hater's Killah », (consulté le )
  9. Référence BNF [1].
  10. « Potential Architecture Books | PAC002 – Pléiade de lieux » (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]