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Parti des peuples africains – Côte d'Ivoire

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Parti des peuples africains – Côte d'Ivoire
Présentation
Président Laurent Gbagbo
Fondation
Fusion de Ensemble pour la démocratie et la souveraineté
Secrétaire général Jean-Gervais Tchéidé[1]
Positionnement Gauche à gauche radicale
Idéologie Souverainisme
Panafricanisme
Socialisme démocratique
Nationalisme
Démocratie participative
Représentation
Députés
18  /  255

Le Parti des peuples africains – Côte d'Ivoire (PPA-CI) est un parti politique ivoirien fondé en 2021 dans le sillage du retour en Côte d'Ivoire de l'ancien président Laurent Gbagbo. Ce dernier préfère créer cette nouvelle formation plutôt que de s'efforcer de reprendre la tête du parti qu'il avait créé en 1982 avec son épouse Simone Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI). Le PPA-CI se positionne à gauche de l’échiquier politique. Le président du PPA-CI est Laurent Gbagbo.

Histoire et idéologie

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À la suite de son acquittement par la Cour pénale internationale (CPI) en 2021 et de son retour au pays, l’ancien président Laurent Gbagbo choisit de ne pas reprendre la tête du FPI, le parti historique qu’il avait cofondé, et opte plutôt pour la création d’une nouvelle formation politique[2]. Le parti est officiellement fondé à l’occasion de son congrès constitutif tenu à Abidjan les 16 et 17 octobre 2021[3].

Ce parti se définit comme défendant des positions socialistes, panafricanistes et souverainistes[4]. Il revendique une alternative politique à la majorité au pouvoir et cherche à s’imposer comme une force d’opposition structurée. Dès sa première année d’existence, il est qualifié d’acteur majeur du paysage politique[5].

Sur le plan idéologique, le PPA-CI se réclame du socialisme démocratique, du souverainisme national et du panafricanisme. Il prône une société fondée sur la justice sociale, la solidarité, la liberté et la participation citoyenne. Le parti défend une économie à forte régulation étatique, où l’État joue un rôle central dans la redistribution des richesses et la protection des populations les plus vulnérables[6].

Le PPA-CI se positionne à gauche de l’échiquier politique, dans la lignée des partis socialistes africains du XXᵉ siècle. Il revendique une orientation anti-impérialiste et anti-libérale, affirmant la nécessité pour la Côte d’Ivoire et, plus largement, pour l’Afrique, de maîtriser leur propre destin politique et économique sans dépendance extérieure[7].

Le parti s’inscrit dans une démarche panafricaine, appelant à une intégration politique, économique et culturelle plus poussée entre les États africains. Il plaide pour la coopération Sud-Sud, la souveraineté monétaire et la construction d’une Afrique unie et indépendante.

Enfin, le PPA-CI fonde son action sur la défense de la démocratie participative, du pluralisme politique et du respect de l’État de droit. Il se présente comme une force de transformation sociale, cherchant à réconcilier les valeurs de la gauche ivoirienne avec les aspirations des peuples africains à la dignité, à la souveraineté et au développement.

Identité, objectifs et implémentation

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Son porte-parole affirme la volonté du parti de prendre part à l’ensemble des scrutins municipaux, régionaux et présidentiel tout en consolidant sa présence sur l’ensemble du territoire ivoirien[8]. Au terme de sa première année d’existence, le parti revendique la mise en place d’un vaste réseau de comités de base. Le bilan dressé mentionne environ 24 362 structures implantées sur l’ensemble du territoire national[9]. En , le secrétaire général du parti, Damana Pickass, annonce que le parti compte 131 580 militants à jour de cotisation[10].

Crises internes, répression et tensions politiques

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En février 2025, trois dirigeants du PPA-CI, dont Damana Pickass et Justin Koua, sont condamnés à dix ans de prison ferme par le tribunal d’Abidjan pour des faits liés à des troubles à l’ordre public et à des tentatives d’attentats. Le parti dénonce ces verdicts comme étant politiquement motivés et annonce son intention de faire appel[11].

En septembre 2025, le PPA-CI interpelle la communauté internationale, notamment l’ONU, l’Union africaine et l’Union européenne pour demander des éclaircissements sur la candidature à un quatrième mandat du président sortant Alassane Ouattara, qu’il estime contraire à la constitution ivoirienne[12].

Participation à la vie politique et alliances

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Le PPA-CI vise à exprimer son influence politique en cherchant à nouer des partenariats et des alliances. Lors des élections législatives de 2021, le parti Ensemble pour la démocratie et la souveraineté, une branche dissidente du Front populaire ivoirien (FPI), soutient Gbagbo et obtient 18 députés dans une alliance avec le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI). Après la création du PPA-CI, les députés rejoignent tous le PPA-CI dont le groupe à l'Assemblée nationale compte donc 18 députés, ce qui fait du parti la troisième force politique à l'Assemblée[13].

En , se déroule l'élection à la présidence de l'Assemblée nationale. Le PPA-CI, comme le PDCI, choisit d'apporter son soutien à Adama Bictogo, candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le parti au pouvoir. Ce dernier est élu avec 237 voix contre 6 pour Jean-Michel Amankou (PDCI). Ce soutien est présenté comme faisant partie du « processus de réconciliation »[14],[15].

Les relations avec le pouvoir tenu par le président Alassane Ouattara sont fluctuantes. Le parti participe au dialogue pour mettre en place la réconciliation nationale et fait son entrée à la Commission électorale indépendante. Mais, le régime continue de maintenir la pression sur les militants du PPA-CI. Ainsi, en , Damana Pickass est convoqué par la justice ivoirienne et placé sous contrôle judiciaire. Il est accusé d'être impliqué dans l'attaque d'un camp militaire en [16]. Le même mois, le PPA-CI dénonce des interdictions de meetings politiques ainsi que l'arrestation de 31 de ses militants. Ces militants avaient participé à une manifestation de soutien à Damana Pickass en février. Vingt-six d'entre eux sont rapidement jugés et condamnés à deux ans de prison ferme pour « troubles à l'ordre public »[17],[18],[19].

Ces condamnations sont critiquées à la fois par le PPA-CI, mais aussi par Amnesty International qui demande la libération des militants PPA-CI et l'annulation de leurs condamnations[20],[21]. Un procès en appel se déroule le même mois et les militants sont condamnés à deux ans de prison, mais avec sursis[22],[23].

En , le PPA-CI choisit Laurent Gbagbo comme candidat du parti pour l'élection présidentielle prévue en 2025. Toutefois, il est encore inéligible en raison de la suspension de ses droits civiques[24],[25]. Sa candidature à l'élection présidentielle est rejetée par le Conseil constitutionnel en [26]. Le parti se retrouve alors sans candidat officiel. Cependant, Ahoua Don Mello, vice-président du parti, présente une candidature de précaution pour éviter que le parti se retrouve sans candidat à soutenir. Cette décision personnelle est rejetée par le parti qui démet Ahoua Don Mello de son mandat de vice-président. Le PPA-CI choisit de ne pas donner de consigne de vote pour l'élection[27].

En juin 2025, le parti conclut une déclaration commune avec le PDCI-RDA, visant à former un front commun pour l’élection présidentielle d’octobre 2025[28].

En septembre 2025, le Parti affirme qu'une trentaine de ses membres ont été arrêtés ou enlevés depuis le dans plusieurs villes, dont Abidjan. Le PDCI a aussi dénoncé une campagne d'arrestation de ses dirigeants en juin[29]. Dix-huit militants sont libérés le [30].

Sur le plan institutionnel, le parti soumet des observations au Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire, contestant la légalité d’un éventuel quatrième mandat du président sortant et soutenant la validité de la candidature de Laurent Gbagbo[31].

Le PPA-CI se montre actif dans l’opposition, formulant régulièrement des critiques à l’encontre du gouvernement et des autorités en place[32].

Le PPA-CI annonce ne pas participer aux élections législatives de en raison de la situation politique « délétère » dans le pays avec, en particulier, les arrestations de ses militants[33].

Enjeux et défis

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Comme toute formation politique, le PPA-CI fait face à divers défis. Le fait que son principal leader, Laurent Gbagbo, ait longtemps été privé ou contesté dans ses droits civiques influence directement les stratégies du parti[2]. De plus, le climat électoral ivoirien, que le parti considère comme nécessitant des réformes pour assurer des élections libres et équitables, représente un obstacle supplémentaire[4]. Le PPA-CI doit également consolider son implantation sur le terrain dans certaines régions et transformer sa présence en succès électoraux. En octobre 2024, le parti célèbre son troisième anniversaire au siège de Cocody-Bonoumin, tout en mettant en avant ses ambitions pour l'élection présidentielle de 2025[34].

Organigramme

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Le 25 octobre 2021, il est créé un « Conseil stratégique et politique », dont les membres sont[35] :

  1. Assoa Adou, président
  2. Sébastien Djédjé Dano, 1er vice-président
  3. Justin Koné Katinan, 2e vice-président et porte-parole du parti
  4. Emmanuel Auguste Ackah, directeur de cabinet de Laurent Gbagbo
  5. Laurent Akoun
  6. Massany Bamba, anciennement membre du secrétariat, vice-présidente de l’Organisation des femmes du FPI et députée de Port-Bouët[36]
  7. Alphonse Douati, mort le 30 janvier 2022
  8. Stéphane Aymar Kipré
  9. Richard Kodjo, ex-ambassadeur, mort le 11 janvier 2022
  10. Pascal Dago Kokora, membre fondateur du FPI et ancien ambassadeur de Côte d’Ivoire aux États-Unis
  11. Boubacar Koné, ancien ambassadeur puis directeur du protocole du président Laurent Gbagbo de 2008 à 2011
  12. André Kouakou Kouassi, ancien membre du Conseil constitutionnel et conseiller spécial de Laurent Gbagbo, mort le 27 avril 2022
  13. Douayoua Lia Bi, ex-conseil général de Sinfra et ex-ministre de la Communication, revenu d'exil en 2019
  14. Moïse Lida Kouassi
  15. Odette Likikouet Sauyet
  16. Marie-Odette Lorougnon
  17. Georges Armand Ouégnin

Hubert Oulaye est le président exécutif et Damana Pickass le secrétaire général du parti[35].

La porte-parole adjointe est Habiba Touré[35].

Le comité de contrôle est dirigé par Marthe Agoh[37].

La présidence par intérim de la ligue des femmes a été confiée à Gisèle Yapi Apo, celle de la ligue des jeunes à Lagui Zadé Éden Nova[38].

Le président de l’inspection générale du PPA-CI est Issa Malick Coulibaly[39].

Le parti organise une fête annuelle appelée « Fête de la renaissance »[40].

Notes et références

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  1. Bineta Diagne et Guillaume Thibault, « Côte d'Ivoire: Laurent Gbagbo inéligible, mais seul capable de mener le combat politique? », Radio France internationale,
  2. a et b « Côte d’Ivoire : Que veut Laurent Gbagbo avec son PPA-CI ? », sur Carrefour Africain, Sidwaya, (consulté le )
  3. « Côte d'Ivoire: le parti de Gbagbo se dit "acteur majeur" un an après sa création », sur Le 360 Afrique (consulté le )
  4. a et b « Côte d’Ivoire : le nouveau parti de Laurent Gbagbo à l’épreuve du terrain », sur JeuneAfrique.com (consulté le )
  5. Marturin ATCHA, « Un an après sa création, le PPA-CI de Gbagbo se vante d’être un «acteur majeur de la scène politique» ivoirienne », sur Actu Cameroun, (consulté le )
  6. Edouard Koudou, « PPA-CI: Voici le sens que Laurent Gbagbo donne à "Parti des Peuples Africains" dans la dénomination de son parti », sur FratMat, (consulté le )
  7. « Côte d'Ivoire: Laurent Gbagbo lance le Parti des Peuples Africains », sur RTL Info, (consulté le )
  8. « Côte d'Ivoire: le parti de Gbagbo se dit "acteur majeur" un an après sa création », sur africaradio.com, (consulté le )
  9. KOACI, « Côte d'Ivoire : Le PPA-CI fait son bilan d'un an d'existence, Gbagbo annoncé comme le candidat naturel pour la présidentielle de 2025 », sur KOACI (consulté le )
  10. Sidy Yansané, « Côte d’Ivoire: le parti de l’ex-président Laurent Gbagbo se met en ordre de marche », Radio France internationale,
  11. « En Côte d’Ivoire, Damana Pickass et deux autres cadres de l’opposition pro-Gbagbo condamnés à dix ans de prison », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  12. « Présidentielle en Côte d’Ivoire : le parti de Laurent Gbagbo « interpelle solennellement la communauté internationale » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. Sidy Yansané, « Côte d'Ivoire: première bougie pour le PPA-CI, «acteur majeur de la scène politique» », Radio France internationale,
  14. Florence Richard, « Côte d’Ivoire : Adama Bictogo élu président de l’Assemblée nationale », Jeune Afrique,
  15. Pierre Pinto, « Présidence de l’Assemblée nationale ivoirienne: comment expliquer le soutien de l’opposition? », Radio France internationale,
  16. Aïssatou Diallo, « En Côte d’Ivoire, l’inculpation de Damana Pickass signe-t-elle la fin de l’accalmie ? », Jeune Afrique,
  17. Bineta Diagne, « Côte d’Ivoire: le parti de l’ex-président Gbagbo dénonce des arrestations dans ses rangs », Radio France internationale,
  18. Marine Jeannin, « Côte d'Ivoire: des peines de prison ferme pour des membres du PPA-CI », Radio France internationale,
  19. « À la Une: la case prison pour des militants pro-Gbagbo », Radio France internationale,
  20. François Hume-Ferkatadji, « Côte d'Ivoire: le PPA-CI s'insurge après la condamnation prononcée contre 26 militants », Radio France internationale,
  21. « Amnesty Côte d'Ivoire réclame «l'annulation de la condamnation» de 26 militants du parti PPA-CI », Radio France internationale,
  22. Jean Chrésus, « Côte d'Ivoire : Après un mois de détention, les 26 « accompagnateurs de Pickass », condamnés en appel à 24 mois de prison avec sursis, rentrent donc chez eux », Koaci,
  23. « Côte d'Ivoire: prison avec sursis pour des militants du parti de Laurent Gbagbo », Radio France internationale,
  24. Bineta Diagne, « Côte d'Ivoire: Laurent Gbagbo désigné candidat pour la présidentielle de 2025 par son parti », Radio France internationale,
  25. « Côte d'Ivoire : le parti de Gbagbo va envisager », Abidjan.net,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  26. « Présidentielle en Côte d'Ivoire: cinq candidatures retenues, celles de Tidjane Thiam et de Laurent Gbagbo rejetées », Radio France internationale, .
  27. Bineta Diagne, « Présidentielle en Côte d’Ivoire: Laurent Gbagbo n’appellera pas à voter pour un des candidats retenus », Radio France internationale, .
  28. GEORGES AUBIN KONAN, « Côte d’Ivoire-AIP/ Le PPA-CI et le PDCI-RDA forment un “front commun” pour la présidentielle 2025 - AIP - Agence Ivoirienne de Presse », (consulté le )
  29. « En Côte d’Ivoire, le parti de Laurent Gbagbo affirme qu’une trentaine de ses membres ont été arrêtés depuis août », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  30. « Côte d’Ivoire : 18 militants du PPA-CI libérés, annonce le parti », Radio France internationale, .
  31. APA-Abidjan (Côte d 'ivoire), « Le parti de Gbagbo saisit le Conseil constitutionnel », sur APAnews - Agence de Presse Africaine, (consulté le )
  32. « Le PPA-CI de Laurent Gbagbo souffle sa première bougie | Pulse Côte d'Ivoire », sur www.pulse.ci (consulté le )
  33. Bineta Diagne, « Côte d'Ivoire: Le PPA-CI de Laurent Gbagbo ne participera pas aux législatives du 27 décembre », Radio France internationale,
  34. « Le PPA-CI célèbre trois ans de combat politique et dévoile sa stratégie pour 2025, l'appel des dirigeants à la jeunesse », sur Côte d'Ivoire, (consulté le )
  35. a b et c « Côte d’Ivoire : Voici la liste complète des 17 membres du Conseil stratégique et politique du PPA-CI nommés par Gbagbo », sur AFRIK SOIR, (consulté le )
  36. « Qui est Bamba Massani, cette femme du nord nommée par Laurent Gbagbo? », sur ci.opera.news (consulté le )
  37. « Élection de la ligue des femmes du PPA-CI, mesdames, vos papiers s'il vous plaît ! », sur 7info, (consulté le )
  38. Jean Kelly Kouassi, « PPA-CI : Laurent Gbagbo met fin au désordre, de grandes décisions arrêtées », sur Linfodrome.ci, (consulté le )
  39. Agence Ivoirienne de Presse de Côte d'Ivoire, « Côte d’Ivoire-AIP/ Malick Coulibaly lance la distribution des cartes des pionniers du PPA-CI à Korhogo » (consulté le )
  40. Luc-Roland Kouassi, « En Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo charge Charles Blé Goudé », Jeune Afrique, .