Patagonia (entreprise)
| Patagonia | |
Logo de Patagonia | |
| Création | |
|---|---|
| Fondateurs | Yvon Chouinard |
| Forme juridique | Benefit corporation[1] |
| Siège social | Ventura, Californie |
| Direction | Kris Tompkins[2],[3] |
| Activité | Commerce de détail |
| Produits | Vêtement d'extérieur (en), vêtement de sport, vêtement et équipement de plein air (d) |
| Effectif | 3 650 (2022)[4] |
| Site web | www.patagonia.com eu.patagonia.com/gb/en eu.patagonia.com www.patagonia.com/mx eu.patagonia.com/nl/en/home |
| Chiffre d'affaires | 1.5Milliard d'euros (2023) |
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Patagonia est une entreprise californienne spécialisée dans les vêtements techniques destinés aux sports de montagne et de surf, fondée par Yvon Chouinard[5] en . Au fil des années, Patagonia a développé une approche axée sur le développement durable et la protection de l’environnement. Elle met en avant des engagements liés à la lutte contre la crise environnementale, à la responsabilité sociale et à la gouvernance d'entreprise[6]. La doctrine de Patagonia repose sur des principes de durabilité, d'éthique et de responsabilité sociale, et est présentée comme ayant influencé l'industrie de la mode et les pratiques des entreprises en matière environnementale. L'objectif affiché par Patagonia est « de faire partie de la solution au lieu de participer au problème »[7].
L'entreprise revendique un engagement éthique et écologique, et indique reverser 1% de son chiffre d'affaires à des organisations non gouvernementales oeuvrant pour la protection de l'environnement, tout en promouvant le recyclage des produits qu'elle commercialise[8]. Ses produits s'inscrivent dans une démarche d'éco-conception, utilisant des matières ou technologies prétendument respectueuses de l'environnement telles que le coton biologique[9], ou des chlorofibres[10].
Histoire
[modifier | modifier le code]En , Yvon Chouinard, alpiniste américain, commence à fabriquer son propre matériel d'escalade dans l’arrière-cour de la maison de ses parents à Burbank, près de Los Angeles, estimant que les pitons disponibles sur le marché ne sont pas suffisamment résistants. Il produit et vend des pitons et mousquetons en acier réutilisables qu'il commercialise directement depuis sa voiture[11].
En , il s’associe avec Tom Frost, grimpeur et ingénieur en aéronautique afin de développer une production à plus grande échelle. Il ouvre son premier magasin, Great Pacific Iron Works, dans la cité balnéaire de Ventura en Californie[12]. Dans les années 1970, la société Chouinard Equipment devient l'un des principaux fournisseurs de matériel d’escalade aux États-Unis. En , elle décide de remplacer dans son catalogue les pitons, jugés nuisibles pour les parois rocheuses par des coinceurs en aluminium, contribuant à la promotion de la « grimpe propre »[13]. La même année, la société élargit son offre à propose des articles et vêtements d’extérieur solides (anoraks, sacs de bivouac, gants, bonnets ) et adopte en le nom de Patagonia[14]. Ce choix de nom est inspiré de la région de la Patagonie, endroit prisé pour les sports de plein air et région coup de coeur du fondateur de la compagnie, Yvon Chouinard[7].
En , elle commence à utiliser du tissu d'ameublement pour fabriquer des vestes en polaire synthétique puis développe un sous-vêtement en polypropylène en [15].
En , l'entreprise décide de consacrer chaque année une part de ses bénéfices à des actions environnementale, d'abord à hauteur de 10%, puis sous la forme d'un engagement à verser 1 % de son chiffre d'affaires ou 10 % de ses bénéfices avant impôts, dans le cadre du programme « 1 % pour la planète »[4],[16]. Patagonia Europe est fondée en 1987[13].
En , la société lance une campagne nationale en faveur d'un projet de désurbanisation de la vallée de Yosemite, en Californie[17]. Un incident lié à l'évaporation de formaldéhyde dans sa boutique de Boston conduit l'entreprise à renforcer le contrôle de sa chaîne de production[18].
En , Patagonia met en place un programme d'étude de l'impact environnemental de ses produits et adopte progressivement le coton biologique en remplacement du coton conventionnel[13]. En 1993, l'entreprise commence à produire du tissu polaire à partir de bouteilles en plastique recyclées[19]. En 2007, elle met à disposition de ses clients et partenaires le Footprint Chronicles, un outil en ligne qui permet aux internautes de voir l’impact environnemental de ses fournisseurs[20],[21].
En , Patagonia publie dans le New-York Times une publicité intitulée : « Don’t buy this jacket » (« N'achetez pas cette veste »), également reprise sur son site internet, pour inciter à réfléchir sur l'hyper-consommation[22]. La même année, l'entreprise obtient la certification B Corp[4].
En , l'association internationale de protection animale Quatre Pattes critique Patagonia pour l'utilisation de duvet provenant d'oies gavées et plumés à vif dans ses vêtements[23]. Patagonia conteste l'usage de duvet issu d'oiseaux plumés à vif, mais reconnaît s'être fournie auprès de l’industrie du foie gras. A partir de 2013, l'entreprise annonce avoir mis en place une filière contrôlée excluant le gavage et le plumage à vif. La même année, Patagonia lance un premier produit alimentaire, le saumon sauvage séché, et modifie ses statuts afin de devenir une benefit corporation[13].
En 2017, Patagonia engage un recours contre l'administration du président Donald Trump à la suite de la décision fédérale de réduire la taille des monuments nationaux Bears Ears National Monument et Grand Staircase-Escalante National Monument, situés dans l'Utah. L'entreprise estime que cette mesure compromet la protection de ces zones naturelles[24].
Dans le but d'assurer la pérennité de l'entreprise, le projet « Chacabuco » est lancé[25]. Ce projet a pour objectif de trouver des solutions garantissant la continuité de la mission de la compagnie après le départ d'Yvon Chouinard[26]. En , la famille Chouinard transfère la totalité de la propriété de Patagonia, évaluée à environ 3 milliards de dollars, à un trust et à une organisation à but non lucratif, la « Patagonia Purpose trust » et la « Holdfast Collective »[4],[27],[28]. Cette restructuration vise à garantir un modèle d’exploitation durable et éthique à long terme[29],[30].
Controverse
[modifier | modifier le code]En juin 2023, une enquête du média indépendant « Follow the Money »[31] met en évidence que certains produits vendus par la marque Patagonia sont fabriqués dans des usines sri-lankaises également sous-traitantes des marques Primark et Zara[32]. L'enquête signale plusieurs manquements au sein de ces sites de production, notamment une durée hebdomadaire de travail jugée excessive, des situations de harcèlement et une rémunération insuffisante[33].
Dans son droit de réponse, Patagonia indique procéder à un audit régulier de ses fournisseurs afin de contrôler le respect de ses standards sociaux[34].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « https://www.patagonia.com/on/demandware.static/-/Library-Sites-PatagoniaShared/default/dw2bac267c/PDF-US/annual_report_2013-REV-100125.pdf »
- ↑ (en) « How the former CEO of Patagonia clothing is saving one of the world's most beautiful regions »
- ↑ (en) « Former Patagonia CEO: Quit talking about ‘sustainability’ »
- L.C., « Patagonia fait bouger les lignes du capitalisme », Challenges, no 755, , p. 49 (ISSN 0751-4417)
- ↑ Valérie Lion, « Le monde idéal de "M. Patagonia" », sur L'Express,
- ↑ Hélène Teulon, « Patagonia, le succès avec ou malgré le développement durable », revue scientifique, (lire en ligne)
- « Yvon Chouinard - Patagonia: Growing the Sustainable Company » (consulté le )
- ↑ Paul Molga, « Patagonia appelle à une consommation modérée de ses produits »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur Les Échos,
- ↑ « Avec Patagonia, l'entreprise 100 % écolo est née »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur L'Expansion,
- ↑ Isabelle Germain, « Entreprise de plein air », sur L'Usine nouvelle,
- ↑ « Un début comme forgeron »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?)
- ↑ (en) « Great Pacific Iron Works »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?)
- Florent Maillet, « PATAGONIA, le pionnier de l'éthique écologique », sur Libre Service Actualités,
- ↑ « Des vêtements pour grimpeurs »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?)
- ↑ « Capilene et Synchilla : une histoire de superposition »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?)
- ↑ Laure Noualhat, « Un avantage marketing à donner pour la planète »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur Libération,
- ↑ « Les premières prises de position en faveur de l’environnement »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?)
- ↑ « ÉTHIQUE. Patagonia veut jeter les bases d'un capitalisme responsable », sur Courrier international, (consulté le )
- ↑ (en-US) Daniel Pereira, « Is Patagonia Profitable? », sur businessmodelanalyst.com, (consulté le )
- ↑ (en) « Patagonia Launches Interactive Map of Suppliers | Green America », sur greenamerica.org, (consulté le )
- ↑ (en) Dara O'Rourke, Robert Strand, « Patagonia: Driving sustainable innovation by embracing tensions » [PDF], sur consciousbusinesseducation, (consulté le )
- ↑ « Patagonia veut jeter les bases d'un capitalisme responsable », sur Courrier international,
- ↑ (en) « Outdoor Company Patagonia: Down from brutal force-feeding »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur Four Paws,
- ↑ (en-US) David Gelles, « Patagonia v. Trump », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
- ↑ @NatGeoFrance, « Yvon Chouinard, fondateur de Patagonia, a cédé son entreprise pour sauver la planète », sur National Geographic, (consulté le )
- ↑ (en-US) Cam Wolf, « Patagonia’s Founder Isn’t Selling the Company—He’s Donating It », sur GQ, (consulté le )
- ↑ franceinfo avec AFP, « Le fondateur de Patagonia fait don de son entreprise pour défendre la planète », sur francetvinfo.fr, (consulté le ).
- ↑ « Le fondateur de Patagonia fait don de son entreprise », sur La Presse
- ↑ « Meet Yvon Chouinard: The billionaire who donated his entire company » (consulté le )
- ↑ (en-US) Reagan Jacobs, « What Patagonia’s New Ownership Structure Means for Global Retail », sur McMillanDoolittle - Transforming Retail, (consulté le )
- ↑ (en-GB) Yara van Heugten, « Sustainable clothing brand Patagonia manufactures in the same factories as fast-fashion; textile workers are being exploited », sur Follow the Money - Platform for investigative journalism, (consulté le )
- ↑ « Enquête. La marque éthique Patagonia accusée d’exploiter des travailleurs dans des usines de fast fashion », sur Courrier international, (consulté le )
- ↑ Reporterre.net, « Patagonia, une entreprise pas si vertueuse », (consulté le )
- ↑ Florine Morestin, « Patagonia : la marque symbole de la mode éthique accusée d’exploiter des ouvrières textiles », sur Novethic, (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]- The North Face Kris Tompkins la présidente de Patagonia est mariée avec le cofondateur de The North Face Douglas Tompkins
- Black Diamond Equipment, créée par Chouinard Equipment Ltd.
- Picture Organic Clothing
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) The Daily Telegraph, « Mencyclopaedia: Patagonia », sur fashion.telegraph.co.uk,