Parti communautaire national-européen

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Parti communautaire national-européen
Image illustrative de l’article Parti communautaire national-européen
Logotype officiel.
Présentation
Leader Luc Michel
Fondation 1984
Siège 128 Rue de Montigny, Boite 01, B-6000 Charleroi, Belgique
Positionnement Troisième position
Idéologie National-bolchévisme
Site web www.pcn-ncp.comVoir et modifier les données sur Wikidata

Le Parti communautaire national-européen (PCN) est une micro-organisation politique national-bolchévique belge. Elle a été fondée en 1984 par Luc Michel.

Historique[modifier | modifier le code]

La création du Parti communautaire national-européen est le résultat d'un rassemblement de fractions de groupuscules extrêmes belges : en 1981, d'anciens membres du Parti des forces nouvelles et du Mouvement socialiste populaire, fondent sous la direction de Luc Michel, le Front nationaliste qui fusionne, en 1982, avec l'équipe de la revue Conscience européenne. En 1984, le Front nationaliste donne naissance au PCN-NCP[1]. Suivant une autre version, le PCN serait né d'un rapprochement entre des nationalistes, des maoïstes et des écologistes, sur la base d'une opposition commune aux fusées Pershings[2].

Le parti était dirigé par un bureau politique de 8 membres. Les plus connus étaient Luc Michel et Fabrice Béaur, ancien responsable de Nouvelle Résistance pour l’Île de France[3].

Dans les années 1980, le PCN et son fondateur ont été soupçonnés d’être liés aux Cellules communistes combattantes[4].

Dans les années 1990, le PCN a refusé d'adhérer au Front Européen de Libération, animé entre autres par Nouvelle Résistance, pour prôner à sa place la fondation d'un Front Noir-Rouge-Vert. Ainsi, le PCN va donner un soin particulier non seulement à se démarquer de l'extrême droite, mais aussi à combattre ouvertement les partis et mouvements considérés comme étant « d'extrême droite ». Il va par exemple appeler à manifester contre Bruno Mégret[3] et présenter aux élections des candidats dans des circonscriptions convoitées par le Front National, réclamant même, en 1998, la dissolution du FN[2]. Le PCN poussera son orientation à gauche encore plus loin, en 1997, en revendiquant le droit de vote et le droit d'éligibilité des immigrés en Europe[2]!

À la même période, le PCN prend contact avec des associations issues de l'immigration pour bénéficier du vote de leurs membres de nationalité belge. Le PCN présentera sur ses listes électorales plusieurs candidats d'origine immigrée, dont une jeune femme d'origine algérienne. Il diffuse même, dans certains quartiers, des tracts en arabe[4].

Le PCN a pris le parti de soutenir divers gouvernements nationalistes ou communistes tiers-mondistes : celui de Slobodan Milošević en Yougoslavie, de la Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste de Mouammar Kadhafi, du Parti Baas en Syrie et en Irak ou de la Corée du Nord.

Il participa à la défense de Slobodan Milošević avec la création du « Comité francophone pour la défense de Slobodan Milošević ». Son président fut d'ailleurs, avec maître Jacques Vergès, le seul défenseur confronté au porte-parole du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie lors d'un débat télévisé sur la chaîne française Public Sénat.

Il anime le mouvement pro-Kadhafi et diffuse Le Livre vert en Europe. Ses principaux dirigeants sont également ceux du Mouvement européen pour la démocratie directe (MEDD) qui est la structure européenne officielle des « Comités révolutionnaires » libyens pour toute l'Europe.

Il participe également au soutien à la « résistance irakienne » avec la création des « Comités Irak de base » qui soutiennent le parti Baas entré dans la clandestinité.

Lors des élections législatives de juin 2007 en Belgique, le PCN a appelé à voter en Flandre pour le parti populiste Vlaams Belang, et en Wallonie et à Bruxelles pour le parti rattachiste Rassemblement Wallonie-France, suivant en cela une ligne « Tout sauf le Régime belgicain[5] ! »

Le PCN a présenté des candidats à diverses élections en Belgique et en France avec des résultats habituellement très faibles. Un candidat du PCN, Yann Wannepain, qui par ailleurs adhéra par la suite au Mouvement des Citoyens, obtint 1,50 % des voix en 1998 lors d'une élection cantonale partielle à Valenciennes sud, ce qui constitue son meilleur score jamais obtenu en France.

Aujourd'hui, l'action du PCN semble se concentrer sur l'Est européen, comme le démontrent les récents et nombreux voyages de ses dirigeants en Transnistrie (république sécessionniste de Moldavie), en Abkhazie (république scissionniste de Géorgie), en Moldavie sans oublier Moscou (Russie). Il s'agit d'un micro-parti qui n'est plus actif que sur internet (particulièrement sur Facebook, car le site du parti n'a pas été mis à jour depuis 2012).

Le PCN a eu des sections en France et en Suisse à la fin des années 1990. La plupart de leurs membres provenaient du mouvement Nouvelle Résistance. La section suisse aurait compté une vingtaine de membres[3].

En 2016, Philippe Baillet, traducteur, essayiste et très bon connaisseur du milieu, écrit que le PCN serait un groupe fantomatique, qui n'aurait jamais eu qu'une existence sur le papier[6].

Idéologie[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un parti transnational d'idéologie « nationale-bolchévique ». Le Parti communautaire national-européen (PCN) se réclame de l'héritage du mouvement Jeune Europe (1961-1969) et de l'idéologie de son fondateur Jean Thiriart. Sa doctrine est le « communautarisme européen »[7] qu'il définit comme le « socialisme du XXIe siècle ». Thiriart écrira que Luc Michel a créé tout seul le PCN, en utilisant 95% de ses écrits, ajoutant qu'il n'avait jamais adhéré lui-même au PCN et n'avait même jamais mis les pieds à Charleroi[8].

Le PCN se déclare en faveur de la création d'une République européenne fédérale rassemblant tous les pays d'Europe et de l'ex-URSS (y compris donc les pays du Caucase et d'Asie centrale ex-soviétiques), ainsi que la Turquie et les pays du Maghreb.

Héritage[modifier | modifier le code]

Le dernier secrétaire général du PCN, Frédéric Kister, a rompu avec ce parti. Il est devenu depuis secrétaire général du Mouvement Nation, un petit mouvement belge d'extrême droite violemment hostile à l'immigration et aux musulmans.

L'un de ses anciens responsables, Nicolas Pomies[9], l'a quitté et est devenu plus tard l'un des dirigeants de l'Union des familles laïques (UFAL) et de la Coordination nationale de la gauche républicaine. Un autre, Alain Avello, a rejoint le Front national et y est devenu le secrétaire-général puis président du Collectif Racine[10] et conseiller régional des Pays de la Loire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicolas Lebourg, Le Monde vu de la plus extrême droite, page 63
  2. a b et c Nicolas Lebourg, Le monde vu de la plus extrême droite : Du fascisme au nationalisme-révolutionnaire, Presses Universitaires de Perpignan, , 260 p.
  3. a b et c Sophie Malka, « Un parti au discours "brun-rouge" s'installe en Suisse romande - Le PCN ou comment ratisser large », Le Courrier,‎ , p. 3
  4. a et b Manuel Abramowicz, [« Sur l'extrême droite et ses rivalités internes »], Le Soir, Bruxelles, 19 mai 1995.
  5. Communiqué de presse du 8 juin 2007 : élections législatives belges : tout sauf le régime belgicain !!!
  6. Philippe Baillet, L'Autre Tiers-mondisme: des origines à l’islamisme radical - Fascistes, nationaux-socialistes, nationalistes-révolutionnaires entre « défense de la race » et « solidarité anti-impérialiste », Saint-Genis-Laval, Akribeia, , 475 p. (ISBN 978-2913612617), p. 184-185
  7. « approche du communautarisme », sur www.pcn-ncp.com (consulté le 6 septembre 2010)
  8. Yannick Sauveur, Thiriart, collection Qui suis-je?, Pardès, 2016, 128 p. (ISBN 978-2-86714-504-9), p. 100-101.
  9. « C’est la guerre ! », REFLEXes, et « « Gros Nico », le skin caché de Mélenchon »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  10. « national-bolchévique » chez les enseignants bleu Marine

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Nicolas Lebourg, Le Monde vu de la plus extrême droite, Perpignan, PUP, . 
  • Philippe Baillet, L'Autre Tiers-mondisme: des origines à l’islamisme radical - Fascistes, nationaux-socialistes, nationalistes-révolutionnaires entre « défense de la race » et « solidarité anti-impérialiste », , Saint-Genis-Laval: Akribeia, 2016, 475 p. (ISBN 9782913612617 et 291361261X), (OCLC 961035695), p. 161-193.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]