Passiflora foetida

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Passiflora foetida - Muséum de Toulouse

Passiflora foetida, la passiflore fétide, est une liane herbacée de la famille des Passifloraceae, originaire des zones tropicales et subtropicales d'Amérique. Elle s'est répandue maintenant partout sous les tropiques où elle peut devenir une adventice des cultures.

Connue aux Antilles sous les noms de marigouya (Marie-goujat) et de bonbon koulèv (bonbon couleuvre) alors qu'à La Réunion, on la dénomme poc-poc, passiflore poc-poc, marie-goujat, grenadille-caméléon ou pomme liane collant.

Cette espèce est très polymorphe et a été divisée en 37 variétés par Killip en plus de P. foetida.

Synonymes :

  • Dysosmia foetida (L.) M. Roemer
  • Granadilla foetida (L.) Gaertner
  • Passiflora foetida var. hispida (Candolle ex Triana & Planchon) Killip
  • Passiflora hispida Candolle ex Triana & Planchon
  • Tripsilina foetida (L.) Rafinesque

Description[modifier | modifier le code]

Passiflora foetida[1] est une plante herbacée annuelle, parfois pérenne, rampante ou grimpante par ses vrilles. Elle est entièrement couverte de poils verts puis bruns, terminés par une glande visqueuse responsable de son odeur désagréable.

Les feuilles alternes, portées par un pétiole de 2-6 cm de long, pubescent, sans glande, comporte un limbe ovale à obovale, de 4-13 × 4-12 cm, à base plus ou moins cordée, à 3 lobes plus ou moins prononcés, le lobe médian en général bien plus important que les latéraux. La face inférieure est pubescente avec des nectaires dans la partie distale et quelques poils glanduleux. La marge est ciliée.

La fleur solitaire, opposée à une vrille, comporte :

  • 3 bractées, pinnatifides, formant un filet réticulé de filaments collants
  • 5 sépales blancs dessus
  • 5 pétales de 1,5-2 cm, blancs
  • une couronne de filaments formée de 2 séries externes de 1 cm (et 3 séries internes plus petites), de couleur blanc et pourpre bleuté
  • une colonne (l'androgynophore) de 5-7 mm, portant l'androcée et le gynécée :
    • 5 étamines terminés par des anthères tournés vers le bas
    • 1 ovaire ellipsoïde, surmonté de 3 (ou 4) styles

Les fleurs s’épanouissent le matin et se ferme le soir, puis se fanent rapidement.

Le fruit est une baie orange ou rouge orangé, ovoïde, de 2-3 cm de diamètre, contenant de nombreuses graines. Elle renferme une pulpe translucide de saveur parfumée, non acidulée, comestible.

Écologie[modifier | modifier le code]

Cette passiflore est originaire d'Amérique. Son domaine s'étend du sud des États-Unis, à travers les Caraïbes et l'Amérique centrale jusqu'au Pérou et l'Argentine.

Elle s'est maintenant naturalisée dans les zones tropicales d'Afrique, du Pakistan, de l'Inde, Shri Lanka, d'Asie du Sud-Est, de Chine et des îles du Pacifique.

C'est une adventice des cultures tropicales. Elle est plantée entre les pieds de patates douces en Nouvelle Guinée pour concurrencer la graminée Imperata cylindrica.

Cette rudérale pousse dans les haies, autour des décombres, sur le bord des routes, les rives des rivières. Elle préfère les sols humides mais tolère des conditions arides.

Fruit entouré des bractées

Passiflora foetida est capable de prendre au piège dans les filets collants de ses bractées des insectes[2] (homoptera, hymenoptera, diptera). Les bractées sont couvertes de petites glandes produisant une sécrétion collante ayant une activité peptidase et phosphatase acide, deux enzymes que l'on trouve dans les pièges des plantes carnivores. Il n'est cependant pas établi clairement si la plante tire de la nourriture de ses proies[3]. On la considère donc plutôt comme une protocarnivore.

Composition[modifier | modifier le code]

Les phytoconstituents majeurs contiennent des alcaloïdes, phénols, des hétérosides de flavonoïdes et des composés cyanogènes.

  • Flavonoïdes[4]

Pachypodol, 7,4'-dimethoxyapigénine, ermanine, chrysoeriol, apigénine, vitexine, isovitexine, luteolin-7-glucoside, kaempférol

Tétraphylline A et B, sulfate de tétraphylline B, déidacline, volkenine

Le catabolisme normal des hétérosides cyanogènes conduit à la libération d'acide cyanhydrique qui est aussitôt converti en asparagine [5].

  • Acides gras

acide linoléique et acide linolénique

Utilisations[modifier | modifier le code]

  • Ethnopharmacologie

Au Brésil, la passiflore fétide est utilisée sous forme de lotion et d'emplâtre pour traiter l'érysipèle et les dermatoses inflammatoires. Les feuilles ont été utilisées en infusion pour traiter l'hystérie et l'insomnie au Nigéria[4]. En Inde où la plante est largement cultivée, les feuilles sont appliquées sur la tête pour les vertiges et les maux de tête. La décoction est prescrite pour l'asthme. A La Réunion, les feuilles sont considérées comme emménagogues et prescrites dans l'hystérie.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Référence EFloras : Passiflora foetida
  2. (en) T.R. Radhamani, L. Sudarshana, Rani Krishnan, « Defense and carnivory: dual role of bracts in Passiflora foetida », J. Biosci., vol. 20, no 5,‎ [http://www.ias.ac.in/jarch/jbiosci/20/657-664.pdf
  3. (en) « Carnivorous Plants / Insectivorous Plants », Botanical Society of America (consulté le 7 janvier 2010)
  4. a et b (en) K. Dhawan, S. Dhawan, A. Sharma, « Passiflora : a review update », Journal of Ethnopharmacologye, vol. 94,‎ , p. 1-23
  5. Bruneton, J., Pharmacognosie - Phytochimie, plantes médicinales, 4e éd., revue et augmentée, Paris, Tec & Doc - Éditions médicales internationales, , 1288 p. (ISBN 978-2-7430-1188-8)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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