Pascal Häusermann

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Pascal Häusermann
Image illustrative de l'article Pascal Häusermann
Présentation
Naissance
Bienne, canton de Berne, Suisse
Décès (à 74 ans)
Madras, Tamil Nadu, Inde
Nationalité Suisse
Activités Architecte

Pascal Häusermann[1], né le à Bienne dans le canton de Berne et mort le [2] à Madras au Tamil Nadu, est un architecte suisse utopiste spécialisé dans les maisons bulles et l'architecture organique. L'essentiel de ses créations ont été édifiées en région Rhône-Alpes, en France. Précurseur de la Blob architecture.

Biographie[modifier | modifier le code]

Élève à l’École d’architecture de l’université de Genève, il poursuit ses études à Londres, dans l'ingénierie, jusqu'en 1962.

En 1959, à 21 ans, il construit pour son père sa première maison en voile de béton sans coffrage, à Grilly.

La rupture avec l’architecture fonctionnaliste où triomphent la ligne droite et les formes géométriques apparaît déjà dans cette première œuvre, et ne cessera de s'affirmer dans toutes ses réalisations.

Il réalise sa première commande en 1960 à Pougny, et développe la technique du voile de béton.

En 1966, il adhère au Groupe International d’Architecture Prospective[3] dont les fondateurs sont : Michel Ragon, Yona Friedman, Walter Jonas (de), Paul Maymont, Ionel Schein, Georges Patrix et Nicolas Schöffer.

Maison bulle de Minzier conçue et construite par Claude Costy-Häusermann et lui-même.

Il commence la construction de sa propre maison, une maison bulle, en 1968 à Minzier (Haute Savoie) avec son épouse Claude Costy.

Il fonde en 1971 l’association « Habitat Évolutif », à Douvaine, avec Caude Costy, Jean-Louis Chanéac et Antti Lovag. Le maire de cette commune, Jacques Miguet, esthète passionné d’architecture, leur propose un terrain libre de toute contrainte administrative, afin qu’ils puissent expérimenter leurs théories urbaines. Le chantier commence en 1972 pour s’interrompre brutalement en 1977, à la suite d'un changement de municipalité[4]. Il subsiste de cette aventure exceptionnelle un ensemble urbain unique dans l’œuvre d'Häusermann (Labellisé le 10 mars 2003 au titre de « Patrimoine du xxe siècle »[5]).

Entre 1971 et 1973, intéressé par la maison toute en plastique et préfabriquée, il développe les Domobiles[6]. Qui combinent et juxtaposent des coques en mousse de polyuréthane recouvertes de polyester armé, l'habitation pouvant évoluer au gré de l'usager par ajout de nouvelles coques. Malgré son attractivité économique, les réalisations se heurteront aux refus de permis de construire.

Libertaire et humaniste, Pascal Häusermann accorde de plus en plus d'intérêt à l'autoconstruction, du fait que cette pratique place l'humain au centre du projet architectural, bien au-delà des formes.

Les règlements d’urbanisme français empêchent dès les années 70 l’aboutissement de ses projets, notamment sur Douvaine, mais aussi pour les Domobiles. Il cesse de faire des projets en France.

Il se consacre à la restauration de l’Immeuble Clarté de Le Corbusier à Genève[7]. Cet immeuble a failli être rasé pour des raisons spéculatives. Avec l'architecte Bruno Camoletti, ils acquièrent l'immeuble en 1975 pour le restaurer, ils entretiennent également les immeubles à proximité pour la préservation du site dans son entièreté[8].

En 1981, il revient en France avec un important projet de complexe hôtelier au château des Avenières en Haute Savoie. Sans succès sur cette opération immobilière controversée[9], Il restaure le château et y ouvre un restaurant puis un autre à Genève[10].

En 1990, il quitte l'Europe pour Madras en Inde afin de poursuivre sa recherche[11]. D'après Julien Donada[12], ses projets n'auraient pas abouti en Inde, il y réalisa une maquette de bulle en métal pour une chaîne hôtelière qui ne sera jamais créée[10].

Il meurt le à Madras.

Principales réalisations[modifier | modifier le code]

  • 1959 : Villa le Dolmen[13], à Grilly, dans l'Ain.
  • 1966 : La Baleine[14], restaurant à Sainte-Marie-du-Mont, dans l'Isère.
  • 1966-1967 : Club Tekki[15], centre de loisirs, Paris
  • 1967 : Hôtel Thierry, l'eau vive[16],[17], rebaptisé Museumotel, à Raon-l'Étape, dans les Vosges.  Inscrit MH (2014).
  • 1968 : Villa Pasquini[18] à Méry-sur-Cher, dans le Cher.
  • 1968 : Villa la Ruine[19] à Minzier, en Haute-Savoie.
  • 1970-1972 : Atelier Palegre à Ponsas, dans la Drôme.
  • 1971 : Maison Barreau[20] à Apremont, en Savoie.
  • 1972 : Maison[21], à Saint-Chamond, dans la Loire.
  • 1972 : Atelier de poterie à Ponsas[22], dans la Drôme
  • 1973 : Clinique à Genève.
  • de 1971 à 1978 : Conception et réalisation partielle d'un nouveau quartier à Douvaine, en Haute-Savoie. Voulu en 1971 par le maire de l'époque, Jacques Miguet, le projet initial de « Ville évolutive » comprenait plusieurs bâtiments publics : salle des fêtes, place, écoles maternelle et primaire, un restaurant et une piscine olympique ; autour de ces bâtiments, le quartier conçu pour densifier la ville, devait accueillir de nombreuses habitations préfabriquées, en plastique, modulaires, évolutives, appelées Domobiles[6]. En partie détruit[4], il n'en subsiste qu'un ensemble labellisé le 10 mars 2003 au titre de « Patrimoine du xxe siècle »[5], il comporte :
    • La Bulle, salle polyvalente construite entre 1973 et 1976, créée par l'architecte suisse Pascal Häusermann et Patrick Le Merdy répondant au style de l'architecture prospective. Son nom, né de l'usage des Douvainois, lui vient de son dôme d'origine de couleur bleue, remplacé en 1983 par un toit en zinc.
    • L'école Maternelle publique, construite entre 1976 et 1978, elle est l’œuvre intégrale de son épouse, l'architecte Claude Häusermann-Costy.
    • Le préau de l’école primaire publique, construit en 1976 par Pascal Häusermann, est le dernier vestige de ce qui devait être la place publique. Deux préaux à l'origine, ils devaient servir d'arcades pour des commerces, s'inspirant de la vieille ville d'Annecy.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La bulle et l'architecte, documentaire de Julien Donada. TS Production. 2001[23]
  • Les Visionnaires documentaire de Julien Donada. Petit à Petit Production. 2013[23]
  • Bulles, conversation avec Pascal Häusermann, de Julien Donada . Éditions Facteur humain[24]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. urbamedia.com
  2. A lui qui toujours évita la ligne droite, la date I II II fut fatale.
  3. olats.org
  4. a et b « Douvaine fait des bulles, l’épopée prospective de Claude et Pascal Häusermann en Bas-Chablais, Mémoire de Maïlis Favre Université de Genève », (consulté le 28 juillet 2015)
  5. a et b « Liste des édifices labellisés Patrimoine du XXe siècle en Rhône-Alpes » (consulté le 28 juillet 2015)
  6. a et b « Domobiles d'Häusermann sur la base ressources du Frac Centre » (consulté le 27 juillet 2015)
  7. « Biographie de Pascal Häusermann sur la base ressources du FRAC Centre » (consulté le 31 juillet 2015)
  8. « L'immeuble clarté, Genève, 1930-1932, de Le Corbusier et Pierre Jeanneret, article de Catherine Courtiau, Habitation : revue trimestrielle de la section romande de l'Association Suisse pour l'Habitat 60, 1987, pp.47-48 » (consulté le 31 juillet 2015)
  9. « Histoire du Château des Avenières » (consulté le 31 juillet 2015)
  10. a et b « Les bulles de Pascal Häusermann, Article de Raphaëlle Saint-Pierre, Architectures à vivre, 10 avril 2014 » (consulté le 31 juillet 2015)
  11. « Biographie par le CAUE 74 » (consulté le 31 juillet 2015)
  12. « hommage et témoignage de Julien Donada » (consulté le 31 juillet 2015)
  13. http://www.pss-archi.eu/immeubles/FR-01180-2903.html
  14. http://www.pss-archi.eu/immeubles/FR-38418-19610.html
  15. « Page de "As-tu déjà oublié, modern architecture 1950 to 1970" » (consulté le 28 juillet 2015)
  16. « Partie Histoire du site museumotel.com » (consulté le 28 juillet 2015)
  17. « galerie photo du site museumotel.com » (consulté le 28 juillet 2015)
  18. http://www.architecturedecollection.fr/brochure/0000103.pdf
  19. http://www.pss-archi.eu/immeubles/FR-74184-19609.html
  20. http://www.espritsudest.com/PDF/743871.pdf
  21. http://www.pss-archi.eu/immeubles/FR-42207-12034.html
  22. « Page de "As-tu déjà oublié, modern architecture 1950 to 1970" »
  23. a et b [1]
  24. [2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes et sources[modifier | modifier le code]