Pascal Convert

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Pascal Convert, né le , est un plasticien, écrivain et réalisateur français.

Travaillant sur des matériaux très divers comme le verre ou la cire, pensionnaire de la villa Médicis à Rome, il est connu pour avoir réalisé le Monument à la mémoire des otages fusillés au Mont-Valérien entre 1941 et 1944 en 2003.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pascal Convert est un plasticien (sculpture, installation et vidéo) et un réalisateur de film documentaire, pensionnaire à la villa Médicis à Rome en 1989-1990. La question de la mémoire et de l'oubli est au cœur de son travail. En 1998, Georges Didi-Huberman consacre un livre à son œuvre (La demeure, la souche, Éditions de Minuit.).

En 2002, dans le cadre d'une commande publique, il réalise le Monument à la mémoire des otages fusillés au Mont-Valérien entre 1941 et 1944, inauguré dans la forteresse du Mont-Valérien à Suresnes en 2003. Il poursuit ce travail par un film documentaire Mont Valérien, au nom des fusillés (Arte-Histoire) .

Son travail sculptural inspiré de trois icônes de presse, la Pietà du Kosovo (photographie de Georges Mérillon), la Madone de Benthala (photographie d'Hocine Zaourar), la Mort de Mohammed Al Dura à Gaza (photographie AFP/A2), commandé par le Fonds national d'art contemporain de Puteaux et par le musée d'art moderne Grand-Duc Jean du Luxembourg, a été exposé en France et à l'étranger, en particulier à l'ONU et à Montréal.

Il publie en 2007 Joseph Epstein, bon pour la légende. Lettre au fils (Éditions Séguier), une biographie historique sur Joseph Epstein (dit Colonel Gilles), responsable des FTP d'Ile-de-France, fusillé au Mont-Valérien en 1944. Dans le cadre de cette recherche, il réalise une quatrième sculpture en cire titrée Lettre au fils, une sculpture en cristal intitulée Le Temps scellé et un documentaire Joseph Epstein, bon pour la légende (Arte).

Par ailleurs, l'année 2008 voit l'aboutissement de la réalisation d'un ensemble de vitraux pour l'abbaye de Saint-Gildas-des-Bois[1].

En 2009, son travail artistique est présenté à Paris au Grand Palais dans le cadre de la Force de l'art et à la galerie Éric Dupont à Paris. Il est lauréat du 1 % artistique du nouveau bâtiment des Archives nationales et du 1 % artistique de l'Institut des sciences de la vigne et du vin à Villenave-d'Ornon.

Il a publié en 2011 une biographie de Raymond Aubrac : Raymond Aubrac : Résister, reconstruire, transmettre (Seuil, 2011) et réalisé deux films documentaires, Raymond Aubrac, les années de guerre (France 2, 2011), Raymond Aubrac, Reconstruire (France 5, 2012) qui sont diffusés en DVD par l'Ina (septembre 2012).

En 2013, il participe à l'exposition collective Archeologia[2], présentée à 40mcube, au musée des beaux-arts de Rennes, au musée de géologie de l'université de Rennes 1 et au Frac Bretagne, à Rennes, sur un commissariat de 40mcube et organisée par le 40mcube.

En 2015, sa commande publique, inspirée par un texte de Roland Barthes, Commence alors la grande lumière du sud-ouest, est inaugurée sur le site de la gare de Bègles, dans le cadre du projet « L'art dans la ville ».

Invité par Georges Didi-Huberman à Pékin pour l'exposition Memory Burns (OCAT) il présente un Fragment de bibliothèque (cristallisations au livre perdu).

Au mois de novembre 2015, dans le cadre des élections régionales, il répond au message de Marine Le Pen aux artistes par une lettre ouverte : Tout est incompatible entre nous. Signée par 1001 artistes, cette lettre ouverte est diffusée entre autres dans Le Monde, Libération, L'Humanité[3] et Mediapart.

Les Bouddhas de Bâmiyân[modifier | modifier le code]

En mars 2016, invité par l'ambassade de France en Afghanistan dans le cadre de la commémoration du 15e anniversaire de la destruction des Bouddhas de Bâmiyân par les talibans[4], Pascal Convert monte une mission en partenariat avec la société ICONEM[5], spécialisée dans l'archéologie dans les zones de conflit[6].

D’une part, avec des drones, il scanne la totalité de la falaise de Bâmiyân, le fichier ainsi obtenu étant laissé en libre accès à la communauté scientifique mondiale,

Et d’autre part, avec un appareil photographique robotisé d’ordinaire utilisé pour détecter les micro-fissures dans les pales d’éoliennes[7], il fait une « empreinte photographique » de la falaise dans laquelle les statues monumentales ont été sculptées il y a environ 1600 ans[8].

Retenu parmi les deux candidats finalistes dans le cadre du pavillon français de la 57e Biennale de Venise[9] le projet a vu finalement le jour au Fresnoy-Studio national des arts contemporains[10] et — sous forme d'un panorama de 16 tirages au platine-palladium réalisés par l'atelier Laurent Lafolie — à la galerie Éric Dupont à Paris en octobre 2017[11].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Appartement de l’artiste, Bordeaux, France, Éditions William Blake & Co., 1988, 13 p. + 7 pl. (ISBN 2-905810-26-2).
  • Généalogie des lieux, vol. 1, « Villa Belle rose, Biarritz », Biarritz, Éditions Atlantica, 2007, 64 p. (ISBN 978-2-7588-0062-0).
  • Généalogie des lieux, vol. 2, « Itxasgoïty, Biarritz. (la maison là-haut) », Biarritz, Éditions Atlantica, 2007, 64 p. (ISBN 978-2-7588-0066-8).
  • Généalogie des lieux, vol. 3, « Villa Argenson, Biarritz », suivi de « Œuvres », Biarritz, Éditions Atlantica, 2007, 19 + 43 p. (ISBN 978-2-7588-0075-0).
  • Joseph Epstein, bon pour la légende. Lettre au fils, Biarritz, Éditions Séguier, 2007, 299 p. + 32 p. de pl. (ISBN 978-2-84049-527-7).
  • Raymond Aubrac. Résister, reconstruire, transmettre, Paris, Éditions du Seuil, 2011, 741 p. + 16 p. de pl. (ISBN 978-2-02-100091-7).
  • La Constellation du Lion, Paris, Éditions Grasset et Fasquelle, 2013, 164 p. (ISBN 978-2-246-80789-6).
  • Conversion, Éditions Filigranes, 2017, 80 p. (ISBN 978-2-35046-425-1).

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Commande publique.
  2. « Archeologia », sur 40mcube (consulté le 22 juin 2019)
  3. humanite.fr.
  4. « En images : ce qu’il reste du site afghan de Bamiyan », sur Le Monde.fr (consulté le 10 octobre 2017).
  5. « Vallée de Bamiyan - Iconem », Iconem,‎ (lire en ligne, consulté le 10 octobre 2017).
  6. « Pascal Convert : “Devant les bouddhas de Bâmiyân, je me suis retrouvé face à l'Histoire” - Arts et scènes - Télérama.fr », sur www.telerama.fr (consulté le 10 octobre 2017).
  7. (en) « Cornis », sur web.cornis.fr (consulté le 10 octobre 2017).
  8. Philippe Dagen, « Pascal Convert : « Des centaines de mines n’ont pu effacer les bouddhas » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 10 octobre 2017).
  9. Catherine Millet, « Sélection officielle pour la Biennale de l’Entertainment de Venise », artpress n°434,‎ (lire en ligne, consulté le 10 octobre 2017).
  10. « Production : Falaises de Bâmiyân », Le Fresnoy - Studio national des arts contemporains,‎ (lire en ligne, consulté le 10 octobre 2017).
  11. « ARTISTS | GALERIE ERIC DUPONT », sur www.eric-dupont.com (consulté le 10 octobre 2017).
  12. « Nomination dans l'ordre des Arts et des Lettres - hiver 2019 », sur Ministère de la Culture (consulté le 3 juin 2019).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Didi-Huberman, La Demeure, la souche, L'Apparentement de l'artiste (Pascal Convert), Série "Fable du lieu", Éditions de Minuit, 1999, 180 p. (ISBN 2707316814).
  • Philippe Dagen, Georges Didi-Huberman, Catherine Millet, Bernard Stiegler,Lamento, Pascal Convert [1998-2005], Éditions Mudam Luxembourg, 2007, 272 p. (ISBN 2919923501).
  • Georges Didi-Huberman, Sur le fil, Série "Fables du temps", Éditions de Minuit, 2013, 96 p. (ISBN 9782707322821).
  • Didier Arnaudet, Pascal Convert - Commence alors la lumière du Sud-Ouest, Bordeaux, Éditions Confluences, 2015, 144 p. (ISBN 978-2-35527-170-0).

Liens externes[modifier | modifier le code]