Pastorale provençale

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Pastorale provençale au théâtre antique d'Arles

La pastorale provençale est une pièce de la nativité parlée et chantée au moment de Noël

Pastorale Maurel[modifier | modifier le code]

La pastorale la plus renommée en Provence est la Maurel créée en 1844. En cinq actes, entièrement en provençal sauf le 4e qui est en français (l'acte d'Hérode) mais rarement présenté. Elle est l'œuvre d'Antoine Maurel qui l'a écrite en 1844 à la rue Nau à Marseille, où se trouvait le siège du Cercle Catholique d'Ouvriers, dirigé par l'Abbé Julien[1].

Antoine Maurel, né en 1815, dans cette ville en était membre, il fut tour à tour tonnelier, doreur, ouvrier miroitier, comptable puis directeur du dépôt de mendicité.

Affiche annonçant à Château-Gombert la représentation de la pastorale Maurel en 1926

Premier acte[modifier | modifier le code]

Lors du premier acte l'ange annonce la nouvelle aux bergers. Puis s'ensuit une présentation des différents personnages qui met en avant leurs caractères particuliers. L'aveugle à qui le boumian a volé son fils. Le meunier qui n'a comme famille que son âne et son chien (ou presque) Pimpara, le rémouleur qui aime bien lever le coude et caresser la bouteille. Jiget, le bégue et Pistachié le peureux qui se fait embobiner par le boumian à qui il vend son ombre (son âme) contre une bourse d'argent[2].

Deuxième acte[modifier | modifier le code]

Le deuxième acte met en scène la divulgation de la nouvelle de la naissance de l'enfant. Les bergers arrivent au village et réveillent Roustido, un vieux vieux garçon, un peu giron, il finira par réveiller son compère Jourdan le mari de Margarido qui souhaite rester jeune. Tout ce raffut fera que Margarido, sa femme, vieille acariâtre qui ne rate jamais une occasion d'engueuler son mari, ne tardera pas à descendre. Les trois vieux réunis partiront vers l'étable sans oublier de répandre la nouvelle au hasard du chemin[2].

Troisième acte[modifier | modifier le code]

Tout ce petit monde se retrouve chez Benvengu, maître d'une grande ferme et beau-fils de Jourdan. Il est veuf et chez lui, tout nouvel arrivant est l'occasion de faire la fête autour d'un bon verre de vin. Après quelques agapes, la chute de Pistachié poussé par le boumian dans le puits et l'arrivée de l'ange qui confirme la nouvelle, tout ce petit monde se mettra en route vers la crèche[2].

Quatrième acte[modifier | modifier le code]

Acteurs de la pastorale Maurel à Château-Gombert vers 1920

Le quatrième acte est l'adoration. Chaque personnage se présente devant l'enfant Jésus et lui offre son présent. Évidemment quelques miracles s'accomplissent. Margarido et Jourdan se réconcilient, l'aveugle retrouve la vue et le fils que le boumian lui avait volé, le boumian devient gentil et Jiget, le bégue, retrouve une élocution normale[2].

La pièce se termine par un chant, "O rei de glori" dynamique et puissant exprimant toute la joie de ce petit peuple de Provence.

La Maurel et les autres[modifier | modifier le code]

Si au départ l'argument de la pièce est très fortement imprégné de l’esprit religieux, petit à petit, du fait de la baisse de l’utilisation de la langue provençale, cette Pastorale Maurel revêt un caractère plus culturel voire identitaire.

C'est pratiquement la seule pièce qui soit interprétée régulièrement, chaque année à l'époque de Noël, en Provence dans la langue de Frédéric Mistral. Aussi, chaque représentation attire de nombreuses personnes nostalgiques de cette langue, qui ne manquent pas d'amener avec eux leurs enfants voire leurs petits-enfants.

Il existe actuellement de nombreuses Pastorales en Provence. De nombreux villages présentent leur propre pièce écrite par un habitant en français ou en provençal ; généralement elles sont jouées par les villageois eux-mêmes. D'autres sont plus connues comme la Pastorale Audibert jouée en costumes bibliques et en français[2]. Parmi les villages qui perpétuent cette tradition, on trouve notamment la commune de Tourtour (Var), dont les habitants jouent, chaque année, La Pastorale des santons de Provence, d'Yvan Audouard, en langue française[3].

Concernant les troupes, il s'agit le plus souvent de troupes d'amateurs issues d'un groupe folklorique, qui n'ont que cette pièce dans leur répertoire ou bien de troupes de théâtre le plus souvent théâtre en provençal.

Certaines ont leur salle fixe comme la Pastorale de la rue Nau, celle de la salle Mazenod ou encore la Pastorale de Fuveau jouée dans la salle du Cercle Saint-Michel depuis 1877. D’autres représentent un village, comme celle de Chateau-Gombert, et celle d’Allauch interprétée par lou tiatre dou terraire d'alau[2]. D’autres sont nomades et se déplacent comme un cirque, au fil des demandes, comme l'Escolo doù Miejour[4] et Lei Viei Pastoureu de Miramas.

Mais toutes ont la conviction lors de chaque représentation de défendre une culture et de conserver un lien entre un peuple et sa langue.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]