Parti démocrate constitutionnel (Japon)

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Parti démocrate constitutionnel
立憲民主党 (Rikken Minshutō)
Image illustrative de l’article Parti démocrate constitutionnel (Japon)
Logotype officiel.
Présentation
Président Yukio Edano
Fondation
Scission de Parti démocrate progressiste
Fusion de Parti démocrate du peuple (2020)
Siège Tokyo Twin Parks Towers
1-10-1 Higashi-Shinbashi, Minato-ku, Tokyo 105-0021
Président délégué Akira Nagatsuma
Secrétaire général Tetsurō Fukuyama (en)
Positionnement Centre gauche
Idéologie Social-libéralisme[1]
Constitutionnalisme
Pacifisme
Démocratie directe[2]
Couleurs
Site web cdp-japan.jp
Représentation
Représentants
96  /  465
Conseillers
44  /  245

Le Parti démocrate constitutionnel (立憲民主党, Rikken Minshutō?, PDC), officiellement traduit en anglais par The Constitutional Democratic Party of Japan (CDP) et abrégé en japonais par Ritsumin (立民?) ou Ritsumintō (立民党?), est un parti politique japonais de centre gauche social-libéral, créé le par des membres de l'aile gauche du Parti démocrate progressiste (PDP) en vue des élections législatives d', emmenés par Yukio Edano. Ceux-ci s'opposent à l'appel lancé le par la direction du PDP de dissoudre ce mouvement et de se rallier au Parti de l'espoir de Yuriko Koike, plus conservateur sur les questions de sécurité et concernant le nationalisme japonais[3]. Défendant une vision allant du social-libéralisme à la social-démocratie, ses membres partagent la critique de la haute administration d'État, la défense d'une sortie progressive du nucléaire civil, un certain progressisme social, la promotion du multiculturalisme, la défense de la dimension pacifiste de la constitution du Japon et la promotion d'une démocratie plus participative et directe. Il a un lien assez fort, comme avant lui le Parti démocrate du Japon puis le Parti démocrate progressiste, avec la Confédération syndicale japonaise (日本労働組合総連合会, Nihon Rōdōkumiai Sōrengōkai?), ou Rengō (連合?), premier syndicat du Japon[4]. Il ne doit pas être confondu avec le Rikken Minseitō (立憲民政党) ou Parti démocratique constitutionnel qui fut l'un des deux principaux partis de la vie politique japonaise durant l'entre-deux-guerres.

Le Parti démocrate du peuple (PDP), issu de la fusion du Parti démocrate progressiste et du Parti de l'espoir, approuve le l'accord de fusion conclu avec le Parti démocrate constitutionnel, permettant l'unification de la plupart des factions de l'ancien Parti démocrate progressiste sous la coupe du Parti démocrate constitutionnel. Une minorité des militants du Parti démocrate du peuple a cependant refusé cette fusion, et a recréé le parti.

Histoire[modifier | modifier le code]

Une conséquence des divisions idéologiques et stratégiques du PDP[modifier | modifier le code]

Le Parti démocrate progressiste (PDP) est un parti né en 2016 de la fusion de deux forces d'opposition au gouvernement libéral-démocrate de Shinzō Abe, le Parti démocrate du Japon (PDJ, centre, ancienne principale force d'opposition au PLD de 1998 jusqu'à son arrivée au pouvoir en 2009 et de nouveau de 2012 à 2016, qui a acquis une forte impopularité durant ses années passées à la tête du gouvernement de 2009 à 2012) et le Parti de la restauration (PRJ, centre droit libéral-conservateur et réformiste sur les questions constitutionnelles). Dès sa formation, le PDP, comme le PDJ avant lui, doit faire face à l'éclatement idéologique de ses membres, allant de la social-démocratie pacifiste au conservatisme sécuritaire et nationaliste.

Il se divise ainsi en une aile droite favorable à la reconnaissance du droit à une « auto-défense collective » pour le Japon, à un certain pragmatisme concernant l'utilisation du nucléaire civil et à une alliance avec des personnalités locales néo-libérales ou néo-conservatrices ayant acquis une forte popularité nationale, dont tout particulièrement la gouverneure de Tokyo Yuriko Koike (tendance incarnée par Seiji Maehara ou Gōshi Hosono) ; une aile gauche, liée aux syndicats, fortement attachée à la Constitution de 1947 et à son pacifisme, voulant une sortie plutôt rapide du nucléaire civil et étant favorable à l'idée d'une coopération électorale avec des partis situés plus à gauche sur l'échiquier politique japonais, jusqu'au Parti communiste japonais (tendance menée par Yukio Edano ou Akira Nagatsuma et, en arrière-plan, par Hirotaka Akamatsu ou l'ancien Premier ministre Naoto Kan) ; enfin, une aile centriste, qui met en avant l'unité du parti comme sa priorité en cherchant l'équilibre entre les deux précédentes factions, et se définissant généralement comme « conservatrice modérée » (avec à sa tête deux personnalités ayant présidé le parti, Katsuya Okada puis Renhō, ainsi que l'ancien Premier ministre Yoshihiko Noda)[4],[5].

Cette division apparaît lors de chaque élection à la présidence du parti, atteignant son paroxysme durant l'été 2017. Ainsi, plusieurs personnalités de l'aile droite (à commencer par Gōshi Hosono) font défection pour rejoindre directement Yuriko Koike, récemment renforcée par la victoire de son parti local, le Tomin First no kai, face au PLD et au PDP lors des élections pour l'Assemblée métropolitaine de Tokyo du , et de plus en plus présentée par les médias et analystes politiques japonais comme la première opposante à Shinzō Abe[6],[7]. Face à son échec lors de ce scrutin, le PDP organise une nouvelle élection pour désigner son président le  : les deux forces antagonistes internes au mouvement s'opposent alors directement aux travers des candidatures de Seiji Maehara et de Yukio Edano[8]. Faisant figure de favori dès le début, c'est le premier qui l'emporte assez largement, avec 502 points sur 834 contre 332 à Yukio Edano, avec 83 voix de parlementaires sur 142 (166 points), 84 de candidats investis sur 126 (84 points), 724 d'élus locaux sur 1 319 (115 points) et 51 692 de militants et soutiens sur 91 185 (137 points).

S'il tente dans un premier temps de montrer l'unité du parti, en nommant immédiatement Yukio Edano comme président délégué, Seiji Maehara doit faire face dès sa première semaine d'entrée en fonctions à des critiques quant à ses choix pour les autres postes de la direction ainsi qu'à plusieurs scandales (dont celui, sexuel, de l'ancienne enfant star Shiori Yamao qu'il avait dans un premier temps envisagé de porter au poste clé de secrétaire général)[9]. Dans le même temps, la concurrence se renforce au sein de l'opposition lorsque Yuriko Koike annonce le créer un parti national pour défendre ses idées, le Parti de l'espoir[10], tandis que Shinzō Abe, qui a vu sa popularité remonter à la suite d'une nouvelle crise des missiles nord-coréens en août et , décide de dissoudre la Chambre des représentants le pour provoquer des élections législatives anticipées le 22 octobre suivant.

La scission du PDP[modifier | modifier le code]

Le jour même de l'annonce de cette dissolution, Seiji Maehara et l'essentiel des instances dirigeantes du PDP décident de dissoudre leur groupe parlementaire à la Chambre des représentants et appellent leurs membres à se présenter sous l'étiquette du Parti de l'espoir pour les élections législatives[11]. S'il accepte d'investir certains députés sortants démocrates progressistes, le mouvement de Yuriko Koike émet certaines conditions, refusant surtout de recueillir les parlementaires ayant toujours voté contre tout projet de réforme de la constitution pacifiste (excluant de ce fait l'essentiel de l'aile gauche du parti), et préférant également rejeter ceux ayant déjà dirigé un gouvernement par le passé au nom du « renouvellement » et pour éviter d'hériter de l'impopularité des Premiers ministres issus du PDJ entre 2009 et 2012 (soit, pour ceux encore alors actifs en politique, Naoto Kan et Yoshihiko Noda).

À la suite de cette disparition effective du PDP, Yukio Edano, opposé au choix de Seiji Maehara de se fondre dans le Parti de l'espoir, annonce le vouloir créer son propre parti pour recueillir l'ancienne aile gauche du Parti démocrate. Le jour même, Naoto Kan annonce son ralliement[4]. C'est ainsi que le Parti démocrate constitutionnel est officiellement fondé le lendemain, avec au départ quinze parlementaires dont quatorze députés (parmi lesquels, outre Yukio Edano et Naoto Kan, figurent Hirotaka Akamatsu, Akira Nagatsuma ou Seiji Ōsaka) et un conseiller. Le même jour, 45 des 88 députés que comptait le PDP rejoignent pour leur part le mouvement de Yuriko Koike, et plusieurs personnalités de l'aile centriste n'ayant pas réussi à obtenir l'investiture de ce dernier annoncent vouloir se présenter comme indépendants (Katsuya Okada, Yoshihiko Noda). Le 6 octobre, c'est au tour de la représentante Chinami Nishimura (en) d'adhérer au PDC, puis à celui de Yōichirō Aoyagi le lendemain.

Yukio Edano est porté, en attente de l'organisation formelle des statuts et des instances dirigeantes du parti, à la présidence du PDC, tandis que Akira Nagatsuma devient président délégué et Tetsurō Fukuyama le secrétaire général.

L'absorption du PDP[modifier | modifier le code]

Le Parti démocrate du peuple (PDP), approuve le l'accord de fusion conclu avec le Parti démocrate constitutionnel ; cette entente, qui scelle la disparition du PDP, est rejetée par l'ancien président du parti Yuichiro Tamaki (en), soutenu notamment par Seiji Maehara et Shiori Yamao (en), qui auraient préféré un alignement sur des thèses de centre droit[12].

Le , Yukio Edano est confirmé à la présidence du PDC, après avoir recueilli 107 voix parmi les 149 représentants et conseillers démocrates constitutionnels, contre 42 à son unique concurrent, Kenta Izumi (en)[13]. À cette occasion, l'ancien Premier ministre, élu comme indépendant, Yoshihiko Noda rallie le PDC[14]. La convention d'unification se tient le , au lendemain du remplacement de Shinzō Abe par Yoshihide Suga à la présidence du Parti libéral-démocrate[15]. Une minorité des militants du Parti démocrate du peuple a cependant refusé cette fusion, et a recréé le parti.

Membres[modifier | modifier le code]

Direction[modifier | modifier le code]

Le siège du Parti démocrate constitutionnel à Tokyo, en 2018.

Parlementaires fondateurs (octobre 2017)[modifier | modifier le code]

Les quinze députés fondateurs du PDC sont, par ordre d'ancienneté de présence à la Diète :

S'y ajoute, à l'origine, un seul conseiller :

Par ailleurs, certains anciens poids lourds du PDJ ayant été battus en 2014 mais voulant retrouver leur siège de député en 2017 rejoignent le PDC :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Martin Kölling, « Abe siegt und verbirgt seine Schwäche », Handelsblatt,‎ , p. 2 (lire en ligne, consulté le ).
  2. (ja) CDP2017, « のツイート », sur twitter.com(ja) CDP2017, « のツイート », sur twitter.com.
  3. (en) « Japan's largest opposition party splits », sur Nikkei, (consulté le ).
  4. a b et c (en) Kyodo, « Edano to form new group for Democratic Party members rejected by Koike », sur Japan Today, (consulté le ).
  5. (en) Robin Harding, « Abe bolstered by Japan opposition disunity », sur Financial Times, .
  6. (en) Corey Wallace, « Koike’s challenge to Japan’s political status quo », sur East Asia Forum, .
  7. (en) Michael Cucek, « Can Koike conquer the capital? », sur East Asia Forum, .
  8. (en) « Japan's opposition party pitches alternatives to Abenomics », sur Nikkei Asian Review, .
  9. (en) Reiji Yoshida, « Maehara stumbles over selection of deputy as DP braces for snap election », sur Japan Times, .
  10. Tim Kelly et Éric Faye, « La gouverneure de Tokyo lance un parti pour défier Shinzo Abe », Reuters, .
  11. (en) Reiji Yoshida, « Democratic Party effectively disbands, throwing support behind Koike’s party for Lower House poll », sur The Japan Times, (consulté le ).
  12. (en) Satoshi Sugiyama, « Japan's DPP approves CDP merger as snap poll speculation grows », Japan Times,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  13. (en) Eric Johnston, « Yukio Edano elected chief of new CDP, Japan’s top opposition party », Japan Times,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  14. (en) SUSUMU KURONUMA, « Japan's fractured opposition unites as party of 140-plus lawmakers », Nikkei Asian Review,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  15. (en) Linda Sieg  et Ami Miyazaki, « Japan's fractured opposition unites as Suga set to succeed PM Abe », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le ).

Articles connexes[modifier | modifier le code]