Parti de la Grande Roumanie

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Partidul România Mare
Image illustrative de l'article Parti de la Grande Roumanie
Logo officiel
Présentation
Président Emil Străinu
Fondation
Siège 16, strada Vasile Lăscar, Bucarest, Roumanie
Idéologie Nationalisme
Populisme
Souverainisme
Protectionnisme
Adhérents 37 000 (en 2014)[1]
Couleurs Jaune et bleu
Site web https://www.prm-central.ro
Représentation
Députés
0 / 388
Sénateurs
0 / 171
Députés européens
0 / 32
Corneliu Vadim Tudor pendant la campagne présidentielle de 2014.

Le Parti « Grande Roumanie » (en roumain, Partidul România Mare ou PRM) est un parti politique nationaliste roumain, fondé en 1991 par Corneliu Vadim Tudor, un membre de la nomenklatura du régime communiste et laudateur du dictateur Nicolae Ceaușescu, connu pour son « national-communisme ». Il est actuellement dirigé par Emil Străinu.

Histoire[modifier | modifier le code]

Sa devise initiale était : « Nous serons ce que nous étions, et davantage encore » (Vom fi ceeace am fost, şi mai mult decât atât) et c’est effectivement le cas plus de vingt ans après la Libération de 1989 : excepté Ceauşescu lui-même et son épouse, aucun nomenklaturiste issu de la dictature n’a perdu ses avantages, qui, dans la démocratie et l’économie de marché, ont au contraire augmenté.

Dans la presse, le PRM est souvent placé à l’extrême droite de l'échiquier politique[2],[3],[4] à cause de ses postions ultra-nationalistes, xénophobes, homophobes et antisémites, mais aussi en raison de sa promotion de l’idée d’une « Grande Roumanie » qui réunirait tous les territoires peuplés par des Roumains, dans les pays voisins (Ukraine et Moldavie)[5]. Actuellement et officiellement, le parti a abandonné ces positions (reprises à son compte par un autre parti : celui de Noua Dreaptă, la « Nouvelle Droite ») et déclare être de « centre gauche » et « chrétien-démocrate ». Ainsi son programme économique et social est-il de type social-démocrate (économie de marché encadrée par l’État, protection des couches populaires pauvres, défense des intérêts des artisans et petits commerçants) et la doctrine du parti met aussi l’accent sur des valeurs morales traditionnelles (la défense de la patrie, la famille, le respect pour les religions et les traditions populaires). En 2004, Vadim Tudor tente de rejoindre le Parti populaire européen, mais il se heurte à un refus.

Corneliu Vadim Tudor, parfois surnommé le « Le Pen des Carpates », se présente régulièrement aux présidentielles. Il est arrivé deuxième en 2000 avec 28,34 % au 1er tour et 33,17 % au 2e tour. En 2004, il échoue au 1er tour avec 12,57 % ; il recueille 5,56 % en 2009. Après être devenue la deuxième formation politique en Roumanie, le PRM décline progressivement jusqu’à disparaître du Parlement en 2008.

Son président Corneliu Vadim Tudor et le sénateur Gheorghe Buzatu (professeur universitaire d’histoire, protochroniste et accusé par certains de négationnisme) ont reçu en 2004, de la part du président (dont c’était la dernière année de mandat) de l’actuel Parti social démocrate roumain, l’ancien communiste Ion Iliescu, l’Ordre de l’Étoile roumaine pour leurs mérites culturels. Pour protester contre cet acte, Elie Wiesel retourna à Iliescu cette distinction qu’il avait également reçue.

Depuis, Vadim Tudor semble avoir changé ses convictions en portant les couleurs de la démocratie chrétienne. Par exemple, lui qui s’affirmait « inébranlablement souverainiste » a soutenu l’entrée de la Roumanie dans l’Union européenne, ainsi que sa présence dans l’OTAN. En 2003, du fait de nombreuses pressions, Vadim Tudor a nettement changé ses points de vue sur les Juifs, le judaïsme et l’holocauste. Dans une lettre du , il a publiquement regretté certaines anciennes déclarations qu’il avait faites, jugées comme antisémites. Ainsi, il a écrit, « je sais que j’avais tort d’avoir nié l’Holocauste en Roumanie, qui s’est bel et bien produit entre 1941 et 1944 sous le régime d’Antonescu ».

Lors des élections européennes de 2014, le PRM a remporté 2,70% des suffrages exprimés et donc échoué à conserver ses élus, un minimum de 5% étant nécessaires pour cela.

Idéologie et programme politique[modifier | modifier le code]

La Roumanie actuelle, en violet, et les territoires de la « Grande Roumanie » contrôlés par le Royaume de Roumanie entre 1918 et 1940 puis définitivement perdus en 1945.

Voici les revendications actuelles de ce parti :

  • la Grande Roumanie devrait regrouper tous les territoires majoritairement peuplés de roumanophones ;
  • les valeurs des monothéismes et la civilisation européenne devraient servir de socle à la législation ;
  • l’économie ne devrait plus être livrée aux caprices du marché mais réglementée ;
  • la citoyenneté devrait être retirée aux ressortissants roumains résidant à l’étranger et s’y rendant coupables de délits.

Le parti Grande Roumanie semble aujourd’hui être de tendance sociale-démocrate d’un point de vue économique, mais met l’accent sur des valeurs morales traditionnelles, défend des positions irrédentistes et nationalistes[6].

L’hebdomadaire satirique Caţavencu estime que Vadim Tudor et Buzatu n’ont en fait aucune conviction sincère et font partie du plus grand parti de Roumanie, celui qui recueille 90 % des suffrages : le « Parti opportuniste », mais qu’en revanche, ils font partie de la « minorité de politiciens qui, pour réussir, engraissent le débat politique avec le fumier le plus nauséabond possible »[7].

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Présidents[modifier | modifier le code]

Autres membres notables[modifier | modifier le code]

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections parlementaires[modifier | modifier le code]

Résultats électoraux du Parti de la Grande Roumanie en 1996.
Résultats électoraux du Parti de la Grande Roumanie en 2000.
Année Chambre des députés Sénat Rang Gouvernement
 %
Mandats  %
Mandats
1992 3,9
16 / 341
3,9
6 / 143
6e Gouvernement Văcăroiu
1996 4,5
19 / 343
4,5
8 / 143
5e Opposition
2000 19,5
84 / 345
21,0
37 / 140
2e Opposition
2004 13,0
48 / 332
13,6
21 / 137
3e Opposition
2008 3,1
0 / 334
3,6
0 / 137
6e Opposition
2012 1,2
0 / 412
1,5
0 / 176
5e Opposition

Élections présidentielles[modifier | modifier le code]

Année Candidat 1er tour 2e tour
1996 Corneliu Vadim Tudor 4,7% (5e)
2000 Corneliu Vadim Tudor 28,3% (2e) 33,2% (2e)
2004 Corneliu Vadim Tudor 12,6% (3e)
2009 Corneliu Vadim Tudor 5,56% (4e)
2014 Corneliu Vadim Tudor 3,68% (7e)

Élections européennes[modifier | modifier le code]

Année  % Mandats Tête de liste Rang Groupe
2007 4,1
0 / 35
Eugen Mihăescu 7e
2009 8,6
3 / 33
Corneliu Vadim Tudor 5e NI
2014 2,7
0 / 32
Corneliu Vadim Tudor 8e

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (ro) « Câți membri au partidele din România. Ce partid a pierdut din adepți », sur stiripesurse.ro,‎ (consulté le 23 septembre 2015)
  2. « Roumanie : l’extrême droite dépassée », sur liberation.fr,‎
  3. (en) « Romania's far-right contender », sur bbc.co.uk,‎
  4. (en) « Far-Right MPs Join Forces in EU Parliament: A Small Thorn in The EU's Side », sur spiegel.de,‎
  5. Antonela Capelle-Pogacean et Nadège Ragaru, « La dérive contestataire en Roumanie et en Bulgarie », Le courrier des pays de l'Est, no 1054,‎ , p. 44-51 (lire en ligne)
  6. Observatoire des extrêmes
  7. George Bonea, « Cât de normal e Marșul normalității? », Academia Cațavencu, 7 juin 2013.
  8. (ro) « Generalul Străinu conduce PRM! », sur argesexpres.ro

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]