Pascual Jordan

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Ernst Pascual Jordan (né le à Hanovre, Empire allemand, mort le à Hambourg, Allemagne) est un physicien théoricien allemand.

Il a enseigné à l'université de Göttingen, puis à celles de Rostock, de Berlin et de Hambourg. Il contribua de façon décisive à la fondation de la mécanique quantique et de la théorie quantique des champs.

Sous le Troisième Reich, il fut membre du parti nazi, sans toutefois adhérer à la théorie nationale-socialiste de la "physique allemande", ni remettre en cause les idées de la nouvelle physique née au début du XXe siècle.

Après la Guerre, il connut un certain isolement au sein de la communauté des physiciens en raison de ses positions conservatrices, notamment sur la question du réarmement de l'Allemagne et du recours à des armes nucléaires tactiques[1]. Membre de l'Union démocrate-chrétienne (CDU), il siégea au Bundestag entre 1957 et 1961.

Principales contributions[modifier | modifier le code]

Le 27 septembre 1925, avec Max Born, Jordan écrit la relation de commutation canonique :

 \left[ \, \hat{q} \, , \ \hat{p} \, \right] \ = \ \hat{q} \ \hat{p} \ - \ \hat{p} \ \hat{q} \ = \ i \ \hbar

Dans ce même article, il propose également l'idée qu'il faut aussi quantifier le champ électromagnétique, ouvrant la voie à la théorie quantique des champs.

Le 16 novembre 1925, avec Max Born et Werner Heisenberg, Jordan développe la première formulation de la mécanique matricielle. Ils introduisent les transformations canoniques, la théorie des perturbations, le traitement des systèmes dégénérés, et enfin la relation de commutation canonique des composantes du moment cinétique :

 \left[ \, \hat{L}_i \, , \ \hat{L}_j \, \right] \ = \ i \  \hbar \ \epsilon_{ijk} \ \hat{L}_k

Pascual Jordan connaissait les travaux existants sur les matrices et les a communiqués à Heisenberg qui avait redécouvert l'algèbre des matrices pour les besoins du calcul[2]. Il introduisit notamment la notion d'algèbre de Jordan.

Pascual Jordan est récipiendaire du prix Alfred Ackermann-Teubner (1937), de la Médaille Max-Planck (1942), et de la Médaille Carl-Friedrich-Gauß (1955).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Christoph Lehner, « Mathematical Foundations and Physical Visions », dans Karl-Heinz Schlote et Martina Schneider (eds.), Mathematics Meets Physics : A contribution to their interaction in the 19th and the first half of the 20th century, Frankfurt am Main, Verlag Harri Deutsch,‎ , p. 271-293
  • (en) Antony Duncan et Michel Janssen, « Pascual Jordan’s resolution of the conundrum of the wave-particle duality of light », Studies in History and Philosophy of Modern Physics, vol. 39, no 3,‎ , p. 634-666

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Der Spiegel du 25 juin 1958.
  2. Alain Connes, Triangles de pensée, Éditions Odile Jacob, p. 72.

Lien externe[modifier | modifier le code]